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Ces  Alertes sont classées par ordre chronologique, de la plus récente à la plus ancienne. Il faut donc descendre à l’intérieur de cette page pour lire les textes mis en ligne depuis un mois environ. Les alertes plus anciennes sont disponibles dans les archives "Alertes et Veilles", destinées aux abonnés et classées par zones géographiques.

  

 

07/06/17  Libye : L'amorce d'un règlement sur le terrain après l'accord de Doha ?

Les troupes de l’Armée nationale libyenne commandées par le maréchal Khalifa Haftar viennent de consolider leur emprise sur la région du Fezzan, le Sud libyen, en s'emparant de la base aérienne de Jofra, après leurs conquêtes de Sebha et de la base de Tamanhant. Les groupes armés locaux en effet ont remis leurs armes à l’ANL après avoir refoulé les "Colonnes de défense de Benghazi" du général Mustapha Charkassi, qui se sont repliées vers le Nord du pays.

Aussi le maréchal Haftar a-t-il déclaré que c’est la population du Sud qui s’est, elle-même, libérée et que ce sont les enfants de la région qui assureront la sécurité de leurs localités.

Parallèlement, à Tripoli, Haythem Tajouri, le chef du "Régiment des révolutionnaires de Tripoli", homme fort de Tripoli et principal soutien militaire du gouvernement d'union de Fayez Al Sarraj (reconnu par la communauté internationale) vient de réussir à "purger" la capitale des groupes armés de la Jamaâ Moukatila, de Abdelhakim Belhaj, et des milices du gouvernement Ghouil, autrement dit, vient de réussir à neutraliser les vestiges du mouvement islamiste "Fajr Libya".

De là à dire qu’il y a un accord tacite entre Khalifa Haftar et Fayez Al Sarraj, il n’y aurait qu’un pas que plusieurs observateurs ont déjà franchi, comme l'explique le journal algérien "El Watan" très au fait des suites de l'accord de Doha sur la Libye.

Ce quotidien s'appuie sur l'analyse du politologue libyen Ezzeddine Aguil pour suggérer que maréchal Khalifa Haftar aurait reçu un signal de Tripoli l’autorisant à manœuvrer au Fezzan en coordination avec les notables de la région. Selon lui, cette évolution de la situation sur le terrain ne peut s'expliquer que par le divorce intervenu entre Fayez Al Sarraj et les combattants des "Colonnes de défense de Benghazi", ceux-ci n’ayant pas respecté l’armistice sur le Sud libyen signé entre Haftar et Al Sarraj à Doha.

Selon le quotidien algérien, il ne reste maintenant qu'à finaliser les amendements de l’accord de Skhirat de décembre 2015. Haftar a proposé à Al Sarraj un "conseil présidentiel intérimaire de trois personnes" : lui-même, Salah Aguila, le président du Parlement, et Fayez Al Sarraj. Ce conseil s’occuperait des questions stratégiques. Le gouvernement serait formé de technocrates, loin de toute répartition régionale.

"Ce n’est certes qu’une proposition. Mais l’avancée de Haftar sur le terrain va lui donner davantage d’influence sur la décision en Libye", conclut le politologue Ezzeddine Aguil.

 

13/04/17  Libye : la guerre interlibyenne et le scénario de la partition

Le colonel Ahmed Mesmari, le porte-parole de l’Armée nationale libyenne (ANL) de Khalifa Haftar, a lancé de nouvelles hostilités interlibyennes, le 5 avril, en annonçant le début de l’opération de libération de la base aérienne de Tamanhint, située 40 kilomètres au nord de Sebha, principale ville du Sud libyen. La base de Tamanhint est contrôlée par Tripoli, celle de Barak Chatt par les  troupes du maréchal Haftar.

En représailles, des avions de Misrata ont bombardé la base de Barak Chatt, 90 kilomètres au nord de Sebha, tandis que les avions de Haftar bombardaient la base de Tamanhint.

Bien que le chef du gouvernement, Fayez El Sarraj, ait averti des risques d’une guerre civile,  c’est la mobilisation des deux côtés. Chacun veut renforcer ses troupes basées dans la région de Sebha. Haftar appuie la 12e brigade mécanisée, alors que Barghathi, ministre de la Défense du gouvernement de réconciliation de Tripoli, envoie du soutien à la 3e force, chargée par Tripoli de protéger le Sud.

Après ses victoires à Benghazi, la reprise du contrôle du Croissant pétrolier, le maréchal Haftar veut étendre son emprise aux zones du Sud, pour protéger l’acheminement du pétrole vers les terminaux de l’Est. Ainsi, le vieux maréchal a renforcé ses positions à Al Kofra au Sud-Est, et il commence à s’étendre vers Sebha, la grande métropole du pays Fezzan.

Les derniers communiqués des chefs de tribus du Fezzan sont favorables au Parlement de Tobrouk et déclarent leur allégeance au maréchal Haftar.

Dans une telle situation, Le quotidien britannique The Guardian a rapporté, dans son édition de lundi dernier, que Sebastian Gorka, conseiller à la Maison-Blanche chargé de la politique étrangère, a proposé la partition de la Libye en trois États : un à l’Est, un autre à l’ouest et dernier au Sud. Une suggestion à laquelle le responsable européen du dossier a répondu que c’était «la pire solution» pour la Libye. Sebastian Gorka, qui est en lice pour le poste d’envoyé spécial du président Trump pour la Libye, n’a cependant aucune connaissance de la région et encore moins de la Libye.

 

23/02/17  Libye : Une initiative de paix suspendue à la santé de Bouteflika

C'est désormais officiel : un sommet devant réunir les trois présidents algérien, tunisien et égyptien autour de la question libyenne devrait se tenir prochainement à Alger

Il fait suite à l'échec d'une initiative égyptienne de rapprochement entre Fayez el Sarraj, le chef du gouvernement d'union libyen basé à Tripoli, et le maréchal Haftar, commandant des forces armées qui contrôlent l’Est libyen ; celui-ci a finalement décliné l'invitation de son allié égyptien, refusant de rencontrer son rival Sarraj, intronisé par la communauté internationale mais fragilisé, dans la capitale libyenne, par le poids des milices de l'Ouest.

Par la suite, le ministre algérien des affaires étrangères Abdelkader Messahel, le Tunisien Khemaies Jihnaoui et l'Egyptien Samah Choukri, se sont réunis à Tunis, ce Week-end, pour la mise en route d'un plan de règlement de la crise libyenne qui a débouché sur cette annonce de sommet.

Tout le monde s'interroge cependant sur la faisabilité d’une telle rencontre dans l’état de santé où se trouve actuellement le chef de l'Etat algérien. En effet, à quelques heures de l’arrivée de la chancelière allemande Angela Merkel à Alger, le 20 février, les services de la présidence algérienne avaient  été contraints d'annuler cette visite, dans la plus grande précipitation, indiquant que le président Bouteflika était atteint d’une bronchite aiguë. Or le voyage de la chancelière allemande était un événement de ma plus grande importance pour l'image internationale de l'Algérie. Depuis, les rumeurs vont bon train…

Aucune date n'a d'ailleurs été fixée pour ce sommet Bouteflika, Essebci et Sissi.

 

05/02/17  Libye : Initiative algéro-tuniso-égyptienne pour un gouvernement de technocrates

Tandis que la communauté internationale soutient l’accord de Skhirat et le gouvernement El Sarraj, situé à Tripoli (ville dominée par des formations islamistes non extrémistes), l’Est libyen contrôlé par les troupes de l'amiral Haftar (vivement anti-islamiste) est de plus en plus fermement soutenu par l'Egypte, les Émirats et la Russie. Devant ce dilemme, les pays voisins de la Libye se mobilisent pour tenter de trouver une solution politique.

L’initiative algéro-tuniso-égyptienne qui vient d'être annoncée propose, notamment, d'associer les Frères musulmans libyens à un processus de réconciliation nationale. C’est dans ce cadre que l’ex-premier ministre algérien Ahmed Ouyahia a rencontré le dirigeant islamiste libyen Ali Salabi chez l’islamiste tunisien Rached Ghannouchi. De son côté, le maréchal Haftar a déclaré, au Caire, qu’il assisterait aux rencontres inter libyennes organisées par le gouvernement égyptien.

L’accord de Skhirat, signé en décembre 2015, a débouché sur une situation complexe, qui a, certes, permis de libérer Syrte de l’emprise de Daech, mais place, de facto, le gouvernement El Sarraj sous la coupe des milices de l'Est libyen (celle de Misrata surtout). L’Est et le Sud libyens échappent complètement au contrôle de ce gouvernement d'union adoubé par la communauté internationale. Ils sont de plus en plus dominés par les troupes de l’Armée nationale libyenne du maréchal Haftar, qui relève du Parlement de Tobrouk.

L’initiative algéro-tuniso-égyptienne repose sur la proposition de la constitution d'un conseil présidentiel à trois têtes (Ouest, Est et Sud) et de la formation d'un gouvernement de technocrates indépendants, pour veiller à la gestion et au redressement du pays.

 

24/01/17 Algérie-France : Nouveau couac gazier

A la mi-janvier, la compagnie française Engie avait expliqué, en pleine vague de froid dans l'hexagone, qu'elle avait été victime d'une baisse des livraisons algériennes en GNL (gaz naturel liquéfié) ; peu après, l'exploitant français du réseau de gaz, GRTgaz (filiale d'Engie), avait, à son tour, assuré que la Sonatrach avait annulé plusieurs commandes destinées à ses approvisionnements.

Il n'en fallait pas plus pour susciter l'ire des dirigeants algériens qui, se sentant en position d'accusés (incapables de tenir leurs engagements), avaient évoqué un litige sur les contrats et les prix, litige ayant conduit la Sonatrach à réduire la fréquence de ses cargaisons de GNL vers la France, tout en continuant à assurer le minimum, à savoir trois à quatre cargaisons par mois.

