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et dans les pays de l'Est
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 Brèves de Veille 

 

Ces brèves de la veille de RI sur les marchés émergents sont classées par ordre chronologique de la plus récente à la plus ancienne. Il faut donc descendre à l’intérieur de cette page pour lire les textes mis ligne depuis un mois environ. Les veilles plus anciennes sont disponibles dans les archives "Alertes et veilles" , réservées aux abonnés et groupées par zones géographiques.

 

 

31/10/17  Banque mondiale : Faire des affaires pour créer des emplois

Le rapport "Doing Business 2018: Reforming to Create Jobs" vient d'être publié par la Banque mondiale. Il recense 264 réformes de l’environnement des affaires dans 119 pays au cours de l’année dernière.

Cette année marque aussi le 15e anniversaire du rapport Doing Business. Depuis sa création en 2003, 3 188  réformes ont été recensées. 

L’an dernier, les pays en développement ont été à l’origine de 206 réformes, soit 78 % de tous les changements introduits dans le monde. Avec 83 réformes à son actif, l’Afrique subsaharienne détient le record pour la deuxième année consécutive, devant l’Asie du Sud qui affiche, elle aussi, une performance exceptionnelle (20 réformes). Pour l’essentiel, les efforts ont porté sur l’amélioration de l’obtention de prêts et la création d’entreprise (38 réformes dans chacun de ces domaines) mais également sur la facilitation du commerce transfrontalier (33 réformes).

La Nouvelle-Zélande, Singapour et le Danemark continuent d’occuper les trois premières places du classement 2018, devant la République de Corée, Hong Kong, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Norvège, la Géorgie et la Suède. 

Les dix pays où les améliorations sont les plus sensibles sont le Brunei (pour la deuxième année consécutive), la Thaïlande, le Malawi, le Kosovo, l’Inde, l’Ouzbékistan, la Zambie, le Nigéria, Djibouti et El Salvador.

La banque mondiale souligne que jamais les profils des pays du top 10 n’ont été aussi variés, du point de vue de la richesse et de la taille, sachant que la moitié d’entre eux (El Salvador, Inde, Malawi, Nigéria et Thaïlande) rejoignent ce peloton de tête pour la première fois.

 

15/10/17  FMI : Taxer les plus riches pour instaurer une croissance durable

La dernière édition du "Moniteur des finances publiques", publié à l'occasion des  Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, annonce, d'entrée de jeu, que les inégalités les plus fortes peuvent freiner la croissance et promeut, en conséquence, une hausse des taux d'imposition dans le haut de l'échelle des revenus. Il estime, notamment, qu'une "taxation suffisante des revenus du capital s'impose pour protéger la progressivité globale du système de l'impôt sur le revenu, en réduisant les incitations à requalifier les revenus du travail en revenus du capital…".

"Au cours des trente dernières années, l'inégalité a augmenté dans de nombreux pays, en grande partie à cause des changements technologiques", pointe ce rapport du FMI. "Dans les économies avancées, les revenus des 1% les plus riches ont augmenté trois fois plus vite que ceux du reste de la population."

Pour cette grande institution, qui a révisé son crédo libéral depuis la grande crise de 2008, ce sont les inégalités, et non pas les impôts, qui pénalisent la croissance.

Dans un discours prononcé  à Harvard, Christine Lagarde a lancé un appel à profiter de la reprise pour "créer une économie plus inclusive qui fonctionne pour tous".

"La politique budgétaire est un instrument puissant pour atteindre les objectifs de redistribution", explique-t-elle. Mais Christine Lagarde reconnait que "dans la réalité, la progressivité du système fiscal des pays peut être plus basse encore parce que les contribuables les plus riches ont souvent accès à toutes sortes de façons de payer moins d'impôt",

Le FMI suggère donc un durcissement des règles sur les revenus du capital et les revenus des dividendes, ainsi que les taxes foncières, les impôts sur les successions et autres taxes sur les biens de luxes, l'énergie produite à partir de combustibles fossiles…

Le FMI suggère aussi de "mieux cibler les dépenses publiques consacrées aux catégories défavorisées afin d'améliorer l'accès à une éducation et à des soins de santé de qualité. Cela accroîtra aussi l'efficience globale". La dernière édition du "Moniteur des finances publiques" s'interroge, enfin, sur les meilleures façons d'instaurer un revenu de base universel. 

 

28/09/17  Coface : Modifications positives de la carte des risques

Une fois de plus, ce trimestre, la quasi-totalité des révisions des évaluations de Coface sont des améliorations.

Selon cet assureur crédit, l’économie mondiale continue sa reprise : la croissance du commerce mondial s’avère supérieure à ce qui était attendu en début d’année, les performances de l’Europe sont au beau fixe alors que le risque politique s’éloigne sans pour autant disparaître. Des signes positifs se multiplient au Brésil et en Russie, les flux de capitaux sont de retour dans certains émergents.

Ces tendances positives ont conduit Coface à améliorer plusieurs évaluations pays :

- La Hongrie (désormais en A3) témoigne d’une activité économique vive, soutenue par la consommation des ménages et un rebond de l’investissement, grâce à des conditions de crédit souples et des aides de l’Union européenne ;

- La Finlande (désormais en A2) a des perspectives encourageantes en matière de défaillances d’entreprises (-6% en 2016 et -19% au 1er semestre 2017) et de la croissance (1,3% en 2017 et même 1,7% en 2018), dans un contexte externe plus favorable ;

- Chypre (désormais en A4) enregistre une croissance dynamique et dispose désormais d’un secteur bancaire et des finances publiques en voie d’assainissement ;

- La Biélorussie (désormais en C) bénéficie du redémarrage de l’activité en Russie et en Europe qui favorise les exportations mais aussi la consommation des ménages.

A contrario, les perspectives ne s‘améliorent pas dans les grands pays anglo-saxons, comme l’illustrent la faiblesse du taux d’épargne et de la dynamique salariale aux Etats-Unis et au Royaume-Uni mais aussi un manque de visibilité sur la politique de Donald Trump et sur l’issue des négociations autour du Brexit.

Dans ce contexte mondial plus porteur, bon nombre de secteurs d’activité repartent également. L’industrie en profite le plus, de par son caractère procyclique. Après de nettes améliorations observées dans la métallurgie et l’automobile dans plusieurs régions du monde au 1er semestre 2017, d’autres secteurs suivent :

- La filière pharmaceutique s’avère être la moins risquée dans le monde. En Europe de l’Ouest et notamment en Italie, France et Allemagne, son risque devient « faible », en raison d’une production et d’une demande bien orientées. Les défaillances d’entreprises sont à un niveau faible.

- En Amérique du Nord, le secteur des transports bénéficie des investissements publics, ce qui explique son passage en catégorie « risque faible ».

- Le secteur des TIC vit un rebond en Asie émergente, notamment, en Chine, et en Amérique latine. Cette dynamique illustre la meilleure orientation de la consommation des ménages. Au Brésil, il s’agit d’un effet de rattrapage après deux années de consommation en baisse. Le risque est désormais considéré comme « moyen » dans ces régions et pays.

- L’Amérique latine présente à une autre amélioration : la distribution rejoint la catégorie « risque moyen » au niveau régional et en particulier au Brésil, grâce à la consommation des ménages, aidée par une inflation et un taux de chômage en baisse.

- Dans deux grands émergents, en Russie et en Afrique du Sud, l’agroalimentaire confirme sa sortie de crise. Le risque devient « faible » dans les deux cas mais pour des raisons différentes : en Russie, les entreprises locales profitent de l’embargo alimentaire sur les produits occidentaux alors qu’en Afrique du Sud, les excellentes récoltes constituent une bouffée d’oxygène cette année.

 

20/09/17  OCDE : De bonnes perspectives mondiales à court terme, mais des inégalités à corriger à moyen terme

Selon la dernière édition des "Perspectives économiques intermédiaires de l’OCDE", publiées aujourd'hui, la dynamique de croissance de l’économie mondiale s’est accélérée : "le développement de l’investissement, de l’emploi et des échanges commerciaux soutiennent une croissance synchronisée dans la plupart des pays".

Cependant l'OCDE regrette que la progression des salaires ait été décevante en moyenne et inégale entre les salariés. "Comme la politique budgétaire s’est assouplie dans de nombreuses économies, il est primordial que la marge de manœuvre ainsi libérée soit utilisée pour mettre en œuvre des mesures budgétaires porteuses de croissance et d’équité".

D'une manière générale, l’OCDE prévoit que l’économie mondiale progressera de 3,5 % cette année et de 3,7 % en 2018, avec une embellie de la production industrielle et des échanges et une nouvelle accélération des dépenses de technologie.

Dans la zone euro, la croissance devrait être de 2,1 % en 2017 et de 1,9 % en 2018, soit des estimations en hausse par rapport aux précédentes, du fait d’une croissance plus forte dans les grandes économies européennes. En Allemagne, la croissance devrait être de 2,2 % en 2017 et de 2,1 % en 2018 ; en France, elle devrait être de 1,7 % pour cette année et de 1,6 % en 2018, tandis qu’en Italie, ces deux taux devraient s’établir respectivement à 1,4 % et 1,2 % en 2017 et 2018.

Au Royaume-Uni, le ralentissement de la croissance qui avait été prévu précédemment devrait se poursuivre jusqu’en 2018, alors que des incertitudes demeurent quant à l’issue des négociations sur le retrait de l’Union européenne.

Au Japon, la croissance a augmenté au premier semestre de cette année à la faveur d’une reprise de l’investissement public et d’une plus forte croissance sur les marchés asiatiques ; elle devrait s’établir à 1,6 % en 2017, soit légèrement au-dessus des prévisions des Perspectives économiques de juin 2017.

Aux États-Unis, la croissance devrait être de 2,1 % cette année et de 2,4 % en 2018 tandis que, au Canada, elle devrait être de 3,2 % cette année et de 2,3 % en 2018.

Dans les pays émergents, les perspectives de croissance en Chine sont revues à la hausse et pourraient s’établir à 6,8 % en 2017, suivi de 6,6 % en 2018, compte tenu de la réduction des mesures de relance et de l'effort d'assainissement de l'endettement des entreprises.

En Inde, les prévisions de croissance ont été légèrement revues à la baisse, à 6,7 % pour 2017 et 7,2 % pour 2018.

Après une phase de récession, l’économie de la Russie connaît un rebond, la hausse des prix du pétrole et la baisse des taux d’intérêt stimulant, à court terme, une croissance qui devrait avoisiner 2 % en 2017 et 2018.

Au Brésil enfin, l’assouplissement de la politique monétaire contribue à une reprise progressive tandis que le repli de l’inflation soutient la confiance des consommateurs. La croissance devrait s’établir à 0,6 % en 2017 et à 1,6 % en 2018.

Dans cette édition des "Perspectives économiques intermédiaires", l’OCDE appelle à nouveau les pouvoirs publics à rééquilibrer leurs interventions, en mettant moins l’accent sur le volet monétaire de leur action, tout en renforçant leurs politiques budgétaires et structurelles, en faveur, notamment, du soutien à la croissance et aux salaires.

 

18/09/17  OCDE : La croissance du PIB du G20 s'est accélérée au deuxième trimestre de 2017

La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de la zone G20 s'est établie à 0,9% au deuxième trimestre de 2017, contre 0,8% au trimestre précédent selon des estimations provisoires de l'OCDE.

La croissance a fortement augmenté en Turquie, à 2,1% (comparé à 1,3% au premier trimestre de 2017), le taux trimestriel le plus élevé parmi les économies du G20. Le PIB réel a aussi augmenté significativement en Chine (de 1,7%, comparé à 1,3% au trimestre précédent, en Afrique du Sud (de 0,6%, après une contraction de 0,1%) et en Australie et aux États-Unis (de 0,8%, comparé à 0,3% au trimestre précédent). La croissance s’est aussi accélérée, mais dans une moindre mesure, en Inde (à 1,4% contre 1,3%), au Canada (à 1,1% contre 0,9%), au Japon (à 0,6% contre 0,3%) et au Royaume-Uni (à 0,3% contre 0,2%).

La croissance est restée stable en Indonésie (1,2%), en France (0,5%) et en Italie (0,4%) alors qu’elle a fortement ralenti au Brésil (à 0,2% contre 1,0%) et en Corée (à 0,6% contre 1,1%). La croissance s’est également affaiblie en Allemagne et au Mexique (à 0,6% contre 0,7%).

En glissement annuel, la croissance du PIB de la zone G20 a augmenté à 3,6% au deuxième trimestre de 2017 (contre 3,4% au trimestre précédent). La Chine (6,9%) et la Turquie (6,1%) enregistrent les taux de croissance les plus élevés et le Brésil le taux le plus faible (0,2%).

 

15/09/17 Énergie :  Le nucléaire et le charbon en déclin, le renouvelable fait la course en tête

Depuis 1997, les énergies renouvelables ont fourni 4 fois plus de MW que le nucléaire et cet écart continue de se creuser. Quant au charbon, il a connu une baisse d'utilisation en 2016, pour la seconde année consécutive, atteignant, en cours d’année, son niveau le plus bas depuis 2004, avec un recul de 1,7% de sa consommation.

Pendant ce temps-là, le nucléaire se cantonne à une croissance de 1,4% l'an, tandis que le solaire et l’éolien enregistrent des croissances respectives de 30% et 16%. En outre, le renouvelable s’avère moins cher que le nucléaire : 30 $ le mégawattheure, contre 35,5 $ pour le nucléaire américain.

En pourcentage, la part du charbon dans le mix énergétique mondial a diminué de 28,1% ces dernières années. Et la part du nucléaire est tombée à 10,5% du mix énergétique dans le monde, contre 17,5% en 1997 (son pic historique).

De plus, le parc mondial des centrales atomiques est vieillissant, exception faite du parc chinois. Plus de 50% des réacteurs actuellement en service ont plus de 31 ans, et la prolongation de leur durée d’exploitation est de plus en plus fréquente, entraînant des surcoûts souvent imprévus.

Du côté des hydrocarbures, le gaz naturel pourrait supplanter le pétrole au cours des 20 prochaines années. C'est du moins ce que pensent les experts de la société norvégienne DNV GL. Selon leurs prédictions, l’ensemble des énergies renouvelables représenteront même plus de 50% de la consommation d’énergie à l'horizon 2050, tandis que le gaz naturel comblera, lui, 27% de la demande.

 

26/08/17  Monde arabe : La prochaine conférence régionale se déroulera au Maroc en janvier 2018

Le FMI, le Fonds monétaire arabe et le Fonds arabe pour le développement social et économique (FADES) organiseront leur prochaine conférence régionale à Marrakech les 29 et 30 janvier 2018, sur le thème « Opportunité pour tous - Promouvoir la croissance, les emplois et l’inclusion dans le monde arabe ».

Décideurs et experts du monde arabe seront également réunis à cette occasion, et la participation de Christine Lagarde, directrice générale du FMI, est attendue.

La dernière conférence de cette institution sur le monde arabe s’était déroulée à Aman (Jordanie) en 2014.

 

20/07/17  OCDE : Taux d’emploi en hausse au premier trimestre 2017

Le taux d’emploi de la zone OCDE a enregistré une hausse de 0,2 point de pourcentage au premier trimestre 2017 pour atteindre 67,4%. Rappelons que ce taux représente la part des personnes ayant un emploi sur l'ensemble de la population en âge de travailler.

Au cours du même trimestre, le taux de participation à la population active de l'OCDE (c'est-à-dire la proportion des personnes en âge de travailler qui ont un emploi ou sont au chômage) a augmenté de 0,1 point de pourcentage, pour atteindre 71,8%.

Le taux d'emploi s'est accru dans la plupart des pays de l'OCDE ; les hausses les plus fortes ont été observées en Estonie (hausse de 1,7 points de pourcentage, à 73,8%) et en Slovénie (hausse de 1,4 points de pourcentage, à 68,1%).

Parmi les grandes économies de l'OCDE, le taux d'emploi a augmenté de 0,4 point de pourcentage au Canada (à 73,3%) et au Mexique (à 61,4%), de 0,3 point de pourcentage au Japon (à 75,0%), en Turquie (à 50,9%) et aux États-Unis (à 69,8%) et de 0,2 point de pourcentage en Corée (à 66,5%), au Royaume-Uni (à 73,9%), ainsi que dans la zone euro (à 65,9%). La France fait un peu moins bien que l'ensemble de l'eurozone, avec 64,3%.

Comparé au premier trimestre de l'année 2016, le taux d'emploi de l'OCDE est en hausse pour tous les groupes d'âge. La plus forte augmentation est observée pour les travailleurs séniors (personnes de 55 à 64 ans, en hausse de 1,1 points de pourcentage, à 59,9%) ; des augmentations plus modérées sont observées pour les jeunes (personnes de 15 à 24 ans, en hausse de 0,5 point de pourcentage, à 41,1%) et pour les personnes d'âge moyen (personnes de 25 à 54 ans, hausse de 0,5 point de pourcentage, à 77,5%).

