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20 mars 2012 

 

Libre opinion

 

L'émergence de la Russie, loin des clichés

 

 

La Russie questionne l'Europe qui la regarde avec les yeux de la démocratie libérale. En son temps, Winston Churchill résumait cette perplexité en considérant que la Russie est "une devinette, enveloppée dans un mystère à l'intérieur d'une énigme". Aujourd'hui, ceux qui pensaient que l'émergence de la Russie pourrait s'écouler comme "un long fleuve tranquille" ont dû revoir leur copie…

 

Alors que viennent de se dérouler, dans ce pays, à peu de temps d'intervalle, les élections législatives (4 décembre 2011) et celles présidentielles (4 mars 2012), l'analyse occidentale se fait plus sévère vis-à-vis d'un régime oligarchique censé se pérenniser pour plus d'une décennie encore avec la perspective d'un double mandat présidentiel de Vladimir Poutine (deux fois six ans). Au demeurant, le président Poutine aura besoin de Medvedev ; ce "diumvirat" est, d’ailleurs, une étrangeté politique pour l’esprit occidental alors qu'il fonctionne bien depuis plusieurs années (Interview de J.-S. Mongrenier, "Poutine et son homme de paille Medvedev : héros de l’« homo sovieticus »", Atlantico, 27 septembre 2011). Et ce deuxième mandat sera long pour Poutine car les forces en présence risquent de considérablement évoluer sans compter que la société civile est susceptible de dire "non", un jour ou l’autre, comme l’a fait la rue arabe. Ce n’est pas là un scénario à exclure (Cf. Tableau Infra).

 

Si les révolutions arabes ne nous invitent guère à l'indulgence vis-à-vis des systèmes qui laissent peu de place à la liberté d'expression et à la liberté tout court, il peut néanmoins être utile d'observer une certaine tempérance à l'égard de ce "grand émergent" et de prendre en compte deux postulats.

 

Le premier postulat est que l'on est bien pressé de voir les transitions politiques dans les ex-dictatures se concrétiser dans les plus brefs délais. Or, on ne saurait oublier que la construction d'un État de droit exige des décennies ; le travail des Nations Unies au Kosovo il y a quelques années est venu l'illustrer avec force. La chute du Mur de Berlin et celle de l'Empire soviétique ne datent que de 20 ans alors que le système communiste a perduré environ 60 ans. C'est là une donnée historique devant laquelle nous devons patienter car la philosophie politique des peuples mûrit avec le temps et les expériences (Cf. Période Eltsine).

 

Le second postulat est lié à la représentation de la Russie elle-même par la population russe. De par l'étendue de leur pays, les Russes ont un rapport au temps et à l'espace qui est bien loin de l'image que nous en avons, souligne Emmanuelle Khvatov (Novancia) dans "Russie : un "far east" prometteur (CCIP, Prospective et Entreprise, 2011, http://www.etudes.ccip.fr/publication/99-russie-un-far-east-prometteur).

 

Onze fuseaux horaires traversent le pays. En découle une certaine vision de la puissance russe, notamment chez les élites pour qui "la Russie est une puissance ou n'est rien" pour reprendre ici le propos de Thomas Gomart (IFRI) dans le même ouvrage. Et de fait, ajoute ce dernier, la Russie voit son modèle économique "comme un moyen de projeter de la puissance notamment par le biais de l'énergie". Cette capacité actuelle de projection est, de fait, servie par l'idée d'une certaine autosuffisance de la Russie, en termes de ressources minières et énergétiques, ce dont la Chine et l'Inde ne peuvent se prévaloir.

 

Une fois ces postulats acceptés – et rien n'interdit alors de conserver l'esprit critique vis-à-vis du régime politique russe –, il est relativement plus aisé d'admettre que la Russie observe aujourd'hui un certain processus évolutif, certes en s'appuyant sur les atouts d'hier, mais qui mérite de ne pas être méconnu dans le cadre de la relation partenariale entre l'Europe et la Russie, y compris au niveau inter-entreprises. Reste, au-delà de ce regard, un certain nombre de contraintes, d'inconnues qu'on tentera ici d'appréhender.