Le ministre algérien de l’Energie Nouredine Boutarfa, était vite monté au créneau, affirmant, face aux questions de la presse algérienne : «Nous, à notre niveau, nous n’avons aucun problème... Maintenant, pourquoi voulez-vous qu’on s’inquiète à la place des Français ?».

Il revenait à la patronne d'Engie, Isabelle Kocher, de calmer le jeu, pour apaiser la susceptibilité algérienne. Intervenant le 23 janvier, elle a ainsi précisé que les problèmes de la Sonatrach sont intervenus "non pas dans la production de son gaz, mais dans la liquéfaction de son gaz". Il s'agirait donc d'un simple problème technique, Isabelle Kocher insistant, d'ailleurs, pour dire que la Sonatrach fait "l'impossible" pour reprendre ses livraisons de GNL vers le terminal français de Fos-sur-mer (dans les Bouches-du-Rhône). Sonatrach a "bien pris la mesure de l'enjeu" pour la France en cette période de grand froid" a fait valoir Mme Kocher.

L'attitude agressive de la partie algérienne tient au fait que des rumeurs circulent sur l'insuffisance de sa capacité de production gazière, face à une demande croissante de la consommation interne de gaz algérien.

 

21/01/17  France-Algérie : Nouveau couac politique

À l’issue d’une mission de six mois dans trois pays du Maghreb, Maroc, Algérie et Tunisie, les deux députés français Guy Teissier (du parti "Les Républicains") et Jean Glavany (du PS) ont présenté leur rapport devant l’Assemblée nationale française, le 18 janvier, au cours d'une séance présidée par Elisabeth Guigou, ancienne garde des Sceaux et présidente de la commission des affaires étrangères.

Les deux députés se sont exprimés très librement, probablement sans tenir compte du fait que la chaîne de télévision publique LCP couvrait la réunion. Celle-ci en a pourtant fait écho deux jours plus tard, provoquant une certaine consternation à Rabat et Tunis, mais surtout à Alger.

Il faut dire que les dirigeants des trois pays maghrébins n'ont pas été épargnés lors de la présentation du rapport de cette mission parlementaire, ni le tunisien Béji Caid Essebsi, qui, à 90 ans, est le troisième chef d’État le plus âgé de la planète (après la reine Elisabeth d’Angleterre et le zimbabwéen Robert Mugabe), ni le roi Mohamed VI dont Jean Glavany affirme que "tout le monde sait qu’il est atteint d’une maladie à évolution lente, qu’il est soigné à la cortisone…"

Mais c'est l'algérien Abdelaziz Bouteflika, sur le point d’atteindre 80 ans, qui suscite le plus d'inquiétude. Les deux députés français rappellent qu'après avoir été opéré d’urgence en novembre 2005 à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris, il a été frappé, huit ans après, par un accident vasculaire cérébral qui le rend désormais impotent.

Or les institutions algériennes et les règles constitutionnelles ne leur semblent pas assez solides pour assurer une succession tranquille. C'est ce que souligne notamment Guy Teissier, député républicain des Bouches-du-Rhône et président de la Communauté urbaine de Marseille, qui ajoute que "l’armée occupe un poste très très important en Algérie" et que "le chef d’état-major qui se verrait bien comme successeur de Bouteflika".

Ancien ministre français de l'Agriculture, ex-directeur de cabinet du président François Mitterrand, député PS des Hautes-Pyrénées et membre de la Commission défense à l'Assemblée nationale française, Jean Glavany a évoqué, pour sa part, “les ratés” des échanges d’informations entre les services français et algériens à la frontière algéro-sahélienne. Il raconte, notamment, que les militaires algériens ne répondent pas toujours aux appels téléphoniques de leurs homologues français stationnés au Mali. "Il y a un problème quasiment de numéro de téléphone", a-t-il indiqué.

 

04/01/17  Libye : Forte hausse de la production pétrolière dans un contexte de plus en plus incertain

La production de pétrole du pays vient de passer de 622 000 barils par jour à 685 000 barils par jour en une semaine. Selon un communiqué de la NOC (la compagnie nationale pétrolière libyenne), cette augmentation est due à la réouverture des grands oléoducs des champs pétrolifères d'Al-Sharara et d'Al-Feel, situés à l'ouest de la Libye. Ces oléoducs viennent, en effet, de sortir d'un blocus de deux années consécutives.

Une semaine avant, à la fin décembre 2016, la NOC avait déjà diffusé un premier communiqué pour se féliciter que la production ait atteint le niveau de 622 000 barils de pétrole par jour. Au total, la production de pétrole du pays a doublé depuis septembre 2016.

Cette hausse rapide a été favorisée par la réunification, en juillet dernier, des deux entités qui se disputaient le contrôle de la production pétrolière depuis 2013. On se souvient que la NOC avait alors été, de facto, scindée en deux compagnies parallèles : l’une contrôlée par le conseil présidentiel de Tripoli et l’autre par les miliciens armés de l’Est. L’actuel patron de la NOC Mustafa Sanalla a longtemps milité pour cette réunification.

Ceci dit, il n'est pas au bout de ses peines. Car les principaux champs de pétrole sont toujours divisés, certains sous le contrôle du gouvernement d'union d’El Sarraj, situé à Tripoli, et ceux sous le contrôle du général Haftar (récemment promu maréchal) qui a repris, aussi, les principaux terminaux pétroliers, situés à l'Est. Pour compliquer le tout, l'argent du pétrole est toujours sensé aller à la Banque centrale, située à Tripoli.

Malgré tout, la Libye est, avec le Nigeria, l’un des deux membres de l’OPEP ayant été exempté de gel de la production. Aussi la NOC espère-t-elle sortir de ces dilemmes politiques pour retrouver son niveau de production de 1,6 million de barils par jour d'avant la crise.

 

09/11/16  OCDE : La légère inflexion positive de la croissance va-elle résister à l'effet négatif de l'élection de Donald Trump

Alors que l'élection inattendue de Donald Trump aux présidentielles américaines fait redouter des conséquences négatives sur l'économie mondiale, les indicateurs composites avancés (ICA) de l’OCDE, conçus pour anticiper les points de retournement de l’activité par rapport à sa tendance, viennent juste d'être publiés ce matin. Ils mettent, une fois de plus, en évidence une dynamique de croissance stable dans la zone OCDE (prise dans son ensemble) mais signalent, ce qui est plus nouveau, une amélioration dans la dynamique de croissance dans les principales économies émergentes.

Une dynamique de croissance stable est anticipée aux États-Unis, au Japon et dans la zone euro notamment en France et en Italie. Une dynamique de croissance stable est également anticipée à court-terme au Royaume-Uni, bien qu'il subsiste une incertitude quant à la nature de l'accord que le Royaume-Uni finira par conclure avec l'UE. En Allemagne et au Canada, les ICA indiquent une inflexion positive de la croissance.

Parmi les principales économies émergentes, ces indicateurs prédisent une inflexion positive de la croissance en Chine et en Inde. Il en va de même en Russie et au Brésil, bien qu’à des niveaux plus faibles.

 

19/09/16  Libye : Où iront les recettes de la NOC après l'offensive du général Haftar ?

Depuis que les forces de Khalifa Haftar ont repris, la semaine dernière, le contrôle des principaux terminaux pétroliers du pays, l'imbroglio libyen s'épaissit. La bonne nouvelle est que cette offensive n'a pas empêché la poursuite de la lutte contre les terroristes de l'Etat islamique retranchés à Syrte.

Par contre, les Gardes des installations pétrolières (GIP), jusqu'ici alliée au Gouvernement d’union nationale (GNA) ont lancé, hier, une opération désastreuse dans l'ambition de reconquérir les terminaux pétroliers dont ils ont été chassés. L’offensive menée sous la houlette du chef des GIP, Ibrahim Jadhran, s’est heurtée à forte une résistance de l’Armée nationale libyenne fidèle à Haftar et au Parlement de Tobrouk.

L’opération s’est, en définitive, soldée par une déroute des GIP, certains d'entre eux se sont fait capturer. L’attaque surprend d'autant plus que le Conseil présidentiel basé à Tripoli avait affirmé, la semaine dernière, privilégier le dialogue pour désamorcer cette crise qui risque de faire basculer la Libye dans une nouvelle guerre civile. Nombreux sont donc ceux qui pensent que Ibrahim Jadhran n'avait pas reçu l’aval de Tripoli pour mener son raid.

Jadhran est effectivement le grand perdant de la prise des terminaux pétroliers de l’Est libyen par l’Armée du général Haftar. Sa mainmise sur la production pétrolière libyenne lui a permis, ces dernières années, d'étendre son influence à l’est du pays. Avec sa tribu, il a d'ailleurs tenté à plusieurs reprise, au gré d'alliance fluctuante, d'imposer son projet d’autonomie de la Cyrénaïque, une région dont il rêvait de devenir le chef. Sans ses puits de pétrole, Ibrahim Jadhran n’est plus rien.

Le pétrole est aussi au cœur de toutes les autres luttes de pouvoir. le Gouvernement d’union nationale table sur une reprise rapide des exportations pétrolières pour renflouer les caisses de l’Etat et améliorer sa popularité dans une population lasse des pénuries. Or la prise de contrôle des terminaux par le maréchal Haftar risque de compromettre cet objectif. Certes, la Compagnie nationale du pétrole (NOC) a assuré, le week-end dernier, qu’elle allait travailler pour l’intérêt général. Mais, tout en se disant loyale au GNA, la NOC a affirmé qu’elle appliquera les "instructions données par le Parlement [de Tobrouk]" qui est, lui, basé dans l’Est du pays. En cas de reprise des exportations, la question principale sera de savoir à qui iront les recettes pétrolières: au GNA de Tripoli ou aux autorités de l’Est ?