Aux États-Unis cependant, la hausse du taux d'emploi des jeunes (hausse de 0,8 point de pourcentage) s'est établie nettement au-dessus de celle enregistrée pour les travailleurs séniors (hausse de 0,3 point de pourcentage).

 

05/07/17   Coface : Évaluations des risques pays et sectoriels du second trimestre 2017

Selon les dernières évaluations de COFACE relatives au deuxième trimestre 2017, la période se singularise par un nouveau départ pour l’Europe et la Russie et, côté secteurs, pour l’automobile et l’agroalimentaire dans plusieurs pays

Aux Etats-Unis, les signaux contradictoires envoyés par l’économie (A2, risque peu élevé) et le grand flou qui entoure le plan de relance budgétaire incitent à la prudence. Malgré une révision à la hausse du PIB au 1er trimestre (de 0,7% à 1,2%) et un chômage au plus bas depuis près de 16 ans, la consommation des ménages s’essouffle et la progression des crédits risque de connaître un fléchissement sous l'effet de la hausse attendue des taux d’intérêt.

La zone euro bénéficie d’une dynamique positive : des conditions de financement très favorables, l’investissement qui soutient la croissance, le retour de la confiance des entreprises, les défaillances d’entreprises en baisse dans la quasi-totalité des pays (sauf au Royaume-Uni, fragilisé par le ralentissement de la consommation). A cette occasion, Coface améliore à A2 l’évaluation de l’Espagne, où la croissance et le commerce extérieur sont particulièrement dynamiques, et à A3 l’évaluation du Portugal, sorti de la procédure de déficit excessif de la Commission européenne.

Plusieurs secteurs suivent cette tendance positive : l’agroalimentaire en Europe de l’Ouest, (désormais évalué en « risque moyen » au niveau régional ainsi qu’en France), suite à la hausse des prix des matières premières et à la fin des effets climatiques désastreux pour les récoltes ; la métallurgie en Allemagne (désormais en « risque moyen ») en raison de la stabilisation des prix et de la bonne dynamique de ses principaux débouchés ; l’automobile en Italie (désormais en « risque faible »).

L’Europe centrale continue d’accumuler les améliorations d’évaluations. Ce trimestre, il s’agit de la pharmacie (désormais en « risque faible ») du fait de la hausse de la demande interne et externe; l’énergie (désormais en « risque moyen » au niveau régional et en Pologne), soutenue par la profitabilité des entreprises de raffinage et la hausse attendue de la demande ; la métallurgie (désormais en « risque moyen » au niveau régional et en Pologne), grâce à des nouveaux investissements en infrastructure et à la convalescence de l’automobile.

Une légère reprise s’installe en Russie, dont l’évaluation pays est améliorée à B : les investissements et la production industrielle progressent, les ventes au détail ne baissent plus grâce à un niveau d’inflation maîtrisé (proche de 4%). Celles de l’automobile augmentent même (prévision de +11% en 2017), ce qui permet au secteur de quitter la catégorie « risque très élevé » pour la catégorie « risque élevé ». L’Ouzbékistan (désormais en C) bénéficie notamment de la reprise de l’activité russe, des financements obtenus de la Banque mondiale et de la BERD ainsi que de moindres incertitudes politiques.

En Asie émergente, la situation est en demi-teinte. En Chine (dégradée en B, risque assez élevé, en juin 2016), les indicateurs sont de nouveau au rouge. L’économie ralentit et le risque de défaillance d’entreprises augmente, notamment en raison de conditions de crédit plus strictes. L’automobile au niveau régional et en Chine en particulier est déclassée en « risque élevé », à cause des mesures de contrôles drastiques sur les voitures à moteur thermique. Malgré une contraction des ventes automobiles, le secteur de la distribution profite d’une demande robuste, d’où son passage en « risque faible ». En Inde, l'amélioration du secteur agroalimentaire en « risque moyen » s’explique par des conditions climatiques revenues à la norme.

Le Moyen-Orient et l’Afrique s’avèrent être les régions dont les évaluations pays se sont détériorées le plus depuis 2014-2015 à cause des tensions politiques et de la chute des prix du pétrole et du gaz. Ce trimestre, Coface en dégrade néanmoins plusieurs : la croissance économique et la situation financière du Qatar (désormais en A4) pourraient s’aggraver suite aux récentes mesures prises par d'autres pays du Golfe ; Bahreïn (désormais en C) fait face à un déficit budgétaire important et à une dette élevée ; la Namibie (désormais en B) a des perspectives médiocres cette année, malgré une reprise dans le secteur minier ; l’île Maurice (désormais en A4) régresse dans les classements internationaux mesurant l’environnement des affaires.

Du côté sectoriel, le risque monte aussi. En témoigne la dégradation à « risque moyen » de l’industrie pharmaceutique des Emirats Arabes Unis et de l’Arabie Saoudite, sous l'effet de dépenses publiques plus faibles.

 

30/05/17  OCDE : Fort rebond du commerce international des marchandises du G20 au premier trimestre 2017

Au premier trimestre de 2017, le commerce international des marchandises des pays du G20 (corrigé des variations saisonnières et exprimé en dollars courants des États-Unis), a progressé pour le quatrième trimestre consécutif. Ce rythme est le plus rapide qui ait été enregistré depuis le deuxième trimestre de 2011.

La croissance des exportations s'est établie à hauteur de 3,0% au premier trimestre de 2017, contre 1,5% au quatrième trimestre de 2016, tandis que les importations ont augmenté de 4,0%, en accélération par rapport à la faible croissance du trimestre précédent (+1,2 %).

Au total, le commerce de marchandises du G20 a presque retrouvé son niveau d’avant la crise.

Toutes les économies du G20, à l'exception de la France (où les exportations se sont contractées de 2,4%), ont connu une hausse de leurs exportations au premier trimestre de 2017. Celle-ci a été particulièrement forte dans les économies BRIICS, allant de 3,5% en Indonésie à plus de 10% au Brésil et en Russie.

Pour leur part, les importations ont augmenté dans toutes les économies du G20 au premier trimestre de 2017 . C'est la Chine qui a enregistré la plus forte progression de ses achats (9,6%) ce qui a contribué à réduire l'excédent commercial de la Chine (94,2 milliards $) à son niveau le plus bas depuis le deuxième trimestre de 2014.

Une forte croissance des importations a également été observée en Argentine (5,0%), au Brésil (9,1%) et en Inde (6,5%).

Parmi les économies G20 de l'OCDE, la croissance des importations la plus forte a été enregistrée en Corée (8,2%), un pays qui connait aussi une hausse sensible de ses exportations (+5,7%)

Pour l'Arabie saoudite, on ne dispose pas des chiffres du premier trimestre 2017, mais les importations du dernier trimestre 2016 sont en forte reprise (+11, 9 %) après 9 mois de recul.

 

18/04/17  Tunisie : Le FMI accepte de débloquer la seconde tranche de son crédit après plusieurs mois de retard

La mission du FMI qui a séjourné à Tunis au début de ce mois pour évaluer les progrès réalisés dans le cadre de l'accord signé avec Tunis en mai 2016 a rendu l'avis suivant : "Le gouvernement a réalisé des progrès encourageants dans la mise en œuvre des réformes qui avaient été retardées, pour ainsi s’attaquer aux barrières structurelles qui pèsent sur l’économie tunisienne. Parmi les importants volets de ce programme, il convient de mentionner les nouveaux textes de loi sur l’investissement et la concurrence, les travaux d’établissement d’une nouvelle instance constitutionnelle chargée de la lutte contre la corruption et les mesures de réforme des banques et des entreprises publiques".

Dans le cadre des réformes demandées par le Fonds, la Tunisie a déjà établi un calendrier pour la vente des participations de l’Etat dans trois banques publiques et la suppression de 50 000 emplois dans le secteur public, dès l’année en cours.

En contrepartie, le FMI accepte de débloquer une deuxième nouvelle tranche de prêt de 319 millions de dollars dans le cadre du mécanisme élargi de crédit. Une première tranche de 320 millions de dollars a été déjà décaissée en juin 2016 mais la seconde avait été retardée en raison de la lenteur des réformes et d'un accroissement imprévu du déficit public.

 

22/03/17  Algérie : La liste des restrictions aux importations s'alourdit considérablement

A la suite du communiqué du ministère algérien du commerce, diffusé le 20 mars, et selon lequel " tous les produits destinés à la consommation finale, sont désormais soumis au régime des licences d'importation", l'entrée en application de cette nouvelle mesure a été si rapide qu'elle a surpris les opérateurs économiques algériens qui ont reçu, dès le mercredi 22 mars une note de leur banque. Celle-ci stipule que désormais "toute nouvelle domiciliation portant sur l'importation de produits destinés à la revente en l’état destiné à la consommation finale est suspendue". Aucun délai n’a été fixé pour la reprise de ces opérations. "Nous vous tiendrons au courant de toute mise à jour ou précision que nous recevrons de nos institutions de tutelles" se contente d'indiquer le courrier bancaire.

Le ministère précise cependant que les opérateurs économiques peuvent introduire "une demande de licence d’importation du produit ciblé". La demande doit être déposée auprès de la direction du commerce de wilaya territorialement compétente "dans un délai de 20 jours à compter de la date de la première parution de cet avis".

Cette demande d’une licence doit être accompagnée d’une "copie du Registre du Commerce", d'un document justifiant "l’expérience dans l’importation du produit qu’il se propose d’importer", d'une "facture proforma indiquant le produit, la quantité, la valeur et l’origine du produit" et d'un "extrait de rôle apuré".

Signe qu'aucune complexité administrative lui sera épargnée, l’opérateur doit également joindre à son dossier une "attestation de mise à jour avec la Cnas et/ou Casnos", une "copie de la Carte d’Identification Fiscale",  un "questionnaire d’identification de l’opérateur économique à  renseigner", les "bilans fiscaux des trois années" et des "documents justifiant les capacités financières et des moyens de stockage sous forme de titres de propriété ou de location".

Les exportateurs vers l'Algérie sont prévenus !

 

14/02/17  OPEP : Algérie prise en faute pour non-respect de l'accord de réduction de la production

Selon une note des analystes de Global Platts, l'Algérie n'aurait pas respecté, en janvier, l'accord de réduction de production de l'OPEP, qui avait pourtant été négocié à Alger à la fin septembre 2016

Elle n'aurait ainsi pas réduit sa production de 50 000 b/j, comme  le prévoit l'accord de l’OPEP, mais aurait, à l'inverse, pompé 10 000 b/j supplémentaires. C’est l’équivalent de 300 000 barils de trop qui auraient ainsi été produits en janvier 2017.

Global Platts accuse également l'Agence nationale algérienne pour l'évaluation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT) qui avait assuré, début janvier, avoir distribué à chacune des compagnies pétrolières opérant dans le pays un quota de réduction sur une base équitable. Un organe de suivi avait été mis en place pour veiller à la bonne application de la réduction, ce qui ne semble pas avoir été le cas.

 

09/02/17  OCDE : Les indicateurs composites avancés signalent un redressement de la croissance

Les indicateurs composites avancés (ICA) de l’OCDE sont conçus pour anticiper les inflexions de la croissance, par rapport à la tendance, avec six à neuf mois d’avance. Ceux qui viennent d'être publiés le 8 février confirment les signes de reprise déjà évoqués auparavant.

Un redressement de la croissance est, ainsi, anticipé aux États-Unis, au Canada, au Japon, en Allemagne et en France.

Au Royaume-Uni, une certaine amélioration conjoncturelle à court terme se dessine, mais l’ICA reste en dessous de sa tendance de long-terme et l'incertitude sur la nature de l'accord que le pays conclura avec l'Union Européenne continue à peser sur les anticipations.

Dans la zone OCDE dans son ensemble, ainsi que dans la moyenne de la zone euro et en Italie, les ICA signalent une dynamique de croissance stable.

Parmi les principales économies émergentes, un redressement de la croissance est anticipé en Chine, au Brésil et en Russie. Par contre, l’ICA indique un infléchissement de la croissance en Inde, mais ce pays reste un peu au-dessus de sa tendance de long-terme.  

 

25/01/17  Pétrole : Donald Trump, l'Irak et le Koweït font baisser le prix mondial du baril

Les Saoudiens  pensaient qu'il faudrait que le prix du pétrole remonte à 60 $ le baril pour que l'exploitation des pétroles et gaz de schistes américains redevienne rentable, mais il ne semble pas que ce soit le cas, puisque le nombre des plateformes de forage, aux Etats-Unis, a déjà progressé de 29 puits au cours de la seule semaine dernière, enregistrant sa plus importante progression hebdomadaire depuis de nombreux mois.

Faut-il y voir l'effet Donald Trump qui n'est pas avare de promesses à l'égard de ce secteur ? En tout cas, la hausse de la production pétrolière américaine pèse sur le marché et menace de saper les efforts déployés par les pays membres de l’Opep et les producteurs non Opep pour rééquilibrer l’offre et la demande du marché pétrolier mondial.

Les cours de l’or noir ont d'ailleurs déjà commencé à reculer lundi dernier, malgré les annonces des pays producteurs de pétrole qui disent avoir tenu leurs promesses. Réunis dimanche 22 janvier, à Vienne, ils ont ainsi affirmé que l’accord de décembre est respecté, en bonne voie de parvenir à l’objectif d'une réduction globale de 1,8 million de barils par jour. L’Opep et ses partenaires ont indiqué que les pays producteurs avaient déjà diminué leur offre de 1,5 million de barils par jour. Mais cette annonce n’est pas parvenue à faire remonter les prix de l’or noir au-dessus des 55 dollars le baril qui prévalent, en moyenne, depuis le début de l’année.
Et, de fait, certains pays de l'Opep ont déjà discrètement augmenté leur production par rapport aux quotas impartis. Selon les derniers chiffres disponibles, l’Irak, qui devait réduire sa production à  4,4 millions barils par jour, l’a augmentée de 43.000 b/j pour atteindre 4,6 millions b/j. Quant au Koweït, qui devait baisser sa production à 2,7 millions b/j, il l’a maintenue à hauteur de à 2,8 millions b/j.

Rappelons que l’accord de Vienne, conclu le 10 décembre 2016 pour six mois et entré en vigueur le 1er janvier dernier, prévoit qu'une dizaine de pays non Opep, dont la Russie, doivent réduire leur production de 558 000 b/j. Parallèlement, l'accord signé en novembre par  les pays de l’Opep  prévoit une baisse de production de 1,2 million b/j. Cette réduction globale de 1,8 millions b/j, soit un peu moins de 2% de la demande mondiale, serait de nature à résorber les stocks mondiaux et à faire remonter les prix du brut. Pourvu que tout le monde joue le jeu et que Donald Trump ne favorise aucun dumping…

 

10/01/17  Algérie-Russie : Rosneft se retire d'un projet gazier algérien

Selon le journal d’affaires russe Kommersant, qui cite des sources proches du dossier, le groupe Rosneft souhaiterait céder sa participation dans un projet pétro-gazier algérien qu'elle juge insuffisamment rentable. Il s'agit du bloc 245-Sud, situé dans le bassin d’Illizi : il comprend trois gisements d’hydrocarbures, découverts entre 2003 et 2006 (Takouazet-Est, Ouest et Tesselit-Nord). Le groupe russe y détient 50 % des actifs, en partenariat avec son compatriote Stroitransgaz (10 %) et la compagnie nationale algérienne Sonatrach (40 %).

Dans un premier temps, Rosneft avait tenté de céder ses parts à son partenaire russe, pour $ 200 millions, mais cette compagnie avait jugé le montant trop élevé. Ensuite, Rosneft s’était tourné vers Gazprom, qui a également refusé l’offre.

En dernier recours, le groupe Rosneft, détenu par l’Etat russe, devrait essayer de céder ses parts à son partenaire algérien Sonatrach.

Le développement du bloc 245-Sud avait été lancé en 2001. Rosneft et Sonatrach avaient alors signé un accord de coopération et d'exploration. La mise en œuvre s'était déroulée selon les termes d’un accord de partage de la production. Il s’agissait alors du premier projet à l’étranger de la compagnie Rosneft en dehors de l’ex-URSS.

On rappellera que Rosneft a fait état, début novembre, d’un effondrement brutal de son bénéfice net au troisième trimestre 2016.