 

 

1. La Russie dans un processus évolutif lent mais réel

 

Retrouver les attributs de la puissance

 

La Russie s'emploie à retrouver, depuis les présidences Poutine et Medvedev, les attributs de la puissance. Cela n'a évidemment échappé à personne. Et paradoxalement, il est probablement plus sage pour l'Europe d'aider la Russie dans ce sens, pour autant que cela se fasse dans une logique de paix et de sécurité. De la même façon, l'Europe aide déjà les autres  "BRIC" (Brésil, Russie, Inde et Chine) notamment la Chine et l'Inde, à acquérir, dans les organisations internationales, la place politique que leur confère leur émergence économique. Ce sont ces raisons qui conduisent la Chancelière allemande, Angela Merkel, à annoncer publiquement qu’elle travaillerait avec Vladimir Poutine comme avec son prédécesseur.

 

C'est dans cette logique de "reconquête" de son statut de grande puissance que la Russie a accepté de finaliser la procédure d'adhésion à l'OMC, alors que la crainte de voir l'économie russe laminée par la concurrence chinoise est immense et, à bien des égards, fondée. La pression des lobbies et des élites russes qui refusaient l'entrée à l'OMC a finalement été réduite. L'adhésion de Moscou à l'OMC devrait considérablement modifier, à terme, le paysage industriel de la Russie. Elle pourrait aussi apporter un changement qualitatif réel au régime actuel des échanges commerciaux entre l'UE et la Russie.

 

La montée en force des champions russes

 

Autre illustration de l'évolution lente mais réelle de l'économie russe, la montée en puissance mondiale des grands groupes russes ; certes, celle-ci n'a pas le dynamisme des groupes chinois ou indiens et elle est encore au service des intérêts stratégiques de la Russie dans des secteurs comme l'énergie. Mais nul doute que l'on devrait voir, ces prochaines années, un nombre croissant de champions russes apparaître dans le classement des nouveaux acteurs mondiaux. Dans celui établi par la Société Générale en 2010 (Fortune Global 500), on comptait huit entreprises russes de taille mondiale contre seulement trois en 2005 (à titre comparatif, la Chine en comptait 37 contre 16 en 2005). C'est donc ce mouvement ascendant qui retient l'attention. Les groupes en question sont Gazprom, Lukoil, Evraz, Severstal, Mobile Telesystems, Renova, etc. Ils ne sont pas sans représenter une menace pour certaines entreprises européennes et occidentales. "Des firmes comme Evraz, Lukoil ou MTS incarnent une nouvelle génération de multinationales russes. Ces firmes ont mis efficacement en œuvre des stratégies focalisées d'internationalisation, ont intégré avec succès les sociétés rachetées et ont noué des partenariats durables" (J. P. Larçon, A. Panibratov et G. Mazzini, "La stratégie des multinationales russes", in Russie : un "far east" prometteur, op. cit.).

 

Au demeurant, les entreprises russes qui veulent s'implanter sur les marchés occidentaux vont devoir renforcer leur formation aux règles de gouvernance et de transparence qu'exige le développement entrepreneurial dans un monde globalisé. On notera, toutefois, le suivi très utile qu'observe actuellement l'OCDE sur les règles de gouvernance des entreprises russes, alors même que la Russie n'est pas encore membre de cet organisme. Les structures restent très opaques en Russie sans que l'on parvienne à déterminer si un certain "goût du secret" y est pour quelque chose.