 

08/09/16  Libye : Après la défaite de l'EI, retour à la table des négociations inter-libyennes

L’envoyé spécial de l’ONU Martin Kobler essaie de trouver un terrain d’entente entre Libyens, notamment entre les forces de Misrata à l'ouest (qui sont soutenues par les Turcs et les Qataris) et l’armée du général Haftar, à l'est, qui est, elle, soutenue par l’Egypte, la Jordanie et les Émirats. Or, les deux bords sont appuyés, dans leur lutte contre l'EI, par les services et forces spéciales français, italiens, britanniques et américains. Ces Occidentaux font  désormais pression sur le gouvernement de réconciliation nationale de El Sarraj pour qu'il compose avec Haftar.

Aujourd'hui, les forces de l’opération "Bloc soudé", qui relèvent de Fayez El Sarraj, mais sont essentiellement composées par les milices de Misrata (appuyées par l'aviation américaine) sont en train de reprendre complètement le contrôle de la ville de Syrte, tombée sous le contrôle de Daech en juin 2015. Mais de nombreux terroristes ont fui et constituent un danger permanent pour toute la région.

La situation est similaire dans la ville de Benghazi. Les forces de l’armée libyenne du général Haftar encerclent les éléments de Daech et ses alliés dans un petit réduit dans la cité El Gaouarcha, à 15 km à l’ouest de la ville, et au quartier Sabri de l’ancienne ville de Benghazi. L'EI a définitivement perdu la partie, militairement parlant, mais la présence de mines et les risques d'actions kamikazes rendent très prudente l’armée de Haftar qui essaie de l'emporter par l’usure.Un ratissage systématique est pratiqué dans le reste de l’Est libyen sous l’autorité militaire du général Abderrazek Nadhouri, qui a nommé des militaires à la tête des mairies d’Ajdabya, Benghazi et Kofra, pour parer aux risques des actions kamikazes.

Le Conseil du gouvernement libyen s'est réuni à Tunis avec les Américains, Italiens et Français qui font pression pour réconcilier Haftar avec l’Ouest libyen. Les frères ennemis libyens sont, ainsi, revenus à la table de négociations qu’ils avaient quittée il y a deux ans.

 

16/06/16  Algérie : Un revirement économique aussi majeur qu'inattendu, après le remaniement ministériel

Le remaniement ministériel du 14 juin, en Algérie, a concerné une dizaine de portefeuilles, dont les principaux postes économiques. Les quatre ministres qui sortent définitivement du gouvernement Sellal étaient d'ailleurs respectivement chargés des Finances, de l'Energie, de l'Agriculture et de l'Aménagement du territoire.

Ces changements de personnes sont intervenus quelques jours après la réunion de la tripartite qui a entériné l'aval du patronat et du syndicat UGTA à deux décisions délicates : le retour à la rigueur budgétaire (en commençant par l'assainissement du système des retraites) et "un nouveau mode de financement de l'économie", ce qui ouvre la voie à de nouveaux emprunts extérieurs.

Sur un plan plus politique, ce remaniement orchestré en sous-main par le secrétaire général du FLN, Amar Saadani, permet de sanctionner plusieurs "boucs émissaires" pour dédouaner le reste du gouvernement de nombreux échecs décriés par l'opinion, comme la chute du dinar, le déficit abyssal des finances publiques et l'incapacité du ministre de l'énergie à attires les partenaires étrangers dans la prospection des hydrocarbures sur le territoire national.

Ceci dit, nombreux étaient ceux qui pensaient que ce changement de personnes n'impliquerait pas un changement de cap important de la politiques économique algérienne et qu'il se réduirait à quelques ravalements de façade. Il semble, a contrario, aujourd'hui, qu'il pourrait aller beaucoup plus loin, sous l'impulsion du FLN qui est désormais largement majoritaire dans le gouvernement remanié.

En effet, lors de la discussion, à l'Assemblée nationale populaire, du texte du nouveau code des investissements (un débat qui a commencé lundi, soit deux jours après le remaniement) les députés du FLN se sont très clairement prononcés en faveur de la suppression de la règle dite des "51/49" qui empêche, depuis 2009, un investisseur étranger de détenir la majorité dans sa filiale algérienne. Ces députés proposent que cette règle ne soit conservée que pour les secteurs stratégiques, comme la défense et les hydrocarbures.

Cette prise de position a d'autant plus surpris que le ministre de l'industrie chargé de présenter le texte du nouveau code à l'Assemblée s'était bien gardé d'une telle audace : il avait simplement proposé que la règle du "51/49" ne soit pas inscrite dans le texte définitif du code des investissements et qu'elle soit déplacée (mais de manière inchangée) dans le texte de la loi de finance 2016.

Les députés du FLN se sont aussi prononcés pour un assouplissement du régime de préemption qui donne à l'Etat algérien tout pouvoir d'empêcher une fusion acquisition impliquant une entreprise algérienne.

 
06/06/16  Libye : Daesh encerclée à Syrte par les différentes forces et milices libyennes

Les forces de Misrata ont repris à Daech la base aérienne de Gardhabya et l’aéroport de Syrte, 20 kilomètres au sud-ouest de la ville. A l’est, la base de Nouflia et la ville de Ben Jawed sont tombées aux mains des gardes portuaires.
Au sud, les forces de l’EI ont été chassées par les troupes de l’armée de Haftar.

Par ailleurs, toutes les places fortes autour de Syrte sont tombées entre les mains des anti-Daech. La ville est encerclée. Le porte-parole de l’opération «Al Bouniane Al Marsous», le général Mohamed Ghasri, insiste sur le fait que l’opération se poursuit suivant le plan tracé par le commandement militaire, sans intervention militaire étrangère directe.

Les informations en provenance de Syrte parlent d’évacuation par Daech des administrations de la ville et de la libération de 65 prisonniers contre le paiement d’amendes. La "police islamique" a également fermé tous les bureaux de communication et d’internet dans la banlieue de Hraoua et le centre-ville de Syrte. "Il est clair que les milices de Daech s’apprêtent à repasser dans la clandestinité et il est fort probable qu’il n’y aura pas de confrontations directes. Plutôt des opérations spectaculaires de voitures piégées", comme le suspecte un habitant de Syrte interrogé par un journal algérien.

 

18/05/16  Libye : Levée de l'embargo sur les armes pour le gouvernement d'union mais désaveu du général Haftar

La communauté internationale représentée par les pays voisins de la Libye, l'Union africaine, l'Union européenne, la Ligue arabe et les Etats-Unis, réunie lundi 16 mai 2016 à Vienne, a décidé d’une levée partielle de l’embargo sur les armes.

Le communiqué publié à l’issue de la rencontre précise que la communauté internationale "est prête à répondre aux demandes du gouvernement libyen en vue d’entraîner et d’équiper la garde présidentielle et les forces autorisées".

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a indiqué que 25 pays et institutions internationales s'étaient mis d'accord pour appuyer la démarche du nouvel exécutif libyen qui va demander à être exempté de l'embargo sur les ventes d'arme à la Libye, en vigueur depuis 2011.

Le gouvernement de Fayez al-Sarraj devrait "pouvoir acquérir les armes et les balles nécessaires pour combattre Daesh et d'autres groupes terroristes" a indiqué John Kerry. Le communiqué final souligne que la communauté internationale "soutiendra totalement les efforts" du nouvel exécutif libyen.

L’embargo est, par contre, renforcé contre le gouvernement de Tobrouk qui, sous influence du général Khalifa Haftar, multiplie les obstacles à la reconnaissance du gouvernement nationale de Fayez al-Sarraj. L'affaire est complexe car les institutions de Tobtouk (le parlement surtout) étaient jusqu'ici les seules reconnues par la communauté internationales. Et le général Khalifa Haftar, qui dirige l'armée du gouvernement de Tobrouk et qui est fortement soutenu par l’Egypte de Sissi, a par ailleurs bénéficié à plusieurs reprises de l'aide des renseignements et forces spéciale occidentales, dans sa lutte contre les groupes islamistes radicaux.

A Tripoli, le gouvernement d'union a obtenu le soutien de plusieurs villes de l'ouest, des plus importantes villes du sud, ainsi que des principales institutions économiques. Mais il ne compte toujours pas de membre originaire de l'Est, à l'exception d'Ibrahim Jadhran, chef des gardes pétroliers.

 

06/04/16  Libye : Banque central et NOC installent Faïez Sarraj au pouvoir à Tripoli

Comme on pouvait s'y attendre (cf. l'article Libye de RI de décembre 2015) c'est le ralliement de la Banque centrale et de la société nationale des hydrocarbures NOC (qui représentent les seules institutions unitaires subsistant dans le chaos libyen) au gouvernement d'union, qui a décidé du sort de ce dernier et, in fine, permis de le faire accepter par les autorités de Tripoli, sans effusion de sang.

Le gouvernement de Khalifa Ghweil qui siège à Tripoli, soutenu par une coalition de milices qui contrôle la ville depuis août 2014, vient ainsi d'annoncer, mardi 5 avril au soir, qu’il abandonnait le pouvoir, laissant le champ libre à ce gouvernement soutenu par l’ONU et, cela, moins d’une semaine après l'entrée de ce dernier dans la capitale libyenne. Dans un communiqué publié sur le site du ministère de la justice, le gouvernement de Tripoli motive sa décision par la volonté de « mettre fin à l’effusion de sang et éviter la partition de la nation ».

Le 31 mars, dix villes de l’ouest de la Libye, situées entre Tripoli et la frontière avec la Tunisie, avaient déjà affiché leur soutien au gouvernement d’union nationale et appelé tous les Libyens à en faire de même.

Trois jours plus tard, la  Banque centrale libyenne et la Compagnie nationale de pétrole (NOC) avaient salué "l'arrivée du gouvernement d'union et les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU". La Banque centrale ajoutait : "Il est de notre devoir à nous tous d'œuvrer sans relâche pour l'unité de notre pays et de redonner espoir à la Libye (...) en aidant l'économie par la relance de la production et des exportations pétrolières".

De son côté, le PDG de  la NOC, Mustafa Sanalla, affirmait, dans un communiqué : "Nous travaillons avec le Premier ministre Fayez al-Sarraj et le conseil présidentiel pour dépasser nos divisions".