 

09/01/17  Maroc-Italie : La compagnie ENI investit dans le secteur marocain des hydrocarbures

L'exploitation des permis "Rabat Deep Offshore I-VI", jusqu'ici détenus par la société Chariot Oil & Gas, spécialisée dans la prospection en amont de pétrole et de gaz, a été transférée à la compagnie italienne ENI. Suite à l'approbation des autorités marocaines, ENI est ainsi devenue l’opérateur de ces permis, avec une participation de 40 % ;  la compagnie australienne Woodside contrôle 25 % des participations totales, de même que l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM). Quant à Chariot, elle conserve 10% des parts totales.

Les forages devraient débuter l’année prochaine. En effet, la compagnie italienne a acquis ces 40% sous la condition de forer le prospect JP-1 et d’assurer d’autres frais liés à l’exploration et à la mise en valeur du périmètre.

 

05/01/17  OCDE : Les derniers chiffres de l'inflation et du taux de chômage

Selon les derniers chiffres d'inflation et de chômage dans l'OCDE, on constate que le risque de stagflation s'éloigne tandis que le niveau de l'emploi s'améliore.

L’inflation annuelle dans l'ensemble des pays membres de l'OCDE a légèrement augmenté en novembre 2016, pour s'établir à hauteur de 1,4%, contre 1,3% en octobre. Cette augmentation est principalement la conséquence de l'évolution des prix de l’énergie et de l’alimentation qui sont restés stables en novembre (en glissement annuel) alors qu'ils avaient baissé en octobre.

L’inflation annuelle a augmenté au Japon (à 0,5% en novembre contre 0,1% en octobre), au Royaume-Uni (à 1,2% contre 0,9%), en Italie (à 0,1% contre -0,2%), en France (à 0,5% contre 0,4%) et aux États-Unis (à 1,7% contre 1,6%). Elle est restée stable en Allemagne (à 0,8%) et a diminué au Canada (à 1,2% contre 1,5%).

Dans la zone euro, l’inflation annuelle mesurée par l’IPCH a légèrement augmenté, à 0,6% en novembre, contre 0,5% en octobre.

Dans les économies émergentes du G20, l’inflation annuelle a, par contre, encore diminué dans la Fédération de Russie (à 5,8% contre 6,1%), en Inde (à 2,6% contre 3,3%), au Brésil (à 7,0% contre 7,9%) et en Arabie Saoudite (à 2,3% contre 2,6%). En revanche, elle a augmenté en Indonésie (à 3,6% contre 3,3%), en Chine (à 2,3% contre 2,1%) et en Afrique du Sud (à 6,9% contre 6,7%).

Du côté de l'emploi, l'évolution est lente mais globalement favorable, selon les derniers chiffres de l'OCDE qui portent sur le mois d'octobre 2016. Le taux de chômage de l'ensemble de la zone a baissé  de 0,1 point de pourcentage, pour s'établir à hauteur de 6,2% en octobre. Au total, 38,8 millions de personnes sont au chômage dans la zone OCDE, 10,2 millions de moins qu’en janvier 2013, mais toujours 6,2 millions de plus qu’en avril 2008, avant la crise.

Le taux de chômage de la zone euro s'établit en dessous du seuil des 10%, à 9,8% en octobre 2016. Au sein de la zone euro, le taux de chômage a surtout diminué en Autriche (à 5,9%), en France (à 9,7%), en Irlande (à 7,5%), en Lettonie (à 9,5%) et en République slovaque (à 9,1%).

En dehors de la zone euro, le taux de chômage est resté stable au Canada (à 7%) et au Japon (à 3%) tandis qu’il baissait au Mexique (à 3,6%) et aux États-Unis (à 4,9%). Des données plus récentes montrent qu'en novembre 2016, le taux de chômage a continué de diminuer aux États-Unis (de 0,3 point de pourcentage, à 4,6%), et au Canada (de 0,2 point de pourcentage, à 6,8%).

Le taux de chômage des jeunes (15-24 ans) de la zone OCDE est resté stable, à 12,8%, en octobre. Il est également stable dans la zone euro, où il atteint cependant le niveau peu satisfaisant de 20,7%.

 

01/12/16  OPEP : L'accord "historique" de Vienne ne devrait pas faire "flamber" les prix

L'Arabie saoudite vient de faire un important effort lors de la réunion de l'OPEP à Vienne, hier, pour que les pays de l'OPEP parviennent à un accord de réduction de leur production. Elle s’est dite prête à ramener sa production de 10,5 à 10 millions de barils par jour.

Au total, le chiffre retenu à Vienne (une déduction de 1,2 millions de barils/jour de la production OPEP de brut) semble conforme à l’accord de principe signé fin septembre, à Alger, pour réduire la production quotidienne de l'OPEP à 32,5 millions de barils.

Et la Russie, qui n'est pas membre du cartel, a emboité le pas en promettant de ralentir, elle aussi, le rythme de sa production.

Mais un problème subsiste. A partir de quel niveau les pays producteurs vont-il réellement calculer leurs baisses de production ? On sait que, lors de ces derniers mois, ils ont plutôt eu tendance à extraire à des niveaux record.

Le rapport de l'OPEP pour le mois d'octobre indiquait ainsi que la production de brut de l'Organisation avait atteint 33,64 millions de barils/jour (bj), soit 240.000 bj de plus qu'en septembre 2016, probablement pour profiter au maximum de l'effet d'annonce de la réunion d'Alger qui venait de faire remonter les prix. On notait, de même, l’intensification des forages outre-Atlantique, dopée par des perspectives plus optimistes du marché

La Russie a, elle aussi, largement ouvert les robinets cet été et cet automne, pour compenser le manque à gagner lié à la faiblesse des prix. Si elle a confirmé être prête à réduire sa production de 300.000 barils par jour en 2017, elle n'a pas dit quel serait le niveau réel de sa production.

Bref, il est peu probable que le prix du baril remonte rapidement aux 114 dollars qu'il atteignait au milieu de l'année 2014.

 

16/11/16  Pétrole : Avant la réunion de l'OPEP du 30 novembre, la production s'accroit et les prix baissent

Les marchés pétroliers ne sont pas convaincus que l’OPEP parviendra à imposer une baisse de la production à chacun de ses membres. Depuis le début du mois de novembre, les prix jouent les "yoyos" et sont repassés plusieurs fois sous la barre des 45 $, au gré des interventions des uns ou des autres, puis à la suite de l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis d'Amérique.

Les négociations en vue de la répartition des quotas, dont le principe avait été fixé à Alger, fin septembre, pour réduire la production globale des pays de l'OPEP n'ont guère avancé, à moins de 10 jours de la réunion des experts, à Vienne, le 25 novembre, préalable à la grande réunion des ministres prévue le 30 novembre.

Le rapport de l'Organisation pour le mois d'octobre indique, de surcroit, que la production de brut de l'OPEP a atteint un nouveau record de hausse le mois dernier. L'OPEP a produit 33,64 millions de barils/jour (bj), soit 240.000 bj de plus qu'en septembre 2016. Le volume d'octobre 2016 est le plus élevé depuis 2008.

Le rapport de l'Organisation prévoit que la demande de brut adressée à l'OPEP ne devrait pas excéder 32,69 millions b/j, en moyenne, en 2017. Il en conclut que l'excédent moyen mondial atteindra 950.000 b/j, l'année prochaine, si la production OPEP reste stable. Le rapport de septembre ne donnait qu'un excédent de 800.000 b/j.

Ces données laissent penser que les pays de l'OPEP auront bien du mal à parvenir à un accord de réduction de la production de 750.000 bj, comme cela avait été convenu à la réunion extraordinaire d'Alger, de septembre dernier.

 

01/11/2016  Algérie : Les Chinois vont remplacer Technip sur le chantier de réhabilitation de la raffinerie d'Alger

Suite à la résiliation, en 2015, du contrat qui avait été conclu avec la société française Technip, les travaux de réhabilitation de la raffinerie d'Alger devraient être confiés à une société chinoise. C'est ce que vient de déclarer le PDG de Sonatrach, Amine Mazouzi, précisant que le nouveau contrat devrait être signé le 6 novembre prochain. La raffinerie est actuellement à l'arrêt. En 2014, elle avait encore traité 2,8 millions tonnes d'hydrocarbures.

Le contrat  résilié avait été conclu en 2010. D’une valeur de 963 millions $, il avait pour but d'accroitre les capacités de production de 35% et de mettre le site des installations en conformité avec les normes internationales.

Cependant, des dysfonctionnements étaient apparus dès le commencement des travaux. La durée d'exécution du contrat, qui devait être de 38 mois, avait ainsi été prolongée à 52 mois et le montant initial du projet avait, aussi, dû être revu à la hausse. Technip avait notamment décrié l’insuffisance de l’épaisseur des canalisations, estimant qu'elles devaient être entièrement refaites et que le sol de la raffinerie, imbibé de pétrole, s'opposait à la réalisation du génie civil dans les délais impartis.

Finalement, la Sonatrach avait décidé de dénoncer le contrat en juin 2015 et de demander des dommages et intérêts à la société Technip. A l'annonce de la résiliation de ce gros contrat, le titre Technip avait fortement chuté en bourse.

Le patron du groupe Sonatrach n’a pas précisé le nom de la compagnie chinoise qui remplacera la société française, mais il pourrait s'agir de la CPECC.

 

25/10/16 Égypte : Nouvel eurobond et aides financières pour combler de lourds déficits publics

Le ministre des Finances, Amr El Garhy, vient d'annoncer que son pays allait lancer, à la mi-novembre, un road-show destiné à tâter le marché des capitaux en vue de l'émission d'un eurobond de l'ordre de 2 milliards de dollars. "Le montant exact sera déterminé en fonction des conditions du marché" at-il précisé lors d’une réunion organisée par la Chambre américaine du commerce au Caire. Ses auditeurs n'en ont pas moins noté que le ministre se montrait moins ambitieux qu'au mois d'aout dernier, où il avait évoqué le lancement d'un eurobond de l'ordre de 3 à 5 milliards $.

Dans les milieux financiers, tout le monde attend aussi avec impatience que l'accord préliminaire annoncé par  le Fonds monétaire international le 11 aout 2016, en vue d'un programme de prêts de 12 milliards $, soit concrétisé en bonne et due forme.

Rappelons que l'Egypte a engagé des négociations avec tous les bailleurs de fonds pour tenter de combler son déficit, estimé à 30 milliards $.

La Banque mondiale a déjà libéré une première tranche d'un milliard $, sur les trois milliard $ promis le 22 aout. Les Emirats Arabes Unis ont effectué également un dépôt d'un milliard $ dans les comptes de la banque centrale, pour une période de 6  ans, tandis que le gouvernement égyptien et l'Arabie Saoudite avancent vers la finalisation d'un prêt de 2 à 3 milliards $. La Bad, l'Union européenne, la BEI et la Berd ont aussi promis leur soutien.

Même la Chine a commencé à financer des projets d'infrastructure.

Au début de ce mois, la Banque centrale d'Egypte a ainsi pu indiquer que les réserves de change du pays ont progressé pour atteindre 19,5 milliards $ à la fin septembre, soit 3 milliards de plus que le mois précédent.

Mais la situation n'en reste pas moins fragile. Le FMI s'attend à ce que le déficit public atteigne 12 % du PIB cette année, après 5 ans de déficits d'un même ordre de grandeur. La dette publique frôle les 100 % du PIB. Quant à l'inflation, à deux chiffres depuis trois ans, elle se situerait à hauteur de 14 % cette année et pourrait atteindre, 17 % en moyenne annuelle l'année prochaine. Un chiffre préoccupant pour la stabilité sociale…

 

18/10/16 Iran : Bientôt les premiers appels d'offres pour des champs pétroliers et gaziers

L'Iran va prochainement lancer son premier appel d'offres pétrolier depuis la levée des sanctions internationales en janvier. Plusieurs mois de discussions ont cependant été nécessaires pour parvenir à un accord sur les termes de cette offres. Selon Ali Kardor, directeur de la Société nationale iranienne du pétrole (Snip), un nouveau modèle de contrats de production, IPC, permettra aux compagnies étrangères de détenir des parts dans les compagnies iraniennes.

La Snip a commencé à recevoir les candidatures des compagnies pétrolières soucieuses d'obtenir leur préqualification. Dans les deux semaines qui suivent, la Snip va évaluer ces compagnies et certaines seront sélectionnées pour le premier appel d'offres de novembre.

Le champ pétrolifère d'Azadegan du Sud sera le premier concerné. Par la suite, la Snip devrait organiser des appels d'offres pour les 11 autres champs disponibles, mois après mois. L'Iran espère ainsi signer ses premiers contrats d'exploration et de production au début de 2017.

 

17/10/16  Coface : Prévision sur le prix du baril et dégradation des notes de plusieurs pays

Selon le communiqué de presse de Coface daté du 17 octobre, le prix du pétrole demeure "au cœur des préoccupations du monde émergent" et, cela,  malgré l' accord de l’OPEP à Alger, qualifié d'historique. La compagnie d'assurance-crédit estime que le baril de Brent ne devrait connaître qu’une progression limitée (44 USD en 2016 et 51 USD en 2017) et que "le rééquilibrage entre l’offre et la demande n’est pas pour demain". Ce constat conduit à une nouvelle série de dégradations des évaluations de plusieurs pays dépendants des matières premières :

- Oman (B) qui doit faire face à une sévère baisse des dépenses publiques avec un impact sur l’investissement ;

- Trinité-et-Tobago (B) qui est confrontée à une chute importante des productions de gaz naturel et de pétrole brut, aggravée par l’arrivée à maturation des champs pétrolifères et par les travaux de maintenance des sites;

- le Nigéria (D) qui affiche une récession et connaît une contraction des réserves de devises étrangères affectant la production industrielle (difficultés à importer);

- la Mongolie (D) qui est également affectée par le ralentissement de l’économie chinoise (destination de plus de 90% de ses exportations) et par la faiblesse des cours des matières premières, est au bord d’une crise de balance des paiements.

Parallèlement, la Grande Bretagne est dégradée en A3, du fait du Brexit.

 

05/10/16  Tunisie : Loi de finances 2017 sous le signe de l'austérité budgétaire

La ministre tunisienne des Finances, Lamia Zribi, membre de l'équipe mise en place par le nouveau premier ministre Youssef Chahed a déjà prévu un train de mesures destinées à renflouer les finances bancales de l'Etat tunisien. Elle vient ainsi d'annoncer que le projet de loi de finances 2017 comportera une augmentation du taux de la TVA, du prix des vignettes automobiles (de 25%) et une hausse des prix de l’électricité. Ces mesures, si elles sont adoptées, devraient aller de pair avec des suppressions d’emplois dans le secteur public, la réduction des dépenses publiques et la réforme de certaines entreprises publiques.

Toutes ces mesures étaient conseillées par le Fonds monétaire international (FMI) qui a accordé, cette année, à la Tunisie, un prêt de 2,9 milliards $.

 

28/09/16  Tourisme international : L’OMT invite à soutenir les pays frappés par des crises

Le Secrétaire général de l’Organisation Mondiale du Tourisme, Taleb Rifai, a appelé de ses vœux une coopération accrue entre les marchés émetteurs de tourisme et les destinations touchées par une crise, comme c'est le cas, par exemple, aujourd'hui, des pays d'Afrique du Nord.

Dans une intervention au vingtième sommet de l’Association fédérale des professionnels allemands du tourisme (BTW) qui s’est tenu le 26 septembre à Berlin sur le thème de "la sûreté, la sécurité et la fluidité des voyages", M. Rifai a déclaré : « Les crises qui se produisent sont souvent amplifiées ou déformées par des crises de perception. Nous devons accroître notre soutien aux pays touchés par des crises pour les aider à se relever et à devenir plus résilients. Soutenir ces pays bénéficiera à l’ensemble du secteur du tourisme et à toute la société. »

Présente à ce sommet, la Chancelière allemande Angela Merkel a souligné le rôle du tourisme dans l’aide au développement. « De nombreux réfugiés viennent de pays africains. Nous devons donner aux gens des possibilités de développement économique dans leur pays. Le tourisme peut y contribuer pour beaucoup. »

Concernant la nécessité de mettre en place un cadre assurant la sûreté, la sécurité et la fluidité des voyages, Taleb Rifai a déclaré : « La sûreté et la sécurité sont l’un des défis mondiaux pour l’humanité aujourd’hui. Aucun pays n’est à l’abri en ce qui concerne les risques pour la sécurité. Pas un seul. C’est une responsabilité mondiale que nous devons assumer ensemble, tous secteurs confondus et par-delà les frontières. »... « Une condition du succès du tourisme, c’est la coopération constructive – entre les visiteurs et les populations qui les reçoivent, entre les marchés émetteurs et les destinations, et également entre les secteurs du tourisme et de la sécurité. C’est pour cette raison que j’en appelle à une intégration du tourisme aux programmes d’action en matière de sûreté et de sécurité aux échelons national, régional et mondial. C’est par une coordination efficace, l’échange d’information et les mécanismes de communication entre le tourisme et la sécurité que l’on pourra assurer des voyages plus sûrs et plus fluides de même qu’une meilleure gestion des crises » a-t-il ajouté.

