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Ces  Alertes sont classées par ordre chronologique, de la plus récente à la plus ancienne. Il faut donc descendre à l’intérieur de cette page pour lire les textes mis en ligne depuis un mois environ. Les alertes plus anciennes sont disponibles dans les archives "Alertes et Veilles", destinées aux abonnés et classées par zones géographiques.

 

 

18/12/14  Russie : Poutine assume, mais se défausse sur la Crimée

Le chef de l'Etat russe a déclaré, lors de sa grande conférence de presse qui s'est déroulée aujourd'hui à Moscou, qu'il assume l'entière responsabilité de tout ce qui se passe dans le pays, y compris la chute du rouble. En substance, il dit assumer parce que tout ce qui a été fait par son gouvernement l'a été pour le bien de la Russie qui, dit-il,  n'agresse personne mais refuse de tomber sous le joug des puissances occidentales : à la question d'un journaliste qui lui demandait si la situation actuelle de l'économie russe ne serait pas le "prix à payer pour la Crimée" il a en effet répondu : "Non, ce n'est pas le prix à payer pour la Crimée, c'est le prix de notre volonté naturelle de rester une nation, une civilisation, un Etat".

Donc, si l'on suit son raisonnement, qui trouve un écho certain chez nombres de citoyens russes, les Occidentaux sont les véritables agresseurs : "Le bouclier antimissile près de nos frontières, n'est-ce pas un mur ? C'est là le problème majeur des relations internationales d'aujourd'hui: nos partenaires ne se sont pas arrêtés, ils ont décidé qu'ils étaient les vainqueurs, qu'ils formaient désormais un empire et tous les autres, leurs féaux qu'il fallait tenir en bride" … "C'est là le problème. Ils n'arrêtent pas de construire des murs en dépit de toutes nos tentatives et de nos gestes en vue de travailler de concert sans aucunes lignes de séparation en Europe et dans le reste du monde", a ajouté le président. Serait-ce un appel du pied ou de la pure rhétorique ? Nul doute que les diplomates occidentaux seront amenés à décortiquer ces propos sibyllins !

Concernant la situation économique, Vladimir Poutine s'est montré rassurant, mais sans cacher que des sacrifices devront être faits : "Si la situation continue d'évoluer de la même façon défavorable, il nous faudra apporter des corrections à nos projets. Il va de soi qu'il faudra réduire quelque chose. Mais je tiens à signaler que la situation actuelle changera en mieux et qu'une croissance est inévitable", a-t-il fermement déclaré. Comme l'économie mondiale, "L'économie russe, elle aussi, sortira de la situation actuelle. Même dans les conditions les plus défavorables je pense que cela prendra un an ou deux. Je tiens à répéter une fois de plus que la croissance est inévitable".

 

18/12/14 Palestine-UE : L'an 1 de la reconnaissance internationale

Le Parlement européen a voté, hier, à une large majorité une résolution pour la reconnaissance de l'État palestinien. La Cour européenne de justice a rendu public le même jour un arrêt par lequel elle retire le Hamas palestinien de la liste européenne des organisations terroristes internationales.

 

11/12/14  Zimbabwe : Le successeur potentiel de Mugabe désigné après de Congrès de la Zanu-PF

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a annoncé, le 10 décembre, la nomination de l'actuel ministre de la Justice du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, au poste de vice-président du parti au pouvoir et de vice-président l’Etat, ce qui le place en position de succéder automatiquement à Mugabe si celui-ci venait à disparaitre. Surnommé "le crocodile", il est le chef de fil de l'aile dure du pouvoir. Réputé immensément riche, il a autrefois dirigé la police secrète et l’armée. Il est également proche de l'épouse du vieux chef de l'Etat (90 ans) Grace Mugabe.

Il s'installe désormais dans le fauteuil de l'ex-vice-présidence Joice Mujuru, considérée comme une figure plus modérée de la Zanu-PF.

 

04/12/14  Zimbabwe : Congrès stratégique pour la succession de Mugabe

Lors du congrès du parti au pouvoir (Zanu-PF) qui s'est ouvert le 2 décembre, le président zimbabwéen Robert Mugabe a accusé sa vice-présidente Joice Mujuru de "comploter pour le renverser" et de "travailler avec le principal parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) ainsi que son allié, les Etats-Unis". Autant dire que sa destitution ne fait plus de doute. L’aile modérée de la Zanu-PF a perdu la partie. Joice Mujuru, vice-présidente depuis 2004, était en effet considérée la représentante de ce courant, et dénigrée depuis longtemps par l'épouse du président Grace Mugabe.

Joice Mujuru avait ainsi été accusée, en octobre dernier, par Grace Mugabe, d'extorquer de l'argent à des entreprises et d'avoir encouragé le sectarisme qui menace le parti au pouvoir.

Agée de 49 ans à peine, la première dame affiche de plus en plus des ambitions présidentielles. Ses meetings dans les régions ont été largement retransmis ces derniers mois à la télévision d’Etat. Et elle est soutenue par le puissant ministre de la Justice, Emmerson Mnangagwa.

Ce congrès qui s’achèvera le 7 décembre est décisif dans la mesure où Robert Mugabe, âgé de 90 ans, devra choisir un ou une vice-présidente, c'est-à-dire celui ou celle qui lui succédera en cas de décès.

 

01/12/14  Libye : Le général Haftar, soutenu par plusieurs États arabes, se déclare proche de la victoire

Dans une interview accordée le 28 novembre 2014 au quotidien italien "Corriere della Sera", le général libyen Khalifa Haftar assure que l’Algérie, l’Egypte, les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite lui ont envoyé des armes et des munitions pour l'aider dans sa lutte contre les milices islamiques. Il regrette cependant de ne pas avoir reçu du matériel assez perfectionné.

Rappelons que ce général libyen de 71 ans, qui mène depuis le 16 mai dernier, l’Opération "El Karama" (dignité) avait soutenu le colonel Kadhafi lors de sa prise de pouvoir, en 1969, avant de s’opposer à lui et de passer 20 ans de sa vie aux Etats-Unis. Après avoir joué les francs-tireurs dans le chaos libyen, il s'est mis au service du gouvernement et du Parlement élu de Tobrouk, reconnus par la communauté internationale. De fait, les forces militaires libyennes sont aujourd'hui constituées de ce qui reste de l’armée de Kadhafi, par certaines tribus locales et par les unités du général Haftar.

Bien qu'il regrette dans son interview au journal italien de ne pas être soutenu par les Etats-Unis et les Européens, le général reste confiant : "Je me suis donné trois mois pour achever l’opération El Karama, mais peut-être que ça prendra moins de temps"… Selon lui, "Les islamistes de l’Aube de la Libye (qui tiennent Tripoli) ne sont pas vraiment difficiles à combattre, ni l’ISIS (Etat islamique), qui sème la terreur à Derna."

Il donne pour l'instant la priorité à Benghazi, où, explique-t-il, "le groupe Ansar al Charia, bien formé, exige plus d'engagement". Selon lui, l’armée libyenne contrôle néanmoins déjà 80 % de la ville. "J’espère bien libérer toute la ville de Benghazi d’ici 15 décembre" affirme-t-il. S’agissant de la bataille de Tripoli, qui a débuté l’été dernier, Khalifa Haftar indique se battre au côté du premier ministre Abdullah Al Thani.

 

28/11/14  OPEP : Vers un prix du baril à 60 dollars en 2015 ?

Après la décision des pays de l'OPEP réunis durant deux jours à Vienne, en Autriche, de ne pas resserrer leur production pétrolière pour tenter de faire remonter les cours, le prix du pétrole a chuté, hier, à des niveaux qui n'avaient pas été vus depuis 2010, de l'ordre de 70 dollars le baril. Or la dégringolade pourrait se poursuivre, prédit Igor Setchine, PDG de Rosneft, le premier producteur russe d'or noir, qui a déclaré, dans un entretien au quotidien autrichien "Die Presse" que le prix du pétrole pourrait tomber sous 60 dollars le baril d'ici la mi-2015. Il ajoute que la Russie pourrait réduire sa production de 200.000 à 300.000 barils par jour si les cours restaient durablement trop bas. Et il estime aussi que le volume de la production pétrolière américaine devrait décliner à partir de 2025, en tablant sur l'évaluation de ses ressources de pétrole non conventionnel, telles qu'elles sont aujourd'hui estimées.

Rappelons que, grâce à leurs huiles de schiste, les Etats-Unis produisent quelque 9 millions de barils par jour, si bien que leur niveau de production se rapproche de ceux de l’Arabie saoudite et de la Russie.

Mais le coût de l'extraction de ce pétrole non conventionnel est nettement plus élevé que celui des autres pétroles. Aussi certains experts soupçonnent-ils les gros producteurs de pétrole conventionnel (en particulier l'Arabie saoudite) de jouer sur les prix pour entraver la production américaine qui nécessite des cours plus élevés pour être rentable.

Une chose est sure : l'OPEP n’a même pas invité ses adhérents à respecter les quotas actuels de production, alors que ses 12 membres pompent, au total, entre 500 000 et un million de barils de plus que le plafond officiel de 30 millions de barils par jour qui avait fixé il y a trois ans, quand le cours du Brent était à 100 dollars.

 

24/11/14  Banque mondiale : Alerte sur le climat

Dans son rapport scientifique du 23 novembre, intitulé "Baissons la chaleur : Face à la nouvelle norme climatique" la Banque mondiale constate que des changements climatiques dramatiques et des phénomènes météorologiques extrêmes affectent déjà de nombreuses régions du monde, endommageant les cultures, submergeant les côtes et menaçant la sécurité hydrique. Le rapport fait valoir que des effets du changement climatique comme les vagues de chaleur extrême sont peut-être devenus inéluctables. En effet, un réchauffement de près de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle est déjà à l’œuvre dans le système atmosphérique terrestre et devrait se prolonger, même si des actions très vigoureuses sont aujourd'hui mises en œuvre. Ce sont les populations les plus pauvres qui seront les plus touchées. L'institution sonne particulièrement l'alarme pour trois régions du globe : Amérique latine, Moyen-Orient et Europe orientale.

Cela étant, bon nombre des pires effets prévisibles du changement climatique pourraient encore être évités en limitant le réchauffement à moins de 2 °C.  

" La bonne nouvelle est que nous pouvons prendre des mesures qui ralentissent le changement climatique et favorisent la croissance économique, pour arrêter finalement notre progression sur cette voie dangereuse", déclare ainsi Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale. "Les dirigeants et les responsables politiques de la planète doivent adopter des solutions abordables comme la tarification du carbone et prendre des mesures pour réorienter les investissements vers des systèmes de transport public peu polluants, une énergie plus respectueuse de l’environnement et des usines, des bâtiments et des équipements plus sobres en énergie".

 

13/11/14  International : Forte croissance de la "banque de l'ombre", selon le G 20

Le Conseil de stabilité financière "FSB", un organe de surveillance créé par le G20 en 2009, s'inquiète de la rapide progression du "Shadow Banking", ce secteur de la finance qui échappe à tout contrôle.

A la fin 2013, ce secteur pesait $ 75 000 mds. Il a augmenté de 5000 mds de dollars depuis 2012. En tenant compte des variations dues aux taux de change, l'augmentation est de 7%.

La finance parallèle représente 25% du total des actifs financiers, environ 50% du total des actifs bancaires et 120% du PIB mondial. Selon le FSB, la finance parallèle reste plus développée dans les pays avancés, mais s'étend rapidement aux marchés émergents "La taille et la croissance rapide du shadow banking en Chine méritent une attention particulière".

Les "trusts" sont parmi les acteurs de la finance parallèle qui ont connu la plus forte croissance en 2013 (+42%), en ligne avec celle enregistrée pendant les années précédentes. Les "autres fonds d'investissement" ont connu une croissance de 18%, qui s'accélère.

 

03/11/14  Burkina Faso : Le pire a été évité

Le pire, c'est-à-dire un affrontement entre les différents clans militaires, semble avoir été évité lors d'une réunion à l'état-major qui a rassemblé samedi, à Ouagadougou, les plus haut gradés de la hiérarchie militaire. Le chef de l'état-major des armées, le général Nabéré Honoré Traoré, qui avait annoncé vendredi qu'il assumerait les responsabilités de chef de l'Etat, "conformément à la Constitution", mais qui était jugé trop proche de l'ancien président Blaise Compaoré par la société civile, s'est rangé, lui aussi, à l'avis de ses pairs.

C'est le numéro 2 de la garde présidentielle burkinabè, le colonel Isaac Zida (acclamé la veille par la foule) qui a été retenu à l'unanimité pour conduire la période de transition ouverte après le départ du président Compaoré. Celui-ci a aussitôt tenu à rassurer l'opposition politique et la société civile, affirmant que les "aspirations au changement démocratique" de la jeunesse burkinabè, dont le soulèvement a conduit à la démission de l'ex-chef de l'Etat, ne seront "ni trahies, ni déçues".

La communauté internationale fait pression pour qu'un gouvernement civil soit rapidement mis en place, chargé de l'organisation des futures élections. Isaac Zida a déjà eu des entretiens en ce sens avec les opposants politiques au régime de Blaise Compaoré. Mais il n'a pas les mains totalement libres…

 

31/10/14  Burkina Faso : Coup d'Etat militaire

C'est un communiqué au nom de Blaise Compaoré qui a annoncé la démission du gouvernement et du Parlement, ainsi que l'instauration d'un état de siège. Mais ce texte, sans entête officielle et dépourvu de date, parait suspect, si bien que de nombreux analystes l'attribuent, en fait, à l'armée.

Lors d'une conférence de presse, un communiqué du chef d'état-major des armées Nabéré Honoré Traoré, lu par un officier, affirme, pour sa part, que l'objectif de l'armée est celui d'un retour à l'ordre constitutionnel "dans un délai de 12 mois". Un couvre-feu national de 19h à 6h a également été instauré, ce qui confirme que l'armée est bien le maitre du jeu, après les manifestations de masse qui se sont déroulées ces derniers jours contre la possibilité d'un nouveau mandat présidentiel de Blaise Compaoré..

 

23/10/14  Algérie : Nouveaux éléments de l'enquête sur la mort des moines de Tibhirine

Par Jean-Baptiste Rivoire

Le 23 octobre 2014, à Paris, l’avocat des familles des moines de Tibhirine, Maître Patrick Baudouin, entouré de Françoise Boegeat, nièce du frère Luc Dochier et d’Elisabeth Lebreton, sœur de Frère Christophe, a dénoncé l’attitude des autorités Algériennes. En refusant que le juge Trévidic examine, en Algérie ou en France, les prélèvements effectués sur les têtes des moines, Alger “confisquerait” des pièces clé de l’enquête”.

Une situation d’autant plus troublante que les premiers éléments recueillis par les experts Français tendraient à contredire la version officielle (égorgement des moines par le GIA le 21 mai 1996) sur deux points clé :

- La date de la mort: l’examen des crânes laisserait penser qu’il s’est passé plus de 8 jours entre la date de la mise en bière des crânes (au plus tard le 29 mai 1996) et la date de la mort (officiellement, le 21 mai 1996, selon le communiqué signé GIA). En clair, les moines auraient été tués avant le 21 mai 1996. Si ces premières constatations se confirmaient, cela viendrait à l’appui de l’un des témoignages versés au dossier, celui de l’ancien informateur du DRS Karim Moulai, qui a déclaré en septembre 2011, sur Canal plus, et en 2012, devant le juge Trévidic, que les moines avaient été exécutés par des collègues du DRS “dès la fin avril 1996” et non pas le 21 mai.
- Les causes de la mort: l’examen des crânes laisserait penser que les moines ont été décapités post-mortem. Or les autorités Algériennes ont toujours affirmé (sur la foi du communiqué signé GIA du 21 mai 1996), qu’ils avaient été “égorgés”. Là encore, si elles étaient confirmées, ces premières constatations iraient dans le sens d’une exécution par un autre mode que celui admis jusque-là, avec une décapitation post-mortem de nature à faire croire à la thèse de l’égorgement islamiste. En clair, un maquillage des vraies causes de la mort.

Le refus d’Alger que le juge Trévidic puisse examiner les prélèvements effectués sur les crânes est problématique pour une troisième raison. Seuls ces prélèvements permettraient de s’assurer que les sept crânes entreposés par les autorités Algériennes dans les cercueils fin mai 1996 sont bien ceux des sept moines de Tibhirine.
Pour mémoire, quand leur supérieur, le père Armand Veilleux, avait obtenu, à force d’insister, le droit d’identifier ces sept crânes, il avait eu des doutes sur au moins deux d’entre eux. Fin mai 1996, deux crânes ont-ils été remplacés dans les cercueils pour éviter de laisser apparaître des indices troublants? Seul l’examen approfondi des prélèvements permettrait d’en avoir le cœur net. Mais une fois de plus, pour des raisons inexpliquées, Alger entrave l’enquête du juge Marc Trévidic. Jusqu’à quand ?

 

21/10/14  Zimbabwe : L'ambition de la première dame ravive les tensions au sein du parti au pouvoir

Ancienne dactylo du président Mugabe, devenue son épouse par la suite, Grace Mugabe ne cache plus ses ambitions politiques, alors que la question de la succession de son mari à la tête de l'Etat depuis 1980 se pose de plus en plus ouvertement. Agée de 49 ans, mère de trois enfants, elle a été choisie le 15 août pour prendre la tête de la puissante ligue féminine du ZANU-PF.  Sa désignation comme "unique" candidate à ce poste devrait être confirmée au prochain Congrès du parti Zanu-PF (le parti au pouvoir) en décembre.

Cette nouvelle fonction la propulsera au sein du politburo, l’organe suprême de décision du parti. Mais elle ambitionne plus encore : le poste de vice-présidente qui est actuellement occupé par Joice Mujuru. Cela la mettrait en position de remplacer son époux s'il venait à disparaitre.

Récemment, lors d’un meeting, elle a accusé Joice Mujuru de ne pas être à la hauteur de sa fonction et l’a accusée de manœuvres politiques. "Ce n’est pas parce que vous occupez ce poste que vous êtes là pour toujours", a-t-elle vertement déclaré. Grace Mugabe se sait déjà soutenue par le puissant ministre de la Justice, Emmerson Mnangagwa.

L'ambition de la première dame ravive les conflits qui traversent le Zanu-PF. Mais Robert Mugabe semble lui accorder son soutien.  En effet, les meetings de Grace Mugabe sont largement retransmis sur les ondes des médias publics.

 

16/10/14  Afrique : La liste des chefs d'Etat les plus fortunés du continent

Le site internet "richestlifestyle.com" a diffusé, récemment, le classement des 9 chefs d’Etat d'Afrique les plus riches en 2014. Cette liste se présente comme suit :

Jose Eduardo dos Santos (Angola) : 20 milliards $
Mohammed VI (Maroc) : 2,5 milliards $
Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée Equatoriale) : 600 millions $
Uhuru Kenyatta (Kenya) : 500 millions $
Paul Biya (Cameroun) : 200 millions $
Goodluck Jonathan (Nigéria) : 100 millions $
Roi Mswati III (Swaziland) : 100 millions$
Idriss Deby (Tchad) : 50 millions $
Robert Mugabe (Zimbabwe) : 10 millions $.

 

14/10/14 OPEP : Faible réaction face à la baisse continue du prix du baril

Le prix du baril de pétrole reste orienté à la baisse sans que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole envisage, pour l'instant, de réduire sa production. Ceci s'explique en grande partie par le fait que l'OPEP ne s'estime pas vraiment en mesure d'infléchir la tendance, en raison de la part de plus en plus importante détenue par d'autres producteurs, notamment la Russie et les Etats-Unis, sur le marché mondial. L'Arabie saoudite, qui produit le tiers, environ, du pétrole mondial, se serait résignée à se contenter d'un baril autour de 90 dollars, voire même 80 dollars. A cela s'ajoute la décision de l'Irak de réduire ses prix en direction des clients asiatiques, suivant ainsi l'exemple de Téhéran.