Pour entrer en fonction, le nouveau gouvernement aurait dû, en principe, avoir obtenu la confiance du Parlement de l'Est, basé à Tobrouk (le seul reconnu par la communauté internationale). Mais ce vote n'a jamais eu lieu faute de quorum, et (ironie de l'histoire) les autorités de Tobrouk se sont trouvées devancées par celles (non reconnues) de Tripoli !

La Tunisie voisine a annoncé sa décision de rouvrir son ambassade à Tripoli, fermée en 2014 et la France a également dit étudier un retour de ses représentants diplomatiques.

 

17/03/16  Russie-Maroc : Un rapprochement royal sur des intérêts communs bien compris

Au moment où le torchon brûle entre le royaume et le Secrétaire général de Nations unies Ban Ki-moon, sur la question du Sahara occidental, et à une époque où les contacts entre le Maroc et l'Union européenne sont suspendus, du fait de l'arrêté du tribunal européen du 10 décembre 2015 sur l'accord agricole entre l'Union et le Maroc, le roi chérifien Mohammed VI vient de se rendre à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine.

Dans leur déclaration commune, les deux chefs d'Etat ont affirmé que "La Russie et le Maroc ne soutiennent aucune tentative d'accélérer ou de précipiter la poursuite du processus politique", en référence aux résolutions du Conseil de sécurité sur le Sahara qui mécontentent le royaume chérifien.

Le Roi Mohammed VI et le Président Vladimir Poutine, ont également présidé, le 15 mars, au Kremlin, la signature de plusieurs conventions de coopération bilatérale qui devraient renforcer le partenariat russo-marocain.

Le roi du Maroc ne s'était pas rendu en Russie depuis 2002. Vladimir poutine s'était, lui, rendu au Maroc en 2005. Mais, depuis ces deux dates, les temps ont bien changé.

La Russie est devenue un acteur majeur dans l'espace arabe du fait de son intervention dans la crise syrienne qui a provoqué de vives tensions avec les alliés du Maroc dans les pays du Golfe. A l'exception de sa relation avec président égyptien Abdelfatah al Sissi, Moscou n'a guère de relais dans les pays arabes, au point que l'on peut se demander si Mohammed VI ne s'est pas rendu à Moscou pour jouer les médiateurs.

De plus, le Maroc et la Russie ont désormais des intérêts communs évidents. La fédération est sous le coup des sanctions qu'Européens et Américains lui ont infligées à cause de la crise ukrainienne. La riposte russe d'embargo sur les produits alimentaires conduit Moscou à changer ses sources d'approvisionnement, alors que le Maroc tente de diversifier ses partenaires économiques pour sortir du tête à tête avec les pays de l'Union européenne. Le roi ne s'est pas déplacé pour rien !

 

01/03/16  Libye : Interventions étrangères et forces locales font reculer Daech

Le journal Le Monde n'est pas le seul à affirmer que des forces spéciales françaises, ainsi que des agents de la DGSE, interviennent en Libye pour lutter contre l’Etat islamique (ce qui a entrainé une enquête diligentée par le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, pour «compromission du secret-défense»).

En fait les révélations se multiplient. Comme l'explique le politologue Ezzeddine Aguil interrogé par le journal algérien El Watan, la Libye pullule de forces étrangères, déclarées et non déclarées. Il y a Italiens qui protègent les installations du consortium pétrolier italien ENI, à Mellita, entre Ezzaouia et Sabratha, à l’Ouest libyen. Mais, il y aussi d’autres forces spéciales américaines, forces qui avaient d'ailleurs été refoulées, le 14  décembre 2015, de plusieurs bases aériennes dans l’Ouest libyen, notamment Myitiga à Tripoli, et El Watiya au Nord-Ouest. Des photos de l’incident ont été publiées sur les réseaux sociaux et les Américains ont confirmé la nouvelle.

Les responsables américains ont alors reconnu que ces militaires étaient venus "avec l’accord de responsables libyens" pour "développer les relations et améliorer la communication avec leurs homologues de l’armée nationale libyenne". Ce serait la milice locale de Zentane qui aurait exigé leur départ partent.

Le responsable américain a alors souligné que "ce n’est pas la première fois que des instructeurs américains viennent en Libye". Comme pour les Américains et les Italiens, les Français, les Anglais et les Espagnols sont présents en Libye, ne serait-ce que par le biais des sociétés de sécurité sur place, forces qui entretiennent des liens étroits avec les services de renseignements leur pays d'origine.

De son coté, le premier ministre du gouvernement  de Tripoli (non reconnu par la communauté internationale) Khalifa Ghweil, a affirmé que des commandos français étaient intervenus à Benghazi en appui à l'offensive du général Haftar contre les points forts détenus par Daech dans la deuxième ville du pays. Les troupes de l’Armée nationale libyenne ont effectivement repris plusieurs zones de Benghazi, comme le port de Merissa, les quartiers Leithi, Sabri et Bouatni, ainsi que le marché de poissons, qui étaient sous le contrôle des milices de Daech.

Les victoires des troupes de l’ANL ne se limitent pas à Benghazi, selon les correspondants de l’agence une-voices. Il semblerait en effet que "les troupes de Daech et de Majliss choura el moudjahdine se soient séparées". C'est ce qu'explique l’universitaire et ex-membre du Conseil national de transition, Mansour Younes. Il donne en exemple ce qui s’est passé à Sabratha, où "Les troupes du bouclier de l’Ouest et les milices de Sormane et d’Ezzaouia se sont associées à Majliss choura el moujahdine Sabratha pour chasser Daech de cette ville, qui a été attaquée par des avions américains".

Autant d'informations à prendre avec prudence, mais qui dénotent une perte d'influence de Daech en Libye et peut-être même un début du renversement du rapport de force sur place.

 

08/02/16  Libye : Le dénouement approche

L’un des principaux obstacles à l’accord entre les factions libyennes semble avoir été surmonté lors de la rencontre entre le chef du gouvernement de réconciliation nationale Fayez Serraj et le général  Haftar, à El Marj, au début de ce mois. En effet, Haftar a accepté de laisser le commandement général de l’armée à l’un de ses disciples originaire de l’Ouest libyen, le général Aïssaoui.

Les points de vue se rapprochent petit à petit entre les différents intervenants de la crise libyenne. Fayez Serraj poursuit ses discussions pour la formation d’un gouvernement de large coalition, mais néanmoins resserré, de 12 à 16 ministres seulement. Il a quitté Tunis pour s'installer à Skhirat au Maroc, afin d’éviter les pressions exercées sur lui par les représentants des Frères musulmans, très présents dans la capitale tunisienne.
Du côté tunisiens des manœuvres militaires ont été conduites près de la frontière. Elles marquent la fin de la construction d’un mur de sable de 220 km entre la Tunisie et la Libye.

 

19/01/16  Libye : Le nouveau gouvernement d'union siège en exil

La constitution d'un gouvernement d’union nationale en Libye, le 19 janvier, est le résultat d’âpres négociations. Cet Exécutif composé de 32 ministres et dirigé par l’homme d’affaires tripolitain Fayez Sarraj offre aux trois principales régions du pays, à savoir la Tripolitaine, le Fezzan et la Cyrénaïque, une représentation équivalente. Chacune d’elles détient au moins un portefeuille de souveraineté.

Comme exigé par les milices de l’Ouest libyen, le controversé général Khalifa Haftar, commandant des forces loyales au pouvoir de l’Est, ne fait pas partie de ce gouvernement.

Mais nul ne sait si ces concessions suffiront pour convaincre les deux parlements rivaux qui s'affrontent en Libye.

Pour entrer en fonction, le nouveau cabinet doit au moins être approuvé par une majorité des deux tiers des membres du Parlement reconnu par la communauté internationale et qui se trouve relégué à Tobrouk.

En attendant que la situation sécuritaire soit maîtrisée à Tripoli, c’est depuis Tunis que le nouveau gouvernement libyen a décidé de travailler. Bref, la Libye se trouve désormais dotée de 3 gouvernements distincts !

 

07/01/16  Libye : L'appel au secours du président de la NOC

L'offensive lancée en début de semaine par l'EI contre les installations pétrolières d’Al-Sedra (terminal doté d'un vaste site de stockage de pétrole) et le port de Ras Lanouf, dans le golfe de Syrte, est difficilement contenue par les gardes des installations pétrolières qui dépendent de la compagnie nationale libyenne NOC. Celle-ci a lancé un appel au secours à "tous ceux restés loyaux à la Libye" afin qu'ils "se lèvent pour sauver ce qui reste avant qu’il ne soit trop tard".

On estime que les deux ports contiennent chacun entre 420 000 et 460 000 barils de brut et des incendies difficilement maitrisables se sont déjà déclarés.

Le président de la NOC, Mustafa Sanalla, ne cache pas son désarroi face aux querelles politiciennes qui paralysent la Libye. Il dit espérer "que cette épouvantable violence va faire prendre conscience aux leaders politiques de tous bords des menaces qui nous entourent" et les force à "mettre de côté leurs désaccords" pour "s’unir contre notre ennemi commun, pas demain, ni la semaine prochaine, mais maintenant".

 

23/12/15  Libye : Erreurs et précipitation de la communauté internationale

En refusant d'emblée de prendre en considération la réunion inter-libyenne du 6 décembre, la communauté internationale et, en particulier, le nouveau représentant de l'ONU, Martin Kobler, ont fait preuve d'une dangereuse précipitation. Tout se passe comme si les Occidentaux voulaient imposer leur solution afin d'aller au plus vite guerroyer contre l'EI sur le territoire libyen

Avec les chefs des deux délégations qui n'ont pas reçu l'aval de leur parlement respectif, Martin Kobler a certes réussi, le 17 décembre, au Maroc, à faire parapher l'accord sur la constitution d'un gouvernement unique, tel qu'il avait été concocté par son prédécesseur Bernadino Léon. Mais, du coup, tout ce qui était reproché à ce dernier retombe sur les épaules de son successeur, en pire, puisque les Libyens ont beau jeu de dire que l'on ne tient pas compte de leurs légitimes initiatives.