 

Une vision économique à long terme

 

Indépendamment des contraintes démographiques qui sont les siennes, la Russie parvient, par ailleurs, à travers ses élites et sa classe d'entrepreneurs émergents, à se projeter sur une génération, à se donner une vision économique à moyen/long terme. Les autorités semblent vraiment se donner les moyens d'une modernisation si l'on se réfère au discours du premier ministre Poutine en début d'année 2011. Les nombreux programmes d'innovation au même titre que le projet de création d'une Silicon Valley russe (Skolkovo) en sont des illustrations. La technopole a déjà attiré, à l'été 2011 (soit un an après la signature de la loi), 169 projets dans différents secteurs formant cinq pôles de compétitivité : informatique, télécommunications, biotechnologies, efficacité énergétique et nucléaire. "Le projet avance doucement mais sûrement pour l'instant : des partenariats sont passés avec des compagnies étrangères (…). Il faudra ensuite attirer les investisseurs et pas seulement russes et chinois" (L. Vinatier, "Ennemis rapprochés ? Medvedev et Poutine à un an de la présidentielle en Russie", Institut Thomas More, 28 avril 2011).

 

Reste que cette vision stratégique se révèle quelque peu calquée sur des modèles étrangers qui ne sont pas forcément transposables sans un certain nombre de conditions préalables ; elle peine à relever certains défis. De par son insuffisance, cette vision a, en effet, du mal à tirer la croissance de toute l'économie et à susciter l'accroissement des investissements et l'augmentation de la productivité dans l'ensemble des secteurs. Elle n'est pas non plus suffisamment assise sur la formation. "Instead of investing in human capital - such as better schools and hospitals – and modernising the oil and gas industry, Russia has used the money to perpetuate the inefficient structure of the Soviet economy in exchange for political support" (Time to shove off, The Economist, September 10th 2011, p. 28).

 

Pour asseoir cette vision économique de long terme, la Russie a, toutefois, besoin d'une croissance plus soutenue. On peut compter sur l'ambition du futur président, Vladimir Poutine, de réitérer son vœu de faire passer le taux de croissance de l'économie russe de 4 % actuellement (4,3 % en 2011 et 4,1 % en 2012 selon le FMI) – niveau qu'il a jugé "insuffisant" – à 5 voire 5,5 % par an en attirant les investissements directs étrangers (IDE) dans des secteurs de plus en plus diversifiés comme les infrastructures : routes, autoroutes, trains à grande vitesse, équipements portuaires, habitat, distribution et traitement de l'eau, gestion des déchets... Certes, la production des entreprises russes reste modeste (entreprises dinosaures) et l'esprit entrepreneurial déficient (entre 1997 et 2007, seulement 5 % des entreprises ont été créées ou supprimées). Mais les autorités russes prônent la localisation d’une partie de la production en Russie (import-substitution) pour intégrer les technologies et les savoir-faire occidentaux. Les autorités ont introduit, depuis juin 2011, de nouvelles règles sur l’assemblage automobile avec des quotas pour les producteurs étrangers, ces derniers étant obligés de construire 300 000 véhicules par an, dont 60 % au moins de pièces produites localement .Et l’économie est en meilleure posture que ne le pense la population (The Economist, op. cit). L'inflation est à la baisse, la consommation en forte hausse tout autant que l'emploi. Et cette situation pourrait durer encore au moins deux ans pour autant que la crise de la zone euro n'impacte pas durablement l'économie russe.

 

L'ère Poutine II, contrainte de s'ouvrir aux IDE pour atteindre ses objectifs, pourrait donc être la promesse de restructuration économique importante, après avoir renationalisé certains secteurs "pour éloigner les pratiques clientélistes", comme l'observe Jean-Pierre Lafitte, président de Daher International, présent en Russie depuis 1996. Le président russe, quel qu'il soit, devra incontestablement repenser le modèle économique de la Russie. Dans ce processus d'ouverture de l'économie russe aux investissements étrangers, l'adhésion de la Russie à l'OMC, puis à l'OCDE, ne devrait pas être neutre et pourrait favoriser une amélioration du climat d'investissement.