Malgré sa fragilité face aux risques d'insécurité, le tourisme est un secteur économique qui crée des emplois pour des millions de personnes et contribue à une croissance plus inclusive. En 2015, les arrivées de touristes internationaux se sont élevées à 1 milliard 186 millions dans le monde, soit 52 millions de plus qu’en 2014. Les chiffres du premier semestre 2016 confirment cette tendance positive, avec une augmentation de 4 % des arrivées de touristes internationaux. 

 

27/09/16  Migrations : 432 milliards de dollars de transferts vers les PED en 2015

Le rapport 2016 de la Banque mondiale sur les transferts de fonds des migrants vers leur pays d'origine signale que ces flux vers les pays en développement ont atteint 432 milliards $ en 2015, soit trois fois l’aide publique au développement. Et contrairement à l'aide internationale, qui se perd parfois dans les circuits officiels chargés de sa distribution, les envois de fonds vont directement aux familles des migrants pour répondre aux besoins les plus prioritaires. En outre, à l’opposé des flux de capitaux privés qui sont très cycliques, les remises des migrants sont assez stables d'une année à l'autre. Elles constituent aussi une forme d'assurance pour les familles victimes de crises économiques ou de catastrophes naturelles.

A titre illustratif, la Banque mondiale cite les envois de fonds vers l’Inde, qui ont été, en 2013, plus importants que les exportations de services informatiques du pays. En 2015, les transferts des travailleurs émigrés égyptiens vers leur pays ont été quatre fois plus élevés que le chiffre d’affaires du Canal de Suez.

Dans la plupart des petits pays comme le Tadjikistan, le Népal ou Haïti, les envois de fonds représentent près d’un tiers de leur PIB.

 

22/09/16  OCDE : Baisse des prévisions, sauf pour les émergents

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) vient d'abaisser ses prévisions de croissance mondiale pour 2016 et 2017, pour la troisième fois depuis le début cette année. Mais ce sont les pays développés qui cette fois sont les principaux responsables de ce regain de pessimisme, en raison du Brexit notamment.

Pour la Chine, l'OCDE maintient en effet sans changements ses prévisions de croissance à hauteur 6,5 % cette année et 6,2 % l'an prochain. Il en va de même pour l'Inde qui devrait, selon elle, connaître une croissance forte, de 7,4 %, en 2016, et de 7,5 % en 2017.

L’organisation se montre, par ailleurs, moins pessimiste qu'en juin pour le Brésil. Elle s'attend à une récession de 3,3% cette année, contre une prévision de - 4,3 % formulée voici deux mois.

Au total, l’OCDE table désormais une progression de 2,9 % de l'économie mondiale en 2016, soit 0,1 point de moins qu'attendu en juin et 0,4 point de moins qu'en début d'année. Pour 2017, la croissance mondiale devrait rebondir à 3,2 %, soit 0,1 point de moins que lors des prévisions précédentes de juin.

 

07/09/16  Pétrole : Intenses tractations avant la réunion d'Alger de la fin du mois

Une réunion informelle des producteurs de pétrole est prévue en marge du 15e Forum international de l'énergie qui se déroulera du 26 au 28 septembre à Alger. Elle rassemblera les principales parties prenantes, dont l'Arabie Saoudite, l’Iran et la Russie.

La reprise du dialogue russo-saoudien en marge de la réunion du G20 donne de l'espoir aux négociateurs algériens. En effet, Vladimir Poutine a récemment affirmé qu'un accord entre pays exportateurs de pétrole sur un gel de leurs niveaux de production, lors de la réunion d'Alger, "serait la bonne décision à prendre pour le marché mondial''. Dans une interview à l'agence américaine Bloomberg, le président russe ajoutait que "l'Iran doit accepter un compromis pour parvenir à un tel accord.''

Or, les précédents efforts pour parvenir à un gel des niveaux de production entre pays membres et non-membres de l'OPEP avaient justement échoué, en avril, du fait de l'intention de Téhéran d'accroître ses exportations après la levée des sanctions internationales.

Désormais, à Téhéran, on affirme que "l'Iran va coopérer avec l'OPEP pour améliorer les prix du pétrole et la situation sur le marché", comme l'a déclaré le ministre iranien du pétrole Bijan Zanganeh.

Quant à l'Irak, deuxième producteur après l'Arabie Saoudite, il a également affirmé, par la voix de son premier ministre Haider al-Abadi, qu'il va soutenir l'initiative de l'OPEP de gel de la production de pétrole.

Mais la surproduction mondiale reste massive, de l’ordre de 350 millions de barils si l’on s'en tient à l’état des stocks des seuls pays de l’OCDE. Pour résorber cette masse, il faudrait une réduction de production de l’ordre de 1 million de barils par jour pendant un an, en supposant que la consommation mondiale demeure inchangée.

De plus, une enquête réalisée par Reuters montre que la production pétrolière de la zone OPEP ne cesse de s'accroitre. Elle a augmenté de 40 000 barils par jour entre juillet et aout. En juillet, elle avait déjà atteint le niveau record de 33,41 millions de barils par jour. Selon les sources de l’agence, la production saoudienne est passée de 10,67 millions de barils par jour en juillet à 10,70 millions en août. D'autres sources estiment que le royaume a pompé plus de 10,90 millions de barils par jour. L’Irak, le Koweït et les Émirats Arabes Unis ont aussi augmenté le débit de leurs robinets, tandis que la production de l’Iran a été constante.

 

04/09/16  Algérie : Bientôt de nouvelles restrictions aux importations

Le gouvernement algérien envisage de nouvelles restrictions à l’importation. Selon une source proche de l’administration des finances, une liste de 1700 à 2000 produits devrait bientôt être établie à cet effet. Ce sont les banques qui seraient chargée de l’interdiction, par le bais de la domiciliation bancaire nécessaire pour l’importation des produits. Parallèlement, une étude d’impact sur la balance des paiements a été lancée pour évaluer les conséquences de cette mesure sur les réserves de change.

En effet, ces nouvelles restrictions sont décidées pour éviter l'effondrement de ces réserves. Selon la Banque d’Algérie, les réserves de change se sont fortement contractées, s’établissant à 144 milliards de dollars à la fin décembre 2015 contre 159 milliards à la fin juin 2015 et 179 milliards à la fin décembre 2014.

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a indiqué que les réserves de change du pays  se sont établies à 137 milliards au mois de juin 2016. Il s’est engagé à les maintenir au-dessus du seuil critique des 100 milliards de dollars jusqu'en 2019.

 

12/08/16  OPEP : Redressement attendu du prix du pétrole, dès 2017

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) prévoit, dans son rapport du 10 aout, une demande mondiale de pétrole en progression de 1,15 millions de barils par jour (b/j) au cours de l’année 2017. Elle souligne aussi que le recul de la production des pays producteurs non Opep (dont les investissements sont contrariés par la baisse des cours qui se poursuit depuis juin 2014) devrait s'accentuer, avec une baisse plus importante que prévu, de 150 000 b/j, au lieu d'une baisse de 110 000 b/j initialement anticipée.

L'Opep prévoit donc un rééquilibrage du marché pétrolier dès l'année prochaine.

 

02/08/16 Libye : Réouverture de deux importants terminaux pétroliers

A la suite d'un accord intervenu fin juillet avec le gouvernement d’union nationale (GNA), les Gardes libyens des installations pétrolières (GIP) ont annoncé que deux terminaux pétroliers vont rouvrir, après six mois de fermeture. Il s'agit des "terminaux pétroliers de Ras Lanouf (650 km à l’est de Tripoli) et d'Al Sedra" selon Oussama Al Hodeiri, porte-parole des GIP.  D’une capacité de 200 000 barils/jour et de 500 000 b/j, ces deux terminaux sont fermés depuis janvier 2016, leurs réservoirs ayant pris feu à cause des attaques de Daech.

Les Gardes ont réclamé que le GNA paye leurs salaires et garantisse que les revenus des exportations soient à son seul bénéfice. Ils ont, en outre, demandé la construction d’hôpitaux et d’écoles dans la zone dite du "Croissant pétrolier", dont Ras Lanouf, qui héberge la plus grande raffinerie du pays.

Le secteur énergétique libyen est géré par la société nationale NOC, qui s’est scindée en deux branches rivales. La NOC "officielle" est basée à Tripoli et elle a rallié le GNA. Sa rivale est installée à Benghazi (1000 km à l’est de Tripoli) et demeure proche des autorités de Tobrouk, qui refusent de reconnaitre le GNA. Les deux branches rivales de la NOC avaient annoncé leur fusion le 3 juillet, mais celle-ci n’a toujours pas été mise en œuvre.

 

04/07/16  Égypte : Intenses tractations financières

Comme on pouvait s'y attendre (cf. l'article Égypte du mois de juin) le remboursement des dépôts effectués par le Qatar à la Banque centrale d'Egypte oblige ce pays à accélérer sa recherche de financements.

C'est le 1er juillet que les autorités du Caire ont annoncé avoir restitué, au Qatar, les dépôts d'un milliard de dollars qui avaient été accordés à la Banque centrale lors du mandat du président déchu Mohamed Morsi. L’Egypte semble avoir préféré rembourser d'un seul coup le solde de ses dettes au Qatar, pour des raisons surtout politiques. Rappelons que de juin 2012 à juillet 2013, le Qatar avait accordé, à l’Egypte, quelque 7,5 milliards $ sous forme de prêts et de dépôts à la Banque centrale, pour éviter l'effondrement du régime alors issu de la confrérie des Frères musulmans.

En ce début juillet, on apprend aussi que les autorités égyptiennes ont engagé des pourparlers avec les Emirats Arabes Unis en vue d’obtenir un don supplémentaire de 500 millions $ qui serait destinés au financement de plusieurs projets, dont les travaux d’approfondissement du Canal de Suez (cout total : environ 4 milliards $). Cette somme viendrait s'ajouter à une aide de 4 milliards $ déjà accordée par les Émirats à l’Egypte en avril 2016. Rappelons que ces fonds étaient composés, pour moitié, d'investissements directs et, pour l’autre moitié, de dépôts à la Banque centrale.

Notons enfin que l’Egypte compte revenir sur le marché financier international avant la fin de l’année 2016. Le ministre égyptien des Finances Amr el-Garhy Said l'a confié le 27 juin à l'agence Reuters : "Nous étudions une émission obligataire de 3 milliards $ sur le marché international entre Septembre et Octobre de cette année, afin de combler une partie du déficit de financement du budget, qui devrait atteindre 10 milliards $ " a-t-il déclaré.

En juin 2015, l’Egypte avait réussi son retour sur le marché international des capitaux après cinq ans d’absence, en levant 1,5 milliard $ d'Eurobond d’une maturité de 10 ans. Mais elle avait dû  reporter l’émission d’un autre Eurobond, prévue pour novembre 2015.

 

23/06/16  Qatar-France : Rachat de la maison de couture Balmain par la famille royale

L’émirat du Qatar a racheté la maison de couture française Balmain pour près de 500 millions €, à l’issue d’un processus d’enchères.

Selon le quotidien économique Les Echos, "La société d’investissement Mayhoola, affiliée à la famille royale du Qatar, a convenu de signer, mardi soir, le rachat de la griffe française née après-guerre".

 

22/06/16 Iran-USA : Contrat historique pour Boeing

Les Etats-Unis n'ont pas tardé à tirer parti de la fin des sanctions imposées à leur vieil ennemi historique, l'Iran. La compagnie américaine d'aviation Boeing vient en effet d'annoncer la signature d'un protocole d’accord sur la vente d’avions à Iran Air pour 25 milliards$. Il s'agit de la plus grosse transaction commerciale entre Washington et Téhéran depuis la révolution islamique de 1979.

 

20/06/16  Tunisie-UE : Approbation d'un prêt de 500 millions d'euros en faveur de Tunis

Le Parlement européen vient d’approuver l’octroi d’un prêt de 500 millions € à la Tunisie. Mais, pour en bénéficier, celle-ci devra signer, avec la Commission européenne, un protocole d'accord qui l'engagera à faire des réformes structurelles et assurer à une saine gestion des finances publiques.

Selon la rapporteuse du Parlement européen, Marielle de Sarnez, "La transition de la Tunisie vers la démocratie demeure tout à fait remarquable. L'Europe a vraiment besoin de se tenir à ses côtés, et je demande à la Commission de rendre cet argent disponible le plus rapidement possible". Elle également invité la Commission européenne à s'engager dans la voie de "la France et de l'Allemagne qui ont décidé de convertir une partie de la dette de la Tunisie, en investissement dans le pays".

Cette approbation du parlement européen clôt un débat débuté le 8 juin et suit de peu l'accord signé entre la Tunisie et le FMI qui a accordé son feu vert à l'aide internationale à ce pays.

 

08/06/16  Banque mondiale et OCDE : Prévisions divergentes de la croissance mondiale

La Banque mondiale a infléchi, le 7 juin, ses prévisions de croissance pour l’économie mondiale. La progression devrait se limiter cette année à 2,4 %, alors que les prévisions publiées en  janvier atteignaient 2,9 %. Pour 2017, la Banque mondiale a abaissé sa prévision de 0,3 point, à 2,8 %.

L’institution explique son pessimisme par l’effondrement des prix des matières premières qui amputent les revenus de nombreux pays en développement. Ces derniers devraient enregistrer une croissance modeste en 2016 (3,5 %), selon la Banque, qui met, par ailleurs, en garde contre l’explosion des crédits au secteur privé et la volatilité financière.

La  Chine devrait continuer à croître cette année au rythme de 6,7 %, alors que l’Inde verrait sa croissance s'élever à 7,6 %. Le Brésil et la Russie devraient en revanche être frappés par des récessions "plus marquées" que prévu.

Dans les pays riches, l’activité économique reste globalement "anémique" selon la Banque mondiale. Le PIB  des Etats-Unis ne devrait progresser qu'au rythme de 1,9 %, en raison de l’appréciation du dollar et des performances en baisse des industries extractives dans le  contexte d'un bas prix persistant du baril de pétrole. La zone euro devrait, elle, voir sa croissance se maintenir à 1,6 %.

Pour leur part, les Perspectives de l'OCDE publiées le 1 juin sont plus optimistes. Elles estiment que la hausse du PIB mondial devrait, certes, être modeste mais qu'elle pourrait quant même s’établir à hauteur 3 % en 2016, sensiblement au même niveau qu’en 2015 et nettement plus que la prévision de la Banque mondiale. Le PIB mondial devrait également croître de manière mesurée en 2017 pour atteindre 3,3 %.

En ce qui concerne les grandes économies avancées, l'OCDE escompte une reprise modérée aux États-Unis, où la croissance devrait ressortir à 1,8 % en 2016 et 2,2 % en 2017. La zone euro enregistrerait une lente amélioration et l’activité économique devrait y progresser de 1,6 % en 2016, soit une prévision identique à celle de la Banque mondiale. Au Japon, la croissance s’établira à 0,7 % en 2016 et 0,4 % en 2017.

Pour l'ensemble de la zone OCDE qui compte 34 pays, les projections ressortant des Perspectives permettent de tabler sur une hausse de l’activité de 1,8 % en 2016 et de 2,1 % en 2017

 

01/06/16  Maroc : L'unique raffinerie du royaume mise en liquidation

La Cour d’Appel du tribunal de commerce de Casablanca a confirmé, mercredi, le jugement de mise en liquidation judiciaire de la Samir, l’unique et seule raffinerie du royaume. Le redressement de l'entreprise qui avait été requis par le procureur du roi le 18 mai dernier et qui était espéré par l'ensemble des salariés n'a donc pas été retenu.

La procédure de liquidation devrait démarrer ce mois-ci, mais le tribunal a tout de même autorisé la raffinerie à poursuivre son activité pendant trois mois, sachant que l’exploitation est déjà suspendue depuis août dernier.

 

31/05/16 OCDE : Le commerce mondial de marchandises se contracte de plus en plus dans le G20

Le total du commerce international de marchandises du G20, ajusté des variations saisonnières et exprimé en dollars US courants, se contracte encore davantage au premier trimestre 2016, se rapprochant des niveaux d’il y a six ans.

Les exportations reculent pour le septième trimestre consécutif (de 3,8%), tandis que les importations reculent pour le huitième trimestre consécutif (de 4,1%).

Les importations reculent dans toutes les économies du G20 sauf en Allemagne, avec des baisses significatives en Chine (de 14,7%), Corée (8,2%), Afrique du Sud (7,7%, la huitième baisse consécutive), Inde (7,4%), Royaume-Uni (6,5%) et Brésil (5,2%, la huitième baisse consécutive). L’Union européenne (à 28), la Russie et les États-Unis ont tous enregistrés une baisse depuis, au moins, sept trimestres consécutifs.