La récente rencontre entre Nouri Aboshami (le président du CGN, Tripoli) et Aghillah Sallah (Président du Parlement de Tobrouk), à Malte, n'a pas non plus été saisie comme une occasion unique de rapprocher les points de vue. C'est une erreur diplomatique grossière qui va certainement se payer cher puisque le gouvernement soit-disant de consensus (en fait imposé par la communauté internationale) n'aura de facto aucune chance de se faire respecter et ne pourra probablement même pas s'installer à Tripoli.

 

09/12/15  Libye : Les bases de l'accord contesté entre les parlements de Tripoli et de Tobrouk

Deux délégations issues des Parlements rivaux de Tripoli et de Tobrouk, mandatées par leurs présidents respectifs, se sont rencontrées à Tunis dimanche 6 décembre, au moment où l'on ne s'y attendait plus. Ce sont en effet ces deux Assemblées, le "Congrès général national", CGN (démocratiquement élu en 2012 et maintenu en fonction par les députés proches des Frères musulmans et leurs alliés de Misrata, bien que son mandat soit arrivé à échéance et que ses élus laïcs en soient sortis) et, d’autre part, la Chambre des représentants (CDR), issue des législatives de juin 2014 (Assemblée reconnue par la communauté internationale, mais installée à Tobrouk, à l'extrême Est du pays) qui avaient rejeté les accords de paix concoctés par l'envoyé spécial de l'ONU Bernardino Leon, aujourd'hui remplacé par Martin Kobler. Les deux délégations ont même signé une déclaration de principe sur un accord politique qui pourrait servir de base à la formation d'un gouvernement d'union.

Certains y voient une simple tentative politicienne de faire échouer la médiation internationale sous le couvert de l'ONU. D'autres, comme l'Algérie et l'Egypte du président général Sissi, sont furieux d'avoir été tenus à l'écart de ces négociations discrètement appuyées par la Tunisie. L'Italie tente, pour sa part, de recoller les morceaux lors de sa conférence de paix prévue pour le 13 décembre.

Personne ne semble voir que cet accord entre les deux parlements rivaux pourrait bien avoir pour base la nécessité absolue de parvenir à un arrangement sur les richesses pétrolières et le fonds souverain libyen, au moment où les caisses du gouvernement de Tripoli comme celles du gouvernement de Tobrouk sont vides. L'argent du pétrole a été le nerf de la guerre civile, mais, comme il se fait de plus en plus rare, il pourrait devenir le nerf de la paix. On peut comprendre que, face aux offensives de Daech dans la région de Syrte, les libyens soient pressés de s'entendre entre eux pour éviter à la fois le déferlement des djihadistes étrangers sur leur sol et les interventions intempestives de leurs voisins soutenus par des frappes aériennes occidentales.

 

03/12/15  Libye : La réunion des pays voisins consacre l'entrée en fonction de Martin Kobler

Le nouveau représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Libye, l’allemand Martin Kobler (qui remplace Bernardino Léon depuis le début novembre) vient de participer à la réunion qui s'est déroulée à Alger, le 1er décembre, en présence de plusieurs représentants libyens et des responsables pays voisins de la Libye (Algérie, Tunisie, Egypte, Niger, Tchad et Soudan) particulièrement inquiets de la progression de Daech sur le sol libyen.  Ceux-ci craignent notamment qu'une jonction s'opère entre la filiale libyenne de Daech et le groupe nigérian Boko Haram, qui a fait allégeance à l’EI le 7 mars 2015. Enfin, ils constatent avec effroi que Daech conseille désormais aux apprentis djihadistes (surtout ceux originaires d'Afrique) de rejoindre ses rangs en Libye, plutôt qu'en Irak et en Syrie, où l'EI rencontre des difficultés accrues.

Cette septième rencontre des pays voisins de la Libye intervient après un signe positif de progression des négociations inter-libyennes : la signature, par le Parlement libyen de Tobrouk, reconnu internationalement, d'une déclaration de soutien au futur gouvernement d'Union nationale qui aura la tâche de gérer la transition et de préparer des élections.

 

26/11/15  International : La Cop 21 fait face au réchauffement et au terrorisme

En dépit des attentats terroristes ayant fait 130 morts dans la capitale française le 13 novembre, 147 chefs d'Etat et de gouvernement ont confirmé leur participation à la conférence de Paris sur le climat (Cop 21). Cet événement se confirme comme étant l'un des plus importants rassemblements diplomatiques mondiaux, en dehors des Assemblées de l'ONU.  

A partir de la soirée du 29 novembre, les représentants de 195 Etats du monde seront réunis sur le site du Bourget, placé sous haute protection. Au total, 40 000 personnes, dont 7 000 délégués, 10  000 observateurs  et 3 000 journalistes sont attendues. Les chefs d'Etats et de gouvernement interviendront à la tribune le 30 novembre.

La Cop (conférence des parties) est, depuis 1995, le rendez-vous des Etats impliqués dans les négociations sur le climat.

07/10/15 Libye : Reprise des négociations au Maroc

Un nouveau round de négociations a repris le 5 octobre sous l’égide des Nations unies à Skhirat, au Maroc, entre les deux camps rivaux qui prétendent détenir le pouvoir en Libye, celui qui siège à Tripoli, soutenu par les milices islamiques de Fajr Libya, et celui qui siège à Tobrouk, reconnu par la communauté internationale.

Chacun de ces pouvoirs est doté d'un parlement : celui de Tripoli, le "Congrès général national" (CGN) a vu son mandat expirer depuis longtemps et celui de Tobrouk vient, désormais, de faire de même, en décidant de prolonger son mandat au-delà du 20 octobre, sa date d'expiration officielle.

Le dernier round des négociations avait échoué du fait des exigences du CGN qui mettait comme préalable à sa participation l'invalidation de son rival le parlement de Tobrouk. Il réclamait également l’exclusion des "putschistes", en clair l'exclusion du général Khalifa  Haftar, devenu chef militaire des troupes loyalistes.

 

14/09/15  Algérie : Eradicateur retourné par Saïd Bouteflika, le général Tartag prend la tête des services

A ceux qui pourraient penser que l'Armée nationale Populaire a repris la main sur les services secrets algériens du fait de la mise au rencard de l'ex-tout puissant patron du "Département Renseignement et Sécurité" (DRS) Médiène, dit "Toufik", qui vient d'être limogé par décret présidentiel, on pourrait objecter que son successeur, Tartag, n'a aucunement le profil d'un militaire bon teint, respectueux du pouvoir civil.

Général-major à la retraite, Athmane Tartag dit "Bachir" est un éradicateur sans scrupule. C'est à ses excès durant la décennie noire des années 90 qu'il avait dû une assez longue traversée du tunnel, jusqu'à ce que le général Médiène lui-même le rappelle auprès de lui.

Après la mort de son numéro 2  Smaïn Lamari, le 27 août 2007, "Toufik" avait même déjà pensé le remplacer par Athmane Tartag, mais le président Bouteflika s'y était alors opposé. Quelques années plus tard, le patron du DRS avait finalement réussi à imposer son protégé à la tête de la "Direction de la Sécurité Intérieure" (DSI). Et c'est à ce titre que Tartag avait mené l'assaut sur la base gazière de Tiguentourine, lors de la prise d'otages de janvier 2013, décidant, contre l’avis des généraux de l’armée présents sur le site, d’éliminer les terroristes à coup de missiles tirés par les hélicoptères du DRS, tuant de ce fait la plupart des otages occidentaux qui auraient pu être sauvés dans d'autres circonstances.

Un tel échec avait été la goutte d'eau de trop, dans le contexte de la guerre larvée opposant - depuis des années - le clan présidentiel au clan des généraux proches du DRS, entrainant une violente diatribe du nouveau patron du FLN le secrétaire général de l’ex-parti unique, Amar Saadani (très proche des frères Bouteflika) contre le DRS. Démis de ses fonctions, comme bien d'autres, sous le prétexte d'une profonde restructuration du DRS, Tartag ne tarda pas à se rapprocher du frère du président, Saïd Bouteflika, qui cherchait lui, alors, à trouver des informateurs au cœur des services. C'est ainsi qu'en septembre 2014, Tartag fut nommé conseiller spécial du président Bouteflika. Certains prétendent que, dès ce moment-là, Saïd Bouteflika songeait à le préparer pour qu'il remplace, à terme, le général Médiène à la tête du DRS.

C'est désormais chose faite. La police politique algérienne se voit dotée d'un nouveau chef qui a derrière lui une longue pratique de la terreur, des manipulations et des trahisons. Aujourd'hui au service du clan Bouteflika, il pourrait bien lui réserver quelques surprises.

 

12/07/15  Libye : Enfin un accord de paix !

Les deux parties libyennes rivales (celle de Tripoli, dominée par les islamistes, et celle de Tobrouk, reconnue par la communauté internationale) ont paraphé, samedi soir, à Skhirat, au Maroc, un accord de sortie de crise, après plusieurs mois de négociations sous l'égide de l'ONU. Cet accord "de paix et de réconciliation" prévoit la formation d'un gouvernement d'union nationale et la tenue de nouvelles élections. Selon l'émissaire de l'ONU pour la Libye, Bernardino Léon, qui s'est exprimé lors de la cérémonie de signature, en présence de représentants du parlement de Tobrouk, de représentants de municipalités, de partis politiques et de membres de la société civile libyenne, cet accord dessine "les institutions et les mécanismes de prise de décision" jusqu'à l'adoption d'une nouvelle constitution . 