Le marché pétrolier mondial garde certes les yeux tournés sur Vienne, où l'Organisation tiendra sa prochaine réunion ordinaire le 27 novembre prochain. Mais les spécialistes n'attendent pas grand-chose de cette rencontre et rappellent que, lors de leur dernière réunion, en juin, les membres de l'OPEP avaient décidé de maintenir leur plafond de production à 30 millions de barils par jour, niveau auquel il est fixé depuis fin 2011.

De son côté, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) vient d'abaisser une fois de plus ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2014 et 2015, du fait de la faiblesse de la croissance économique mondiale. L'AIE avait déjà révisé à la baisse ses prévisions en août et septembre.

Si les grands pays de l'OPEP peuvent se contenter d'un prix modéré du pétrole, il n'en va pas de même pour ceux qui, comme l'Algérie, ont déjà bien du mal à équilibrer leur budget national. La moyenne du prix du pétrole algérien "Sahara Blend" a connu une nouvelle baisse (de $ 3,76) en septembre, passant, en un mois, de $ 100,86  à $ 97,10. Saïd Sahnoune, le Pdg par intérim du groupe Sonatrach, a déclaré, hier, sur la Radio nationale, que les recettes de l'Algérie  n'atteindront au mieux que $ 60 mds en 2014 contre 63,3 mds l'année dernière, et 70,5 mds en 2012.

 

24/09/14  Tunisie : 70 candidats à la présidentielle

L'instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) a reçu 70 dossiers de candidature à la présidentielle du 23 novembre en Tunisie. Tous ces dossiers seront examinés d'ici le 25 septembre et l'ISIE affichera ensuite la liste des candidats retenus.

Le président sortant Moncef Marzouki, le président de l’Assemblée Constituante, Mustapha Ben Jaâfar, l’ex-Premier ministre Béji Caïd Essebsi, l’ancien gouverneur de la Banque centrale Mustapha Kamel Nabli et la magistrate Kalthoum Kennou figurent sur la liste des prétendants.

Le parti islamiste Ennahdha, qui avait remporté les premières élections libres postrévolutionnaires, en octobre 2011, a annoncé qu'il ne présenterait pas de candidat mais qu'il soutiendrait une personnalité "consensuelle", dont il n'a pas encore révélé le nom.

Rappelons que l'actuel Chef de l'Etat, Moncef Marzouki, n'avait pas été élu au suffrage universel à la fin 2011, mais par les députés de la Constituante, à la suite d'un accord passé entre les partis politiques.

 

18/09/14  Côte d'Ivoire : Bédié soutien Alassane après 20 années d'ivoirité et de sang versé

Le soutien apporté par l’ex-président Henri Konan Bédié à l’actuel chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara pour l’élection présidentielle d’octobre 2015, lors d’une réunion publique commune à Daoukro, le 17 septembre, montre à la fois le chemin parcouru depuis la chute de l'ex-président Gbagbo mais aussi l'immensité du temps perdu en guerre intestine et en sang versé depuis que Bédié, président de la République de 1993 jusqu’au putsch de 1999, avait inventé la boite de pandore de "l'ivoirité" pour contrer l'accession au pouvoir de son ennemi d'alors, le même Alassane Ouattara, son rival dans la succession du "père de la nation" Houphouët Boigny.

Rappelons que l'ivoirité était un concept xénophobe qui contestait la validité de l'identité ivoirienne revendiquée par les personnes nées au Nord de la Côte d'Ivoire lors de la période coloniale, où l'actuelle Côte d'Ivoire et le Burkina d'aujourd'hui étaient rassemblés dans la même colonie française. Tout cela pour écarter Alassane Ouattara, considéré "de nationalité douteuse", des principales joutes électorales !

Par la suite, Laurent Gbagbo avait repris et même amplifié ce concept, ce qui avait conduit à la guerre civile entre le Nord musulman et le Sud de la Côte d'Ivoire.

 

18/09/14  Chine : Signes convergents d'essoufflement économique accéléré

Les banques chinoises subissent le contrecoup du ralentissement de la croissance, un ralentissement particulièrement marqué dans les chiffres du mois d'aout, où l'on constate à la fois une forte décélération de la production industrielle, un recul de 2,4 % des importations et un repli des IDE de 14 % en moyenne annuelle.

Ces différents indicateurs sont évidemment liés entre eux, en particulier la chute des IDE à un plancher qui n'avait pas été atteint depuis deux ans et demi au moins. Sur les huit premiers mois de l'année, les IDE sont revenus à 78,3 milliards $ et à 7,2 milliards de $ seulement en aout. La baisse de forme du secteur manufacturier semble le principal responsable de ce recul des investissements étrangers. Et elle est, elle-même, lié à la mollesse de la demande interne due pour une grande part au refroidissement du marché immobilier (cf. la brève du 5 septembre). Au total, la production industrielle a progressé en août à un rythme particulièrement modéré, le plus faible qui ait été enregistré depuis près de six ans.

Par contre, les exportations chinoises ont augmenté de 9,4 % en août après un bond de 14,5 % en juillet, ce qui prouve que la reconversion de l'économie chinoise vers la demande intérieure est encore loin d'être acquise.

Ces évolutions ont convaincu la Banque centrale chinoise de procéder à de nouvelles injections de liquidités dans les banques. Selon plusieurs organes de presses, elle s'apprêterait à injecter quelque 500 milliards de yuans (63 milliards € environ) de liquidités aux principales banques du pays, notamment sous la forme de prêts à trois mois. Cette politique du "stop and go" présente cependant les risques inhérents à toute politique monétaire : celle de faire gonfler des bulles financières (notamment dans l'immobilier) sans alimenter pour autant de nouveaux investissements productifs. A moins que la Banque centrale ne cherche, en fait, qu'à masquer, à court terme, les pertes encaissées par les banques dans la valeur de leurs actifs immobiliers, ce qui serait encore plus mauvais signe.

 

06/09/14  Afrique : 5 pays de la CEDEAO éliront leur président en 2015

Cinq pays membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) organiseront des élections présidentielles en 2015. Dès le premier trimestre, ce sera le cas au Nigeria et au Togo, puis au dernier trimestre au Burkina Faso, en Guinée et en Côte d’Ivoire. Pour chacun de ces pays il s'agit d'échéances cruciales, dans un climat politique lourd de menaces intestines.

Pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, traversée par des groupes islamistes radicaux et des enjeux transfrontaliers, ces scrutins présentent un risque de relâchement des programmes de sécurisation de la région difficilement mis en place avec l'aide de la communauté internationale.

 

05/09/14  Chine : Surchauffe explosive ou refroidissement programmé ?

Faut-il croire ceux qui prédisent que la bulle immobilière chinoise est sur le point d'exploser et qu'elle entrainera, dans son sillage, la plus grande partie du secteur bancaire, contribuant à réduire drastiquement le pouvoir d'achat des ménages ? Il est vrai que plusieurs grandes familles sont en train de se défaire de leurs acquisitions immobilières (quitte à enregistrer d'importantes moins-values) et que le taux de non-occupation des logements neufs s'est sensiblement accru, jusqu'à atteindre 27% du parc résidentiel en milieu urbain.

Il est vrai aussi que juillet et août ont accusé des ralentissements de la croissance de la production industrielle qui pourraient s'expliquer en grande partie par un début de crise dans le secteur de l'immobilier et la nette diminution du volume des prêts bancaires.

La question centrale reste donc toujours de savoir si la Chine va vivre une explosion brutale de la bulle immobilière ou un dégonflement progressif. Pour l'instant, c'est plutôt les signes de refroidissement qui sont observables. Ainsi, selon une étude publiée le 1er septembre (China Index Academy), les prix de l'immobilier dans les dix principales métropoles chinoises auraient-ils reculé en août par rapport à juillet. Parallèlement, les dépenses de l'Etat en mesures de relance, concernant surtout les infrastructures, sont aussi en décélération, par rapport au début de l'année, signe d'un attentisme qui pourrait s'expliquer par un choix non-dit d'éviter la surchauffe, quitte à ne pas respecter les objectifs initiaux de croissance pour 2014.

L'ennui, c'est que les investissements directs étrangers (IDE) ne viennent pas compenser la décélération des investissements intérieurs. Ils ont même chuté de 16,95% sur un an en juillet, atteignant leur niveau le plus bas depuis deux ans. Sur l'ensemble des sept premiers mois de l'année, les investissements étrangers seraient en recul de 0,35 % par rapport à la période comparable de 2013. Cependant, sur cette même période, les investissements nippons ont plongé de 45,4%. De leur côté, les investissements américains ont reculé de 17,4% et ceux en provenance de l'Union européenne de 17,5%. Certes, ces reculs s'expliquent en grande partie par les campagnes que l'administration de Pékin a lancées à l'encontre d'un certain nombre de grands groupes à capitaux étrangers. Mais il faut aussi y voir la méfiance croissante des investisseurs à l'égard de la solidité du marché chinois.

 

03/09/14  Ukraine : Accord entre Porochenko et Poutine sur un cessez-le-feu

À l'issue d'une conversation téléphonique entre eux, les présidents ukrainien Petro Porochenko et russe Vladimir Poutine viennent de se mettre d'accord sur un cessez-le-feu permanent dans l'est séparatiste de l'Ukraine, dans le Donbass, bassin minier de l'Est qui comprend les régions de Donetsk et de Lougansk.

Rappelons qu'après une série de succès, l'armée ukrainienne avait perdu du terrain la semaine dernière. Parallèlement Kiev et les Occidentaux ont dénoncé le déploiement de troupes russes dans l'est de l'Ukraine.

Selon des journalistes de l'AFP sur place, l'armée ukrainienne semble avoir abandonné sans vraiment combattre une vaste zone du sud-est de la région séparatiste entre le fief rebelle de Donetsk, la frontière russe à l'est et le port stratégique de Marioupol au sud, sur les bords de la mer d'Azov.

L'annonce d'un cessez-le-feu intervient à la veille du sommet de l'Otan en marge duquel le président ukrainien doit rencontrer son homologue américain Barack Obama avant d'être reçu le 18 septembre à la Maison Blanche.

 

07/08/14  Soudan : Prochaines élections générales le 2 avril 2015

Les élections générales devraient se dérouler le 2 avril 2015, en dépit des réserves de l'opposition qui réclame un accord global préalable sur les conditions de ce scrutin  à la fois présidentiel, législatif et local, le deuxième depuis le coup d'Etat de Omar el-Béchir. L'opposition avait déjà boycotté les élections de 2010, considérée comme très contestables.

L'actuel président, au pouvoir depuis 1989, est sous le coup d'un mandat d'arrêt international pour crimes de guerre présumés au Darfour (Ouest). Il n’a pas annoncé, pour l'instant, son intention de briguer un nouveau mandat. L'annonce des candidatures pour les élections d’avril 2015 devrait intervenir à partir du 31 décembre, et elle sera suivie par une campagne qui se déroulera du 13 février au 30 mars 2015.

Le parti "Réforme Maintenant", l’une des plus importantes formations politiques au Soudan, ainsi que plusieurs petits partis, réclame que le scrutin fasse l'objet d'un accord dans le cadre du dialogue national lancé par le président Béchir en janvier dernier. Il demande également une administration transitoire de deux ans durant la mise en œuvre, des conclusions du dialogue.

 

28/07/14  Algérie : Le turn over s'accélère à la tête de la Sonatrach

Le président de la Sonatrach Abdelhamid Zerguine, limogé le 26 juillet à la demande du ministre de l'Energie Youssef Yousfi, a été remplacé, dimanche, avant la fin du Ramadan, par Saïd Sahnoun, vice-président du groupe jusqu'ici en charge des activités "amont". Celui-ci aurait été désigné "à titre intérimaire".

Abdelhamid Zerguine était depuis moins de trois ans à la tête de la compagnie nationale algérienne Sonatrach. Il est le quatrième à avoir été débarqué depuis 2010, alors que les difficultés s'accumulent sur le secteur pétrolier et gazier algérien. En tout, huit PDG se sont succédés à ce poste depuis l'arrivée de Bouteflika au pouvoir en 1999. Les premiers d'entre eux semblent avoir servi de fusibles au ministre de l'énergie Chakib Khelil, en poste durant dix années consécutives, mais qui avait échoué à faire accepter sa grande réforme de libéralisation du secteur pétrolier algérien au début des années 2000.

Par la suite, Sonatrach a été secouée par une série de scandales financiers qui ont éclaté au grand jour en janvier 2010, entrainant le  limogeage du PDG Mohamed Meziane, puis, en décembre 2011, sa condamnation à deux ans de prison pour malversations. Plusieurs autres dirigeants du groupe pétrolier ont été condamnés dans ces affaires, qui ont fini par éclabousser Chakib Khelil lui-même, bien qu'il passe pour très proche d'Abdelaziz Bouteflika. La justice algérienne a lancé en août 2013 un mandat d'arrêt international contre lui, sur la base de la conclusion de certains contrats, considérés comme douteux, avec des firmes étrangères (notamment avec l'italienne Spaichim). Mais nombreux sont également ceux qui ont vu, dans le déclanchement de ces scandales, une façon de s'attaquer au clan du président Bouteflika.

Depuis 2010, ce sont néanmoins les difficultés du secteur algérien des hydrocarbures qui ont tendance à prendre le pas sur ces bras de fer politique. L'inquiétant déclin de la production nationale en gaz et pétrole explique en grande partie l'accélération du turn over des PDG à la tête de Sonatrach depuis quatre ans.

La production pétrolière et gazière du groupe est passée de 232 millions de tonnes équivalent pétrole (tep) en 2008 à 214 millions de tep en 2010 et à 205,8 millions de tep en 2011 puis à 194,5 millions de tep en 2012. Pour rassurer, le ministre Youssef Yousfi multiplie les annonces de découvertes qu'il interprète sur un mode tellement fantaisiste qu'il se retrouve en contradiction quasi permanente avec les dirigeants de la Sonatrach et les communiqués officiels de la compagnie !

Il est aussi probable que le limogeage d'Abdelhamid Zerguine est, pour l'Etat algérien, une façon de tourner la page de la prise d'otages de Tiguentourine, qui, en janvier 2013, s'était soldée par la mort d'une quarantaine d'otages, pour l'essentiel étrangers, créant une fracture durable entre les autorités algériennes et les deux compagnies BP et Statoil, qui œuvrent sur ce site.

 

22/07/14  Libye : Victoire des libéraux lors des législatives du 25 juin

La Haute commission électorale libyenne a annoncé, hier, les résultats définitifs des élections législatives du 25 juin. Bien que l'appartenance politique des élus ne soit pas toujours connue, de nombreux candidats s'étant présentés comme "indépendants", la plupart des observateurs s’accordent pour dire que la mouvance laïque et libérale l'a remporté face aux islamistes.

l’Alliance des forces nationales (AFN, libérale) aurait ainsi remporté une cinquantaine de sièges, contre une trentaine pour les islamistes du Parti pour la justice et la construction (PJC), vitrine politique des Frères musulmans. Dans l'Ouest du pays, ce sont les fédéralistes qui ont gagné une écrasante majorité des suffrages exprimés. Cependant la composition politique définitive du futur Parlement ne sera connue qu'après la formation de blocs parlementaires. Et il convient de rester prudent. En effet, lors des élections de juillet 2012, les islamistes avaient été aussi donnés pour perdants, mais ils avaient réussi à gagner en influence en recrutant parmi les indépendants et en s'alliant avec le Bloc Wafa. De plus, sur les 200 sièges du nouveau Parlement, douze n'ont pas été pourvus, le vote ayant été annulé dans plusieurs bureaux en raison des violences.

Cependant, c'est la défaite des islamistes lors des législatives du 25 juin 2014 qui les aurait poussé à mener, le 13 juillet, l'attaque en cours contre l'aéroport de Tripoli.

Aucune date n'a été fixée encore pour l'entrée en fonction du nouveau parlement. Plusieurs élus refusent de rejoindre Benghazi, où devrait siéger la nouvelle chambre, en raison des violences qui s'y déroulent.

 

04/07/14  Arabie Saoudite : 30 000 soldats transférés à la frontière irakienne

2 500 militaires irakiens auraient abandonné leurs positions à l'est de la ville de Kerbala. Cette région saoudienne qui jouxte la Syrie ne serait désormais plus gardée du côté irakien. Les troupes auraient reçu l'ordre de quitter leurs positions sans autre explication.

Selon l'agence de presse SPA, le roi Abdallah a donc ordonné que 30 000 homme soient déployés à la frontière. L'Arabie saoudite partage 800 km de frontière avec l'Irak, dans une zone où les groupes armés sunnites et islamistes ont pris le contrôle de plusieurs villes.

 

03/07/14  Libye : Réouverture des ports pétroliers

Les autonomistes qui avaient bloqué près d'un an des sites pétroliers de Cyrénaïque ont annoncé la suspension de leur mouvement ce qui va permettre la réouverture des ports pétroliers Ras Lanouf et Al-Sedra. "Nous commençons la levée du blocage en soutien au nouveau Parlement", issu des élections législatives, a déclaré un porte-parole des rebelles autonomistes, Ali Al-Hassi, à la télévision Libya International.

Si cette information se confirme, la production et les exportations libyennes pourrait retrouver rapidement leur rythme de croisière, au niveau de près de 1,5 million barils par jour.

 

24/06/14  Libye : Vote du budget 2014 et élections législatives

Les élections législatives qui doivent se dérouler demain ont été maintenues, en dépit de la détérioration de la situation sécuritaire, en particulier dans l'Est du pays qui est devenu le théâtre d'affrontements entre les forces paramilitaires du général dissident Khalifa Haftar et des groupes armés islamistes.

L'un des dernier actes du "Congrès général national" (Parlement élu, mais dont le mandat a expiré) a été d'adopter, le 22 juin, un budget de près de $ 48 milliards pour 2014, calculé sur la base d'une production de pétrole de 800 000 b/j et d'une valeur du baril de $ 100. Cette loi de finances prévoit un déficit de $ 8 milliards. Rappelons que la production d'hydrocarbures  a considérablement chuté, depuis un an, du fait du blocage des principaux ports pétroliers de l'Est du pays par des rebelles favorables à une large autonomie de la Cyrénaïque. Le blocage de ces terminaux et l'occupation des champs pétroliers a provoqué une chute de la production d'hydrocarbures, jusqu'à moins de 200 000 barils/jour, contre près de 1,5 million b/j auparavant.

La Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont estimé, récemment, que la Libye devrait enregistrer une récession de 8 % cette année, après une première contraction de 5,1 % de son PIB en 2013.

 

20/06/14  International : Que valent les prédictions sur les pétroles et gaz de schistes ?

Sur son blog, Eric Vidalenc, journaliste à "Alter Eco" annonce que le rapport de l’Agence de l’Energie Américaine (EIA) sur les pétroles non conventionnels aux USA, qui sera prochainement publié, réduit de 96 % ses estimations de pétrole de schiste récupérables dans le bassin de Monterey en Californie. Ces estimations, qui datent de 2011, provenaient d'une entreprise indépendante (Intek Inc) sous contrat avec le gouvernent américain. Celle-ci affirmait (à tort) que le gisement était facilement récupérable, comme d'autres types de formations non conventionnelles.

Or Monterey devait  représenter les 2/3 des  réserves de pétrole non conventionnel des Etats-Unis. De quoi faire réfléchir tous les pays émergents, dont l'Algérie, qui se lancent actuellement dans l'exploitation des gaz de schistes.