Les exportations ont aussi baissé de manière significative en Russie (de 16,8%, la septième baisse consécutive), Chine (9,3%), Afrique du Sud (7,4%) et Royaume-Uni (7,2%). Seuls le Brésil (en hausse de 0,3%), l’Allemagne (en hausse de 0,5%) et le Japon (en hausse de 1,1%) ont enregistré une légère hausse de leurs exportations au premier trimestre 2016, rompant partiellement avec la baisse des trimestres précédents. Un excédent commercial a été observé au Japon pour la première fois depuis le premier trimestre 2011; cependant, les importations et les exportations en valeur demeurent bien en dessous de leur niveau de 2011.

 

25/05/16  Afrique : Les pays les plus attractifs pour les IDE

Selon le classement établi par E&Y et publié à Johannesburg, l’Afrique du Sud, le  Maroc et l’Egypte occupent toujours le trio de tête des pays africains en matière d’attractivité des investissements directs étrangers.

«Alors que les IDE ont diminué de 5 % dans le monde en 2015, l'Afrique a été l'une des deux seules régions au monde où le nombre d'IDE a progressé par rapport à l'année dernière», révèle l'étude. Pour mémoire, EY avait déjà noté l'année dernière que l’Egypte et le Maroc suscitaient un réel intérêt avec une augmentation de 22% du nombre de projets par rapport à 2013. Il avait également souligné que le Royaume était devenu la 3ème destination des investisseurs étrangers en Afrique avec 67 projets en 2014, soit une progression de 52,3% par rapport à un an auparavant mettant en relief que les Français sont les investisseurs principaux du pays, devant les Espagnols depuis cette année et que le Maroc est leur destination d’investissement préférée, suivi par l’Afrique du Sud et le Nigeria.

Le Kenya vient en quatrième position et la Tunisie en huitième.

L’Algérie, de son côté, reste loin derrière campant à la 16ème place juste après le Nigeria, classé 15ème,  même s’il est devenu la première économie du continent. On notera néanmoins qu'au Maroc, les flux des IDE ont atteint 5,13 milliards de DH à fin mars 2016, contre environ 6,8 milliards un an auparavant, soit un recul de 24,4%, selon l’Office des changes.

 

19/05/16  Ukraine : Le pays renoue avec le FMI

Le FMI a donné son accord de principe pour poursuivre son aide à l’Ukraine après l'avoir suspendue plusieurs mois. En mars 2015, le Fonds avait ainsi accordé une ligne de crédit de 17,5 milliards de dollars sur quatre ans pour aider Kiev à faire face à la récession économique et à l’impact de l’insurrection séparatiste pro-russe dans l’Est. Mais en février 2016 la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, avait prévenu qu’il serait "difficile" de continuer à renflouer l’Ukraine sans "efforts significatifs" de sa part pour combattre la corruption et réformer la gouvernance.

Après des semaines de discussion et la nomination d’un nouveau gouvernement, à la mi-avril, les équipes du FMI ont annoncé mercredi avoir conclu un pré-accord avec les autorités sur une feuille de route conduisant à un nouvel accord. Le conseil d’administration du FMI, qui représente ses 189 Etats membres, doit encore donner son feu vert final, prévu pour le mois de juillet. Il se traduirait par le déblocage d’un nouveau prêt de 1,6 milliard de dollars avec quasiment un an de retard sur le calendrier initial.

 

17/05/16  BRICS : Leur agence de notation des marchés émergents sera lancée en octobre

Les grands pays émergents regroupés sous le sigle "BRICS" (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) prévoient de lancer leur propre agence de notation financière, après avoir créé, en juillet 2015, leur banque commune de développement et un fonds de réserve.

Ils s'estiment en effet sous-représentées au sein des grandes institutions internationales et injustement critiqués par les trois plus grandes agences de notation financières  (Moody’s, Fitch Ratings et Standard & Poor 's).

Citant des sources officielles proches du dossier, le quotidien Economic Times of India vient de révéler cette information, en précisant que la nouvelle agence de notation fournira des évaluations du risque de crédit à d’autres pays émergents ou en voie de développement, et qu'elle devrait être officiellement lancée lors du prochain sommet des BRICS qui doit se dérouler en octobre prochain à New Delhi

La création de cette nouvelle agence de notation avait été évoquée lors de tous les sommets des BRICS tenus ces dernières années. Les  BRICS  représentent 46% de la population de la planète et 19,8% du PIB mondial.

 

11/05/16  Maroc : Forte chute record de la production céréalière

Les prévisions de production des trois principales céréales de la campagne 2015-2016 sont, au Maroc, estimées à 33,5 millions quintaux cette année, soit une baisse de 70% par rapport à la campagne 2014-2015, où, à l'inverse, un record de production avait été enregistré.

C’est l’une des plus mauvaises campagnes agricoles enregistrées au Maroc durant ces dix dernières années. Les chiffres prévisionnels de la production céréalière au titre de la saison 2015-2016, viennent d'être rendus publics par le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime.

 

10/05/16  Algérie : Limitations des  importations de véhicules

S’exprimant sur les ondes de la radio nationale, le directeur général du Commerce extérieur, Saïd Djellab a annoncé le 8 mai que les importations de véhicules seraient limitées à un milliard de dollars en 2016, contre 3,14 milliards de dollars en 2015 et 5,7 milliards de dollars en 2014.

Il a également précisé que le contingent global d’importation de véhicules a été fixé à 152 000 unités pour 2016 dans le cadre du dispositif des licences d'importation, entré en vigueur en janvier dernier. Une quarantaine de concessionnaires ont été retenus pour bénéficier de ces licences d'importation ; un quota-plafond de 15 000 unités par concessionnaire et par an a été fixé en fonction des marques, ainsi que des pays de provenance des véhicules.

Ce dispositif concerne uniquement les véhicules de tourisme, ceux du transport de voyageurs et de marchandises. Les engins de travaux publics ainsi que les véhicules importés par des professionnels à titre individuel, c'est-à-dire pour le fonctionnement de leurs entreprises, ne sont pas soumis à ce régime d'importation.

 

05/05/16  Tunisie : DSK contribuera à la mise en œuvre du plan quinquennal 2016-2020

Dans le cadre d’un consortium comprenant banque d’affaires Arjil et le bureau d'ingénierie tunisien Comète, l'ancien directeur général du Fonds Monétaire International Dominique Strauss-Kahn vient de remporter l’appel d’offres lancé par le gouvernement tunisien pour la mise en œuvre et la promotion de son plan de développement quinquennal 2016-2020. Le groupe Jeune Afrique a été retenu pour le volet communication de ce contrat.

Ce consortium était en concurrence avec les groupes Edmond de Rothschild, Lazard Frères & et Rothschild &Cie.

La Banque Arjil a précisé que son équipe technique serait " chargée de promouvoir ce plan quinquennal, afin de mobiliser des investisseurs, nationaux et étrangers, ainsi que les institutionnels et les privés".

Le  plan tunisien 2016-2020 vise un taux de croissance minimum de 4%  par an, alors que le PIB n'a progressé que de 1,5% par an durant la période 2011-2015. L’autre objectif prioritaire est de porter le PIB par habitant de 8000 dinars en 2015 à 12 520 dinars (environ 6400 dollars) en 2020 grâce notamment à la création de plus de 400 000 nouveaux emplois.

 

31/03/16  Maroc-Qatar : Recrutement accru de Marocains pour des emplois dans l'émirat

Selon des sources diplomatiques "arabes" en poste à Rabat, le Qatar aurait l'intention de recruter plus de 50.000 travailleurs marocains, tous secteurs confondus. Cette question sera à l’ordre du jour, de la visite de travail que le chef du gouvernement du Maroc, Abdelilah Benkirane effectuera le 5 avril prochain à Doha, à l'occasion de la réunion de la haute commission bilatérale entre les deux pays. Une forte délégation d'hommes d'affaires devrait aussi faire le déplacement.

Selon le ministère marocain chargé des migrations, le nombre des Marocains qui résident déjà au Qatar s'élève à 75.000 personnes.

 

28/03/16  Tunisie : FMI et Banque mondiale revoient leurs offres de prêts à la hausse

La chargée des opérations de la Banque mondiale en Tunisie, Eileen Murray, a déclaré le 25 mars que "La banque a élaboré une stratégie de cinq ans qui prévoit d’accorder à la Tunisie des prêts d’un milliard de dollars chaque année", ce qui revient à accorder 5 milliards sur les 5 prochaines années. Ce montant est supérieur à celui annoncé mi-mars par le vice-président de la Banque mondiale pour la région Moyen Orient et l'Afrique du Nord Hafez Ghanem, qui avait parlé de 4 milliards de dollars sur cinq ans.

De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé, le 3 mars, qu’il était en négociations avancées avec la Tunisie sur un plan d’aide de 2,8 milliards de dollars sur quatre ans destiné à appuyer le programme de réformes économiques du pays. "Dans les semaines prochaines, l’équipe a l’intention de finaliser les détails de l’accord au titre du mécanisme élargi de crédit à l’appui du programme économique de la Tunisie" avait souligné, dans son communiqué, la mission qui s'était rendu à Tunis du 18 février au 3 mars.

Là aussi il s'agit d'un montant supérieur aux 1,7 milliard de dollars évoqués par le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Chedly Ayari, le 13 février.

En juin 2013, le FMI avait déjà approuvé l’octroi à la Tunisie une ligne de crédit de 1,7 milliard de dollars sur deux ans dans le cadre d’un accord de confirmation destiné à soutenir la transition politique. Cette ligne, qui devait initialement expirer en juin 2015, avait été prolongée de sept mois - jusqu’en décembre 2015 - pour permettre l'adoption de plusieurs réformes telles que l’assouplissement de la réglementation de change, la réforme du secteur bancaire et le contrôle du déficit budgétaire.

Mais aujourd'hui, les organisations internationales semblent s'apercevoir qu'elles se sont montrées trop peu généreuses et trop sévères dans un contexte d’explosion des revendications sociales et de troubles sécuritaires.

 

24/03/16  Algérie : Le FMI plaide en faveur d'un nouvel endettement externe

A l'issue de son séjour du 1er au 14 mars à Alger, le représentant du FMI Jean-François Dauphin n'a pas hésité à déclarer que le recours à l'endettement extérieur est désormais, pour l'Algérie, "inévitable" et même "souhaitable". Or il n'a pas été démenti par le ministre algérien des finances qui a affirmé, quelques jours plus tard, sur les ondes de la radio nationale, que la dette "n'est pas un tabou". Il s'agit d'un tournant radical par rapport à la position des autorités algériennes depuis plus de 15 ans, mais auquel on pouvait s'attendre depuis que l'Algérie a accepté des financements chinois dans le cadre d'un partenariat visant la construction d'un nouveau port en eau profonde du coté de Cherchell. 

Le PDG de Sonelgaz avait aussi déclaré, en février, qu'il devrait avoir recours au marché international des capitaux pour financer ses investissements, d'autant plus que son entreprise est très déficitaire et que le risque de coupures électriques est de plus en plus pressant.

Il n'est pas exclu non plus que Sonatrach soit contrainte d'emprunter à l'extérieur.

Parallèlement un grand emprunt national sera lancé en avril. Tous les économistes craignent qu'il ait un effet d'éviction sur les liquidités destinée au financement des entreprises. L'idéal serait, en fait, qu'il permette d'aspirer au moins une partie de liquidités qui circulent dans le secteur informel et qui, selon certains, pourraient représenter jusqu'à 40% de la masse monétaire algérienne.

 

10/03/16  Maroc : PSA et Siemens dévoilent leur fabrication locale dans l'automobile et l'éolien

La future usine de PSA Peugeot Citroën en construction à Kenitra envisage de commencer sa production au Maroc par des voitures à essence, soit deux modèles de véhicules, l'un proche de la Peugeot 301, et le second du type de la Peugeot 208. Dans sa première phase, 100.000 véhicules par an seront fabriqués sur ce site, avec 1.500 salariés. La phase 2, quant à elle, atteindra 200.000 véhicules ; elle devrait permettre la création de 3.500 emplois directs et de 20.000 emplois indirects.  

Au même moment, on apprend que le projet de fabrication de pales d'éoliennes par Siemens, annoncé en fin 2015, a été officialisé par la signature d'un protocole d’accord pour la construction, au Maroc, d’un site de production qui devrait se situer dans la zone industrielle de Tanger. La construction de l’usine devrait débuter dès le printemps 2016, l'entrée en exploitation étant prévue pour le printemps 2017. Ce projet d’un investissement total de 100 millions d’euros, devrait entrainer la création de près de 1.200 emplois directs et indirects. Une grande partie de la production de ces pales terrestres est destinée à l'exportation.

 

03/03/16  Algérie : Émission d'un emprunt national, pour commencer…

L’Etat va émettre un emprunt obligataire en avril prochain pour mobiliser des ressources financières locales, selon le premier ministre Abdelmalek Sellal qui a ajouté que " le taux d’intérêt, très élevé, serait de 5%», mais qui n'a pas précisé le montant ou la maturité de cet emprunt.

Nombreux sont ceux qui pensent que cet endettement interne ne suffira pas. Déjà l'entreprise publique SONELGAZ, en très grosses difficulté,  parle de lancer un emprunt sur le marché internationale des capitaux et il n'est pas exclu que SONATRAH fasse de même pour financer son programme d'investissement.

Le ministre algérien du Commerce, Bekhti Belaïb, avait également annoncé, en octobre dernier, que son pays allait contracter un prêt auprès de la Chine pour financer certains grands projets, rompant ainsi avec le tabou du retour à l’endettement extérieur qui s'exprime chez les autorités algériennes depuis près de 20 ans.

 

24/02/16  Algérie UE : Les querelles s'enveniment

La réunion du Comité d’association entre l’Algérie et l’Union européenne prévue demain à Bruxelles s’annonce tendue. Il y a, d'abord, de profondes divergences entre les deux parties sur l’évaluation de l’accord d’association qui est en vigueur depuis septembre 2005, accord jugé positif par l'UE et globalement nocif par l'Algérie. A cela s'ajoute la volonté du gouvernement d'Alger de limiter les importations en provenance d'Europe, en instituant de nouvelles restrictions à l'entrée de marchandises telles que les véhicules, le ciment ou le rond à béton. En effet des quotas seront désormais partagés, par les autorités algériennes, entre les différents importateurs ayant postulé à ces achats sur le territoire de l'UE.

Certes, Alger considère qu'elle ne fait qu'instaurer des mesures "de sauvegarde", telles qu'elles  sont prévues par l'article 24 de l'accord d'association. Mais Bruxelles rappelle que de telles dispositions doivent faire l'objet de discussions préalables, ce qui n'a pas été le cas.

Et comme si ce ne suffisait pas, le journal "Maghreb émergent" vient de révéler le contenu d'une missive envoyée par le premier ministre algérien Abdelmalek Sellal au directeur général des Douanes, Kaddour  Bentahar. Celle-ci stipule que "L’ensemble des franchises délivrées sont considérées caduques à partir du 1er  janvier 2016 ". Les importateurs qui se sont présentés le 23 février pour prendre possession des produits importés ont, ainsi, été invités à payer la différence entre le tarif franchisé et le tarif commun valable pour les marchandises provenant de pays non liés par un accord de libre-échange avec l’Algérie.

Ce coup de canif dans les accords de libre-échange concerne aussi les produits en provenance de la ZALE, Zone arabe de libre-échange.

 

11/02/16  Syrie : Le cout de la guerre revu à la hausse

Alors que la capitale de Bavière accueille, ce jeudi, les 17 pays du Groupe international de soutien à la Syrie pour tenter d'esquisser une issue politique à cette guerre, un rapport du "Centre syrien pour la recherche politique" (une ONG travaillant notamment avec l'agence des Nations unies pour les réfugiés) estime à 500 000 le nombre de morts syriens depuis le début du conflit, dont 70 000 en raison du manque d'eau potable, de nourriture ou de médicaments. L'ONG ajoute que 1,9 million de Syriens ont été blessés. Au total, 11,5 % de la population syrienne aurait donc été tuée ou blessée en raison de la guerre et l'espérance de vie a chuté de 70 ans (2010) à 55 ans en 2015. Le "Centre syrien pour la recherche politique" évalue à 255 milliards de dollars le coût économique du conflit.

Ce chiffre est à rapprocher aux 200 milliards de dollars que la Banque mondiale estime nécessaire pour la remise en état des infrastructures syriennes durant les dix prochaines années.