Seule ombre au tableau, l'absence des représentants du Parlement de Tripoli désormais dominé par Fajr Libya (islamiste). Cependant, dans une lettre adressée samedi à Bernardino Léon, ce "Congrès général national" (CGN) s'est dit prêt à envoyer une délégation au Maroc afin de "présenter les modifications" souhaitées par Tripoli. Parmi ces divergences figure le souhait des membres du Parlement de Tripoli de voir figurer le "respect de la magistrature" dans les accords ; il faut dire que la Cour suprême avait menacé, en novembre dernier, d'invalider le Parlement de Tripoli, dont le mandat est largement dépassé.

L'Union européenne a salué "un pas important" et s'est dite "prête à soutenir un gouvernement d'union nationale dès lors qu'il sera formé", par la bouche du chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini. 

On peut supposer que la peur de la progression de l'EI en Libye a été l'un des principaux moteurs de cet accord historique.

 

09/06/15  Libye : Accueil positif pour les propositions de Bernardo Leon

Selon le chef de la Mission d’appui des Nations unies en Libye, l’Espagnol Bernardino Leon, le nouveau projet remis aux parties rivales réunies à Skhirat, au Maroc, lundi, a été "accueilli positivement". Il prévoit la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, constitué des deux parlements rivaux en Libye, celui de Tripoli (non reconnu par la communauté internationale) et celui (élu) de Toubrouk.

Les pourparlers de Skhirat en sont à leur 5ème round, mais il serait important qu'ils débouchent avant le début du Ramadan, le 18 juin.

 

08/06/15  Mali : Vers une signature de l'accord de paix le 20 juin

La Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), qui réunit les plus importants groupes touareg du nord du Mali (dont le MNLA), devrait signer, le 20 juin, l'accord "pour la paix et la réconciliation au Mali". C'est ce qui vient d'être annoncé à l'issue d'une rencontre avec la médiation internationale conduite par l'Algérie.

Après sept mois de laborieuses négociations organisées sous les auspices de l'Algérie, l'ONU, la France, l’Union européenne et la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, l’accord de paix prévoit la création d'assemblées régionales aux pouvoirs étendus et reconnaît à l’Azawad une "réalité humaine et politique". Il lui refuse, cependant, l’autonomie politique qui était réclamée par les rebelles.

Cet accord a déjà été signé le 15 mai à Bamako par le gouvernement malien, mais les groupes touareg  avaient refusé de signer le texte final, avant l'assentiment de leurs membres sur le terrain.

Depuis, ils ont obtenu la promesse d'une insertion prioritaire de leurs combattants au sein des forces de défense et de sécurité réunifiées qui seront déployées au Nord. La rébellion touareg a également obtenu des garanties concernant la représentation des populations du Nord dans les institutions des grands services publics, corps et administration de la République.

Rappelons que la CMA est composée de six groupes armés séparatistes : le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), le Mouvement arabe de l'Azawad-dissident (MAA-dissident), la Coordination pour le peuple de l'Azawad (CPA) et la Coordination des Mouvements et fronts patriotiques de résistance (CM-FPR). Les mouvements islamistes ne font officiellement pas parti de ce mouvement.

 

04/06/15  Libye : Relance des négociations après la chute de Syrte

La 3e réunion du dialogue inter-libyen qui regroupe l’envoyé spécial des Nations unies Bernardino Leone, le ministre algérien des Affaires Maghrébines, les représentants de l’Union africaine et de la Ligue des États arabes, ainsi que des leaders et des chefs de partis libyens s'est ouverte, hier, à Alger. Objectif : la composition d’un gouvernement d’union nationale pour aboutir à la paix.

Sur le bilan catastrophique de la situation libyenne, tout le monde semble à peu près d'accord. L’économie libyenne s'est effondrée : les salaires des fonctionnaires ne sont plus versés et la production de brut est en chute libre. Sur le plan sécuritaire, la prolifération des milices et le danger que font peser les groupes terroristes qui gravitent autour de Daech et d’Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI) constituent un cocktail explosif pour l'ensemble de la région.

Mais les positions du gouvernement de Tobrouk et des autorités de Tripoli (dominé par "Fadjr Libya") sont toujours aussi éloignées : le chef du gouvernement désigné par le parlement de Tobrouk, Abdallah Al Theni, accuse ainsi désormais "Fadjr Libya" d'avoir purement et simplement remis la ville de Syrte aux combattants de l’EI.

Il est vrai que le régiment 166 des forces du "Bouclier du centre de Libye", en charge de la protection de l’aéroport, s’est replié sans combattre sur Misrata, à 220 km plus à l’ouest. Son commandant s'est contenté d'invoquer le retard des soutiens qu’il avait demandé. Mais, en fait, la chute de Syrte était inévitable. L’Etat islamique n’avait eu aucun mal à multiplier les démonstrations de force dans la ville, où il dispose d’un régiment de plus d’un millier d’hommes et d’au moins 150 pick-up installés sur la base de Nouflya, à 30 km à l’est de la ville.

Cependant, un large mouvement en faveur du consensus national semble en train de se dessiner face à l’Etat islamique. Ainsi, "Fadjr Libya" a-t-elle libéré 66 détenus de la localité de Ouerchefana, dans le cadre d’une réconciliation entre Ezzaouia et Ouerchefana, les deux villes ennemies situées à l'ouest de Tripoli. Dans le même registre, un accord de réconciliation a été paraphé, la semaine dernière, à Tunis, entre Misrata et Taouergha, cette ville-fantôme délaissée par ses 40 000 habitants depuis la chute de Kadhafi.

Par ailleurs, les chefs de tribu réunis récemment au Caire, ainsi que les municipalités réunies à Tunis, ont exprimé, chacun de leur côté, un ferme soutien à la constitution d’un gouvernement d’union nationale.

Fort de cette alliance anti-EI qui se dessine, Bernardino De Leon presse les négociations pour parvenir à un accord politique sur un gouvernement d’union nationale avant le mois de Ramadhan.

 

27/04/15  Maghreb : Le projet de TGV Maroc-Algérie-Tunisie relancé par Alger !

Dans un entretien à la Chaîne I de la Radio Algérienne le directeur général de la Société nationale algérienne des transports ferroviaires (SNTF), Yacine Bendjaballah a créé la surprise, le 26 avril, en affirmant que "La réalisation d'une ligne de train à grande vitesse reliant la Tunisie au Maroc en passant par l'Algérie sera entamée bientôt".

Il est vrai que le ministre algérien des transports, Amar Ghoul, avait déjà déclaré, en juin 2014, que des appels d'offres pourraient être lancés pour la partie algérienne de ce vaste projet régional. Le directeur général de la SNTF va dans le même sens en affirmant que les études techniques ont déjà commencé du côté algérien.

Le directeur général précise que ce projet s'inscrira dans le cadre du plan de restauration des équipements de cette société et de ses lignes, dont 4000 kilomètres seulement sont exploités. La STNF entend élargir son réseau pour atteindre 12.500 kilomètres à l'horizon 2025, à travers tout le territoire algérien.

Surtout, Yacine Bendjaballah ajoute que le projet "sera au service des citoyens des trois pays maghrébins", ce qui peut surprendre dans la mesure où la frontière terrestre entre le Maroc et l'Algérie est toujours officiellement fermée, et cela depuis 1994 !

Au Maroc, le projet du TGV sur le territoire national est nettement plus avancé. Certes, il a pris près de deux années de retard. Mais la première ligne de TGV du royaume reliant Tanger à Casablanca doit entrer en service au début 2017. Les TGV marocains rouleront à une vitesse d’exploitation de 320 kilomètres/heure. Ils relieront, à une fréquence cadencée de 1 heure, Tanger à Kenitra en 47 minutes au lieu de 3h15 actuellement. Il est escompté que les TGV de ce premier tronçon Tanger – Casablanca, pourront transporter entre 6 et 8 millions de passagers, contre 3,5 millions aujourd’hui.

Le Maroc étudie, lui aussi, la réalisation d'une ‘‘ligne maghrébine’’ de 600 kilomètres, qui relierait Casablanca à Rabat et Oujda, à la frontière algérienne. La ligne Maghrébine devrait ensuite rejoindre Alger et puis atteindre Tunis.

 

15/04/15 Libye : Le dialogue inter-libyen progresse à Alger

Selon le chef de la Mission d'appui des Nations unies en Libye (UNISMIL), Bernardino Leon, le deuxième round du dialogue inter-libyen dont les travaux se sont déroulés, hier, à Alger, a été un "grand succès" et "donne de l'espoir pour parvenir à un accord politique à la crise en Libye". Il s'est également félicité de la participation de représentants "très importants" des principaux groupes politiques, pour la première fois depuis les différents processus du dialogue qui ont été lancés sous l'égide des Nations unies. Ces travaux ont permis, en outre, d'écouter les différents commentaires et propositions exprimés sur le contenu du projet d'accord de paix proposé.

 

09/04/15  Yémen-USA-Iran : Washington hausse le ton

Dans sa première interview télévisée depuis la conclusion d'un accord-cadre avec Téhéran sur le nucléaire iranien, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a retrouvé le langage de la fermeté pour condamner l'aide que l'Iran apporte aux rebelles Houthis du Yémen.

"L'Iran doit savoir que les Etats-Unis ne resteront pas les bras croisés alors que la région est destabilisée et que des gens lancent une guerre ouverte à travers les frontières internationales des autres pays", a-t-il déclaré dans une interview à la chaîne PBS. "Il y a eu - et il y a, de toute évidence - des vols en provenance d'Iran. Chaque semaine, il y a des vols d'Iran, nous les avons localisés et nous le savons", a ajouté le secrétaire d'Etat.

Parallèlement, le Pentagone a annoncé mercredi que l'armée de l'Air américaine avait commencé à ravitailler en vol les avions de chasse de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite qui mène, depuis deux semaines, des raids contre les rebelles chiites Houthis.

Le secrétaire d'Etat a assuré que, certes, les Etats-Unis ne cherchaient pas la confrontation. "Mais nous n'abandonnerons pas nos alliances et nos amitiés", a-t-il ajouté, assurant que les Etats-Unis étaient convaincus de "la nécessité de nous tenir aux côtés de ceux qui se sentent menacés en raison des choix que l'Iran pourrait faire".