Rappelons à ce sujet que Hocine Malti, ancien haut responsable de Sonatrach, auteur d’une "Histoire secrète du pétrole algérien " (Editions "La découverte") vient de lancer un appel aux Algériens à "s’indigner " et à contraindre le gouvernement à renoncer à exploiter le gaz de schiste, dans un entretien qu'il a accordé à HuffPost Maghreb.

Il cite notamment le cas de la Pologne où les réserves estimées sont passées en quelques années de 5 300 milliards m3 à 800 mds seulement et où les multinationales Marathon, Exxon et Talisman Energy ont fini par quitter le pays. Et il considère qu'en Algérie la rentabilité de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels "sera quasi nulle, si ce n’est carrément nulle", si bien qu'elle ne ferait pas entrer d'argent dans les caisses de l'Etat. "On constate qu’aujourd’hui aux Etats-Unis, le coût de revient du gaz de schiste est supérieur au prix de vente, ce qui explique la baisse de l’activité (…). Ne gagnent de l’argent que ceux qui produisent de l’huile et du condensat en concomitance avec le gaz".

 

20/06/14 Algérie : 4ème round d'appel d'offre pour les hydrocarbures en octobre

L’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft) a fixé pour le mois d'octobre (au lieu de septembre) le déroulement du 4ème appel à la concurrence pour la recherche et l’exploitation des hydrocarbures en Algérie. 31 périmètres sont concernés, dont 17 périmètres de ressources non conventionnelles, les plus importants étant situés à Tindouf, Ahnet / Timimoun, Reggane, Berkine-Ghadames, Illizi et Mouydir.
Le nouveau calendrier prévoit la remise et l’ouverture publique des offres le 4 septembre 2014 et la signature des contrats le 2 octobre 2014 à Alger.

Sid Ali Betata, président d’Alnaft, s’est montré optimiste quant l’aboutissement de ce 4ème round, alors que les précédents avaient échoué. Selon lui, le nouveau cadre juridique mis en place après l’amendement de la loi sur les hydrocarbures, en février 2013 séduit les compagnies car il apporte une nouvelle méthodologie de calcul de la taxe prélevée par le gouvernement : "Avant l’amendement, elle était calculée sur la base du chiffre d’affaires des entreprises. Aujourd’hui, elle est en fonction de la profitabilité : plus on investit, plus on aura de meilleurs profits".

Mais cette règle de calcul est aussi au cœur du débat sur l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels (cf. l'article Algérie de juin 2014 sur le site de RI). En effet, la rentabilité de leur exploitation n'est pas assurée et, si elle n'est pas au rendez-vous, la taxe sur les profits des compagnie ne rapportera rien à l'Etat algérien.

 

18/06/14  Égypte : Peu de changement dans le nouveau gouvernement

Le gouvernement du nouveau président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, composé de 35 membres, a pris ses fonctions le 17 juin. La plupart des membres de la nouvelle équipe, dont le premier ministre sortant Ibrahim Mhalab, siégeaient déjà dans le gouvernement de transition.

Tous les titulaires des portefeuilles régaliens ont conservé leurs postes, à l’exception de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Nabil Fahmi, remplacé par un ancien ambassadeur à Washington, Sameh Choukri, ce qui démontre, une fois de plus, l'importance de la relation entre Le Caire et les Etats-Unis.

Le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ibrahim, a été reconduit, tout comme le ministre de la Défense (également chef de l’armée) le général Sedki Sobhi, un fidèle du nouveau président. Il n'y a donc que peu d'espoir d'assister à un assouplissement de la politique répressive menée par le pouvoir, d'autant que le fort taux d'abstention, lors des présidentielles de mai, prouve que l’ex-chef de l’armée élu à la tête du pays ne bénéficie pas d'autant de popularité qu'on aurait pu le croire lors d'une campagne électorale où il avait été largement "survendu" par des médias aux ordres.

 

04/06/14 Iran : Vibrant appel à la réconciliation entre sunnites et chiites

Lors de la commémoration du 25ème anniversaire de la mort de l'Ayatollah Khomeiny, le président Hassan Ruhani s'est adressé, mardi, à un parterre d'invités venus du monde entier, pour prêcher la concorde entre musulmans, tout au long d'un discours qu'il a prononcé au siège de la présidence de la République, à Téhéran. "Quand on est un vrai musulman, on ne peut se permettre de parler de différences ou de divergences entre chiites et sunnites. Quand un chiite ou un sunnite en parle, pour essayer de démontrer qu'on ne se ressemble pas, c'est qu'il n'est ni chiite ni sunnite, il n'a pas l'âme musulmane", a-t-il déclaré, avant d'affirmer "nous voulons la paix, nous tenons à ce que tous les musulmans vivent en paix". Un message d'autant plus intriguant que l'Iran soutient le régime syrien de Bachar el-Hassad.

Les invités de l'Iran ont également pu rencontrer Hachimi Rafsandjani, deux fois président iranien et ex-responsable de la Sécurité de l'Etat, aujourd'hui président du "Conseil chargé des intérêts de l'Etat".

Le président iranien déploie d'intenses efforts diplomatiques pour renouer le dialogue avec les pays du Golfe. L'Emir du Koweït avait d'ailleurs profité de l'occasion des commémorations pour effectuer une visite très remarquée en Iran.

 

02/06/14  Libye : Deux premiers ministres et un Général

La Libye compte désormais deux premiers ministres qui ont réuni, jeudi 29 mai, leur propre Conseil des ministres, chacun de leur côté. Le siège du gouvernement étant occupé par le gouvernement sortant du libéral Abdallah Al Theni, son rival Ahmed Miitig a réuni ses ministres dans un luxueux hôtel de Tripoli. Chaque équipe dispose évidemment de ses propres milices.

Ahmed Miitig a été adoubé, en mai, par les islamistes du Congrès général national, CGN (parlement élu, mais qui a atteint sa date de péremption et a été déserté par les partis laïcs). Certain leur prêtent l'intention de mettre la main sur les milliards de dollars de la Banque centrale.  

Or, le pays s’apprête à vivre les élections législatives du 25 juin. Difficile de dire comment ce scrutin pourra se dérouler dans ces conditions, même s'il serait indispensable qu’un parlement légitime succède à un Congrès général national en fin de mandat.

Un troisième larron complique encore cette situation. Le général Khalifa Haftar, qui s’est attaqué aux milices dans la grande ville de l’est, Benghazi, vient d'affirmer qu’il accueillerait favorablement une action de l’Egypte pour sécuriser ses frontières et qu'il compte aussi sur l'Algérie.

 

28/05/14  Inde : L'homme fort du gouvernement Modi

Arun Jaitley a été nommé à la tête du ministère des finances et à celle du ministère de la défense par le nouveau premier ministre indien Narendra Modi, officiellement investi lundi 26 mai à New Delhi. Cet avocat d'affaire devra donc lutter sur tous les fronts : celui de l'inflation, du ralentissement de la croissance et celui des déficits économiques, tout en gardant un œil vigilant sur les frontières de cette immense puissance nucléaire qu'est toujours l'Inde.

Il héritera ainsi de la gestion des relations mouvementées avec le Pakistan, lui aussi puissance nucléaire. Certes, le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, a prudemment salué la victoire du candidat du "Parti du peuple indien", même si tout sépare apparemment les deux hommes, très fidèles, l'un comme l'autre, à leur religion respective, l'islam pour l'un et l'indouisme pour l'autre. Faut-il rappeler que depuis leur indépendance, en 1947, l'Inde et le Pakistan se sont affrontés à trois reprises, notamment pour le contrôle du Cachemire, région himalayenne que les deux pays revendiquent.

 

26/05/14  Niger : Accusations de tentative de coup d'Etat militaire et arrestations

Le ministre de l'Intérieur nigérien Hassoumi Massaoudou a justifié l'arrestation d’une quarantaine d'opposants proches du président du parlement, Hama Amadou, et de soixante-douze étudiants, par une tentative avortée de putsch militaire. Il a ajouté que toutes les personnes arrêtées appartenaient au Moden "Mouvement démocratique nigérien", le parti qu'Hama Amadou, ancien membre de la majorité présidentielle, avait créé lorsqu'il était passé dans l'opposition en août 2013. Mais pour les membres de cette formation, les accusations du pouvoir visent, en fait, à préparer le terrain en vue des présidentielles de 2016. "Cela rentre dans un plan pour débarquer le président Hama Amadou et le traiter comme tel, afin qu’il ne puisse pas être candidat aux élections présidentielles 2016", estime ainsi le secrétaire général du Moden, Ali Gazagaza.

Ismaël Hama Amadou, le fils aîné du président du parlement, l'ex-ministre de la santé Soumana Sanda ainsi que l'ex-maire de Niamey Oumarou Dogari, limogé par décret pris en conseil des ministres, et le colonel de l'armée à retraite Abdourahamane Saïdou, figurent parmi les opposants interpellés ces derniers jours. Les militants ont été arrêtés dans le cadre d'une enquête sur des tirs contre le domicile d'un député et sur l'attaque, au cocktail Molotov, du siège du parti au pouvoir.

D'après la police, trois hommes circulant à moto auraient ainsi mitraillé, dans la nuit de lundi à mardi, la façade du domicile de Mohamed Ben Omar, quatrième vice-président du parlement et membre de la coalition au pouvoir. Trois personnes ont aussi été blessées jeudi, dont une grièvement, dans une attaque au cocktail Molotov contre le siège du parti au pouvoir à Niamey.

 

22/05/14  Algérie : La règle des 51/49 pourrait être prochainement assouplie

Lors d’un forum économique organisé par le quotidien algérien "Liberté", le président du "Forum algérien des chefs d’entreprises", Réda Hamiani, a laissé entendre que la règle dite des 51/49% (qui restreint l’investissement étranger en Algérie) sera aménagée et que des facilités seront accordées à ceux qui créent des emplois ou transfèrent du savoir-faire.

"Ce n’est pas tant la règle qui nous fait peur. Elle est d’ailleurs pratiquée dans beaucoup de pays au monde, mais c’est plutôt sa généralisation. L’Algérie demeure le seul pays au monde qui applique d’une façon indifférenciée la règle du 51/49", a-t-il déclaré. "L’idéal c’est de passer au filtre les différents investissements étrangers et de décider celui qui est stratégique de celui qui ne l’est pas. Partant de là, on pourra beaucoup plus facilement décider de cette règle 51/49 et de la façon de l’appliquer".

La règle des 51/49% qui limite la part de l’investissement étranger à moins de la moitié du capital d'une société algérienne a été progressivement étendue des secteurs stratégiques à l'ensemble de l'économie à partir de l'année 2008. Elle est considérée, par les Algériens et leurs partenaires, comme un frein aux investissements, même dans le secteur des hydrocarbures. Début mai, l’Union européenne a recommandé à l’Algérie d'assouplir cette règle afin d'améliorer le dossier de son accession à l'OMC

 

16/05/2014  Vietnam : Violentes émeutes antichinoises

Les manifestations antichinoises gagnent en intensité et en violence au Vietnam. Depuis dimanche, des milliers de Vietnamiens se mobilisent contre l'installation d'une plate-forme de forage chinoise dans les eaux situées au sud des îlots Paracels. Le fait que le gouvernement vietnamien n'ait rien fait pour empêcher ces manifestations ressemble beaucoup à un avertissement de Hanoï à Pékin.

Mais cette mobilisation n'a pas tardé à tourner en émeute, voire en pogrome antichinois. Dans la province de Binh Duong, près de Hô Chi Minh-Ville, des milliers de personnes ont pillé et incendié les usines qu'ils considéraient comme chinoises, même si, en fait, elles étaient coréennes, taïwanaises, singapouriennes ou japonaises. Face à de tels débordements, le gouvernement a fini par réagir et a interpellé plusieurs centaines de suspects.

De nombreux Chinois installés au Vietnam ont néanmoins pris la fuite vers le Cambodge voisin.

Parallèlement, les incidents entre navires vietnamiens et chinois se sont multipliés en mer de Chine. Pékin a envoyé près de 80 bateaux, face aux 29 navires de patrouilles vietnamiens, pour protéger ses infrastructures pétrolières.

 

12/05/14  Afrique du Sud : Un second mandat pour Jacob Zuma, mais en perte de vitesse

Lors des législatives du 7 mai, l'ANC n'a pas atteint le score de 66% que lui prédisaient certains sondages, mais a néanmoins dépassé les 60 % des suffrages, avec 62,16 % des voix exprimées. Le scrutin lui assure donc une nette majorité au Parlement, avec 249 sièges sur 400. Jacob Zuma a dédié cette victoire à Nelson Mandela et c'est, effectivement, la principale motivation des électeurs qui continuent à voter pour le parti de la lutte contre l'apartheid.  Mais c'est quant même le score le plus faible de l'ANC depuis 1994, ce qui s'explique par la faible popularité de Zuma.

L’Alliance démocratique, premier parti d’opposition, récolte 22,22% des voix et confirme sa percée dans l'électorat noir. Quant à Julius Malema, issu de l'ANC et leader du parti populiste "les Combattants pour la liberté économique", il récolte 6 % des suffrages, surfant sur le mécontentement des déçus de l'ANC, principalement chez les jeunes adultes.

 

06/05/14  Oman : Les risques de la succession au sultan Qabus

Le sultan Qabus ibn Saïd, âgé de 74 ans et au pouvoir depuis 44 ans, n'a pas de successeur désigné. Oman est la seule monarchie du monde arabe où il n'y a pas de prince héritier officiel. La loi fondamentale, établie par le sultan lui-même, stipule néanmoins, dans son article 6, qu'à la suite du décès du sultan, la famille régnante a trois jours pour choisir un successeur.

En cas d'impasse, le conseil de la défense nomme la personne que le sultan est sensé avoir proposée dans son testament. Un tel dispositif renforce le risque d'une mainmise militaire sur les décisions politiques. Le régime de despotisme éclairé qui prévaut aujourd'hui pourrait ainsi  faire place à un régime militaire autoritaire dont on sent déjà les prémisses.

 

06/05/14  Libye : Ahmed Miitig élu premier-ministre dans des circonstances rocambolesques

L'élection d'Ahmed Miitig,  dimanche 4 mai, par le parlement libyen (CNG, composé d'une majorité d'islamiste depuis le retrait des députés laïcs), a fait suite à la démission d'Abdallah Al-Thenni, qui avait décidé de se retirer à la suite de l'attaque dont il avait été l'objet avec sa famille (cf. l'alerte du 15 avril). Pourtant Ahmed Miitig, un homme d'affaires de 42 ans, originaire de Misrata, ne fait pas l'unanimité et il a d'ailleurs été invalidé, dans la soirée du même dimanche, par le premier vice-président du parlement. Il a finalement été confirmé au poste de premier ministre, hier, sous les regards narquois de l'opposition qui dénie désormais tout pouvoir au CNG depuis que la durée de son mandat législatif initial a expiré.

 

29/04/14  Mauritanie : Grandes manœuvre avant les élections du 21 juin

Le député mauritanien Ibrahima Moctar Sarr, qui défend, notamment, les droits des Négro-Africains (souvent considérés comme des citoyens de deuxième zone en Mauritanie) vient d'être désigné par son parti, "l'Alliance pour la justice et la démocratie/Mouvement pour la rénovation" (lAJD/MR) comme candidat à l'élection présidentielle du 21 juin. C'est la troisième fois qu'il se présente, ayant déjà été candidat aux scrutins organisés en 2007 (où il avait obtenu près de 8 % des voix) et 2009 (4,6 % des voix).

Moctar Sarr est le troisième à se déclarer candidat à ces élections. Outre le président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a annoncé, le 23 avril, qu'il allait se présenter à sa propre succession, le militant Birame Ould Dah Ould Abeid, qui avait reçu, en 2013, le prix des Nations unies pour la cause des droits de l'Homme, en raison de sa lutte contre l'esclavage, a déjà indiqué, en janvier, qu'il se porterait candidat sans appartenance politique.

L’opposition a posé récemment des conditions à sa participation à la présidentielle, réclamant des changements dans l'organisation du scrutin. En dehors des islamistes de Tewassoul, une bonne dizaine de partis de la Coordination de l'opposition démocratique (COD) avaient boycotté les législatives et les municipales de novembre-décembre 2013, qui, de ce fait, avaient été largement remportées par l’UPR.

Le général-président Ould Abdel Aziz est arrivé au pouvoir à la suite du coup d'Etat qu'il avait perpétré, en août 2008, contre son prédécesseur, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qui avait, lui, été légitimement élu 18 mois plus tôt. Ce qui ne l'a pas empêché, l'année suivante, de remporter un scrutin présidentiel très contesté.

La prochaine campagne électorale sera lancée le 6 juin. Si aucun candidat n'obtient la majorité absolue au premier tour, le 21 juin, un second tour sera organisé le 5 juillet

 

24/04/14  Algérie : Nouveau coup dur pour les exportations d'hydrocarbures

Durant le 1er trimestre 2014, les exportations algériennes n'ont atteint que $ 16,43 mds contre $ 17,48 mds durant la même période de 2013, soit une baisse de 6 %. Le Centre national de l’informatique et des statistiques des Douanes, qui vient de publier ces chiffres inquiétants, explique que cette diminution est, pour l'essentiel, due à un recul de 6,8 % des exportations d’hydrocarbures. Au moment où la crise ukrainienne paraissait plutôt devoir favoriser les importations énergétiques européennes en provenance d'Afrique, cette situation laisse perplexe.

Mais elle s'explique en grande partie par le retour de la Libye sur le marché européen, en particulier en Italie. En mars, les livraisons de gaz libyen dans la péninsule se sont effectivement accrues de 20 %. Pour tout compliquer, les Russes ont, eux aussi, accru de près de 6 % leurs ventes de gaz en Italie en mars.

Selon le GME italien, les importations qui proviennent d’Algérie à travers le point d’entrée Mazara d’El Valo du gazoduc Transmed ont baissé de 66 %, en mars, pour tomber à 557 millions de m3. Si cette tendance devait se poursuivre, l’Algérie n'acheminerait plus, cette année, que la moitié de la capacité de transport du gazoduc Transmed (une capacité globale de 33 milliards de m3 depuis 2012).

Les Italiens sont-ils en train de se prémunir contre une éventuelle insuffisance des livraisons algérienne à terme ? Le fait est que la production du pétrole et du gaz de l'Algérie baisse de 7 % par an depuis 2008. Et comme la part de la production dédiée à la consommation interne d'énergie fossile ne cesse d'augmenter, les capacités d'exportation algériennes diminuent très rapidement. D’où l'engouement des autorités algériennes pour la fracturation hydraulique qui permettrait d'exploiter les gaz et pétroles de schiste. Total s'intéresse déjà de très près à ce potentiel algérien. Ceci dit, les désillusions de la Pologne à l'égard de ses propres réserves d'hydrocarbures non conventionnels devraient faire réfléchir…

 

24/04/14  Palestine : L'accord qui scelle la réunification

L'accord qui a été conclu dans la nuit du 22 au 23 avril, à Gaza, entre le Fatah et le Hamas met fin à une fracture inter-palestinienne qui remonte à 2007. Un gouvernement d'union nationale devrait être mis en place dans les prochaines semaines. Ismaïl Haniyeh, le chef du gouvernement établi à Gaza, a annoncé que le prochain exécutif sera "dirigé par le président Mahmoud Abbas". Ce gouvernement devrait être composé de technocrates et préparer des élections législatives et présidentielle. Le Conseil législatif palestinien (CLP) doit encore voter la confiance à cette équipe gouvernementale ; les scrutins devraient se dérouler six mois après.