Par ailleurs, la Banque mondiale écrivait, dans un rapport publié au début de ce mois, que les cinq années de guerre ont couté, 35 milliards de dollars, en termes de pertes de production, à la Syrie, la Turquie, la Liban, la Jordanie, l'Iraq et l'Égypte.

Selon une évaluation provisoire (également conduite par la Banque mondiale) des dommages survenus dans six villes syriennes (Alep, Dar’a, Hama, Homs, Idlib et Lattaquié) et sept secteurs (logement, santé, éducation, énergie, eau et assainissement, transports et agriculture), le coût de ces dégâts se situe dans une fourchette minimale comprise entre 3,6 et 4,5 milliards de dollars. Et encore ce chiffre ne tient-il pas compte des récents bombardements russes.

 

09/02/16  Tunisie : Le nombre des touristes européens a chuté de moitié entre 2014 et 2015

Les recettes du tourisme ont baissé de 35% en Tunisie, l'année dernière, selon des statistiques officielles qui viennent d'être publiées par la Banque centrale de Tunisie. Les entrées des touristes étrangers sont notamment en recul de 31% sur un an, mais représentent néanmoins 4,2 millions de personnes. Cependant le nombre des Européens a chuté de plus de moitié, pour s'établir à 1,3 millions de visiteurs.

Il faut dire que 22 personnes, dont 21 touristes étrangers, ont été tuées le 18 mars au musée du Bardo à Tunis. 38 touristes ont ensuite été assassinés le 26 juin dans un hôtel près de Sousse. Le 24 novembre, 12 agents de la garde présidentielle ont trouvé la mort en plein cœur de Tunis dans un attentat suicide.

 

27/01/16  Coface : Les principales modifications du risque pays en 2016

L'assureur-crédit Coface a dévoilé ses dernières prévisions lors de sa conférence annuelle sur le risque pays qui s'est déroulée cette année le 26 janvier 2016 à Paris. Il se montre particulièrement prudent dans le contexte international actuel. Selon lui, les pays émergents souffrent à la fois d'un ralentissement de la croissance, d'une montée des risques politiques et de l'endettement excessif de certaines de leurs entreprises.

Coface estime ainsi que la Turquie et le Brésil se distinguent par une montée de l’instabilité politique, suite à une dégradation marquée de leur situation économique. Le Brésil, où la crise politique et la récession devraient perdurer en 2016, voit ainsi son évaluation risque pays dégradée pour la 2e fois en moins d’un an, à C.

Selon les économistes de Coface, les entreprises chinoises sont les plus endettées des pays émergents : leur dette représente plus de 160% du PIB, soit 60 points de plus qu’en 2008. Viennent ensuite la Turquie (+30 points), le Brésil (+17 points), la Russie (+14 points) et la Malaisie (+11 points). Les entreprises turques, dont un tiers de la dette est libellée en dollar, s’avèrent aujourd’hui être parmi les plus exposées au risque de change. Principale lueur d’espoir à moyen terme : les gains de compétitivité résultant des dépréciations récentes des devises émergentes.

Dans ce contexte de hausse des risques pour les entreprises, Coface a dégradé d’un cran les évaluations de plusieurs pays émergents qui étaient déjà assorties d’une surveillance négative. Il s’agit de :

- l’Algérie (B) et du Gabon (C), en raison de la faiblesse du prix des hydrocarbures ;

- l’Afrique du Sud (B),  pénalisée par une croissance en berne et des tensions sociales croissantes ;

- la Tanzanie (C) et Madagascar (D), dont la croissance est contrainte par des incertitudes politiques.

Par ailleurs Bahrein passe de A4 à B, tandis que Hong Kong, Taiwan, la Namibie, la Zambie et le Kazakhstan sont placés sous surveillance négative.

Par contre, la Côte d'Ivoire est, elle, placée sous surveillance positive.

 

22/01/16  Tunisie : Un plan de 63 mds $ d'investissements présenté au forum de Davos

Lors du Forum économique mondial de Davos qui se déroule jusqu'au 23 janvier, la Tunisie va présenter un plan de développement qui suppose 63 milliards $ d’investissements sur cinq ans. Un plan de la dernière chance alors que des manifestations d'exaspération contre l'équipe dirigeante font craindre un nouveau soulèvement dans le pays.

La délégation tunisienne à Davos comprend notamment le chef du gouvernement, Habib Essid, la présidente de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA, organisation patronale) Wided Bouchamaoui, le ministre du Développement et de l’investissement, Yassine Brahim, ainsi que des militants des droits de l’Homme.

 

21/01/16  Egypte-Chine : Des contrats et des prêts au menu de la venue de Xi Jinping

Le président chinois Xi Jinping a signé des contrats d’un montant global de 15 milliards de dollars avec l’Egypte à l’issue d’un entretien avec son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi le 21 janvier. 15 projets principalement situés dans les secteurs de l'électricité, les transports et des infrastructures sont concernés.

La Chine devrait également accorder à l’Egypte des prêts d’un montant cumulé de 1,8 milliard de dollars. Sur ce total, un milliard devait servir à consolider les réserves en devises.

La Chine devrait aussi accorder une ligne de crédit de 700  millions à la banque publique National Bank of Egypt et un prêt de 100 millions à Banque Misr, autre établissement de crédit entièrement détenu par l’Etat égyptien

Rappelons que Xi Jinping a entamé son séjour en Egypte le soir du 20 janvier, dans le cadre d’une tournée au Moyen-Orient qui l’a déjà conduit en Arabie Saoudite. Cette tournée s’achèvera vendredi et samedi en Iran, où la Chine espère profiter de la récente levée des sanctions occidentales.

 

20/01/16 Afrique : Des émissions internationales d'eurobond de plus en plus couteuses

Le Nigeria, financièrement étranglé par la chute du prix du pétrole, songe à lancer une nouvelle émission en eurobond, deux ans et demi après l’émission du premier emprunt de ce type. La ministre des Finances, Kemi Adeosun prépare, à cet effet, un road-show qui pourrait se dérouler vers la fin mars. Mais ce pays notée B/B- par Fitch Ratings et B- par Standard & Poor’s risque de le payer très cher.

Le coût des eurobonds émis par les pays africains, comme par d'autres pays émergents a beaucoup augmenté ces derniers mois. En octobre 2015, le Ghana n'a pas pu obtenir mieux qu'un taux de 10,75% pour emprunter un milliard de dollars sur 15 ans, tandis que l’Angola a dû consentir, en novembre, un taux fixé à 9,5% pour une émission de 1,5 milliard de dollars d’une maturité de 10 ans.

Or la dette publique du Nigeria qui atteint plus de 60 milliards de dollars inquiète les investisseurs. La situation des finances publiques est assez grave pour que les salaires des fonctionnaires n'aient pu être réglés, pendant plusieurs mois, dans plusieurs secteurs de la fonction publique.

 

14/01/16  Algérie-Allemagne : Mercedes et les déboutés algériens du droit d'asile prendront le chemin d'Alger

En marge d’une visite officielle du premier ministre Abdelmalek Sellal à Berlin à l'invitation de la Chancelière allemande Angela Merkel, le constructeur automobile allemand Mercedes a annoncé son intention de construire usine de fabrication de pièces détachées en Algérie. Des accords de partenariat entre des entreprises algériennes et allemandes ont été également signés dans les domaines de l'hydraulique, de l’énergie solaire, du textile et de l'agriculture dans le sud algérien.

Au cours d’une conférence conjointe avec le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, la chancelière allemande a également insisté pour que les ressortissants algériens déboutés du droit d’asile en Allemagne "soient renvoyés plus rapidement qu’aujourd’hui dans leur pays", estimant que, certes, l’accord censé organiser leur retour en Algérie existe "sur le papier", mais qu'il faut faire "en sorte qu’il fonctionne de manière appropriée". Les autorités allemandes se plaignent en effet depuis longtemps du peu d’empressement des autorités d'Alger en la matière.

Elles soulignent aussi qu'un grand nombre d'Algériens sont venus illégalement en Allemagne ces derniers temps et qu'un certain nombre d'entre eux ont participé aux violences et agressions sexuelles contre des femmes lors des fêtes de fin d’année. La police fédérale allemande en aurait au moins identifié neuf parmi les suspects étrangers.

 

11/01/16  Mauritanie : Accélération attendue de la croissance en 2016

Le projet Guelb II devrait permettre à la Société nationale minière (SNIM) de passer à une production de 16 millions de tonnes de minerais de fer en 2016, au lieu des 13 millions de tonnes produites en 2015.

En dépit de la baisse des cours sur le marché mondial qui a fortement handicapé la croissance mauritanienne l'année dernière, le Premier ministre mauritanien, Yahya Ould Hademine s'attend donc à une croissance de 5,2% en 2016  contre 3,1% en 2015. Il table également sur une reprise du secteur des BTP.

 

06/01/16  Tunisie : Un remaniement aux multiples facettes

C'est un gouvernement resserré, où l’ensemble des postes de secrétaire d’Etat ont été supprimés, qui a été annoncé, mercredi 6 janvier par le premier ministre tunisien Habib Essid.

Attendu depuis plusieurs semaines, ce remaniement répond à un triple souci :

- faire des économies dans le contexte des difficultés financières que connait le pays ;

- resserrer les liens au sein du parti majoritaire Nidaa Tounes, traversé par de fortes divisions internes ;

- ramener la confiance en l'efficacité d'une équipe qui n'a pas su éviter, en 2015, trois attentats majeurs revendiqué par Daech.

Il s'agit du premier remaniement effectué depuis que le président Béji Caïd Essebsi a été investi, le 31 décembre 2014 à la suite des législatives et de la présidentielle de l’automne 2014.

Une dizaine de postes changent de titulaires, dont l'intérieur, la justice et les affaires étrangères. Parmi les ministères non concernés par le remaniement figure celui de la Formation professionnelle et de l'Emploi, tenu par Zied Laadhari, unique représentant du parti islamiste Ennahda au sein de l'équipe gouvernementale.

 

21/12/15  Maghreb : Lancement officiel de la banque de l'UMA

La "Banque maghrébine d'investissement et de commerce extérieur" (BMICE) a été officiellement lancée le 21 décembre à Tunis. Cette nouvelle institution, dont le capital initial s’élève à 150 millions $, devrait financer des projets communs aux cinq États membre de l’Union du Maghreb arabe (Maroc, Algérie, Tunisie, Mauritanie et Libye) essentiellement dans le secteur des infrastructures. Elle entend contribuer, ainsi, à la promotion de l'intégration régionale dans cette région traversée par les conflits.

Pragmatique, le secrétaire général de l'Union du Maghreb Arabe (UMA), Habib Ben Yahya, a surtout salué, à Tunis, le versement des cotisations des pays membres, ce qui permet de rassembler le premier quart du capital de cette banque. Pour sa part, le tunisien Nouerddine Zekri, ancien secrétaire d'Etat au développement et à la coopération internationale, a été désigné au poste de premier directeur général de la BMICE.

Celle-ci a eu bien du mal à se mettre en place. L'accord cadre portant création de la BMICE avait été signé en 1991, mais le statut de la Banque n’avait été approuvé qu’en 2006. Il est vrai que l'UMA a toujours pâti de la querelle maroco-algérienne sur la question du Sahara occidental et que la question est encore loin d'être réglée.

 

01/12/15  Algérie : Pagaille à l'Assemblée autour de l'adoption de la loi de finances 2016

Malgré les tentatives véhémentes d'obstruction des partis de l'opposition (Front des forces socialistes, Parti des travailleurs, Alliance pour l’Algérie verte et Parti de la Construction nationale) l’Assemblée populaire nationale algérienne a adopté la loi de finances 2016, le 30 novembre, sans tenir compte des amendements proposés.

Parmi les sujets de discorde, on trouve d'abord l’article 66 relatif à l’ouverture du capital des entreprises publiques. Il est néanmoins précisé que "les entreprises publiques qui réalisent des opérations d’ouverture de capital en direction de l’actionnariat national résident doivent conserver au moins 34% du total des actions ou des parts sociales" ; cependant, "l’actionnariat national résident peut prendre la totalité cinq années après la cession".

Autre article contesté, le 71 qui prévoit que le ministre des Finances peut décider l’annulation ou le gel de projets sans recourir au Parlement, à travers des décrets d’ajustement, qui pourraient être dictés par la crise des finances publiques que traverse actuellement l'Algérie du fait de la chute de ses recettes pétrolières.

Par ailleurs, le budget 2016 prévoit une hausse des taxes sur l'électricité et les carburants, mais sans toucher pour autant au système des subventions qui permet de maintenir des prix de ventes très bas sur le marché intérieur.

Enfin, le nouveau code des investissements, déjà adopté en conseil des ministres (mais pas encore à l'Assemblée) ne prévoit pour l'instant aucun abandon de la règle des 51/49 qui est appliquée aux investissements étrangers en Algérie.

 

25/11/15  Maroc : Boom de l'aéronautique

Selon le Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales, ce secteur  a atteint un chiffre d'affaires à l'exportation d'un milliard de dollars. Il affiche une croissance annuelle de 15% et ambitionne de créer 23.000 emplois, d'ici 2020, d'augmenter la valeur des exportations annuelles à hauteur 1,6 milliard $ et d'accroître le nombre de composants fabriqués localement. L'aéronautique marocaine compte une centaine d'entreprises de renommée mondiale, tels que le géant canadien Bombardier, Alcoa, Stelia, Matis et plusieurs autres filiales de Boeing et d'Airbus.

Pour sa part, Bombardier a décidé de transférer davantage de production au Maroc. Ce groupe canadien possède une usine à Casablanca, dont la production a débuté fin 2014 sur la zone franche Midparc de Nouaceur. Il s’est engagé à investir sur ce site 200 millions $ en équipements et achats fonciers. L'usine devrait compter 850 salariés d’ici à 2020.

 

19/11/15  Syrie : La démographie chute de façon dramatique

Selon des sources médicales syriennes, le nombre des naissances a dramatiquement chuté en Syrie, passant de 500 000 par an avant la crise à 200 000 actuellement. L'émigration des hommes de 18 à 30 ans, donc en âge de se marier, qui s'est considérablement accentuée en 2015, surtout vers l'Europe, serait la principale responsable de la hausse de ce phénomène qui avait commencé avec le départ de familles entières vers les pays voisins.

 

13/07/15  Chine : Recul du commerce extérieur et affolement boursier

Sur l'ensemble du premier semestre 2015, le volume du commerce extérieur de la Chine s'est contracté de 6,9 %, alors que Pékin avait pour objectif de le faire croitre de 6 % sur l'ensemble de cette année. Certes, la baisse des cours mondiaux des matières premières contribue à expliquer ce recul en valeur, mais le faible dynamisme de l'économie chinoise est aussi en cause.

Après trois mois de repli consécutifs, les exportations de la Chine ont grimpé de 2,1 % sur un an en juin, mais c'est trop peu pour compenser les contractions antérieures. De leur côté, les importations ont chuté, en juin, pour le huitième mois d'affilé, reculant de 6,7 %, pour s'établir à l'équivalent de  à 143 milliards de dollars.

Au final, l'excédent commercial s'est accru de 45 % en juin (en moyenne annuelle), mais ce bon résultat apparent n'est dû qu'au recul des achats à l'étranger.

La consommation intérieure ne tire plus la croissance chinoise aussi bien qu'espéré. C'est ce qui contribue, là aussi, à expliquer la récente dégringolade boursière. Rappelons que les places chinoises ont abandonné plus de 30 % en trois semaines, voyant s'envoler plus de 3200 milliards de dollars en valeur selon une estimation publiée par Bloomberg. Il est vrai que, très volatile, la bourse de Shanghai s'était auparavant envolée de 150 % en douze mois.

Les mesures de soutien mises en place par le gouvernement la semaine dernière ont permis de ramener le calme. Mais à quel prix ? Les indices boursiers ont ainsi regagné quelque 6 % après la décision des autorités d'interdire aux actionnaires détenant plus de 5 % d'une société de vendre leurs actions pendant six mois. On ne fait guère plus autoritaire !

 

17/06/15  Chine-Australie : Vaste accord de libre-échange

Après dix années de négociations, la Chine et l'Australie sont parvenues, aujourd'hui, à conclure un vaste accord de libre-échange. La Chine est, pour l'Australie, un débouché commercial majeur ; elle absorbe le tiers de ses exportations globales. Les échanges entre les deux pays approchent désormais l'équivalent de € 110 mds par an. La Chine est aussi pour l'Australie une source croissante d'investissements étrangers.

Aussi le premier ministre Tony Abbott a-t-il qualifié ce jour d'historique !

L'accord prévoit que plus de 85 % des biens exportés par l'Australie vers la Chine seront exemptés de droits de douane, alors que ceux-ci s'élèvent aujourd'hui jusqu'à hauteur de 40 % du prix des marchandises. Sont concernés la plupart des produits de l'industrie énergétique, le vin, la viande, le poisson et les produits laitiers. En sens inverse, l'Australie supprimera ses droits d'entrée sur l'électronique et l'électroménager en provenance de Chine.