 

L'émergence rapide d'une classe moyenne

 

Plus grand marché européen, la Russie compte aussi une classe moyenne croissante avec un niveau de vie élevé. "Le revenu par tête d'un Russe est plus de trois fois supérieur à celui d'un Indien et de plus de deux fois supérieur à celui d'un Chinois", rappelle Sandrine Rol, économiste à la CCIP. On a observé un doublement des revenus moyens depuis dix ans. Les grands groupes ne s'y trompent pas à l'instar d'Unilever qui vient de réaliser une acquisition stratégique en Russie en achetant Kalina, premier fabricant russe de produits cosmétiques. De fait, les IDE ont augmenté de 43 % de janvier à septembre 2011, selon le Service fédéral des statistiques.

 

Mais le marché étant déjà fortement concurrentiel, il est important de ne pas se contenter de la réputation de son produit pour y exporter. C'est dire toute l'importance d'être physiquement présents en Russie comme "les entreprises allemandes ou italiennes qui n'hésitent pas à s'installer pour démarrer et développer un véritable courant d'affaires", insiste Ludmila Vilarrasa, Conseiller Russie/CEI à la CCIP. Il est également utile d'explorer le potentiel que représentent les villes et provinces hors de Moscou.

 

 

2. Un pouvoir qui va devoir composer avec la population

 

Reste que le régime oligarchique va évidemment devoir trouver des accommodements avec la classe moyenne en constitution mais aussi avec la classe entrepreneuriale. Une enquête réalisée par The Economist, largement reprise ces dernières semaines, a mis en exergue la propension des jeunes russes, mais aussi des entrepreneurs, à vouloir quitter la Russie. La fatigue sociale des différentes tranches de la population russe vis-à-vis de l'augmentation des coûts de la vie, la faible qualité des services de soin, la corruption parmi les fonctionnaires publics ou encore le haut niveau de criminalité est réelle et dépasse les craintes en matière de restriction des libertés publiques. Faudra-t-il encore une génération pour que le pays évolue enfin ? La "conception dirigiste, « verticale » du pouvoir (…) n'a pas totalement réussi à combattre la formidable force d'inertie de ce pays, trop vaste et trop divers pour être réellement « gouverné » au sens où nous l'entendons" (François Roche, "Russie : la tentation de l'Orient", La Tribune, 26 sept. 2011).

 

Part de la population russe voulant "vivre ailleurs"

Source : "Time to shove off", The Economist, September 10th 2011

 

Les outils qui permettent de mieux apprécier les "frustrations" des populations existent. Le coefficient de Gini, mesure synthétique des inégalités créée par la Banque mondiale, est un premier outil qui mérite d’être retenu. L’indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International en est un second, même s’il est communément admis que la corruption est un mal universel. Le Democracy Index, plus récent, mis en place par The Economist Intelligence Unit (EIU), en est un troisième (Corinne Vadcar, "Le risque-pays victime des révolutions arabes", Telos, 19 avril 2011).

 

- En matière de corruption, la Russie présente un IPC de 2,4 sur une échelle de 0 à 9, zéro étant le niveau le plus élevé (contre un indice de 2,9 en Égypte et de 3,8 en Tunisie en 2010, soit une situation moins grave dans ces deux pays) ; la Russie est ainsi au 143ème rang mondial (http://www.transparency.org/policy_research/surveys_indices/cpi/2010/results ).

- En matière d’inégalité de revenus, le coefficient de Gini de la Russie est de 0,399 (contre 0,398 en Tunisie et 0,344 en Égypte, soit des situations relativement similaires à la Russie) ; "Russia, in fact, is only marginally more unequal than China and India, and far better than Brazil" (Russia: notunequal as you think, Financial Times, Beyondbrics ).

- Enfin, en termes démocratiques, la Russie était classée au 107ème  rang mondial en 2010 par The EIU, avec un indice de 4,26 (sur une échelle croissante de 1 à 10), ce qui la range parmi les régimes "hybrides", à quelques rangs des régimes autoritaires comme l'Égypte et la Tunisie (138ème rang et 144ème en 2010), mais aussi du Maroc ou de l'Algérie  (http://graphics.eiu.com/PDF/Democracy_Index_2010_web.pdf).