On notera que cet accord intervient juste avant l'échéance fixée pour la conclusion des négociations de paix entre l'Autorité palestinienne et Israël, le 29 avril, mais que, de toute façon, ces négociations paraissaient déjà bien compromises, ce qui pousse le Fatah à se montrer plus conciliant à l'égard du Hamas.

Le Hamas, de son côté, semble avoir tiré les leçons de la situation d'extrême faiblesse où se trouve actuellement Gaza, harcelée par les militaires égyptiens qui se sont attaqués aux tunnels qui en assuraient l'approvisionnement.

Il s'agit donc d'un accord entre deux acteurs affaiblis. Mais qui a été salué par un grand mouvement de joie dans la population palestinienne qui, elle, n'a pas cessé d'espérer l'unité.

 

16/04/14  Afrique du Sud : Nouvelles défections dans le camp de Jacob Zuma

A la veille des élections du 7 mai prochain, Jacob Zuma vient de subir un nouveau revers. Ronnie Kasrils, ancien ministre des Services de renseignement, et Nozizwe Madlala-Routledge, ancienne ministre adjointe à la Santé, viennent de se prononcer pour un vote de défiance à son égard, sans que l'on sache trop s'ils appellent à voter blanc ou pour un rival de Zuma. En tout cas, ils rejoignent le groupe des déçus de l’ANC, les "Sidikiwes", "ceux qui en ont assez" en langue Xhosa.  En décembre 2013, le principal syndicat sud-africain NUMSA (métallurgie) avait déjà annoncé qu'il retirait son soutien à l'ANC pour les élections. NUMSA, très critique vis-à-vis du gouvernement, a ouvertement accusé l'ANC de ne plus représenter la classe ouvrière.

Pourtant l'ANC a encore toutes les chances de remporter les élections de mai. Mais l'Alliance démocratique pourrait aussi faire une belle percée. Il est vrai que sa tête de liste Mamphela Ramphele est assez populaire pour faire oublier que l'AD a longtemps été considérée comme un parti de blancs. Militante de longue date contre l'apartheid, universitaire, ex-directrice générale de la Banque mondiale chargée du développement humain et femme d'affaires (ex-présidente de la compagnie minière Gold Fields), elle a autrefois été la compagne de Steve Biko, fondateur du "Mouvement de la conscience noire", mort en prison en 1977.

Selon un récent sondage IPSOS, la formation des "Combattants pour la liberté économique" (EFF), la nouvelle formation radicale de l'ex-chef de file des jeunes de l'ANC Julius Malema (un personnage très controversé, n'arriverait qu'en troisième position avec moins de 4% des voix.

 

15/04/14  Libye : Reprise en main des installations pétrolières, mais sans premier ministre !

Selon le secrétaire général de l'OPEP, Abdallah El-Badri, la Libye pourrait retrouver un niveau de production de l'ordre d'un million de barils par jour d'ici à la mi-juin. Il est vrai que le gouvernement central, en dépit de son extrême faiblesse, est parvenu à conclure un accord avec les milices qui contrôlent les installations pétrolières depuis près d'un an. Celles-ci ont accepté de lever progressivement leurs blocus sur quatre terminaux pétroliers dans l’est de la Libye. Dans l’ouest, le gouvernement a repris, dimanche, le contrôle du port pétrolier de Zaouïa et de la raffinerie attenante. Dans l’est, la réouverture du port de Zwitina, où serait actuellement chargé un cargo d'une capacité de 1 million de barils, est annoncée.

Par contre, les grandes manœuvres pour la nomination d'un premier ministre venant remplacer le sortant, Ali Zeidan, viennent de buter sur l'insécurité généralisée du pays. Le 8 avril, le Congrès général national, parlement élu mais qui a dépassé la date butoir de son mandat initial (et qui n'est plus soutenu que par les partis de la mouvance islamiste) avait nommé, à ce poste, Adullah al-Thani, 60 ans, colonel de l'armée à la retraite. Cependant, ce dernier a été attaqué, avec sa famille, par une milice, sur la route de l’aéroport et il vient de renoncer à cette dangereuse fonction. Il a néanmoins accepté d'assurer l’intérim de la Primature jusqu’à la nomination de son successeur.

 

08/04/14  Inde : Coup d'envoi des plus grandes élections du pays

L'Inde a commencé, lundi, des élections législatives exceptionnelles par le nombre des électeurs (814 millions) et la durée du processus. Le marathon électoral se déroule en effet en neuf étapes, jusqu'au 12 mai, et le nombre des bureaux de vote atteint presque le million, des contreforts de l'Himalaya au sud tropical du pays. Les résultats seront proclamés le 16 mai. Les électeurs de six circonscriptions de l'Assam et du Tripura, deux petits Etats enclavés du nord-est, ont été les premiers à voter lundi.

Ce scrutin pourrait porter au pouvoir le leader nationaliste hindou Narendra Modi, dirigeant controversé, mais donné favori pour succéder au parti du Congrès, au pouvoir depuis 10 ans et éclaboussé par de nombreuses affaires de corruption. Ce leader du "Bharatiya Janata Party" (BJP) mène campagne sur les thèmes très populaires de la relance de l'emploi et des investissements.

Il doit cependant affronter les séquelles d'un passé peu glorieux relié, notamment, à son attitude lors des émeutes qui avaient ensanglanté l'Etat du Gujarat, en 2002, alors qu'il dirigeait l'exécutif de cet Etat du nord-ouest de l'Inde depuis un an. Plus d'un millier de personnes, essentiellement des musulmans, avaient été tuées dans ces affrontements intercommunautaires et l'absence de réaction des forces de l'ordre, à cette occasion, est encore fréquemment reprochée à Narendra Modi.

 

26/03/14 Mali : La communauté San Egidio impliquée dans le processus de paix

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) et le Mouvement arabe de l'Azawad (MMA) se sont réunis, du 20 au 22 mars à Rome, sous les auspices de la communauté de San Egidio qui jouit d'une longue expérience des négociations de paix. La communauté affirme qu'elle entend trouver des solutions pacifiques aux violences graves qui se produisent dans le nord du Mali et qui ont malheureusement des répercussions jusqu'à Bamako.

Cette réunion pourrait aussi être liée à l'annonce de la défection d'un membre du MNLA qui a créé une "Coalition du peuple pour l'Azawad" (CPA), regroupant, selon lui, toutes les communautés du nord du Mali. Son initiateur, Ibrahim Ag Mohamed Assaleh a l'intention de se rapprocher des autorités de Bamako. C'est  à Ouagadougou qu'il a annoncé la naissance de la CPA. Il prétend avoir rallié la majorité des combattants du MNLA, soit 8.000 hommes. Tout en se disant partager le combat du MNLA, le CPA entend s'inscrire dans le cadre des accords du 18 juin 2013. A Bamako, on accueille ce nouveau mouvement de manière très favorable. Et les médias maliens ont insisté sur le fait que l'attaché de défense de l'ambassade de l'Algérie au Burkina et le premier conseiller de l'ambassadeur algérien au Burkina ont assisté à la conférence de presse d'Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, ce qui laisse penser que l'Algérie a joué un rôle dans ce processus de dissidence.

Le MNLA avait déjà réagi, le 11 mars dernier, aux premières déclarations d'Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, en soulignant que celui-ci avait été déjà relevé de ses responsabilités politiques au sein du Mouvement, en raison principalement de son "non-respect des textes, conduite et ligne directrice du Mouvement" et de sa proximité grandissante avec Bamako.

 

26/03/14  Algérie : Bouteflika veut un quatrième mandat pour modifier la Constitution

La campagne électorale pour les présidentielles du 17 avril a démarré le 23 mars et elle a été marquée par une longue lettre du président Bouteflika qui tente d'expliquer sa candidature, alors même qu'il se reconnait "physiquement diminué" : "Les difficultés liées à ma santé physique actuelle ne semblent pas me disqualifier à vos yeux ou plaider en faveur de ma décharge des lourdes responsabilités qui ont eu raison d’une bonne partie de mes capacités."

Surtout, celui qui sera sans nul doute réélu le 17 avril lève le voile sur ses intentions politiques. Oui, il y aura bien une modification de la Constitution algérienne : "Je m’engage à créer les conditions politiques et institutionnelles, avec l’ensemble des acteurs représentant les différents segments de la société, permettant l’édification d’un modèle de gouvernance répondant aux attentes et espérances de notre peuple. Cela se concrétisera dans une révision de la Constitution qui sera menée dans le courant de cette année. Cette démarche répondra aux aspirations de la jeunesse à prendre le relais."

Bouteflika suggère donc qu’il quittera le pouvoir à la fin du prochain mandat, en 2019. Il envisage sans nul doute de détenir le pouvoir le plus longtemps possible, mais dans le cas inverse, prépare l'éventualité d'un possible empêchement. Entend-il désigner un vice-président ? Il ne répond pas à cette question, mais ne réfute pas non plus cette possibilité.

La révision de la Constitution devrait se dérouler avant la fin de l'année. Des gages seront certainement donnés à l'opposition et à la majorité parlementaire. En contrepartie, Abdelaziz Bouteflika fera tout pour conduire son clan à la meilleure des positions de pouvoir possible.

 

25/03/14  Russie : La fuite des capitaux s'accélère

Le vice-ministre russe du Développement économique Andreï Klepatch vient de déclarer que la détérioration des relations entre Moscou et les pays occidentaux a accéléré la fuite nette des capitaux de Russie, qui devrait s'établir entre  65 et 70 milliards de dollars au premier trimestre 2014. "Le refroidissement des relations s'avère être un facteur négatif conséquent pour la croissance économique qui influe sur la fuite des capitaux", a reconnu Andreï Klepatch, qui avait déjà affirmé, la veille, que le produit intérieur brut (PIB) russe n'a progressé que de 0,3 %, en février, sur un an, après avoir augmenté de 0,1 % en janvier

La fuite nette des capitaux en janvier-février de cette année avait été estimée par le ministère à 35 milliards de dollars. L'intégration de la Crimée dans la Fédération de Russie, suivie par les sanctions des Etats-Unis et de l'Union européenne, a donc fortement accéléré ce processus.

 

20/03/14  Afrique du Sud : L'affaire de corruption qui plombe Jacob Zuma

La  médiatrice de la République, Thuli Madonsela qui dirige la principale instance anti-corruption du pays, a publié hier un rapport explosif qui dénonce les dépenses du président Jacob Zuma dans sa résidence secondaire, financées par des fonds publics à hauteur de $ 23 millions. Ce rapport confirme donc les indiscrétions déjà publiées dans la presse sud-africaine et affirme que le comportement de Jacob Zuma est "incompatible avec sa fonction".

Le chef de l'Etat devrait rembourser une partie substantielle des frais qui ont été employés à des rénovations n'ayant pas de lien avec la sécurité de son domicile, dont une piscine, un enclos à bétail et un amphithéâtre, estime la médiatrice, qui estime que Jacob Zuma est directement concerné : "Le président a tacitement accepté la mise en chantier de telles mesures dans sa résidence et a indûment bénéficié d'un gigantesque investissement financier dans des installations n'ayant pas trait à la sécurité dans sa résidence privée".

Pour rendre ce rapport public, Thuli Madonsela a dû affronter les pressions du gouvernement et de l'appareil de l'ANC. Il est vrai que la publication de ce rapport, à quelques semaines des élections générales prévues le 7 mai, vient renforcer la forte impopularité du président. Il n'est donc pas exclu que le score de  l'ANC tombe en dessous du seuil symbolique de 60 % lors de ce prochain scrutin.

Au pouvoir depuis 1994, l’ANC a remporté jusqu'ici toutes les élections nationales depuis 1994 et il est désormais trop tard pour que le vieux parti de Nelson Mandela change de tête de liste. Certes, jusqu'ici, Jacob Zuma est habilement parvenu à surmonter toutes les accusations le concernant, notamment ses nombreuses femmes (épouses ou maitresses) et les dépenses qui en découlaient. Mais cette affaire d'abus de biens publics, pourrait bien être, pour lui, l'affaire de trop.

 

20/03/14  UE-Ukraine-Russie : Le G8 déclaré en coma profond et marges de manœuvre

Pour Angela Merkel le G8 n'existe plus de facto. Autrement dit, la Russie s'en serait exclue elle-même et il n'est même pas nécessaire de revenir sur ce point tant que le bras de fer diplomatique entre Moscou et les pays occidentaux n'a trouvé aucune issue. Par contre, la chancelière affirme que l'Union européenne va renforcer ses sanctions après l'invasion par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée : "Au Conseil européen qui commence aujourd'hui, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne vont fixer les sanctions décidées il y a deux semaines (...). Parmi elles, un allongement de la liste des personnes concernées par l'interdiction de visa et le gel des avoirs", a-t-elle déclaré devant les députés du Bundestag. "En cas d'escalade (...) nous sommes prêts à chaque instant à passer à la phase trois des sanctions et il s'agira sans aucun doute de sanctions économiques", a-t-elle ajouté.

La chancelière pourrait bien s'affirmer comme le fer de lance de la contre-offensive européenne, bien que son pays soit l'un des plus étroitement lié à la Russie dans le secteur du gaz. Nul doute qu'elle ait déjà réfléchi aussi au problème que pose le transit du gaz russe via l'Ukraine. En effet, Kiev va devoir payer ses achats de gaz au prix fort à compter du 1er avril comme l'a rappelé le commissaire européen à l'énergie Gunther Oettinger. Les Ukrainiens devront payer leurs achats de gaz au prix de 378 dollars les 1 000 m3, contre environ 270 dollars aujourd'hui. Gazprom a en effet décidé de mettre fin à la ristourne accordée à Kiev, moyen de pression régulier de Moscou sur son voisin.

Par ailleurs, "la Russie a complètement fermé la frontière pour les marchandises en provenance d'Ukraine", depuis mercredi. Mais il reste une forte marge de négociation car la Crimée dépend de l'Ukraine pour son approvisionnement en de nombreux biens essentiels, dont l'électricité.

 

12/03/14  Libye : Destitution du premier ministre Ali Zeidan

Le Congrès général national (CGN) contrattaque après l'offensive dont il a été l'objet au début du mois. Il a choisi un sujet assez consensuel, puisqu'il s'agit du "retrait de la confiance au premier ministre Ali Zeidan", retrait qui a été approuvé avec 124 voix ; le ministre de la Défense Abdallah al-Theni a été chargé d'assurer l'intérim jusqu'à la nomination d'un nouveau chef de gouvernement qui devrait intervenir dans un délai de deux semaines.

Ali Zeidan  est contesté par le parlement libyen, depuis plusieurs mois, en raison de son impuissance face aux violences et au blocage des ports pétroliers depuis juillet 2013. Plusieurs votes en ce sens avaient déjà été organisés mais le nombre de 120 voix nécessaires pour démettre le chef du gouvernement de ses fonctions n’avait jamais été atteint jusqu'ici.

 

05/03/14 Libye : Violence accrue, mais clarification de la scène politique

En Cyrénaïque, la liste des assassinats s'étoffe dangereusement. Février a été le mois le plus sanglant depuis la chute de Kadhafi, avec 37 victimes à Benghazi et 12 à Derna. Les forces de l’ordre sont visées, bien sûr, mais les civils aussi, au même titre que des religieux coptes (7 morts dans leurs rangs). Toujours à l’Est, les ports pétroliers de Brigua et Ras Lanouf sont encore à l’arrêt. Seule la station de désalinisation de l'eau de mer continue à fonctionner, du fait de son rôle vital essentiel.

La situation politique a pris un tournant particulièrement inquiétant avec l’attaque du siège du Congrès national général (CNG, Assemblée élue) qui a été envahi et incendié par les manifestants dimanche soir. C'est le prolongement, de fait, de leur mandat législatif au-delà de la date fatidique du 7 février, par les députés, qui ne passe pas auprès des contestataires. Les électeurs libyens ont, d'ailleurs, perçu le scrutin du 20 février qui leur était proposé pour élire un "conseil des 60" (officiellement chargé de rédiger la Constitution) comme une manipulation destinée à légitimer une prolongation du CNG, ce dont ils ne veulent pas. Ce fut de facto un fiasco : moins de 15 % des électeurs potentiels ont pris part à ce scrutin.

Parallèlement, une certaine clarification politique est en train de s'opérer, entre l’aile Misrata et l’aile Zentane, au sein du pouvoir. Les milices de Zentane et Misrata avaient largement contribué, ensemble, à la chute de Kadhafi. Leurs forces ont ensuite constitué l’ossature militaire du nouveau pouvoir. Mais, aujourd’hui, le clan de Zentane (notamment le bataillon Kaâkaâ qui est la nouvelle appellation des Thouar de Zentane) soutient "l’Alliance des forces nationales" de Mahmoud Jibril, alors que celui de Misrata (notamment les "Drouô", ce qui signifie boucliers) soutient les Frères musulmans et, donc, le CNG.

Dans une intervention sur la chaîne Nabaa, proche des islamistes, le président du CNG, Nouri Bousahmine, a accusé les manifestants de ce dimanche d’être les "vestiges du régime déchu". En sa qualité de commandant en chef des forces libyennes, il a également signé une ordonnance d’urgence, demandant au président du Conseil militaire de Tripoli, Abdelhakim Belhaj, de défendre les institutions de l’Etat.

Par contre, le bataillon Kaâkaâ et le bataillon 32 ont opté pour le soutien des protestataires. Or les bataillons Kaâkaâ et 32 constituent le noyau de l’armée libyenne ! Un affrontement n'est pas exclu.

Les sympathisants du parti de Mahmoud Jibril, "l’Alliance des forces nationales", sont favorables à la fin du mandat du CNG, la transmission du pouvoir à la Cour suprême et pour un gouvernement de crise qui organiserait rapidement de nouvelles élections législatives.

 

04/03/14  Algérie : Bouteflika dépose sa candidature en personne, mais soutenu par son frère

C'est en personne que le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a déposé son dossier de candidature pour un 4ème mandat présidentiel, au Conseil constitutionnel, le 3 mars en fin d'après-midi, la veille de la clôture des dépôts de candidature. Alors qu'il n'était pas apparu en public depuis des mois, nombreux étaient, à Alger, ceux qui se demandaient s'il s'était vraiment porté volontaire, comme l'avait assuré, quelques jour plus tôt, son premier ministre Sellal, ou s'il était dans un état d'inconscience totale. Il semble donc bien avoir pris sa décision lui-même. Mais, dans le convoi qui l'accompagnait, sa berline était suivie de près par celle de Saïd Bouteflika son frère et conseiller spécial, considéré comme son éminence grise.

Dans la soirée du lundi 3 mars, le président algérien est apparu à la télévision d'Etat lors d'une courte séquence vidéo. "Je suis venu déposer officiellement ma candidature conformément à l'article 74 de la Constitution et à la loi électorale", y déclarait-il, d'une voix presqu'inaudible, face au président du Conseil constitutionnel, son ex-ministre Mourad Medelci.

Depuis son accident vasculaire cérébral d'avril 2013, et de son hospitalisation de 80 jours en France, il n’était plus réapparu que sur de brèves séquences filmées, toutes muettes.

La coordination chargée de la collecte des signatures au profit du président sortant a évoqué le chiffre de plus quatre millions de signatures récoltées dans 38 départements auprès d'élus municipaux, du parlement et des citoyens. Rappelons que pour être  retenus, les candidats  à la présidentielle doivent récolter les signatures de 60 000 électeurs ou celles de 600 élus dans au moins 25 départements.

Plus de 80 personnes, parmi lesquelles l’ex-premier ministre Ali Benflis, avaient aussi précédemment annoncé leur candidature. Elles ont jusqu'à ce 4 mars à minuit pour être déposées. Mais on signale déjà les défections de tous ceux qui attendaient la décision du candidat président pour s'éclipser !