Les investissements chinois seront aussi facilités à l'exception de ceux qui concernent les terres agricoles et les entreprises agroalimentaires.

 

16/06/15  Afrique : Le bond spectaculaire des IDE sur le continent

Le cabinet d'audit financier EY (pour Ernst & Young) vient de publier son rapport 2015 sur l'attractivité du continent africain à l'égard des investisseurs étrangers. Il souligne que les investissements directs étrangers (IDE) réalisés en Afrique en 2014 atteignent la somme record de 128 milliards de dollars, soit une augmentation de 136 % par rapport à 2013. Ces investissements ont créé 188.400 emplois sur le continent.

L'année dernière, l'Afrique a attiré plus d'IDE que l'Amérique du Nord ou encore l'Europe, soit 17,1% des investissements directs étrangers dans le monde en 2014, contre 7,8 % en 2013. Seule l'Asie-Pacifique a fait mieux.

En nombre de projets, l’Europe de l’Ouest et les pays africains restent les investisseurs majoritaires sur le continent (respectivement 36,8% et 19,2% des projets).

En valeur, la France est le 2e investisseur en Afrique, avec 14,8% des capitaux investis. Le Maroc est la destination préférée des investisseurs français, suivi par l’Afrique du sud et le Nigeria. Au total, la France se place au 5ème  rang des pays investisseurs pour le nombre de projets (6,7% des projets recensés) et d’emplois, avec 6,6% du total des emplois créés. Le nombre de projets investis par les Français sur le continent a d'ailleurs progressé de 25,6% en 2014.

En nombre de projets, les principaux secteurs ciblés par les investisseurs étrangers en Afrique sont les "technologie/médias/télécommunications" (19,6% des projets), les services financiers (18,1%) et la "distribution/produits de consommation" (14,1%).

Cependant, si la valeur des investissements atteint un niveau record, le nombre de projets d’investissements sur le continent diminue : - 8,4% (733 en 2014 contre 800 en 2013). L’Afrique subsaharienne est particulièrement touchée, mais la valeur moyenne des projets y a plus que doublé (174,5 millions de dollars par projet contre 67,8 en 2013).

L’Afrique du Nord suscite un regain d'intérêt spectaculaire avec une augmentation de 22% du nombre de projets par rapport à 2013. Cette région a capté 51% des IDE sur le continent en 2014 contre 19,1% seulement l'année précédente. Les investisseurs sont revenus, notamment au Maroc et en Égypte, attirés par de grands projets d'infrastructure, comme l'agrandissement du canal de Suez. Selon James Newlands, responsable chez EY du centre Amériques-Afrique "Les investisseurs estiment que les incertitudes politiques créées par le printemps arabe ont commencé à se dissiper".

Le Maroc est devenu le troisième pays d'Afrique le plus attractif pour les investisseurs étrangers, derrière l'Afrique du sud et l'Egypte. Au total, 67 projets ont été financés au Maroc en 2014, soit une augmentation de 52,3% depuis 2013. Et la France est le pays qui investit le plus dans le royaume, devançant l'Espagne.

 

10/06/15  Afrique de l'Est et du Sud : Accord de libre-échange

26 pays d'Afrique de l'Est et du Sud réunis en Égypte signent aujourd'hui un traité de libre-échange qui regroupera, de facto, trois regroupements économiques de la région : le Marché commun des États d'Afrique australe et de l'Est (Comesa), la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) et la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC),

L'ensemble ainsi constitué représente plus de 625 millions d'habitants et un Produit intérieur brut de plus de $ 1 000 milliards.

Du Cap au Caire, cette nouvelle zone de libre-échange regroupera des pays comme le Kenya, l'Ethiopie, la Tanzanie et le Mozambique, qui débouchent sur l'Océan indien, mais aussi l'Angola qui jouxte l'Océan atlantique, à l'Ouest du continent.

 

08/06/15  Chine : Faiblesse accrue du commerce extérieur chinois

Les importations chinoises continuent à baisser (-18,1 % en mai). C'est le septième mois de suite. Plus inquiétant encore, les exportations sont en repli, mais les autorités chinoises visent toujours une progression "d'environ 6 %" du commerce extérieur en 2015.

Il est vrai que l'activité manufacturière a atteint, en mai, son niveau le plus élevé en six mois. Et le premier ministre chinois Li Keqiang continue à affirmer que la Chine devrait afficher une croissance d'environ 7 % cette année après un produit intérieur brut en hausse de 7,4 % en 2014.

 

05/06/15  Argentine : Rapprochement laborieux avec le FMI

Le FMI affirme que l'Argentine n'a pas "totalement" amélioré la fiabilité de ses statistiques économiques, mais il a fait preuve de clémence en lui accordant un délai supplémentaire d'un an avant d'éventuelles sanctions.

Depuis 2013, Buenos Aires est sous le coup d'une "déclaration de censure" du Fonds monétaire international. En effet, ses chiffres de croissance économique et ses taux  d'inflation, sont considérés erronés, gonflés ou tronqués. L'Argentine s'est engagée à corriger certaines lacunes pour renouer avec le Fonds.

 

21/05/15  Palestine : Un bilan accablant du FMI sur les lenteurs de la reconstruction

Le FMI a publié son rapport sur la Palestine cette semaine, plus tôt que prévu, avant la réunion le 27 mai du comité ad hoc de liaison piloté par la Norvège. Il insiste, ainsi, sur l'urgence de la situation et surtout les lenteurs de la reconstruction dans la bande de Gaza, dévastée par le conflit avec Israël à l'été 2014. Il estime que les engagements de la communauté internationale n'ont pas été respectés et que la reconstruction est également ralentie par la dégradation des relations israélo-palestiniennes et par la division persistante entre le Fatah, au pouvoir en Cisjordanie, et le Hamas, qui administre Gaza.

Le PIB de Gaza a chuté de 15% l'année dernière. Les pertes matérielles se chiffrent à $ 4 mds, plus du tiers du PIB de l'ensemble de la Palestine. Des dizaines de milliers de logements et d'entreprises ont été détruits, ainsi que des infrastructures majeures.

Le bilan humain est catastrophique : plus de 2000 palestiniens tués, des milliers de blessés, un tiers de la population déplacée…

 

20/05/15  Tunisie : Extension de l'accord de confirmation avec le FMI

Le FMI vient d'approuver une extension de sept mois, jusqu'au 31 décembre 2015, de son accord de confirmation avec la Tunisie. Ce dernier avait été signé le 7 juin 2013, pour deux ans. Il porte sur l'équivalent de $ 1,75 mds. Depuis la conclusion de la cinquième revue, en décembre 2014, les décaissements ont atteint $ 1,15 md environ.

L'extension de cet accord donnera aux autorités tunisiennes le temps d'appliquer les mesures contenues dans leur programme, notamment les réformes bancaire et budgétaire qui avaient été convenues avec le Fonds, mais ont été retardées par l'agenda politique tunisien.

Une mission se rendra à Tunis à la fin mai pour mener les consultations au titre de l'article IV et procéder à la sixième revue de l'accord de confirmation.

 

19/05/15  Vietnam : Les leçons d'une grande grève dans le textile

Selon la dernière livraison du site "AlterAsia", la grève massive des ouvriers du textile qui ont manifesté à Ho Chi Minh du 26 mars au 1er avril, montre l’ampleur des répercussions qui peuvent suivre des atteintes au droit du travail, comme c'est le cas au Vietnam avec la nouvelle loi sur la sécurité sociale qui vise à réduire les dettes du système. L'action des 90 000 grévistes était dirigée à la fois contre la politique gouvernementale et contre la direction de leur employeur, la société Pou Yuen Vietnam Co Ltd, société cotée en Bourse à Taiwan et spécialisée dans la confection de chaussures de sports et autres produits pour les plus grandes enseignes mondiales (Nike, Adidas, Converse, Timberland, New Balance et IKEA). Durant cinq jours, du 26 au 30 mars, des milliers de travailleurs ont marché pacifiquement sur la route nationale1A, bloquant tout le trafic à proximité de l’entrée de l’autoroute.

Les ouvriers accusent Pou Yen d’avoir déduit les cotisations de leurs salaires sans pour autant avoir payé sa part patronale due au système de la sécurité sociale : c'est une violation de la législation très banale dans ce pays, mais qui a contribué à rendre les caisses de la sécurité sociale pratiquement insolvables.

Selon Dặng Ngọc Tùng, le président de la Confédération générale du travail au Vietnam (VGCL), les entreprises doivent plus de 7 milliards VND (soit 3,3 milliards de dollars) sur leurs contributions à la sécurité sociale. La situation s’est aggravée au début de cette année. Une enquête a révélé que sur 1 200 entreprises de l’ensemble du territoire, aucune n’avait encore versé à l’Etat sa contribution patronale.

Les grévistes ont obtenu gain de cause mais restent attentifs à l'application de la réglementation que les multinationales parviennent le plus souvent à contourner.

 

18/05/15  Brésil Chine : Coopération bilatérale accrue

Le premier ministre chinois, Li Keqiang, est attendu ce lundi à Brasilia pour une visite officielle au Brésil. Pendant son séjour, on s'attend à ce que soient annoncés des investissements chinois de 50 milliards de dollars destinés à des projets communs, dans la foulée de l'accélération de la coopération des BRICS entre eux (cf. la brève du 4 mai).

Ces nouveaux investissements devraient principalement être affectés aux infrastructures, réseaux de chemins de fer, routes, ports et aéroports. Ils concernent notamment l'ambitieux projet de construction d'un "couloir ferroviaire et maritime" destiné à faire transiter, par la côte du Pacifique, les exportations du Brésil vers la Chine. Ce couloir traversera une partie de l'Amazonie jusqu'au Pérou.

 

04/05/15  BRICS- Russie : Ratification de l'accord de création d'un fonds commun de réserve

Le président russe Vladimir Poutine a ratifié, le 2 mai, le texte portant sur la création d'un fonds commun de réserve du groupe des "BRICS" (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Cette ratification avait été précédée, en juillet 2014, par la signature d'un accord de principe des cinq pays concernés. Le fonds devrait être doté de 100 milliards de dollars.

La Russie y participera à hauteur de 18 milliards de dollars, à l'instar de l'Inde et du Brésil, tandis que la Chine a prévu d'y affecter 41 milliards et l’Afrique du Sud 5 milliards.

Ce fonds doit permettre d'éviter les pressions à court terme sur les liquidités de ces cinq pays émergents dont les monnaies sont souvent l'objet d'une forte spéculation. Il est aussi un gage de souveraineté face aux institutions financières internationales.

Rappelons que les BRICS représentent 40 % de la population mondiale et un cinquième du Produit intérieur brut de la planète. Ils ont également décidé de créer leur propre banque de développement, dont le siège sera installé à Shanghai. Pour réaliser ses objectifs en matière d'investissement, cette banque sera dotée d'un capital initial de 50 milliards de dollars

 

23/04/15  Égypte : Aide directe de l’Arabie saoudite, du Koweït et les Émirats à la Banque centrale

Selon le gouverneur de la Banque centrale d'Egypte Hisham Ramez, interrogé aujourd'hui par Reuters, l’Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis viennent de placer $ 6 mds de dépôts dans sa Banque : "Chacun de ces trois pays a déposé 2 milliards de dollars, qui sont venus s’ajouter aux réserves de change de l’Egypte". Le gouverneur a précisé que les intérêts sur ces dépôts s'élèvent à 2,5 % pour des échéances variant de trois à cinq ans.

Les réserves égyptiennes sont au plus bas depuis la révolution de 2011, laissant craindre un défaut de paiement de la part de l'Egypte. Du temps du président islamiste Mohammed Morsi, c'est le Qatar, allié aux Frères musulmans, qui avait fourni le plus de liquidités à la Banque centrale égyptienne. Mais depuis la prise du pouvoir par l'armée, en juillet 2013, ce sont ces trois autres pétromonarchies du Golfe qui investissent le plus en Egypte, pour conforter Abdel Fattah al Sissi, ancien chef d'état-major élu depuis président de la république égyptienne.

Selon un bilan fourni début mars par les autorités du Caire, le Koweït, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis déjà ont fourni $ 23 mds d'aide à l’Egypte, en moins de deux ans, sous forme de livraisons de carburants, de dons en cash et de dépôts à la Banque centrale.

Lors de conférence des investisseurs qui avait été organisée du 13 au 15 mars dernier dans la station balnéaire de Sharm el-Cheikh, l'Egypte avait reçu plus de $ 70 mds de promesses d'apports financiers, venus du monde entier. A cette occasion, quatre pays du Golfe (Arabie saoudite,  Emirats arabes unis, Koweït et Sultanat d’Oman) avaient promis à l’Egypte $ 12,5 mds supplémentaires sous forme d’investissements, de dons et de dépôts à la Banque centrale.

Ajoutons à cela que les Etats-Unis longtemps réticents face à la répression exercée par l'armée égyptienne, ont repris, depuis peu, l'entièreté de leur coopération militaire avec le Caire.

La Banque centrale égyptienne avait récemment révélé que ses réserves de change avaient encore baissé entre la fin février et la fin mars de cette année, dépassant à peine les $ 15 mds contre les $ 39 mds qui étaient la norme avant la révolution de 2011. C'est dire si l'aide des pétromonarchie était attendue !

 

22/04/15  Asie-Afrique : Plaidoyer contre les Institutions de Bretton Woods

Lors du sommet Asie-Afrique qui se tient à Djakarta en marge des cérémonies marquant le 60e anniversaire de la conférence de Bandung, le président indonésien, Joko Widodo, a notamment déclaré que "ceux qui insistent pour que les problèmes économiques de la planète ne soient réglés que via la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et la Banque asiatique de développement s'accrochent à des idées dépassées… Le changement s'impose. Il est impératif de bâtir un nouvel ordre économique mondial qui soit ouvert aux nouvelles puissances économiques émergentes".

Rappelons que la conférence de Bandung avait réuni, en 1955, les dirigeants de 29 pays d'Asie et d'Afrique et lancé le mouvement des "non-alignés". Ces pays alors récemment décolonisés représentaient moins du quart du produit intérieur brut mondial. Aujourd'hui, ils en représentent plus de la moitié.

 

21/04/15  Pakistan-Chine : Visite exceptionnelle de Xi Jinping à Islamabad

Le président chinois Xi Jinping a passé deux jours dans la capitale pakistanaise, Islamabad, pour consolider les relations entre les deux pays, y doper les investissements chinois et soutenir des projets de délocalisation. Le commerce entre les deux pays s'est déjà considérablement développé entre 2004 et 2014, passant de $ 2 mds à $ 12 mds.

Les nouveaux projets chinois visent à doubler la capacité énergétique du Pakistan et à développer les autres infrastructures, très déficientes, de ce pays de 200 millions d'habitants. $ 11 mds devraient être affectés à ces nouveaux chantiers.

Pékin envisage également la création d'un corridor économique entre le Xinjiang, à la frontière du Pakistan, et le port pakistanais de Gwadar, sur la mer d'Arabie.

 

20/04/15  Liban : Missiles français sous financement saoudien

L'armée libanaise a reçu aujourd'hui la première des livraisons d'armes françaises financées par un don de $ 3 mds de l'Arabie saoudite. 48 missiles antichar Milan composent cette première livraison. Au total, 250 véhicules (combat ou transport de troupes), 7 hélicoptères Cougar, 3 corvettes et de nombreux équipements de reconnaissance, communication et d'interception seront livrés d'ici 2019. La France et l'Arabie saoudite espèrent ainsi contribuer à la stabilité du Liban qui est écartelé par ses divisions confessionnelles et gravement menacé par les retombées du conflit syrien.

 

07/04/15  Maroc : Pari tenu pour une croissance de l'ordre de 4,5 % en 2015

Le Haut commissariat au Plan vient de confirmer, pour le premier trimestre 2015, le taux de croissance qui était pronostiqué par la Banque centrale "Al-Maghrib" pour l'ensemble de l'année en cours. Le PIB du Maroc a en effet enregistré une croissance de 4,4 % par rapport au premier trimestre 2014, porté par une forte progression (12,3 %) de la valeur ajoutée agricole. Rappelons que la pluviométrie a été très favorable, cet hiver, et que le taux de remplissage des barrages a beaucoup augmenté en début d'année. Pour leur part, les activités hors agriculture ont connu une progression de 3,2 %, en glissement annuel entre le 1er janvier et le 31 mars 2015.

La balance commerciale a pleinement profité de l'allègement de la facture pétrolière et, dans une moindre mesure de la baisse des importations de produits alimentaires en valeur. Son déficit a été réduit de 42 % en un an. Les exportations marocaines ont pour leur part enregistré une hausse de 10,9 %.