 

Les différents indices culturels développés par Geert Hofstede sont également significatifs, plus particulièrement le Power Distance Index (PDI) ; PDI is the extent to which the less powerful members of organizations and institutions (like the family) accept and expect that power is distributed unequally. This represents inequality (more versus less), but defined from below, not from above). Ils donnent, s'agissant de la comparaison entre la Russie et les pays arabes, les résultats assez convergents (Cf. Graphique ci-dessous) ; la "distance" au pouvoir est aussi élevée en Russie que dans les pays arabes.

 

Dimensions culturelles * -

Approche comparée entre la Russie et les pays arabes

 

Source : calculé à partir du site Geert Hofstede™ Cultural Dimensions,

http://www.geert-hofstede.com/hofstede_dimensions.php

* PDI – Power Distance Index ; IDV – Individualisme ; MAS – Masculinity ; UAI – Uncertainty Avoidance Index ; LTO – Long Term Orientation.

 

Les autorités russes vont aussi devoir mieux composer avec la communauté internationale qui n’est pas aussi encline à accepter, de sa part, une quelconque propension à rejeter le droit international, comme le fait sans scrupule la Chine avec une pratique d'exceptionnalisme (The Economist, 18 juillet 2011). Il est vrai que la Russie n’a pas la même marge de manœuvre ; elle ne dispose pas du même niveau de réserves de change que la Chine ; la taille du marché russe est plus restreinte que celle du marché chinois. Moscou doit, par ailleurs, composer, davantage que la Chine, avec la force de ses régionalismes.

 

Moscou va aussi devoir surmonter sa crainte de la Chine. Si la force de frappe de la Chine est une chance pour la Russie (à titre d'exemple, les Chinois viennent de verser un milliard de dollars en faveur d'un fonds souverain sino-russe), elle est aussi une menace. Les rapports de force économiques entre les deux pays sont tels qu'ils déterminent la balance des intérêts respectifs : le fonds semble s'orienter vers l'investissement dans l'agriculture, les biens de consommation et les énergies propres.

 

Une dernière condition essentielle – et non des moindres – du renforcement de l'attractivité russe concerne évidemment la lutte contre la corruption. Celle-ci avance à pas comptés mais quelques évolutions méritent d'être relevées au plan juridico-politique. Le président Medvedev a promulgué, en mai dernier, une loi portant incrimination de la corruption transnationale et prévoyant des sanctions pécuniaires à l’encontre des personnes physiques ou morales qui se rendent coupables de corruption d’agents publics étrangers. L’OCDE a également invité la Russie, fin mai 2011, à devenir membre de son Groupe de travail sur la corruption et à adhérer à la Convention anti-corruption de l’OCDE. "Cette invitation marque une étape importante vers l’adhésion de la Russie à l’OCDE", a souligné le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría. "Elle met en relief la priorité que le gouvernement russe accorde à la lutte contre la corruption". À noter que la Russie est aussi, depuis 2003, un membre à part entière du Groupe d'action financière (GAFI), organisme inter-gouvernemental visant à développer et promouvoir des politiques afin de lutter notamment contre le blanchiment de capitaux. Alors que la montée en force de la corruption parmi les fonctionnaires publics est une des sources d'exaspération majeures de la population russe, Moscou pourrait adhérer à l'OCDE après son adhésion à l'OMC.

 

Travailler à une plus grande prévisibilité et transparence du cadre économique russe, c'est tout l'enjeu de la relation russo-européenne dans le cadre du dialogue stratégique bilatéral mais aussi dans les négociations d'adhésion de Moscou à l'OMC. La "normalisation" des relations de l'Europe avec la Russie est essentielle car il ne faut par minorer le balancement de Poutine entre "l'attachement à l'Europe et la tentation de l'Est" (François Roche, op. cit., La Tribune, 26 sept. 2011), un balancement qui en rappelle un autre… Les entreprises européennes auraient tout à y gagner ; la posture politique et économique de l'Europe dans le monde… tout autant.

 

Corinne Vadcar

Responsable Prospective Internationale

Chambre de commerce et d'industrie de Paris