 

04/03/14  Tunisie : Appel aux "sacrifices" et nouveaux financements internationaux

Le premier ministre tunisien Mehdi Jomaa a reconnu une situation économique "difficile" qui risque de devenir "catastrophique", prévenant les Tunisiens qu'ils allaient devoir faire des "sacrifices". M. Jomaa, qui a formé, fin janvier, un gouvernement apolitique (après le départ longuement négocié de l'équipe du parti islamiste Ennahda) a expliqué hier, dans un entretien à la chaîne publique Al-Wataniya et à la télévision privée Nessma, qu'il manquait 4 milliards de dinars (1,8 milliard d'euros) dans le budget de l'Etat. "Nous avons l'intention de lancer une souscription pour financer les caisses de l'Etat mais ce n'est pas suffisant. J'ai l'intention d'aller dans les pays du Golfe, aux Etats-Unis et en France. Nous allons emprunter encore plus", a-t-il ajouté. Il a également annoncé le gel des recrutements dans la fonction publique. "Nous n'allons pas baisser les salaires mais il n'y aura pas de nouveaux recrutements dans la fonction publique. Nous n'avons pas de quoi les financer"… Il faut que nous soyons sincères: pendant ces trois dernières années, nous n'avons pas travaillé. L'administration n'a pas travaillé, les compagnies n'ont pas travaillé, nous n'avons pas respecté les lois. Ce n'était pas ce que nous attendions de la révolution. Une autre révolution nous attend, celle des mentalités", a-t-il affirmé.

Le premier ministre a aussi précisé que le gouvernement allait examiner au cas par cas la situation des compagnies publiques en difficulté, comme la compagnie aérienne nationale Tunisair, qui demande une aide équivalant à quatre fois son chiffre d'affaires.

Signalons toutefois que la Banque mondiale a annoncé, le 28 février, l’octroi d’un prêt de $ 1,2 milliard en faveur de la Tunisie. Il s'agit du montant le plus important servi à ce pays depuis le soulèvement qui a abouti à la chute du régime du président Ben Ali en janvier 2011.

Ce prêt comprend une tranche de 750 millions destinée à la relance et à la création d’emplois et une autre tranche de 300 millions destinés à la politique de décentralisation prévue par la nouvelle Constitution. Ce financement de la Banque mondiale intervient après le déblocage, par le FMI, d'un prêt de $ 506 millions, le 29 janvier dernier, soit le jour même de l'entrée en fonction d’un nouveau gouvernement de M. Jemaa.

 

27/02/14  Ukraine : Les angoisses financières de Poutine

Les grandes banques russes VTB et Serbank ont décidé de ne plus accorder de nouveaux crédits à l'Ukraine, invoquant les risques financiers provoqués par les bouleversements politiques et la chute de la note souveraine du pays (CCC pour S&P). Parallèlement, Washington a offert à l'Ukraine sa garantie financière à hauteur de $ 1 milliard pour faciliter l'obtention d'un prêt international qui lui permettrait d'éviter la banqueroute. "Nous réfléchissons aussi à la possibilité d'une assistance supplémentaire", a même ajouté le secrétaire d'Etat américain, John Kerry. L'Ukraine a effectivement un besoin urgent de $ 35 milliards, que le FMI s'efforce d'inventer les moyens de mobiliser.

La Russie aurait beaucoup à perdre dans un éventuel moratoire de l'Ukraine. En effet, les banques russes sont très exposées, à hauteur de $ 28 milliards, notamment Gazprombank, Vnesheconombank (VEB), Sberbank ou encore VTB. Par contre, la plupart des grandes banques occidentales avaient progressivement réduit leur exposition à l'Ukraine à partir de la crise financière de 2008.

Ces angoisses financières n'expliquent pas tout mais elles contribuent à la colère de Vladimir Poutine qui a ordonné hier une inspection surprise des troupes russes des districts militaires de l'Ouest, non loin de l'Ukraine, et du Centre, tandis que la flotte russe de la mer Noire, basée dans le port de Sébastopol, en Crimée, a été placée sous protection  renforcée. La Crimée, peuplée majoritairement de russophones, a été le théâtre de heurts entre militants pro et anti-russes.

A Kiev, le pro-européen Arseni Iatseniouk a été désigné à la tête du gouvernement.

 

26/02/14  Thaïlande : Au bord de la "guerre civile" ?

La crise politique s'aggrave. Mardi, le chef du département des enquêtes spéciales (police) a dit craindre une "escalade vers une guerre civile". Peu avant, le chef de l'armée de Terre, Prayut Chan-O-Cha, s'était inquiété d'un possible "effondrement" du pays. "Il y aura une guerre civile si toutes les parties ne respectent pas les règles", a-t-il écrit par SMS à l'AFP. "Les militaires feront tout pour le pays et pour le peuple... pas pour une des parties" qui s'affrontent.

Jusqu'ici, le mouvement des "chemises rouges", fidèles à l'ex-premier ministre Thaksin Shinawatra (frère de l'actuelle présidente) est resté relativement discret depuis novembre 2013. Les "chemises rouges" ont cependant durci leur discours ces derniers jours, laissant craindre leur arrivée dans la contestation. "Nous devons être prêts à aller à Bangkok dans les 24 heures avec un seul but... protéger la démocratie", a mis en garde  l'un de leurs leaders, Nattawut Saikuar. La première ministre est sous une pression grandissante. Elle est convoquée jeudi devant la commission anti-corruption qui la soupçonne de négligence en lien avec un programme d'aide aux riziculteurs.

 

26/02/14  Argentine : Accord de fin de crise avec Repsol

Buenos Aires est soulagée ! Mardi, la compagnie pétrolière espagnole Repsol a approuvé la proposition d'indemnisation présentée par les autorités argentines, après la nationalisation d'YPF, filiale de Repsol, en 2012. Repsol a validé un accord final pour une compensation financière s'élevant à $ 5 milliards.

 

25/02/14  Turquie : Les scandales de corruption se rapprochent d'Erdogan 

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan se retrouve au centre du scandale des écoutes qui avait été révélé par deux journaux pourtant proches du régime En effet, ces journaux avaient accusé des magistrats proches de la confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen (que Erdogan cherche à discréditer) d’avoir mis sur écoute des milliers de personnes, dont le premier ministre lui-même.

Or, dans un enregistrement daté du 17 décembre, un homme qui pourrait être le premier ministre conseille à un autre, décrit étant comme son fils aîné Bilal (déjà entendu comme témoin par les procureurs en charge de l’enquête anticorruption) de se débarrasser d’environ € 30 millions, quelques heures après un coup de filet de la police visant des dizaines de proches du régime. Largement diffusée lundi soir sur Internet, cette conversation, dont l’authenticité n’a pas été confirmée, a pour la première fois mis en cause le premier ministre, alors que seuls des dizaines de ses proches l’avaient été jusque-là.

Sitôt diffusée, cette écoute téléphonique a enflammé les réseaux sociaux et contraint le gouvernement à un démenti immédiat.

  

24/02/14 Ukraine : Comment sortir du gouffre financier ?

L'heure n'est plus aux sanctions européennes, puisque les évènements qui se sont précipités ce Week-End ont abouti au renversement du président Viktor Ianoukovitch. Mais à l'aide et, là, c'est une autre paire de manche !

Les nouvelles autorités ukrainiennes ont lancé un mandat d'arrêt pour "meurtres de masse" contre le président déchu et réclamé une aide massive. Le ministre des finances par intérim, Iouri Kolobov, a annoncé que "l'aide macroéconomique dont a besoin l'Ukraine peut atteindre 35 milliards de dollars en 2014-2015… Nous avons proposé à nos partenaires occidentaux d'organiser une grande conférence internationale de donateurs"… Selon le président par intérim, Oleksandr Tourtchinov "L'Ukraine est en train de glisser dans le précipice, elle est au bord d'un défaut de paiement". Seul le FMI est actuellement en mesure de prendre la tête d'un groupe des donateurs à la hauteur des enjeux, car l'aide russe n'est évidemment plus à l'ordre du jour !

L'ex-opposition, désormais au pouvoir, s'est rapidement mise au travail, en attendant la tenue d'une élection présidentielle le 25 mai. L'Ukraine, qui doit rembourser $ 13 milliards de dettes cette année, est au bord du défaut de paiement.

 

20/02/14  Gabon : Les Bongo peuvent-ils perdre le pouvoir ?

L’ancien président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping, pourrait se présenter contre l’actuel  président gabonais Ali Bongo Ondimba lors des présidentielles de 2016.

Jean Ping, 71 ans, a notamment servi 9 années en tant que ministre des Affaires étrangères sous le règne du père de l'actuel président, avant sa nomination à la tête de la Commission de l'Union africaine en 2008. Il est rentré dans son pays d’origine après la fin de son mandat, en juillet 2012, et a récemment déclaré que les partis d’opposition gabonais lui avaient demandé d’être leur leader. Il est vrai que l'opposition gabonaise, très éclatée, aurait bien besoin de se rassembler autour d'un chef de file !

En août 2012, Ali Bongo, âgé aujourd’hui de 47 ans, l’avait alors emporté avec, officiellement, 41,7 % des voix, face à Pierre Mamboundou (25,6 %) et André Mba Obame (25,3 %).

Jean Ping, bien que métis, est très proche de la famille présidentielle : il est le père des enfants de Pascaline Bongo Ondimba, fille d'Omar Bongo et sœur de l’actuel président. Mais s'il gagnait, il mettrait fin à 47 ans de règne de la famille Bongo.

 

20/02/14  Ukraine : Sanctions européennes à l'encontre des dirigeants du régime

Les violences ont repris ce matin à Kiev et la liste des manifestants qui y ont trouvé la mort s'allonge. 25 auraient été tués par balle ce matin, après les 28 mots de mardi dernier.

Avant d'être reçu par le président Viktor Ianoukovitch, le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius a déclaré, ce matin : "Je lui dirai qu'il faut arrêter la violence, qui est évidemment inacceptable, et que nous nous apprêtons cet après-midi à prendre des sanctions contre ceux qui sont responsables de la violence"… "Immédiatement après être parti de Kiev, j'irai à Bruxelles, et les sanctions que nous avons à l'esprit, ce sont des sanctions ciblées, donc personnelles, qui visent l'interdiction de sortie, et donc la privation de visa, et la surveillance et le gel des avoirs d'un certain nombre de responsables"… "Il faut taper au portefeuille dans ces cas-là"… "Il y a un énorme travail à faire, mais on se heurte à la mauvaise volonté évidente des autorités "…

Le président Ianoukovitch avait annoncé mercredi soir une "trêve" qui n'a pas été respectée.

 

14/02/14  Nigeria : La ministre Okonjo-Iweala résiste à la crise politique et poursuit ses réformes

Le président Goodluck Jonathan fait face à une grave crise au sein de son propre parti, le "Parti démocratique du peuple", PDP, qui a déjà perdu la majorité à la Chambre basse du Parlement, au profit du "Parti des congressistes" (APC), en raison de  la défection d’un grand nombre de ses députés. En cause, son intention supposée de se représenter aux prochaines présidentielles, alors que les membres du PDP originaires du nord du pays (la plupart de confession musulmane) voudraient qu'il passe le relais à l'un d'entre eux, en vertu d'une alternance géographique qui n'est pas inscrite dans la Constitution mais qui fait partie du consensus "non-dit" du pouvoir.

Du coup, le président remanie à tour de bras son proche entourage. Cette semaine, il a limogé quatre ministres : Stella Oduah (à l'Aviation, et pourtant sa proche alliée), Caleb Olubolade, (à la Police), Godsday Orubebe (du Delta du Niger) et le vice-ministre des Finances Yerima Ngama. Le 10 février, il avait démis son propre directeur de cabinet de ses fonctions. En janvier, il avait remanié son état-major militaire et nommé 12 nouveaux ministres, alors que le président du PDP, pour sa part, démissionnait de sa charge.

Mais il est une super-ministre qui résiste à toute atteinte, la ministre nigériane des Finances, Ngozi Okonjo-Iweala. Celle-ci s'emploie à rénover et développer les infrastructures du pays qui souffrent d'un grave déficit, notamment dans le secteur de l'énergie (ce qui est un comble pour ce grand pays pétrolier).

Elle vient ainsi d'annoncer, le 11 février, que $ 550 millions supplémentaires seront injectés dans le fonds souverain du Nigeria pour encourager les investissements dans le secteur de l’électricité. "Sur ce montant, 350 millions seront utilisés comme facilité de trésorerie par la compagnie étatique chargée de fourniture d’électricité", a-t-elle précisé. Le solde de $ 200 millions sera affecté  au financement de la construction de centrales à gaz (une grande partie du gaz nigérian est encore purement et simplement torché sur les puits de production de brut !).

 

13/02/14  Iran : Réforme des contrats pétroliers et effets de la levée des sanctions

La réforme iranienne des contrats pétroliers, qui sera dévoilée en mai ou en juin, devrait être beaucoup plus incitative pour les investisseurs occidentaux. Au ministère iranien du pétrole, on prédit même que "l'Iran sera bientôt un paradis pour les compagnies américaines" ! 

Le gouvernement d'Hassan Rohani, pressé de voir revenir les compagnies pétrolières occidentales, aurait ainsi décidé d'abandonner le système des contrats de contre-achat, dits "buyback", qui prévalait depuis vingt ans, mais qui déplaisait aux majors du secteur. Ce type de contrat n'existait qu'en Iran. C'est lui qui avait permis le retour des investisseurs étrangers en Iran, dans les années 1990, après dix ans de fermeture totale du secteur et la guerre contre l'Irak. Mais il est totalement dépassé aujourd'hui.

Le président Hassan Rouhani a déjà expliqué, le 23 janvier dernier, à Davos que l'Iran serait doté d'un nouveau type de contrat lors des négociations pour reconduction de la levée des sanctions l'été prochain. La liste de ses interlocuteurs comprenait : ENI, Total, BP, Lukoil et Gazprom. L’enjeu est de relancer l’activité dans des champs déjà anciens et de développer de nouveaux gisements de gaz et de pétrole quand les sanctions seront levées.

Selon Fadel Gheit, spécialiste en énergie chez Oppenheimer à New York, on parle de projets de plusieurs dizaines de milliards de dollars.

La levée partielle des sanctions internationales, effectives depuis le 21 janvier et valable pour 6 mois, devrait ramener environ $ 7 mds dans les caisses de la République islamique. Les restrictions levées concernent les secteurs pétrolier et pétrochimique, le commerce de l’or et des métaux précieux, l’aéronautique et la construction automobile. Les logisticiens européens peuvent désormais transporter le brut iranien vers les clients de ce pays (Chine, Corée du Sud, Inde, Japon, Taïwan et Turquie) et assurer les navires et les cargaisons.

 

13/02/14  Iran/ France : Aucune ouverture de la politique française d'assurance-crédit

Contrairement à ce qu'espéraient de nombreux industriels français, aucune ouverture même minime ou "sous conditions" n'a été apportée, cette année, à l'Iran, dans la politique française d'assurance-crédit qui a été dévoilée hier à Bercy. En fait les changements de cette année sont peu spectaculaires. On peut simplement noter que trois pays africains jusqu'ici ouverts "sous conditions", le Kenya, le Congo et l'Ethiopie, sont désormais ouverts "sans condition".

 

13/02/14  Sénégal : De Bruxelles à Doha, Dakar prépare son Club des bailleurs de fonds à Paris

En prévision de la réunion du Groupe consultatif qui se réunira les 24 et 25 février à Paris, le gouvernement sénégalais a lancé une vaste opération de charme pour mobiliser les bailleurs. Le ministre de l’Économie et des Finances, Amadou Ba, s’est rendu il y a quelques jours dans les pays du Golfe, sur les traces du président Macky Sall pour faire la promotion du "Plan Sénégal Émergent". Il espère récolter CFA 1900 milliards auprès des bailleurs de fonds publics et plus de 1100 milliards auprès du secteur privé.

Le 8 février dernier, à Bruxelles, le ministre des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, a fait de même en rencontrant son homologue belge, Didier Reynders, les responsables de l’European Business Council for Africa & the Mediterranean (EBCAM) et ceux du Port d’Anvers. Le Sénégal a été présenté comme "un ilot de paix et de stabilité dans un environnement fort turbulent". Les pays voisins apprécieront ! Mankeur Ndiaye aussi présenté son pays comme la porte de la CEDEAO, dont les chefs d’État devraient avaliser, lors de leur sommet des 27 et 28 février prochain, la signature de l'accord de partenariat économique avec l’UE (libéralisation des échanges jusqu’à 75% du marché pour la CEDEAO sur 20 ans). De son côté, le PDG de l’Agence de promotion des investissements et des grands travaux (APIX), Mountaga Sy, a remporté un franc succès en faisant diffuser un film d’animation montrant le futur tramway de Dakar et le chemin de fer entre la capitale et le futur aéroport Blaise Diagne.

On sait d’ores et déjà quelle sera la contribution de l’Union européenne, annoncée lors de la visite au Sénégal du Commissaire européen au Développement, Andris Piebalgs. Celle-ci va se monter à € 347 mns pour la période 2014-2020. Elle servira "à renforcer la gouvernance démocratique, à promouvoir un développement agricole durable et la sécurité alimentaire, ainsi qu'à investir dans l'amélioration de l'eau et des conditions d'hygiène". L’objectif selon Andris Piebalgs est de "faire du secteur agricole un moteur de la croissance économique, tout en consolidant la stabilité politique, la justice et la sécurité".

Un programme d'assainissement et de réhabilitation de la grande banlieue de Dakar a été lancé à l'occasion de la visite du commissaire. Il contribuera à améliorer le quotidien de 44 000 personnes vivant dans des quartiers en urbanisation rapide. Parmi les actions prévues figurent, notamment, la remise en état des routes et des infrastructures (comme la distribution d'eau et d'électricité), la mise en place d'un réseau d'évacuation des eaux de ruissellement, d'installations sanitaires et d'infrastructures de traitement des eaux ménagères usées, ainsi que l'organisation d'un système de collecte des déchets solides. Cette aide, mobilisée au titre du 11e Fonds européen de développement (FED), est de € 30 mns supérieure à l’enveloppe du 10e FED (2008-2013), d’un montant de € 317 mns.

 

12/02/14  Guinée : Cellou Dalein Diallo s'en prend à l'aide de l'UE

Deux jours après la signature, le 27 janvier à Bruxelles par le Commissaire Européen au Développement Andris Piebalgs et le ministre guinéen de l'Economie et des Finances, Kerfalla Yansane de cinq accords totalisant € 140 mns, scellant la "reprise totale" de la coopération avec l’UE, le camp de Cellou Dalein Diallo contre-attaque.

Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), candidat malheureux à la dernière présidentielle, prépare une tournée en Belgique dont la date reste à fixer ; mais il cherche déjà à nouer des contacts avec les parlementaires européens, la Commission européenne et le conseil de l’UE et la presse. Le chargé de la communication de l’UFDG Belgique, Bah Safayou s’insurge contre « la vision optimiste imposée par les bailleurs de fonds ». Or, selon lui, « la mauvaise gouvernance en Guinée aggrave considérablement la crise sociale, ethnique et politique » que « la communauté guinéenne de Belgique tente vainement de dénoncer ». Selon Bah Safayou, Cellou Dalein Diallo veut présenter sa « vision de la situation » et sa « stratégie pour remettre la Guinée sur la voie de la démocratie ».