 

01/04/15  Nigeria : Une alternance sans violence, le miracle inattendu

C'est donc le candidat du parti Congrès progressiste (APC), Muhammadu Buhari, 72 ans, qui a remporté les élections au Nigeria, contre le président sortant Goodluck Jonathan qui n’a recueilli que 45,67% des voix. La plupart des observateurs notent que le vote des Nigérians s'est déroulé dans des conditions peu contestables et ils saluent l'alternance des partis au pouvoir, la première depuis le retour du Nigeria à un régime civil, en 1999. Le rôle de la Commission électorale du Nigeria est salué de toute part et vaut à l'ex-président un regain de popularité dû à la façon dont il a su mener ce processus à bon terme. D'ailleurs Goodluck Jonathan n'a même pas attendu les résultats définitifs pour féliciter son rival. Serait-il soulagé ?

Le fait est qu'il semblait avoir perdu le contrôle de l'armée depuis les affrontements contre la secte de Boko Haram et que les Nigérians, même originaires du Sud, le contestaient pour sa faiblesse, ce qui lui a fait perdre beaucoup de voix d'électeurs chrétiens, voix qui se sont portés sur les partis du Sud alliés à Buhari, comme le Labour Party et l'ACN.

Une alternance sans violence, c'est tellement inattendu au Nigeria que le soulagement semble général. A la mi-journée, la Bourse de Lagos a bondi de 7,7%, son plus haut niveau depuis le début de l'année. C'est aussi le meilleur résultat enregistré par la bourse nigériane depuis septembre 2010.

Musulman originaire du Nord, l'ex-général Buhari, avait déjà dirigé le pays entre 1983 et 1985, à la tête d’une junte militaire qui avait renversé un gouvernement élu mais très corrompu. En 1985 il avait, à son tour, été renversé par un autre coup d'Etat, mais n'avait pas perdu espoir de revenir au pouvoir, par les urnes, cette fois, à partir du retour du pays à un régime civil, suite à la mort du dictateur Abacha, en 1999. Buhari s'était, ainsi, présenté à trois reprises aux élections présidentielles, en 2003, en 2007 et 2011, mais il avait perdu à chaque fois, la dernière fois face à Goodluck Jonathan avec près de 30% d’écarts de voix. La quatrième tentative aura donc, pour lui, été la bonne !

Les Nigérians ont gardé de Buhari l'image d'un homme à poigne, mais aussi celle d'un homme incorruptible, ce qui fait de lui, aujourd'hui, l'homme de la situation.

 

26/03/15 Yémen : Les raisons de l'offensive des pays du Golfe contre les Houthistes

Alors que les rebelles houthistes sont aux portes d'Aden, ville où s'était réfugié le président Abd Rabbo Mansour Hadi, légitimement élu en février 2012, mais renversé par les milices chiites houthistes en février dernier, cinq pays du Golfe (Arabie saoudite, Qatar, Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis) ont décidé d'intervenir dans ce pays. Des avions de combats saoudiens ont mené des raids cette nuit sur la capitale Sanaa. Selon l'ambassadeur saoudien aux Etats-Unis Adel al-Jubeir, l'opération vise à "défendre le gouvernement légitime" du président du Yémen Mansour Hadi.

L'Egypte et la Jordanie ont officiellement confirmé leur participation à l'intervention, qui est aussi soutenue par  le Maroc, le Pakistan et le Soudan. Les Etats-Unis vont également fournir un soutien "en logistique et en renseignement". L'opération ne comprend, pour le moment, que des frappes aériennes, mais elle confirme que l'Arabie saoudite, qui est en pointe dans cette offensive, n'a pas cédé aux tentatives de rapprochement menées par Ahmed Saleh, le fils de l’ancien dictateur Ali Abdallah Saleh qui était resté 33 ans au pouvoir avant d'être renversé par la révolution de 2011, dans le sillage du printemps arabe.

Car le clan de l'ex-dictateur n'est pas pour rien dans la montée en puissance des Houthistes. C'est lui qui a ouvert les portes de la capitale Sanaa  à ses milices, en septembre dernier. Ce qui n'empêche pas le fils Saleh, devenu ambassadeur aux Émirats arabes unis en 2012, de travailler dans l'ombre à la restauration du pouvoir de son père (dont il est d'ailleurs le successeur désigné).

Comme on le voit, la guerre civile yéménite n'est pas franchement une guerre inter-confessionnelle. Les combattants houthiste sont, certes, "zaydites", ce qui les fait appartenir à  une branche dissidente du chiisme. Mais, jusqu'ici, chiites et sunnites avaient vécu en bonne intelligence au Yémen. D'ailleurs, les partisans de l'ex-dictateur Saleh sont sunnites, ce qui ne leur a pas empêché de porter main forte aux Houthistes, et il y avait aussi des chiites dans le dialogue national organisé au moment de la révolution de 2011 qui a porté Hadi au pouvoir.

Plus curieux encore, la montée en puissance de l'EI (sunnite) au Yémen s'est faite en parallèle à la montée du Houthisme. Certes, il s'agit de deux forces ennemies, comme l'a bien montré le double attentat-suicide (revendiqué par l'EI) qui a visé deux mosquées chiites de la capitale yéménite, vendredi 20 mars. Mais, en la matière, l'EI cherche surtout à tirer les marrons du feu de la situation sécuritaire et à marquer des points contre son grand rival radical (également sunnite) : Al Qaida au Yémen.

Bref, si l'on veut comprendre quelque chose à cette crise, mieux vaut encore identifier les grands patrons qui se livrent une guerre interposée au Yémen : d'un côté l'Iran, qui apporte son soutien aux Houthistes comme elle l'apporte au Hezbollah, au Liban et, d'un autre côté, l'Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis. Mais ni l'Iran, ni les Pays du Golfe ne veulent que la situation yéménite serve de tremplin à l'Etat islamique.

 

18/03/15  France-Assurance-crédit : La Banque publique d'investissement grignote inexorablement les privilèges de Coface

Coface n'a pas été à la fête lors de la réunion de Bercy consacrée à la politique française d'assurance-crédit qui s'est déroulée hier dans les locaux du ministère. Certains lui ont reproché d'être trop lente dans ses prises de décision, notamment le directeur général international de Safran, Bruno Cotte, qui a raconté, devant une salle comble, comment, face à l'indécision de la Coface, il avait dû passer par la filiale canadienne de son groupe pour obtenir, en urgence, une garantie de l'Etat canadien qui lui avait, in fine, permis de remporter un important contrat.

Mais le pire est venu, pour Coface, des propos de Michel Sapin, ministre des finances, qui a dressé un portrait des dispositifs d'aide publique à l'export où la Banque publique d'investissement (Bpifrance), bras armé de l'Etat français, ne cesse de grignoter de nouvelles missions prises sur la concession de service public jusqu'ici accordée à Coface (elle-même cotée en bourse depuis l'année dernière et filiale du groupe Natixis). A la fin de son allocution d'ouverture Michel Sapin n'a pas caché (sic) que "nous réfléchissons à un transfert éventuel de la gestion des garanties publiques de Coface à Bpifrance".

Autant dire que la décision est déjà plus qu'à moitié prise ! Déjà les PME françaises pourront s'adresser directement à Bpifrance pour obtenir des crédits export de petits montants. Et la plupart des innovations récentes, comme le prêt de développement export ou l'avance de trésorerie sur les créances à l'export ont été confiés à Bpifrance.

C'est bien d'une reprise en main de la politique française d'assurance-crédit par la puissance publique qu'il s'agit. Ainsi Bercy renoue avec une vieille tradition française qui avait été un peu oubliée lors de la privatisation de la Coface en 1994.

 

05/03/15  Libye : Reprise du dialogue au Maroc et nomination d'Haftar à la tête de l'armée officielle

Suite aux consultations menées par le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU, Bernardino Leon, lors de sa visite à Tobrouk et Tripoli le 2 mars, le dialogue inter libyen reprend aujourd'hui au Maroc, avec une semaine de retard.

Cependant le parlement reconnu par la communauté internationale n'a toujours pas fait connaitre - comme il l'avait pourtant promis - les raisons qui l'avaient conduit à suspendre les négociations voici une semaine. Dans l'intervalle, le général Khalifa Haftar a officiellement été nommé à la tête de l’armée du gouvernement de Tobrouk. Il ne s'agit que de l'officialisation d’une situation de fait, mais cette nomination pourrait peser sur le climat des négociations, du fait de l'hostilité prononcée du général à l'égard des islamistes.

En contrepartie, ces derniers considèrent Khalifa Haftar comme "l'homme des Américains".

En effet, après avoir été abandonné par Kadhafi en 1987 (lorsqu'il avait été emprisonné au Tchad) Haftar s'était réfugié aux Etats-Unis, avait obtenu la nationalité américaine et certains le soupçonnent d'être devenu collaborateur de la CIA, même s'il s'en défend.

 

25/02/15 Algérie : La protestation d'In Salah contre les forages non conventionnels déferle sur tout le pays

"Toutes les énergies, qu’elles soient conventionnelles ou pas, sont un don de Dieu". C'est ce qu'a fait dire, au Président Bouteflika, son conseiller personnel Mohamed Ali Boughazi, qui animait le 24 février, à Arzew, un meeting en compagnie du premier ministre Abdelmalek Sellal et du secrétaire général de la centrale syndicale officielle (l’UGTA) Abdelmadjid Sidi Saïd, à l’occasion des festivités commémorant le double anniversaire de la création de l’UGTA (1956) et de la nationalisation des hydrocarbures (1971).