Le HCP constate aussi une hausse de 3,3 % de la consommation des ménages au 1er trimestre 2015. Celle-ci a été dopée par une expansion de 11 % des crédits à la consommation et une hausse des flux entrants, les transferts des Marocains de l'étranger ayant progressé d’environ 6,7 %, en glissement annuel. L’augmentation de la consommation a particulièrement profité aux produits locaux, les importations de produits manufacturés ayant fléchi de 8,9 %.

Au deuxième trimestre, la valeur ajoutée hors agriculture devrait croître de 3,3 % et celle de l’agriculture de 12,9 %, ce qui devrait aboutir  à une  croissance économique globale de 4,6 %, entre avril et fin juin, selon le HCP.

 

03/04/15  USA-Arabie saoudite : Baisse du prix du pétrole et fort recul de la production pétrolière US

L'annonce d'un accord de principe sur le nucléaire iranien a fait reculer une fois de plus les cours du pétrole à New York et Londres.

Parallèlement, la production américaine de pétrole affiche un important recul, pour la première fois depuis la chute vertigineuse des prix du brut. Selon les estimations publiées hier par Washington, la production américaine de brut aurait diminué, la semaine dernière, de 36 000 barils par jour (b/j), pour s'établir à 9,386 millions b/j. Selon l'agence Bloomberg cette baisse serait l'une des plus fortes jamais enregistrées aux Etats-Unis en une seule semaine.

De plus, on apprend également que les extractions américaines ont fortement chuté au mois de janvier, de 135 000 b/j, d'après les données mensuelles consolidées qui viennent d'être rendues publiques par le gouvernement américain. Il ne s'agit pas d'une variation saisonnière.

Parallèlement, l'Arabie saoudite révèle une très forte accélération du rythme de forage dans ses champs existants. Riyad serait-elle en train de réussir son pari ?

 

24/03/15  Chine : le cercle vicieux de la décélération s'accélère

La plupart des analystes s'accordent pour dire que la Chine pourrait tomber cette année en dessous de son objectif de croissance de 7 %, du fait, notamment, de la contraction de son activité industrielle Les commandes extérieures sont en repli depuis le début de l'année. Ajoutons à cela un indice qui ne trompe pas sur la morosité du commerce intérieur : les prix de l'immobilier. Ils sont en recul depuis 6 mois et ont même accusé un recul de 5,7 % en février, la baisse la plus forte depuis quatre ans. Un cercle vicieux s'installe car les entreprises ont tendance à diminuer leurs effectifs. Et elles ont tendance à brader sur le marché international les stocks de matières premières et de demi-produits dont elles disposent.

Rappelons que l'objectif de progression de 7,5 % du PIB en 2014 n'avait pas pu être atteint en dépit des mesures prises par les autorités de Pékin pour soutenir l'activité : la croissance chinoise a été de 7,4 % l'année dernière.

 

20/03/15  Asie : Entrée de 4 pays d'Europe dans la Banque multilatérale d'investissement créée à l'initiative de la Chine

L’Allemagne, l'Angleterre, la France et l’Italie viennent de rejoindre les pays fondateurs de la "Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures" (AIIB), une banque de financement multilatéral créée à l'initiative de Pékin et sensée concurrencer la Banque mondiale, ce qui irrite profondément les USA. Le "Quotidien du Peuple" affirme d'ailleurs que Washington a tenté par tous les moyens de bloquer ce projet.

La création de l’AIIB avait été décidée en octobre 2014, à Pékin, par une vingtaine de pays, dont  l’Inde, Singapour, le Kazakhstan, Pakistan, le Vietnam et le Qatar.

En plus des presque 50 milliards $ qu'elle entend mobiliser pour l’AIIB,  la Chine va allouer 40 milliards à un fonds dédié à la "nouvelle route de la soie", destiné au financement d'infrastructures dans les pays qui l'entourent. On parle en particulier du projet colossal consistant à construire un chemin de fer reliant Pékin à Bagdad

La Chine a également placé 10 milliards dans la nouvelle banque créée par les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et 41 milliards dans un fonds d’urgence lancé par les mêmes pays pour prévenir les risques de crise.

Pékin compte sur les financements de ces nouvelles institutions pour relancer son économie au moment où celle-ci donne des signes de faiblesse.

 

19/03/15  Nigéria-Suisse : Restitution de 380 mns $ détournés par la famille de l'ex-dictateur Abacha

En juillet 2014, un accord était intervenu entre les autorités nigérianes et la famille de l'ex-dictateur Abacha (décédé en 1998), accord prévoyant la remise des avoirs de cette famille au Nigeria, en contrepartie de l'abandon, par Abuja, de sa plainte contre Abba Abacha, le fils de l'ancien président Sani Abacha.

C'est désormais chose faite puisque le ministère public genevois vient d'annoncer la restitution, au Nigeria, de 380 mns $ confisqués à diverses sociétés contrôlées par la famille Abacha, elle-même considérée comme "une organisation criminelle".

En juin 2014, le Liechtenstein avait déjà annoncé la restitution de 167 mns €. En août, le département de la Justice américain avait, de son côté, obtenu le droit de saisir 480 mns $ détournés par l'ancien dictateur nigérian. La justice américaine considère qu'il s’agit d’argent sale ayant transité, dans un premier temps, par le système financier américain.

Le clan Abacha est soupçonné d'avoir détourné plus de 1,6 md $, de 1994 à 1998, durant la période où Sani Abacha dirigeait son pays d'une main de fer.

 

12/03/15  Algérie : Les enjeux claniques du complexe sidérurgique de Bellara

En acceptant de contribuer à la création du complexe sidérurgique de Bellera, le Qatar se range du côté du clan Bouteflika dans sa lutte feutré contre le clan des importateurs d'acier, au rang desquels figure Issad Rebrab, patron de Cevital, qui a récemment acquis l'usine italienne de Luccini, au bord de la faillite, pour 400 millions €. Rappelons que Rebrab, que l'on dit proche des services algériens, est aussi le grand rival du groupe Haddad, le principal représentant du clan présidentiel au sein du patronat algérien.

Le Qatar ne pouvait pas mieux choisir que ce projet pour renouer diplomatiquement avec l'Algérie, à un moment où il tente de sortir de l'isolement où l'a plongé son soutien inconditionnel aux Frères musulmans égyptiens, à une époque où ceux-ci tenaient le pouvoir, au Caire, par la seule force des urnes.

 

10/03/15  Algérie : Pose de la première pierre du complexe sidérurgique de Bellara, avec le Qatar

Qatar Steel et le groupe public algérien Sider ont posé le 9 mars, à Jijel, la première pierre de leur complexe sidérurgique commun, en présence du premier ministre qatari Al-Thani et de son homologue algérien Abdelmalek Sellal. Cet investissement de 2 milliards $ permettra la construction d'une usine d'une capacité de 4,2 millions de tonnes par an et qui emploiera à terme 3000 personnes. Il fabriquera des aciers plats et des aciers spéciaux destinés, entre autres, à l'industrie du rail en Algérie. La production devrait commencer en 2017 à hauteur de 2 millions de tonnes, avant de dépasser les 4 millions de tonnes en 2019.

La réalisation du complexe a été confiée au groupe industriel italien Danieli. Ce groupe a été sélectionné par la société commune algéro-qatarie Algerian Qatari Solb (AQS) dans le cadre d'un appel d’offres international. Sider s'est arrogé 51% des parts de AQS, conformément à la loi algérienne.

Rappelons que, parallèlement, le complexe Sider d’El Hadjar (Arcelor Mittal) est en cours de modernisation et qu'il devrait lui-même parvenir à une capacité de 2 millions de tonnes an.

Ces réalisations permettront de réduire les importations algériennes d’acier, qui sont estimées à 10 milliards $ par an.

 

04/03/15 Inde : Baisse du taux directeur de la Banque centrale et budget de relance

La banque centrale RBI a annoncé aujourd'hui une baisse de son principal taux d'intérêt  qu'elle a ramené à 7,50 %. Selon le gouverneur Raghuram Rajan : "Un ralentissement de l'inflation est attendu au cours du premier semestre 2015-2016 avant un raffermissement sous les 6 % au second semestre".

Quelques jours plus tôt, le premier projet de budget complet du gouvernement de Narendra Modi avait été rendu public. Celui-ci prévoit une relance de la croissance.

 

03/03/15  Arabie saoudite : La Corée construira deux réacteurs nucléaires

Lors d'un Forum d'affaire organisé par la Corée du Sud à Riyad, à l'initiative des Chambres de commerce des deux pays, il a été beaucoup question d'énergie, des technologies de l'information, ainsi que des secteurs de la construction et de la santé.

L'Arabie saoudite et la Corée du Sud ont notamment paraphé un protocole d'accord de coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire. Un contrat portant sur la construction de deux réacteurs nucléaires de 100 GW (parmi les 18 qui sont envisagés par Riyad d'ici 2014) a même été signé à cette occasion.

L'Eximbank coréenne étendra à 3 mds $ ses financements aux entreprises coréennes impliquées dans la construction de centrales électriques en Arabie saoudite.

Deux autres Forums du même type doivent être organisés par la Chambre coréenne de commerce et d'industrie KCCI à Abu Dhabi et à Doha.

 

23/02/15  Birmanie : Nombreuses opportunités de développement urbain pour les entreprises

Créée le 1er janvier dernier, Business France, qui est l’agence nationale au service de l’internationalisation de l’économie française (issue de la fusion d’UBIFRANCE et de l’agence française pour les investissements internationaux), organise à partir d'aujourd'hui et jusqu'au 25 février, des rencontres avec les responsables de la ville de Mandalay, deuxième ville de Birmanie.

Cette agglomération de 1,2 millions d’habitants est en pleine expansion, si bien que les besoins vitaux y sont particulièrement importants, notamment dans les domaines des infrastructures, de la gestion des déchets, de l'électricité ou de la voirie. Ainsi, Mandalay ne dispose-t-elle pas d’usine de traitement des eaux usées et ne peut-elle garantir l’eau courante que 17 heures par jour.

L’objectif de ces rencontres, qui rassemblent une vingtaine d'entreprises françaises, est de présenter l’expertise de la France dans les infrastructures urbaines.

Après la levée des sanctions européennes et l’allègement de celles des Etats-Unis, le marché birman offre d'importantes opportunités soutenues par des financements de la Banque asiatique de développement et l'Agence française de développement (AFD).

 

19/02/15  Algérie : Baisse des réserves de change et du Fonds de régulation des recettes

La note de conjoncture qui vient d'être publiée par la Banque d’Algérie et qui porte sur les 9 premiers mois de l’année 2014 révèle une baisse des réserves de l'ordre de 10 mds $. C'est au troisième trimestre que la balance globale des paiements s'est le plus creusée, au début de la chute du prix du baril. Les réserves de change sont passées de 194 mds à fin décembre 2013 à 185 mds au 30 septembre 2014. La balance commerciale a enregistré une hausse des importations tandis qu'à l'exportation le prix du baril de brut algérien tombait d'une moyenne de 113 $ en juin 2014, à 96 $ en septembre.

Les importations de services se sont aussi accrues du fait de la hausse des achats de services techniques notamment ceux qui sont liés au BTP. Le déficit de la balance des services s’est creusé, passant de 5,2 mds $ au cours des 9 premiers mois de 2013 à 6,0 mds un an plus tard. Au total, le solde de la balance courante a enregistré un déficit de plus de 4 mds $.

Mais ce n'est pas ce qui inquiète le plus la BA qui estime que les réserves de change permettront à l’Algérie de résister aux chocs externes durant près de trois ans encore. Par contre, elle craint que l’épargne cumulée au sein du Fonds de régulation des recettes (FRR) ne diminue rapidement sous le coup des déficits cumulés du budget de l'Etat.

Le responsable du département "Moyen-Orient - Asie Centrale" du FMI, Masood Ahmed, avait déjà prévenu, lors d'une conférence donnée quelques jours plus tôt, à Alger, que le prix d'équilibre budgétaire de l'Algérie est parmi les plus élevés des grands pays exportateurs d'hydrocarbures.

 

13/02/15  Ukraine : La Banque mondiale annonce 2 milliards d'aide pour l'année 2015

La Banque mondiale vient d'annoncer hier, peu après l'annonce du principe d'un cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine, qu'elle accorderait, à Kiev, quelque 2 mds $ en 2015 à travers plusieurs financements. Ceux-ci devraient être affectés à la lutte contre la pauvreté et au support de plusieurs réformes, notamment dans le secteur du gaz et le secteur bancaire Des moyens seront aussi offerts à la lutte contre la corruption et à l'amélioration de la gouvernance de l'Etat, sans oublier l'amélioration du climat des affaires.

 

12/02/15  Tunisie : Ouverture d'une enquête suite aux révélations de Swissleak

Un juge d'instruction du Pôle judiciaire financier de Tunis sera chargé d'une enquête pour "blanchiment d'argent", après les révélations de l'affaire Swissleaks selon lesquelles 256  Tunisiens auraient ouvert des comptes chez la filiale suisse de la banque suisse HSBC.  L'affaire fait d'autant plus de bruit dans le pays que la loi tunisienne interdit en principe aux Tunisiens non-résidents à l'étranger d'avoir des comptes hors de Tunisie.

Pour la période d’activité 2006-2007, on décompte 256 clients tunisiens de la HSBC suisse qui détiennent un total de 679 comptes.

Parmi eux figurent des puissants de l'ancien régime, comme Belhassen Trabelsi, frère de Leila Trabelsi, l’épouse du dictateur déchu Ben Ali, mais aussi l’homme d’affaires Tarek Bouchamaoui, frère de Wided Bouchamaoui, la présidente de la centrale patronale tunisienne.

Les 5 personnes proches de l’ancien régime étaient déjà toutes concernées par une ordonnance du Conseil fédéral suisse qui a gelé les avoirs d’une liste de ressortissants tunisiens, proches de l’ancien régime. Cependant, cette ordonnance n’avait effet que jusqu’en janvier 2014. Et il y a, semble-t-il, encore beaucoup de choses à découvrir et beaucoup d'argent à récupérer pour le trésor tunisien, qui en aurait bien besoin.

 

10/02/15  International : Croissance stable et inflexion positive dans les anticipations de l'OCDE

Les indicateurs composites avancés (ICA) de l’OCDE, qui sont conçus pour anticiper les changements de tendance, donnent pour la première fois depuis longtemps des signes d’inflexion en faveur de la croissance dans la zone euro et - en ce qui concerne les pays émergents - des signes de consolidation de la croissance en Inde.

La tendance reste à la croissance stable en Chine, aux Etats-Unis, au Canada, au Japon et au Brésil.

En Europe, c'est l'Allemagne et l'Espagne qui sont les deux principales responsables de l'inflexion positive, tandis que l'Italie passe d'un infléchissement de sa courbe vers le bas à une dynamique de croissance stable, rejoignant la France dans cette catégorie.

Une décélération se précise pour le Royaume-Unis, mais c'est la Russie qui subit le plus fort infléchissement de sa croissance.

 

07/02/15  Tunisie : Mesures économiques d'urgence pour les 100 premiers jours du gouvernement Essid

Dès sa prise de fonction, le 6 février, le nouveau gouvernement tunisien dirigé par Habib Essid s'est fixé un programme pour ses 100 premiers jours, prévoyant notamment le contrôle des prix, quitte à appliquer l'article 4 de la loi relative aux prix et à la concurrence qui autorise l'Etat à geler les prix de certains produits pendant 6 mois s'ils ne sont pas encadrés. Il est vrai que l'inflation, à hauteur de 5% en moyenne, provoque de vifs mécontentements dans la population tunisienne. Le nouveau premier ministre s'est également engagé à effacer les dettes des  42.500 agriculteurs qui ont reçu des prêts accordés par l'Etat et à augmenter les minima sociaux.

Par contre, il a annoncé que le programme complet et détaillé de son gouvernement ne sera dévoilé que dans trois mois, après le vote de la loi de finances complémentaire pour 2015.

Pour tenir financièrement durant ces 100 premiers jours sans dépendre des financements des grandes organisations internationales (et notamment des conditions du FMI sur les réformes à entreprendre) la nouvelle équipe compte sur l'emprunt de $ 1 md que la Tunisie a levé sur le marché international des capitaux le 27 janvier dernier. C'était la première fois depuis 2007 que ce pays lançait, seul (sans la garantie du Japon ou des USA) une émission obligataire. Opération réussie, sursouscrite, mais qui porte néanmoins un taux d'intérêt de 5,75 %, sur 10 ans, et qui sera pour l'essentiel affecté à des dépenses budgétaires tout en gonflant la dette tunisienne.