Le plus important des cinq accords (83 mns) servira à réhabiliter le réseau routier entre Kissidougou et Guéckédou, permettant ainsi de décloisonner la région forestière, un des poumons agricoles et miniers du pays. Un second programme de 20 mns sera affecté à la réforme de l'institution judiciaire et du système pénitentiaire. 15 mns sont alloués à la réforme du Secteur de Sécurité, 12 mns à la réforme des finances publiques et 10 mns à la décentralisation.

 

31/01/14  Tunisie : Le FMI se précipite au secours du nouveau gouvernement

La Banque centrale tunisienne vient, hier, de saluer avec un intense soulagement la décision du Conseil d'administration du FMI qui a débloqué, mercredi, près de $ 507 millions en faveur de la Tunisie. C'est le jour même de l'entrée en fonction du nouveau gouvernement tunisien, soit deux jours après l'adoption de la nouvelle Constitution, que le Fonds monétaire a pris cette décision qu'il avait retardée, depuis septembre, dans l'attente d'une solution politique à la crise tunisienne.

Dans son communiqué du 30 janvier, le FMI explique qu'il a achevé les première et deuxième revues des résultats économiques enregistrés par la Tunisie dans le cadre l'accord de confirmation signé en juin 2013 et portant sur un montant global de 1,7 mds. "L’achèvement des revues ouvre la voie au décaissement immédiat de 329,1 millions de DTS (soit environ $ 506,7 millions), ce qui porte le montant total des décaissements à 427,9 millions de DTS (soit environ $ 658,8 millions)" ajoute le communiqué.

Selon le FMI, "La Tunisie traverse une période de transition politique prolongée et doit faire face à un environnement national et régional délicat. En dépit de cela, l’économie a maintenu le cap de la croissance, certes à un rythme modéré, les tensions inflationnistes sont maîtrisées et la situation extérieure s’est stabilisée." … Le FMI considère néanmoins que "les résultats enregistrés dans le cadre du programme appuyé par le FMI ont été mitigés. La diminution du financement extérieur a pesé sur les objectifs de réserves et, en raison des besoins élevés en liquidités, une des cibles monétaires n’a pas été atteinte. Le déficit primaire à fin décembre a été inférieur au niveau programmé, principalement à cause d’une sous-exécution du budget et d’un report de paiements. Les réformes structurelles ont progressé, mais à un rythme lent."

En définitive : "Le rééquilibrage budgétaire pour 2014 a été reporté pour dégager une marge de manœuvre en faveur des dépenses propices à la croissance, mais il demeure essentiel pour atténuer les facteurs de vulnérabilité. Il convient de saluer l’augmentation des tarifs de l’électricité et les mesures d’accompagnement adoptées pour protéger les ménages pauvres. Une réduction plus poussée des subventions énergétiques et une maîtrise rigoureuse de la masse salariale permettront d’améliorer la situation budgétaire et de renforcer la composition du budget."

 

30/01/14 Afrique du Sud/UE : Opportunités de partenariat avec l’UE en Recherche et Innovation 

L’Afrique du Sud fait le maximum pour promouvoir les opportunités de partenariat offertes par le "Programme de recherche et innovation Horizon 2020" de l’UE, doté d’un budget de € 79 mds. A cette fin, elle a organisé le 14 janvier à Bruxelles un séminaire auquel ont assisté les représentants de quelque 200 instituts de recherche européens et sud-africain, en marge de la réunion annuelle du Comité de coopération scientifique et technologique conjoint. L’Afrique du Sud arrive en effet en 5ème position, juste derrière les États-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde, parmi les partenaires de l’UE en matière de coopération scientifique.

L’objectif est de faciliter l’accès réciproque aux marchés et de compléter les connaissances dans le cadre d’une "diplomatie de la science". Pas moins de 230 projets sont en cours, représentant une contribution totale de € 38 mns de la part de l’UE, dans le cadre du 7ème programme bilatéral de coopération, concernant l’agro-alimentaire, les biotechnologies, la santé (recherche sur le sida, la malaria), l’environnement, la géo-observation, la radio-astronomie.

L’UE et l’Afrique du Sud sont également associées dans un autre programme baptisé ERAFRICA de 11 millions qui doit démarrer prochainement et impliquer une quinzaine de pays africains et européens. Les futures opportunités, explique Daan Dutoit, ministre conseiller en charge de la Science et de la Technologie à l’ambassade à Bruxelles, concerneront la recherche sur les infrastructures, la sécurité alimentaire, le dialogue sur les matières premières entre l’UE et les pays technologiquement avancés, en particulier avec  le Mintek, partenaire de longue date du Bureau de Recherche Géologique et Minière français (traitement des déchets métalliques). Selon Mmboneni Muofhe, directeur général adjoint au Département de Science et Technologie, l’Afrique du Sud attend de l’UE qu’elle l’aide à développer sa stratégie en matière de "bio-économie" (recherche sur les espèces animales ou végétales affectées par le changement climatique, conservation des sols, biofertilisants, les biocarburants, les recherches en  matière d’OGM). Pour Francis Marsac, directeur de recherche à la fois à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) français, au Marine Research Institute et à l’International Centre for Education and Atmospheric Sciences over Africa (ICEMASA) basé au Cap, l’Afrique du Sud jouit d’une localisation idéale pour l’étude des changements climatiques dans les Océans indien, atlantique et austral, la gestion de la pêche et la sécurité alimentaire. L’objectif est de faire en sorte que l’UE aide à financer une structure permanente de recherche en science maritime. L’énergie, le développement de la filière hydrogène, des énergies renouvelables sont d’autres domaines de coopération souhaités par Pretoria.

 

29/01/14  Afrique du Sud : Mamphela Ramphele, principale rivale de Jacob Zuma

L’Alliance Démocratique (DA), principal parti d’opposition, vient d'annoncer,  le 28 janvier, un accord avec la jeune formation politique "Agang" pour affronter l’ANC aux prochaines élections générales. Cette union lui permettra de présenter la dirigeante de l'Agang, Mamphela Ramphele comme tête de liste.

Pour l’Alliance Démocratique, longtemps considérée comme le "parti des Blancs", même si cette formation a beaucoup changé depuis 20 ans en recrutant de nombreuses personnalités noires, Mamphela Ramphele est une candidate idéale. Militante de longue date contre l'apartheid, ex-directrice de la Banque mondiale chargée du développement humain et femme d'affaires (en tant que présidente de la compagnie minière Gold Fields) elle a autrefois été la compagne de Steve Biko, fondateur du "Mouvement de la conscience noire", mort en prison en 1977.

Son parti politique "Agang" a été lancé il y a un an pour dénoncer les dérives de l’ANC, l’état dégradé du système de la santé publique et la corruption croissante du régime.

Mamphela Ramphele a, certes, encore peu de chance de gagner les élections générales d'avril contre l'ANC qui a remporté, jusqu'ici, toutes les élections nationales depuis la fin de l'apartheid en 1994. Mais elle a les moyens de sérieusement bousculer le président sortant, Jacob Zuma, qui se représente à la présidence alors que son degré de popularité est au plus bas.

 

24/01/14  Libye : Les islamistes quittent le gouvernement

Le Congrès national général libyen, Assemblée élue, a décrété l’état d’urgence la semaine dernière. Mais les violences se sont poursuivies dans plusieurs régions du pays. Dans la banlieue de Ouerchefana, une localité à l’ouest de Tripoli, plusieurs personnes sont mortes en début de semaine. Des affrontements entre tribus rivales, arabes et touboues, se déroulent aussi dans le sud du pays et ont déjà fait plusieurs dizaines de morts.

Le "Parti pour justice et la reconstruction" (PJC, islamiste) a décidé de se retirer du gouvernement, après avoir tenté, sans succès, de le soumettre à une motion de confiance. Le PJC, bras politique des Frères musulmans libyens, détenait cinq des 32 portefeuilles du gouvernement : le Pétrole, l’Electricité, l’Habitat, l’Economie et les Sports.
Le président Ali Zeidan est surtout critiqué pour ne pas être parvenu à rétablir l’ordre. Dans un communiqué, 99 députés ont appelé Ali Zeidan à démissionner pour éviter une aggravation de la crise. Mais celui-ci refuse de démissionner tant qu'une personnalité consensuelle n'a pas été trouvée pour le remplacer. Ali Zeidan reste, pour l'instant, soutenu par  l’Alliance des forces nationales (AFN) première force politique du pays et adversaire des islamistes du PJC.

 

22/01/14  Algérie : La campagne présidentielle débutera le 23 mars

La campagne électorale pour la présidentielle algérienne du 17 avril prochain débutera le 23 mars, et ce, jusqu’au 13 avril, trois jours fermes avant le scrutin présidentiel. 

Une quarantaine de postulants se sont déjà déclarés mais nombre d'entre eux attendent la décision de l'actuel président Bouteflika, prêts à se désengager si celui-ci se présente !

De plus, ils ne parviendront pas tous à rassembler les 60 000 signatures d’électeurs ou 600 d’élus locaux pour être retenus. Les intéressés ont jusqu’au 4 mars 2014 à minuit pour déposer leurs dossiers de candidature.

La principale candidature, à ce jour, est celle de Ali Benflis, ex-premier ministre et candidat malheureux face à Boufeflika lors des présidentielles de 2004.

 

21/01/14  Maroc-Algérie : Vers une solution "politique" au Sahara occidental ?

La visite en Algérie du président malien, Ibrahim Boubacar Keita, a donné lieu à une déclaration inattendue de la part du pouvoir algérien. Bien qu'elle soit passée pratiquement inaperçue, elle mérite d'être signalée.

En effet, le texte d'un communiqué publié par l’agence algérienne d’information officielle, APS, au moment de cette visite, indique que l’Algérie réaffirme son soutien aux efforts consentis pour trouver une solution "politique mutuellement acceptable" à la question du Sahara, "conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies". "S'agissant de la question du Sahara, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et son homologue malien, Ibrahim Boubacar Keita, ont réaffirmé leur soutien aux efforts du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki moon, et de son envoyé personnel, Christopher Ross, visant à trouver une solution politique mutuellement acceptable".

 

17/01/14  Algérie : Bouteflika serait rentré à Alger, en toute discrétion, mais le mystère de son état de santé reste entier !

 

16/01/14  Égypte : Reprise de l'aide américaine

Alors que le général Abdel Fattah al-Sissi, chef de l'armée égyptienne, a déclaré, le 11 janvier, qu'il serait candidat à la présidentielle si le peuple le "réclame" et si l'armée le soutient, la nouvelle loi de finances américaine devrait autoriser le président Barack Obama à reprendre rapidement l'aide financière et militaire américaine à l'Egypte, qui représente plus d'un milliard et demi de dollars.

Selon ce texte qui  devrait être adopté d’ici le 18 janvier par le Congrès américain, plusieurs conditions devront néanmoins être remplies. Les Etats-Unis verseront ainsi  $ 975 millions au gouvernement égyptien, si Le Caire "prend des mesures pour soutenir une transition démocratique". Une seconde clause de la loi de finances  américaine permet le versement de $ 577 millions, si le gouvernement égyptien organise "des élections législatives et présidentielles, et si un nouveau gouvernement élu prend des mesures pour gouverner de façon démocratique".

Les États-Unis n'ont jamais qualifié le renversement du président démocratiquement élu Mohamed Morsi de "coup d'État", un terme qui aurait immédiatement entrainé la fin de l'aide, selon la loi américaine. Pour nombre de députés américains, la priorité est d'assurer la stabilité du Sinaï et le respect du traité de paix entre l'Égypte et Israël, parrainé par Washington. Par ailleurs, les USA se méfient des offres que Moscou ne cesse de présenter au Caire, dans le domaine militaire notamment.

 

15/01/14  Algérie : Bouteflika hospitalisé à Paris à trois jours d'une échéance majeure sur le plan électoral

Abdelaziz Bouteflika, 76 ans, vient d'être, une fois de plus, admis au Val-de-Grâce à Paris. Le problème, c'est qu'il s'absente ainsi à trois jours seulement de la date butoir pour la convocation du corps électoral en vue de la présidentielle d'avril. Or, en vue de cette échéance électorale majeure, il n'a pas toujours pas officiellement annoncé s'il briguerait un 4e mandat. 

Les services de la présidence qui ont annoncé l'hospitalisation, se sont néanmoins voulus rassurant, affirmant que le chef de l’État resterait à Paris jusqu'à vendredi et "qu'aucune procédure d'urgence n'a dicté ce déplacement". "Pour parachever son bilan de santé, initié à Alger, et dans le cadre d'une visite médicale routinière de contrôle, arrêtée et programmée depuis le mois de juin 2013, le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, séjourne à l'hôpital Val-de-Grâce, depuis lundi 13 janvier 2014 et ce, jusqu'au vendredi 17 janvier 2014", précise le communiqué, cité par l'APS.

La présidence a également ajouté que l'état général de M. Bouteflika s'améliorait "de façon progressive", depuis son retour de France le 16 juillet où il avait été hospitalisé durant 80 jours pour soigner les suites d'un AVC. Le chef d’État algérien, hospitalisé à Paris le 27 avril au Val-de-Grâce, avait ensuite été transféré à l'institution nationale des Invalides à Paris.

 

14/01/14  Afrique du Sud : La restitution des terres au cœur de la campagne électorale de Jacob Zuma

Dans un discours prononcé devant des paysans de la province du Mpumalanga, Jacob Zuma, déjà en campagne pour sa réélection, vient de mettre l'accent sur le thème de la restitution des terres agricoles aux Noirs. Selon lui "la restitution de la terre à ses vrais propriétaires est la plus grande responsabilité confiée au gouvernement démocratique"

Jacob Zuma envisage une loi  qui serait appliquée dans les quatre prochaines années, et permettrait aux propriétaires de la période précédant l'apartheid de faire valoir leurs droits. Cette perspective, très populaire parmi la population noire, reviendrait à rétablir le pouvoir foncier des chefs traditionnels.

 

13/01/14  Chine : Libéralisation accrue des investissements étrangers dans la zone pilote de Shanghai

C'est en septembre 2013 s’ouvrait la zone de libre-échange pilote de Shanghai. Le 9 janvier dernier, le China’s State Council annonçait sa décision de modifier un ensemble de mesures relatives à l’approbation et à l’admission des investissements étrangers dans la zone de Shanghai (Shanghai FTZ). La procédure d’approbation est ainsi suspendue pour 24 types d’opérations ; ces dernières doivent simplement procéder aux formalités d’enregistrement avec les autorités afférentes, pour autant qu’elles ne soient pas en contradiction avec la liste négative (negativ list) qui couvre les secteurs pour lesquels des plafonds sont fixés en termes d’investissements étrangers. Les opérations qui ne font plus l’objet d’une procédure d’agrément sont, par exemple, les projets d’IDE, la mise en place ou la dissolution d’une joint-venture sino-étrangère, l’établissement d’entreprises totalement étrangères, la participation au capital d’une entreprise étrangère, etc. Le China’s State Council a, par ailleurs, édicté quelques principes directeurs concernant quelques secteurs plus spécifiques (transports et navigation, jeux, éducation, etc.).

L’objectif de ces mesures de simplification ou de libéralisation est de permettre une réforme du système de management de l’investissement étranger et d’ouvrir davantage le secteur des services – en particulier les télécommunications – dans lesquels la Chine doit améliorer son offre et sa compétitivité internationale. Dans le domaine des TIC, les investissements étrangers sont autorisés à hauteur de 100 % dans les services suivants (call centers, accès à Internet, etc.) et à 50 % dans certaines activités liées aux télécommunications. De même, les capitaux étrangers sont, désormais, autorisés à détenir plus de 50 % des plateformes de téléchargement d’applications en ligne et des solutions de stockage en ligne. La propriété étrangère dans les sociétés de données en ligne (big data) et de commerce en ligne (e-commerce business) ne peut excéder 55 %. Tous ces services pourront être commercialisés sur l’ensemble du territoire chinois, à l’exception de l’accès à Internet qui sera cantonné à la Shanghai FTZ. Le China’s State Council ne dit pas quand ces mesures pourront être mises en œuvre.

Plus largement, la liste des secteurs interdits à l’investissement étranger devrait être revue prochainement de manière à autoriser un nombre de secteurs plus important. Enfin, une libéralisation des secteurs financiers pourrait être annoncée à la mi-2014 dans la zone de Shanghai.

  

10/01/14  Tunisie : Déblocage de la situation politique 

Le premier ministre tunisien, Ali Larayedh, a remis officiellement sa démission au président Moncef Marzouki. La Constitution étant en cours d'adoption et la Constituante ayant formé, tard, mercredi soir, une instance électorale, les conditions fixées dans l'accord co-signé par l'essentiel de la classe politique ont en effet, enfin été réunies pour la démission de Larayedh. Le ministre sortant de l'Industrie, Mehdi Jomaâ, appelé à succéder à M. Larayedh, devra former un cabinet d'indépendants devant conduire la Tunisie jusqu'à des élections en 2014.

 

03/01/14  Libye : Lueur d'espoir pour la nouvelle année

Selon des sources libyennes en provenance du Congrès national général (CNG, Parlement),  le premier ministre libyen Ali Zeidan devrait procéder très prochainement à un remaniement ministériel. De fortes pressions s'exercent sur Ali Zeidan pour qu'il constitue un gouvernement de crise capable de résoudre le conflit qui entraine la fermeture des ports pétroliers. Celui-ci a entrainé une baisse de la production qui est passée de 1,5 million barils/jour avant le déclenchement du mouvement de protestation à 250 000 b/j actuellement. Par ailleurs, des protestataires de Tripoli ont fermé, au début de cette semaine certains ministères et services gouvernementaux ; ils ont également empêché les fonctionnaires d'accéder à leurs bureaux. Ils exigent la démission du gouvernement.

Le porte-parole du Parlement, Omar Hameidane, a annoncé mardi que des discussions étaient actuellement en cours entre les membres du Congrès sur l'opportunité de fixer un délai de 30 jours au gouvernement pour la résolution des dossiers relatifs à la sécurité et à la fermeture des champs pétroliers. En contrepartie, le Parlement s'engagerait à promulguer des lois de soutien au gouvernement. Mais "Si le gouvernement échoue, une procédure destinée de lui retirer la confiance du Congrès sera lancée", avait-il averti.

 

20/12/13  Soudan : Affrontements au Soudan du Sud, menaces au Sud-Kordofan

Pendant que les affrontements font rage au Soudan du Sud, sur bases d’affrontements ethniques entre Nuers et Dinkas, des nuages s’accumulent plus au Nord. Selon des observations par satellite réalisées au cours de ce mois par l’ONG américaine Enough qui a le soutien, notamment, de l’acteur George Clooney, une offensive se prépare dans la province voisine du Sud Kordofan.

Les premiers préparatifs remontent à octobre, témoignent les responsables du projet Sentinel de cette ONG, mené conjointement avec l’opérateur privé DigitalGlobe.  Le gouvernement soudanais a lancé une campagne militaire sur tous les fronts dans la zone. Enough évoque l’accélération du rythme des bombardements et la reprise de sa politique de la terre brûlée dont les civils sont victimes. Selon Enough, le gouverneur du Sud Kordofan, Adam Al-Faki a promis de conduire une "campagne complète de nettoyage" et le ministre de la Défense a dit que ses troupes ne s'arrêteront pas avant d’avoir écrasé leurs adversaires.