Maigre réponse, et en tout cas douteuse, puisqu'il ne s'agit, somme toute, que d'une lettre sensée émaner du Chef de l'Etat, dont rien ne prouve qu'il soit en état d'en écrire une, à la mobilisation de la société civile algérienne contre les gaz de schiste qui a déferlé dans toutes les villes du pays et a été sévèrement réprimée à Alger. Cette mobilisation coordonnée par "l’Instance de suivi et de consultation de l’opposition (ISCO, qui regroupe deux mouvements de protestation, la "Coordination nationale pour la transition démocratique" et le "Pôle du changement") n'aurait pas été envisageable sans la détermination des populations du Sud qui manifestent désormais journellement, depuis deux mois, contre la fracturation hydraulique qui menace les précieuses ressources en eau (non renouvelable) du désert algérien.

C'est particulièrement le cas à In Salah où les rassemblements contre l’exploration du gaz non-conventionnel durent depuis le 1er janvier 2015. Tous les émissaires officiels dépêchés dans la région n’ont pas réussi à convaincre la population locale de renoncer à la protestation alors que les premiers forages ont déjà commencé à une dizaine de km seulement de l'agglomération. La "commission technique de la société civile" qui coordonne la protestation locale, anime depuis deux mois des débats de hauts niveaux sur les retombées écologiques de la fracturation hydraulique.

700 km plus au nord, à Ouargla, le "front populaire contre le gaz de schiste" milite depuis le mois de juin 2014 et se veut résolument solidaire d’In Salah. Il  se mobilise chaque week-end depuis deux mois, et organise des conférences scientifiques dans toute la région.

L'ampleur et la détermination de ce mouvement pacifiste pourrait bien réussir là où toutes les autres tentatives d'union de l'opposition, des syndicats autonomes et des associations des droits de l'homme ont jusqu'ici échoué : présenter un front uni face au pouvoir algérien. D'autant que la réponse des autorités politiques aux interrogations légitimes des populations menacées est d'une pauvreté consternante. Comme le dit simplement un militant d'In Salah qui résume en une seule phrase ses doutes sur les motivations et la compétence du pouvoir : "Il y a une certaine imprudence, un empressement dans cette affaire très grave ; pourquoi, notamment, aucun échantillonnage d’eau n’a-t-il été effectué avant le forage des puits ?".

 

24/02/15 Libye : Le dialogue de paix prévu au Maroc a été annulé 

Le Parlement libyen reconnu par la communauté internationale a annoncé, le 23 février, sa décision de suspendre sa participation à la réunion de dialogue qui avait été programmée à Rabat, à l'initiative de l'ONU.

L’organe législatif issu des élections de juin 2014 a précisé que cette décision a été prise "après les attentats terroristes du vendredi 19 février à Al-Qoba (dans l'est)" qui ont fait plus de 40 morts et ont été revendiqués par la branche libyenne du groupe Etat islamique (EI). Le Parlement a aussi fait savoir qu’il expliquerait prochainement sa position de fond.

S'exprimant sous couvert de l'anonymat, un député a cependant révélé que la décision de suspendre les négociations est surtout motivée par la crainte de pressions - de la part de la communauté internationale - pour que des islamistes soient intégrés dans un futur gouvernement d'union.

Une nouvelle réunion était prévue le 26 février au Maroc, à l'invitation de la "Mission d'appui des Nations unies en Libye" (MANUL), entre les représentants du Parlement de Tobrouk et ceux de son rival, le "Congrès général national" (CGN), un Parlement parvenu au terme de son mandat, mais qui a été réactivé par la coalition des milices islamistes de Fajr Libya (l’Aube de la Libye).

La Libye compte depuis juillet 2014 deux  parlements et deux gouvernements rivaux. Basé à Tripoli, le premier d'entre eux est proche des islamistes de Fajr Libya. Reconnu par la communauté internationale, le second gouvernement a été obligé de s’exiler à Tobrouk, dans l'extrême est de la Libye.

A l’issue d’un premier round de négociations tenu à Genève mi-février, sous l'égide de l'ONU, les  deux camps avaient annoncé un cessez-le feu. L’ONU avait alors annoncé que les participants étaient parvenus à un accord sur un calendrier en vue de former un gouvernement d'union, mais le processus prend du retard du fait de l'accentuation du chaos libyen.

 

20/02/15  Libye : Les prochaines discussions de paix auront lieu au Maroc sous l'égide de l'ONU

Le Maroc abritera, à partir du lundi 23 février, une nouvelle session du dialogue inter-libyen placé sous l’égide des Nations-Unies. Des représentants des deux protagonistes, le parlement de Toubrouk reconnu par la communauté internationale, d'une part, et le parlement de Tripoli, contrôlé par des islamistes proches des Frères musulmans, d'autre part, ont donné leur accord de principe pour une rencontre dans le royaume chérifien.

A Rabat, les Libyens poursuivront donc les négociations déjà initiées, mi-janvier, à Genève et le 10 février à Ghadamès, à environ 650 km au sud-ouest de Tripoli, à la frontière avec la Tunisie.

La proposition de délocaliser les discussions de paix émane de l’ONU. Compte tenu d’un contexte rendu encore plus tendu par les interventions de l'EI en Libye, les islamistes à Tripoli semblent d'être résignés à accepter la proposition de Ban Ki-moon. L'enjeu majeur : parvenir à une trêve et à la formation d’un gouvernement d’union nationale.

Le Maroc ne figure pourtant pas dans le tour de table dénommé "les Pays voisins de la Libye" qui réunit le Tchad, le Soudan, l'Egypte, la Tunisie, le Niger et l’Algérie. Toutefois, l'option d'une intervention militaire ayant été écartée, l'ONU semble désireuse de prendre un peu de recul pour créer les conditions d'un accord politique.

 

18/02/15  Nigeria : Nouvelle grave défection dans le parti du président sortant Goodluck Jonathan

Le Parti démocratique populaire (PDP) dont le président sortant, Goodluck Jonathan, est le candidat officiel depuis  le 11 décembre 2014, est sorti vainqueur de toutes les élections présidentielles depuis le retour au pouvoir des civils en 1999. Mais le 28 mars prochain, date définitive de ce scrutin qui a été reporté pour faire face à la menace de Boko Haram, le score risque d'être beaucoup plus serré.

Plusieurs dirigeants et députés du parti PDP en étaient déjà sortis au cours de l'année dernière, souvent des gens du Nord qui voyaient d'un mauvais œil leur parti reconduire un chrétien originaire du Sud du pays. Mais cette fois, c'est un homme originaire du Sud, l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo qui vient de déchirer sa carte du PDP.

Cette crise au sein du PDP avantage le principal candidat de l’opposition, l'ancien dictateur Muhammadu Buhari (un musulman du Nord), qui serait en bonne position, selon les derniers sondages. Celui-ci, âgé de 71 ans, porte les couleurs du Congrès progressiste (APC). A la grande surprise des observateurs, il avait largement dépassé l'ancien vice-président Atiku Abubakar, 68 ans, donné comme favori  lors des primaires de l'APC en décembre dernier.

Le général Buhari a laissé le souvenir d'un homme particulièrement dur, répressif , mais intègre. D'ailleurs, c’est la quatrième fois qu'il se présente, sans succès, à un scrutin présidentiel depuis qu'il a été renversé par un coup d'Etat en 1985. Il semble aujourd'hui surfer sur l'aspiration des Nigérians au retour à l'ordre qu'il avait incarné en son temps, même si ses méthodes étaient particulièrement brutales, alors que Goodluck Jonathan donne l'impression de s'être conduit avec la plus grande faiblesse face à la menace de Boko Haram. C'est pourtant lui qui avait su ramener le calme dans la région du Delta du Niger.  Voici quelques années, la montée en puissance de Boko Haram avait bénéficié d'une large tolérance de la part de certaines milices des politiciens du Nord; Aujourd'hui, on peut se demander à qui profite le crime.

 

11/02/15  Nigeria : Six semaines pour battre Boko Haram et tenir les élections

Le Nigeria promet d'éliminer le groupe terroriste Boko Haram en moins de 6 semaines, pour mener à bien ses élections présidentielles et législatives qui ont été repoussées d'autant par la  commission électorale. Ces scrutins, initialement prévus pour le 14 février, ont été fixés au 28 mars.

Le Tchad, le Niger, le Nigeria, le Cameroun et le Bénin se sont enfin mis d’accord,  le 7 février, pour mobiliser 8700 hommes dans une force multinationale de lutte contre Boko Haram. Rappelons que le Tchad est déjà en ordre de marche dans le nord-est du Nigeria et que l’Assemblée nationale du Niger a voté, avant-hier, à l’unanimité, l’engagement de ses troupes dans cette offensive.

Boko Haram, multiplie depuis plusieurs mois des raids meurtriers dans les pays voisins du Nigeria, notamment au Cameroun et, plus récemment, au Niger, un pays identifié comme une cible à la mi-janvier par Abubakar Shekau, le chef de cette organisation terroriste.

Dans la nuit de dimanche à lundi, ses combattants ont mené une attaque d’envergure contre Diffa, capitale provinciale du sud-est du Niger, et ont tenté de prendre d’assaut une prison de la ville, vraisemblablement pour faire évader certains de ses militants.

Diffa avait déjà été attaquée par Boko Haram la semaine dernière. Les combats se sont déroulés principalement en périphérie de la ville, ainsi qu’à Bosso, une autre bourgade à 100 kilomètres à l’est.

Malgré l’incapacité de l’armée nigériane à venir à bout de l’insurrection de Boko Haram depuis six ans, le conseiller national à la sécurité du président nigérian, Sambo Dasuki, a affirmé, lundi, que "tous les camps connus de Boko Haram seront balayés". Cependant, à la question de savoir si les troupes nigérianes parviendraient à réussir en six semaines ce qu’elles n’ont pu faire en six ans, il s'est montré moins affirmatif, concédant que l’objectif fixé pourrait ne pas être atteint, mais que ces opérations permettraient néanmoins d’avoir une situation "sûrement assez propice pour la tenue des élections", sans qu’il soit nécessaire de reporter une fois de plus les élections générales.