Chaque jour, les images de cratères de bombes et de villages brûlés se multiplient, se lamente l’ONG qui incite les États-Unis à s’engager davantage pour éradiquer la violence du régime de Khartoum. Selon Enough, des satellites ont surpris les Forces armées soudanaises en train de brûler des maisons dans la ville de Kundukr. Au moins 142 habitations ont été détruites au cours dix premiers jours de décembre. Ces crimes ont été perpétrés alors qu’aucune troupe rebelle n’a été détectée dans la zone au moment de l’attaque. La région est le théâtre d’affrontements entre l’armée et le Sudan Revolutionary Front (SRF) qui ont considérablement aggravé la situation humanitaire. Entre le 21 et le 25 novembre,

25 000 civils ont été chassés des Nuba Mountains. Selon Enough, les bombardements sont menés par des avions Fencer Su-42 livrés au Soudan au début de l’année par la Biélorussie.

 

20/12/13  Laos : Le fantôme de Sombath Somphone revient hanter le gouvernement

Le fantôme de l’activiste Sombath Somphone revient hanter le gouvernement de Vientiane. Un an après son enlèvement par la police, le 16 décembre dernier, l’ONG américaine, Human Rights Watch (HRW) est venue rafraîchir la mémoire des autorités en les invitant à faire savoir ce qu’il est advenu de l’activiste, en fournissant une explication crédible quant à sa localisation.

Le directeur adjoint Asie de HRW, Phil Robertson explique que puisque le gouvernement laotien espère que le monde va oublier la disparition de Sombath Somphone, c’est précisément le moment pour les bailleurs de fonds de s’enquérir de ce qu’il est devenu et de faire de son retour chez lui une priorité. Le gouvernement est très embarrassé par cette affaire dans la mesure où des caméras de sécurité ont filmé l’arrestation de Sombath Somphone qui a été embarqué par un fourgon de la police. L’affaire est en train de prendre de l’ampleur car deux délégations du Parlement européen, des diplomates basés à Vientiane ou en visite dans le pays, se sont également enquis du sort de l’activiste. Mais les autorités de ce pays enclavé à tous égards, géographiquement mais aussi politiquement s’emmurent dans le silence. Le dossier de l’enlèvement du fondateur du Centre de formation au développement participatif a été également soulevé lors du sommet de l’ASEAN au début du mois.

 

19/12/13 Libye : Poursuite du blocus des ports pétroliers

La semaine dernière, le chef d'une tribu à laquelle appartiennent les groupes qui maintiennent le blocus des ports pétrolier avait annoncé que ce blocage, qui dure depuis l’été, allait prendre fin dimanche 15 décembre. Le chef des miliciens rebelles, Ibrahim Al Jathran, avait confirmé l’information, tout en précisant que trois conditions étaient soumises aux autorités, dont l’attribution à la Cyrénaïque d’une part des revenus pétroliers.

Mais cet espoir de normalisation a été vite douché. Dans une déclaration faite lors d’une conférence de presse organisée dimanche à Ajdabia, au sud de la ville de Benghazi, Ibrahim Al Jathran a déclaré que les terminaux pétroliers de Sidra, Ras Lanuf et Zueitina resteraient fermés tant que ces conditions n’auront pas été acceptées. Or les capacités d’exportation de ces trois ports pétroliers sont d’environ 600 000 barils par jour.

Selon des informations parues dans la presse régionale, les autorités libyennes ont fait le choix de négocier avec les chefs de tribu en misant sur leur position plus conciliante que celle des miliciens sur le terrain. Mais ces derniers, fort de leur position, ont fait monter leurs exigences et notamment la demande d'autonomie pour la Cyrénaïque.
La production pétrolière libyenne, qui était d’environ 1,5 million b/j en début d'année, avec des exportations dépassant le million de barils par jour, est descendue depuis cet été à 250 000 b/j.

 

16/12/13  Chili : Michelle Bachelet réélue avec un record de voix, mais aussi d'abstention

La socialiste Michelle Bachelet, réélue présidente du Chili hier, s'est imposée, malgré une forte abstention, par 62,1 % des votes au deuxième tour, face à la candidate de droite Evelyn Matthei, qui n'a obtenu que 37,8 % des voix, un des plus mauvais scores d'un parti de droite depuis le retour de la démocratie au Chili. Elle succède au président de droite sortant, Sebastian Piñera, qui lui avait lui-même succédé en 2009, en dépit de sa forte popularité acquise en fin de mandat (2006-2010), car elle ne pouvait pas - constitutionnellement - se représenter aux élections. 

Elle a aussitôt promis de mener "enfin" à bien "de profondes transformations" pour combler les attentes d'un pays en proie à de grandes inégalités. Le fait est que le Chili n'est pas encore sorti des séquelles de l'ère Pinochet, en matière d'éducation notamment, et que ses tentatives précédentes de réformes avaient largement échoué sur ce point. La nouvelle présidente, 62 ans, semble consciente de l'ampleur de la tâche qui l'attend. "Il est temps de mener des changements de fond" dans le pays, même si cela ne sera "pas facile", a-t-elle déclaré. "Ça ne va pas être facile, mais quand a-t-il été facile de changer le monde pour l'améliorer ?" a-t-elle lancé.

 

16/12/13  Tunisie : Un technocrate pour renouer avec la communauté financière internationale

Une partie de l'opposition et les islamistes au pouvoir ont accepté, après d'interminables tractations, l'arbitrage de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), samedi 14 décembre, et décidé de nommer le ministre sortant de l'Industrie Mehdi Jomaâ pour former un gouvernement indépendant. Celui-ci sera chargé de gérer les affaires courantes jusqu'à de nouvelles élections en 2014. Il devra notamment renouer avec la communauté financière internationale. En juin, le FMI avait approuvé une ligne de crédit de $ 1,7 milliard en faveur de la Tunisie. Mais les versements initialement prévus mi-septembre et mi-décembre ont été retardés par la crise politique à Tunis.

Avant de prendre le poste de ministre de l’industrie dans le gouvernement d’Ali Larayedh, Mehdi Jomaâ était ingénieur au sein d'une filiale de Total spécialisée dans l'aérospatiale. En 2009, il avait été nommé au poste de directeur général de la division aéronautique et défense et membre du comité de direction, à la tête de six filiales implantées en France, aux Etats-Unis, en Inde et en Tunisie. De ce fait, ses détracteurs lui reprochent d'avoir longtemps vécu à l'étranger. Il lui est aussi reproché d'avoir été trop fortement soutenu par la formation islamiste Ennahda, jusqu'ici au pouvoir, et d'avoir fait partie du gouvernement partisan de Ali Larayedh.

  

13/12/13  Russie-Égypte : Concrétisation de l'affaire des ventes d'armes au Caire

Selon l’agence Ria Novosti, la Russie serait prête à fournir à l’Egypte des armements pour une valeur de 2 milliards $, afin de palier le gel des livraisons américaines. Mais, pour le sénateur Mikhaïl Marguelov, président de la Commission pour les affaires internationales du Conseil de la Fédération russe, l'ambition de Moscou va bien au-delà de quelques livraisons : "Aujourd'hui, la Russie est de retour dans une série de régions perdues pendant la période des années 1990. Il s'agit notamment du continent africain et du Proche-Orient. Bien avant le début du printemps arabe, la Russie ne cachait pas ses intérêts dans les régions mentionnées et a procédé à un renforcement de la coopération économique, commerciale, militaire et technique avec les pays de la région". Selon ce diplomate qui s'est beaucoup investi dans les relations entre les nouvelles autorités égyptiennes et Moscou, la Russie va commencer par restaurer son influence historique et économique au Moyen-Orient en renforcer ses liens stratégiques avec la Syrie, l'Egypte, la Libye, Israël, l'Arabie saoudite et la Jordanie.

Début novembre, une délégation égyptienne s'était rendue à Moscou. L'ex-ministre égyptien des Affaires étrangères, Mohammed al-Orabi, évoquant la coopération future entre les deux pays avait notamment déclaré : "La Russie a ses intérêts dans la région, elle a besoin d'un nouvel ami et d'un allié puissant. Les Frères musulmans étaient en faveur du jihad en Syrie, mais aujourd'hui l'Egypte soutient entièrement la position de Poutine sur ce dossier. Nous estimons qu'il doit s'agir d'un règlement politique et nous attendons donc la conférence de paix Genève-2. Le Caire a également besoin d'un ami fiable : nous espérons que Moscou nous aidera à résister à la pression occidentale".

Moscou est, bien sûr, préoccupée par la solvabilité du Caire mais les interlocuteurs égyptiens ont affirmé que, de ce côté-là, l'Egypte comptait sur l'aide des pays du Golfe (hormis le Qatar qui a soutenu les Frères musulmans). Cet été, l'Arabie saoudite a déjà accordé à l'Egypte 12 milliards de dollars d'aide et a promis, ensuite, 5 milliards de dollars supplémentaires

Rappelons qu'en octobre, les USA avaient annoncé une réduction considérable de l'aide militaire annuelle de l'Egypte, qui s’élevait jusque-là à près de 1,4 milliard de dollars. Le Caire a notamment perdu ses livraisons d'hélicoptères Apache pour plus de 500 millions de dollars, de chasseurs F-16 et de missiles antinavires Harpoon, de pièces détachées pour chars et son aide financière de 250 millions de dollars.

 

12/12/13 Libye : Perte de débouchés en méditerranée et crise financière

Le ministre libyen du Pétrole et du Gaz, Abdelbari Al Aroussi, a déclaré il y a quelques jours à la chaîne de télévision satellitaire Al Naba qu'il craignait que la Libye ne perde ses clients européens du fait de l'interruption de la production libyenne, en cours d'année, et du peu de fiabilité de ses livraisons. Il est vrai que les anciens gros clients du pétrole africain, les Etats-Unis, sont sortis de ce marché pétrolier en 2012 et que les producteurs du continent (Algérie et Nigéria notamment) recherchent activement des clients en Europe. Les difficultés de la Libye leur ont offert une chance inespérée d'écouler leur production au Nord de la Méditerranée.

Revenant sur la crise qui affecte le secteur de la production du pétrole, le ministre libyen a déclaré que la Libye avait perdu l’équivalent de $ 7,3 milliards en recettes pétrolières lorsque la production a chuté, en juillet dernier, de 1,4 million de barils par jour (b/j) à presque rien pour se redresser ensuite au niveau bien modeste d'environ 250 000 b/j, niveau actuel. Comment, dans ces conditions, élaborer le budget pour 2014, alors que les perspectives initiales tablaient sur une production d’environ 1,3 million b/j.

Abdelbari Al Aroussi a aussi révélé que des installations pétrolières avaient souffert du fait de l’arrêt brutal de la production. Des pipelines et des installations de production auraient été endommagés. Ces derniers mois, les grèves, le blocage des terminaux pétroliers et les actions de sabotage dirigées contre les installations ont entrainé une grave crise financière. Le gouvernement aura du mal, en cette fin d’année, à assurer le bon fonctionnement des institutions.

Les partenaires occidentaux de la Libye, notamment dans le secteur du pétrole et du gaz, semblent désarmés devant la tournure des événements. Le gouvernement libyen n’arrive pas à mettre en place des forces de sécurité capables d'imposer son autorité. Les assassinats de militaires et de membres des forces de l’ordre sont régulièrement menés par les groupes djihadistes.

 

10/12/13  International : DSK conseilleur financier tout azimut

Frasques à part, l’ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss Kahn  a repris du service comme en témoigne son arrivée à la présidence du conseil d’administration du Groupe Anatevka, fondé en 1994 par son ami Thierry Leyne et rebaptisé "Leyne, Strauss-Kahn and Partners, Compagnie Financière" (LSK)

En mai dernier, DSK s’était déjà rendu avec Thierry Leyne, fondateur de cette banque d’affaires basée à Luxembourg, également implantée en Israël, à Monaco, en Belgique et en Roumanie, pour inaugurer à Juba, un nouvel établissement bancaire, la National Credit Bank (NCB). L’ancien boss du FMI était accompagné du gouverneur de la Banque centrale du Soudan du Sud, Kornelio Koriom Mayik et du ministre du Commerce, Garang Diing, qui a appelé le monde des affaires à investir dans le pétrole, les minerais, l’agriculture et l’élevage du jeune État. Les principaux actionnaires de la nouvelle banque dont DSK fait partie du comité stratégique sont deux hommes d’affaires du Darfour, Dawd Adam Abute et son oncle Abdelkarim Adam  Eisa Mohamed, fondateur de la compagnie d’import-export et de construction Al Bedey Management Ltd, active au Soudan, en Éthiopie et au Tchad. Si l’expérience du Soudan du Sud est concluante, il y a des chances que les patrons d’Al Bedey persuadent Strauss Kahn qui étudie actuellement les opportunités d'investissements au Soudan du Sud, à en faire autant dans les autres pays où ils sont implantés, spécule un  banquier luxembourgeois.

DSK pourrait également faire son apparition ailleurs en Afrique. Outre les gouvernements du Soudan du Sud et de Serbie, la National Credit Bank, la Banque russe de développement des régions contrôlée par la Vnechekonombank (VEB : la caisse locale des dépôts) et par la filiale VBRR, filiale du colosse énergétique Rosneft ainsi que le Russian Direct InvestmentFund, il conseille également un consortium de banques marocaines, dont fait partie la Banque marocaine du commerce extérieur. À Madagascar, les proches du candidat malgache à la présidentielle, Jean-Louis Robinson songent à lui confier en cas de victoire une tâche de conseil au futur gouvernement malgache.

La notoriété internationale de DSK dont on aurait pu penser qu’elle nuise à sa reconversion, commence à jouer en sa faveur. Ses nouvelles fonctions de « conseilleur » d’États et d’entreprises, sont répercutées urbi et orbi, y compris par la presse people. Et plus on en parle et plus se profilent les perspectives de nouveaux contrats. Le 7 décembre dernier, l’hebdomadaire italien Oggi suggérait que parmi les nouveaux clients de DSK pourraient figurer la Mongolie, le Montenegro, le Vietnam et le Kazakhstan. Pour le président de l’Association russe des banques régionales, Anatoly Aksanov, au-delà des péripéties du Sofitel, Strauss-Khan demeure un vrai professionnel et un spécialiste de haut niveau des marchés financiers.

  

28/11/13  Mali : Sanogo inculpé, les institutions se consolident

Plus que la tenue des élections législatives, qui n'ont guère mobilisé les Maliens, l'arrestation du général Sanogo mercredi, à Bamako devrait signifier que les temps de l'impunité sont révolus au Mali. Beaucoup en doutaient car ce capitaine putschiste qui avait fait tomber le président Amadou Toumani Touré (ATT) peu avant la fin de son mandat, précipitant ainsi la crise politique et sécuritaire du pays, semblait avoir bien assuré ses arrières. N'avait-il pas été promptement nommé général quatre étoiles ? Ne s'était-il pas prononcé en faveur du candidat Ibrahim Boubakar Keïta, avant que ce dernier ne remporte les présidentielles ? Et ne refusait-il pas, depuis trois semaines, de répondre à la convocation du juge Yaya Karembé qui souhaitait l'entendre dans l'affaire des violences commises par ses troupes (les bérets verts), le 30 avril 2012, lors d'une tentative de contre-coup d'Etat des bérets rouges restés fidèles au président ATT.

Mercredi, il a pourtant été arrêté, interrogé et placé sous mandat de dépôt. De lourdes charges sont retenues contre lui : assassinats et complicité d'assassinats. Rappelons que plusieurs dizaines de bérets rouges avaient été blessés dans la répression de leur tentative de contre-putsch, certains torturés, d'autres froidement exécutés.

Le président Ibrahim Boubakar Keïta n'a pas tenté de le défendre, se contentant, lors du Conseil des ministres de la même matinée d'hier, de déclarer que le général Sanogo, comme n'importe quel Malien, n'est pas au-dessus des lois.

 

27/11/13  Turquie : Le Conseil de l’Europe dénonce la violence policière

Un rapport rédigé à la suite d'une visite de travail en Turquie, vient d'être publié par le Commissaire aux Droits de l'Homme du conseil de l'Europe, Nils Muiznieks. Celui-ci épingle la police turque, coupable de nombreux actes de violence au moment des manifestations du parc Gezi, au printemps.

Le Commissaire s'inquiète "d'un climat de peur et de représailles instauré par les autorités administratives et judiciaires contre un large spectre d'individus et de groupes, pour leurs actions non-violentes au moment de Gezi". Le rapport considère que les violences policières "soulèvent une nouvelle fois un problème grave et ancien de droits de l'homme". "Il est temps pour la police turque d'améliorer la mise en conformité avec les standards européens".

 

20/11/13  Congo-Kinshasa : Des paysans oubliés par l’Union européenne

La Confédération nationale des producteurs agricoles au Congo (CONAPAC) a protesté auprès de la Commission européenne car elle n’a pas été entendue lors de la programmation des ressources du FED pour la période 2014-2020. Or, l’accord de Cotonou, qui régit la coopération entre les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l’UE, stipule que la société civile des pays bénéficiaires doit être consultée. Selon Sylvestre Kambaza, secrétaire exécutif de la CONAPAC, l'agriculture ne fait même pas partie des domaines prioritaires de l'aide, bien que le gouvernement soutienne que l’agriculture est la priorité des priorités. Il  se dit également stupéfait de voir que le monde agricole n’a pas été pris en compte bien que 70 % de la population vive en milieu rural.

"Si nous avions été consultés nous aurions proposé qu’il soit donné priorité à la sécurisation des terres des communautés rurales ainsi qu’à l’appui à l’amélioration de l’agriculture familiale" confie-t-il à RI.

En effet, l’insécurité foncière est un grand problème au Bas-Congo. Selon Espérance Nzuzi, présidente de la force paysanne du Kongo Central, l’accaparement de terres par des sociétés étrangères désireuses de développer des plantations d’hévéas est devenue monnaie courante.  Au total, 30 000 personnes risquent donc d’être expulsées dans le Bas-Fleuve.

La Cour des Comptes de l’Union européenne qui vient de passer en revue l’action de l’UE au Congo (dotée d’une enveloppe de € 709 mns pour la période 2008-2013) constate que seule la moitié des programmes a donné des résultats. L’appui de la Commission au processus électoral en 2011 a échoué et risque d’être perçu comme un soutien au régime. Un programme de soutien à la police n’a pas non plus amélioré la capacité opérationnelle de celle-ci dans la région troublée du Kivu…  Et ainsi de suite.

 

19/11/13  Indonésie : Grèves pour un salaire minimum

Dans un communiqué parvenu à RI début novembre, la Confédération syndicale internationale (CSI) rappelle dans quelles conditions des centaines de milliers de travailleurs indonésiens se sont mobilisés, fin octobre, en organisant des rassemblements de masse pour revendiquer un salaire minimum et la protection contre des "contrats d’emploi bidon" qui permettent aux employeurs de se soustraire à leurs obligations en recourant à la sous-traitance.

La CSI signale des actions de débrayage dans de nombreuses entreprises et rappelle que, selon un sondage qu'elle a réalisé en 2012, 61 % des Indonésiens veulent une meilleure législation pour protéger la sécurité d’emploi. D’autre part, 90 % des opinions recueillies sont en faveur d’une intervention du gouvernement dans les domaines de la santé et de l'éducation. Il est vrai que seuls 43 % des ménages indonésiens parviennent à se constituer une épargne.

 

19/11/13  Chili : Starbucks dans le collimateur des syndicats

La Confédération syndicale internationale se déclare très préoccupée par la situation des droits des travailleuses et des travailleurs de Starbucks au Chili. En octobre, alors qu’elle annonçait des bénéfices record, l’entreprise a rejeté les revendications du Syndicat du personnel de Starbucks, contenues dans un projet de convention collective, invoquant son souhait de préserver sa compétitivité. Et du coup, Starbucks s’est refusé à prendre en charge des prestations telles que les frais de repas et de déplacement ainsi que le droit aux indemnités de maladie. En 2012, Starbucks avait été condamnée à quatre reprises pour des infractions des droits syndicaux et la Cour suprême chilienne a récemment rendu une décision d’appel l’obligeant à payer 50 000 dollars d’amende et à négocier une convention collective avec l’organisation syndicale. L’élection attendue de Michelle Bachelet à la présidence de la République dans les prochains jours et la victoire de la gauche va certainement encourager les syndicats à accentuer la pression sur Starbucks dont la mauvaise réputation est en train de se répandre en Europe, d’autant que, selon la CSI, cette firme se livre à "des actes d’intimidation et de représailles directes, décourager les salariés de rejoindre le syndicat".

 

15/11/13  Colombie : Taux d'homicides le plus élevé d'Amérique du Sud selon le PNUD

La Colombie est le pays qui a enregistré le taux d'homicides le plus élevé d'Amérique du sud entre 2004 et 2010, selon les conclusions d'un rapport du programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Ce pays a enregistré, lors de cette période, une moyenne de 34 homicides pour 100 000 habitants ; 81,1 % de ces crimes ont été perpétrés avec des armes à feu. En Amérique latine, la Colombie est devancée par le Salvador et le Honduras avec des taux d'homicides respectifs de 64,5 et 77,5 pour 100 000 habitants.

Toutefois, le rapport du PNUD signale que les chiffres de la Colombie ont enregistré une baisse de 10 points par rapport à 2004.

D'une façon plus générale le rapport du PNUD relève que l'Amérique latine est la seule région du monde où les taux d'homicides ont continué à croitre entre 2004 et 2010.

 

12/11/13  Iran : Rapprochement avec le FMI

Alors que la reprise de négociations sur le nucléaire iranien ont été repoussées au 20 novembre, le FMI appelle les autorités iraniennes à combattre "l'inflation élevée" et à "ranimer la croissance" dans un pays affaibli par les sanctions internationales. Le Fonds monétaire a exprimé ses inquiétudes à l'issue d'une mission qui s'est déroulée à Téhéran de la fin octobre au 7 novembre. Il ne s'agit pas moins d'un rapprochement entre le FMI et l'Iran, qui devrait porter ses fruits à terme et témoigne d'un début de normalisation sur la scène internationale.

 

05/11/13  Mali : Regroupements politiques après la mort des journalistes français

L'émotion provoquée par l'assassinat des journalistes de RFI Claude Verlon et Ghislaine Dupont pourrait avoir hâté le regroupement des forces politiques du Nord Mali favorables à un accord avec le pouvoir de Bamako.

Trois mouvements rebelles touareg et arabe du nord du Mali ont annoncé leur fusion le 4 novembre, soit deux jours après l'enlèvement et le décès des deux journalistes. Il s'agit du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA) et du Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA). Ils ont adopté une "plate-forme politique", une "commission de négociations" ainsi qu'un "organe de décision" à mettre progressivement en place.

Outre leur volonté d'aboutir à une solution politique pour sortir de la crise malienne, ces trois mouvements ont en commun leur opposition au groupe touareg Ançar Eddine qui est lui-même proche de Al Qaeda au Maghreb islamique. Le MAA est un mouvement récemment créé par les communautés arabes du Nord pour se distinguer des arabes islamistes radicaux. Le MNLA est le vieux mouvement traditionnel touareg de la région et c'est d'ailleurs avec l'un de ses représentants que les deux journalistes français avaient rendez-vous à Kidal avant leur enlèvement. le HCUA regroupe, lui, pour sa part d'anciens membres de Ançar Eddine défaits par l'opération Serval.

Le MNLA et le HCUA, avaient déjà signé le 18 juin, à Ouagadougou, un accord avec Bamako pour permettre l'organisation de la présidentielle du 28 juillet. Cet accord prévoit aussi un cessez-le-feu, un retour progressif des forces de défense et de sécurité maliennes à Kidal et un cantonnement des combattants rebelles sur des sites de regroupement.

 

31/10/13  Algérie : Le secrétaire général du FLN sort du bois

C'est à travers un entretien du 24 octobre avec l'agence Reuters que le nouveau secrétaire général du FLN, Amar Saïdani, en a involontairement dit un peu plus qu'il ne l'aurait vraisemblablement souhaité sur la stratégie du clan présidentiel pour 2014. Vu la façon dont il a été propulsé à la tête du vieux parti de Libération nationale, personne, en Algérie, ne doute de l'étroitesse des relations entre Saïdani et les deux frères Bouteflika, le président Abdelaziz et son cadet, Saïd. Ses propos sont donc inévitablement perçus, à Alger, comme un coup de sonde lancé directement de la présidence algérienne en direction des opinions étrangères et des capitales occidentales.

Et que disent-ils ? "Le service de renseignement algérien (DRS), continuera à jouer son rôle mais ne sera plus impliqué dans la vie politique, dans les partis, les médias et la justice". Quel aveu de la part d'un cacique du régime ! D'autant qu'il poursuit : selon lui, le président Bouteflika veut "faire de l’Algérie un Etat civil où les services de renseignements auront pour rôle la mission qui leur incombe sans interférer dans les dossiers politiques".

Surprise par ce revirement inattendu, après des années de déni, où les barons du régime n'avaient eu de cesse de dénoncer la "paranoïa" de ceux qui soulignaient l'omniprésence du département du Renseignement et de la Sécurité (DRS) sur la vie politique, la presse algérienne s'est donc lancée dans l'enquête !

Et, pour s'expliquer, Amar Saïdani en a dit un peu plus : "La nouvelle constitution contiendra des lois qui permettent la réorganisation des services de renseignements, afin de permettre à chaque corps d’assumer ses prérogatives dans la légalité et surtout pour ne pas commettre les erreurs du passé". Le président Bouteflika voudrait donc, selon lui, changer la Constitution avant les prochaines  présidentielles (officiellement fixée au mois d'avril 2014) afin de mettre fin au rôle de "faiseurs de roi" des Services de renseignements.

On comprend qu'il s'agit de "vendre", à l'opinion, une version très vertueuse de la réforme de la Constitution, que le patron du FLN confirme, en la datant : "avant les présidentielles". Pour Saadani ces réformes "vont faire taire ceux qui nous dénigrent à l'étranger. Ils ne pourront plus dire que l'Algérie est dirigée par les généraux".

Mais, pour la presse algérienne, ce n'est pas pour autant un "plus" de démocratie et de transparence politique qui s'annonce. Elle sait que le DRS ne voulait pas entendre parler d'une nomination de Saïd Bouteflika à un poste qui en ferait le dauphin désigné de son frère (à une vice-présidence notamment). Les changements promis par Saïdani seraient donc une offensive, fort peu démocratique sur le fond et la forme, pour propulser Saïd à la tête de l'Etat algérien ! Pour l'instant le DRS, soumis à des réorganisations administratives profondes, fait profil bas. On peut craindre qu'il ne soit en train de fomenter une riposte.

 

30/10/13  Niger : Retombée positive de la libération des otages français sur la stabilité politique du pays

La libération des otages français d'Arlit devrait sérieusement conforter la position politique du président Issoufou qui a traversé, ces derniers mois, plusieurs zones de turbulence, alors qu'il se trouve à la moitié de son mandat.

Elle lui donnera, en particulier, des arguments de poids dans sa négociation avec Areva sur le prix de l'uranium et sur les compensations que le groupe français sera conduit à apporter au financement des infrastructures nigériennes. Pour l'instant, le secteur minier ne contribue qu'à hauteur de 5% au budget de l'Etat. Les autorités du Niger voudraient monter ce pourcentage à hauteur de 20%. Cette revendication est très populaire au Niger et le président sait qu'il peut compter sur l'appui de la société civile s'il parvient à mener à bien ces tractations.

Mahamadou Issoufou a également su s'entourer de notables touareg, dont son premier ministre Rafini Brigi, originaire d'Agades, et son conseiller Mohamed Akotey (ancien chef rebelle et actuel président du conseil d'administration de la société Imourarène) qui a joué un rôle de premier plan dans la libération des 4 otages français. Il voit cette stratégie de cohésion nationale validée par le succès de son action d'intermédiatisation pour le compte du gouvernement français.

En août dernier, le président avait même constitué le premier gouvernement d’union nationale de l’histoire nigérienne, dans le contexte de l'insécurité régionale, de la montée du terrorisme et de la difficile normalisation au Mali voisin. Mais, peu après, son principal allié Hama Amadou, chef du parti de la mouvance présidentielle Moden Lumana et président de l'Assemblée nationale, avait fait défection. Objectif probable : briguer les présidentielles de 2016 et même tenter d'avancer cette échéance à travers une motion de censure… Cette dernière tentative a échoué car le président Issoufou garde une majorité au parlement, même si celle-ci est actuellement plus étroite qu'elle ne l'était au moment de son investiture.

Désormais, le président nigérien devrait, de surcroit, avoir les moyens de renforcer la stabilité de ses équipes et du pays tout entier.

 

28/10/13  Azerbaïdjan : Contestation du satisfecit de l'UE aux récentes présidentielles

Le satisfecit donné par la mission conjointe d’observation du Conseil de l’Europe et du parlement européen concernant la tenue de la récente élection présidentielle du 9 octobre, déclarées "libres, honnêtes et transparente" indigne le groupe de l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe (ADLE). Celui-ci n’est pas convaincu par le soi-disant raz-de-marée électoral qui a reconduit le président Ilham Aliyevdans ses fonctions.

Dans un communiqué daté du 22 octobre, le groupe ADLE rejette catégoriquement ce verdict prononcé par les 45 observateurs européens, faisant remarquer que les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ont constaté des cas de bourrage des urnes et des irrégularités dans le décompte des résultats.

Le président de l’ADLE Graham Watson, libéral démocrate britannique, se dit consterné par les conclusions de la mission du Conseil de l’Europe et du parlement Européen. "Le Conseil de l’Europe est le champion des droits de l’homme sur notre continent. Il est généralement reconnu que le palmarès de l’Azerbaïdjan concernant le respect de ces droits, ainsi que ceux de la démocratie et de l’État de droit n’a jamais été très fort. Ce rapport serait risible si ses implications n’étaient pas si sérieuses", déplore Graham Watson. Et d’ajouter que la publication des résultats montre à quel point ce vote a été truqué, tout en jugeant encore plus répréhensible l’attitude d’autres euro parlementaires venus observer les élections à l’invitation du gouvernement d’Ilham Aliyev.

Il est vrai que la présence d'un fort lobby pro-Azerbaïdjan a déjà été observée dans l'UE, en liaison avec l'espoir de voir mieux couler le gaz de ce pays vers l'Europe…

  

24/10/13  Brésil : En voie de réémergence

Qui a dit que le Brésil ne méritait plus de figurer dans les rangs des principales nations émergentes du fait de son faible taux de croissance et du dogmatisme de ses autorités ? Il semble que l'on ait enterré un peu vite ce géant de l'Amérique latine.

Coup sur coup, plusieurs éléments viennent réfuter cette tendance. Ainsi la dernière étude économique de l'OCDE sur ce pays qui affirme "Le regain de dynamisme économique que connaît le pays lui permettra de continuer à converger vers les économies plus avancées, et à garantir que les fruits de la croissance future profitent également aux groupes désavantagés".

Quelques jours avant, le gigantesque champ pétrolifère de Libra, situé en eaux très profondes a été mis aux enchères. Il devrait attirer des investissements de l'ordre de $180 milliards au cours des 35 prochaines années. Dans cinq ans Libra devrait produire 1,4 million de barils de brut par jour, alors que la production totale du Brésil est actuellement de 2 millions de barils par jour.

L'exploitation de ce gisement pétrolier présalifère de 1 500 km² vient d'être attribuée à un consortium formé par le Brésilien Petrobras (40 %), Shell et Total (20 % chacun) et les chinois CNPC et CNOOC (10 % chacun).

 

23/10/13  Coface/Asie : Avertissement sur l’endettement des ménages

Selon une étude de la Coface, les économies asiatiques ont bien résisté au double choc de la crise mondiale de 2008-2009 et des dettes souveraines de la zone euro grâce, notamment, à une consommation dynamique de leurs ménages. En effet, la consommation par habitant a presque triplé en Chine et a plus que doublé en Inde depuis 1995. Elle s'inscrit sur la courbe d'un rattrapage des habitudes de consommation des pays occidentaux.

Cette tendance devrait continuer à long terme favorisant l’émergence d’une classe moyenne considérée comme le moteur de la croissance asiatique, principalement dans trois secteurs : l’automobile, les biens de consommation haut de gamme et le tourisme, grâce aux afflux massifs des voyageurs chinois dans les autres pays de la région. Toutefois, cette embellie sera très probablement accompagnée, dans certains pays, par un endettement excessif des ménages. Ce phénomène pourrait peser sur l’activité à moyen terme.

En 2012,  le ratio de dette des ménages par rapport au revenu disponible a atteint 194 % en Malaisie, 166 % en Corée du Sud, 134 % à Singapour et 112 % en Thaïlande, alors qu’il était de l’ordre de 130 % aux Etats-Unis en 2008 (au moment de la crise des subprimes).

Cet endettement excessif risque, à moyen terme, de rendre les pays asiatiques plus vulnérables aux financements externes volatils et donc aux sorties de capitaux. Il peut aussi entraîner de brusques dépréciations du taux de change, comme ceux observés au cours de l’été 2013.

L’étude de la Coface fait donc preuve d'un optimisme modéré sur l’évolution, à moyen et long terme, des économies asiatiques, locomotive de la croissance mondiale. Elle insiste sur la nécessité de prendre les mesures nécessaires afin d’éviter des risques semblables à ceux engendrés par les subprimes américaines qui ont ébranlé l’économie mondiale. « Pour faire face au risque que fait peser sur l’économie et le secteur bancaire l’endettement excessif des ménages, les autorités locales devront prendre des mesures préventives : des politiques monétaires plus restrictives et des règles prudentielles plus strictes ».

 

14/10/13  FMI : Plus de 90 % de ses ventes d'or iront bien aux pays les plus pauvres

Lors des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale (10 au 13 octobre) le FMI a enfin obtenu les ressources qui lui permettront d'assurer - sur le long terme - l'octroi de prêts concessionnels aux pays les plus pauvres. Les pays membres du Fonds ont en effet décidé de transférer au "Fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et la croissance" (Fonds RPC) plus de 90 % des bénéfices exceptionnels des ventes d’or du FMI. Cela permettra au FMI de prêter sur le long terme 1,25 milliard de DTS (environ 1,9 milliard de dollars) par an en moyenne à ces pays.

En effet, 151 pays membres du FMI ont pris l'engagement d’affecter, au RPC, leur part des bénéfices exceptionnels des ventes d’or. Cet accord est l’aboutissement de nombreuses années d’efforts, puisque l'origine de cette idée remonte à la fin des années 80. Par la suite, en 2009, le Conseil d’administration du FMI avait approuvé la vente d’un huitième du total de l’or détenu par le FMI. Le cours de ce précieux métal étant parvenu à un niveau record, la vente a rapporté 6,85 milliards de DTS, dont 2,45 milliards de bénéfices exceptionnels, qui ont été versés à la réserve générale du FMI.

Le Conseil d’administration a décidé que ces bénéfices exceptionnels devaient servir à aider les pays à faible revenu et que leur distribution pourrait commencer dès lors qu’au moins 90 % des pays membres auraient accepté d’affecter leurs parts au Fonds RPC. Robert Powell, du Département financier du FMI explique, néanmoins, qu'il n’a pas été aisé d’obtenir les contributions nécessaires de chacun des pays "Il a fallu obtenir les garanties nécessaires une par une. Cela a demandé du temps et de la persévérance".

 

11/10/13  Maroc : Dans le nouveau gouvernement, la part du lion du revient à la Colombe

Après des mois de tractations (cf. l'alerte du 19 septembre) le gouvernement Benkirane II voit enfin le jour, composé d'une union des contraires, PJD et RNI. Le roi a nommé hier, jeudi, les 39 membres de la nouvelle équipe gouvernementale (dont 6 femmes). 

Avec 8 ministres, dont plusieurs départements stratégiques comme les Affaires étrangères, l’Économie et les finances ou l’Industrie, le parti centriste RNI (dit aussi "parti de la colombe" et dirigé par Salaheddine Mezouar) peut se targuer d’avoir gagné la mise, ce qui s’explique par la contribution inespérée de ce parti au sauvetage du gouvernement Benkirane. Le RNI avec ses 52 députés a permis à Benkirane et au parti islamo-conservateur PJD de se maintenir à la tête du gouvernement sans passer par la case des élections anticipées.

On note aussi la création de nouveaux départements à caractère économique, dont ceux dédiés aux investissements, à l'auto-entrepreneuriat, à la migration, à la lutte contre l'informel, ou à la logistique. Du coup, de nouvelles figures comme Moulay Hafid El Alamy, ancien président de la CGEM (qui intègre le gouvernement sous les couleurs du RNI), font leur apparition.

Salaheddine Mezouar obtient le ministère des Affaires étrangères et Mohamed Boussaid celui de l'Economie et des Finances ; le ministère de l'Intérieur revient à Mohamed Hassad, le ministère de l'Éducation est confié Rachid Benmokhtar, Moulay Hafid El Alamy reprend le ministère de l'Industrie en lieu et place de Abdelkader Amara qui, pour sa part, hérite du ministère de l'Énergie et des mines.

 

03/10/13  Algérie : Grandes manœuvres avant la tripartite et les échéances 2014

Le président du FCE (Forum des chefs d’entreprises), Réda Hamiani, ira finalement seul à la réunion de la tripartite du 10 octobre. Il a en effet décidé de se retirer de la "Coordination patronale" qui vient tout juste d'être mise en place (cf. la veille mise en ligne le 1er octobre).

Mais, d'une façon générale, les représentants du patronat et les syndicats devraient être d'accord pour pousser le gouvernement à favoriser les entreprises et les travailleurs algériens dans la réalisation des grands contrats de développement du pays. Les industriels réclament un meilleur accès aux marchés publics et moins de facilités pour les importateurs. Les entreprises du BTP veulent être mieux associées au programme "du million de logements" comme à celui de la construction des infrastructures. Elles souhaitent, aussi, être privilégiées dans l’accès aux matériaux de construction.

Ce discours des organisations patronales, hostile aux importations et aux prestataires de services étrangers, rejoint celui de la principale centrale syndicale, l’UGTA. Celle-ci aurait même remis sur la table une demande de restauration de l’autorisation d’importation, un dispositif en vigueur dans les années 1980, et qui donnait à l’administration le soin de décider de ce qui devait - ou non - être importé.

Mais selon la presse algérienne, il s'agit aussi d'un scénario bien rodé, où personne n'est dupe. Comme l'écrit Abed Charef dans "Maghreb Emergent", "Le gouvernement s’apprête à faire les concessions nécessaires, en vue de préparer tranquillement l’échéance des élections présidentielles d’avril 2014, alors que le patronat et les syndicats pourront brandir les promesses gouvernementales pour garder le contrôle de leurs troupes".

Dans le souci d’élargir la concertation et de ratisser le plus large possible, le gouvernement a même décidé d’y associer les syndicats autonomes ainsi que des groupes de réflexion, comme Nabni ("Notre Algérie Bâtie sur de Nouvelles Idées").

Lors du conseil des ministres du dimanche 29 septembre, le premier depuis dix mois, en présence du président Abdelaziz Bouteflika, ce dernier a bien laissé entendre que tout devait être prêt en vue du calendrier politique de 2012. Ce qui laisse, d'ailleurs, encore planer un doute : ce calendrier sera-t-il celui du scrutin présidentiel ou celui de la réforme de la Constitution, permettant au président de rallonger son mandat actuel et de nommer un vice-président qui serait, de facto, son successeur désigné ?