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juin 2012 

 

Libre opinion

 

Banques espagnoles et Amérique latine,

une ligne de défense "latino"

 

 

 

Au fil de leur développement, les filiales latino-américaines des banques espagnoles ont atteint un poids incontournable dans les revenus des groupes bancaires espagnols (49% du PNB cumulé de Santander et de BBVA).

 

Ainsi, les seuls Santander et BBVA (62% de part de marché des banques étrangères) cumulent des réseaux bancaires de plus de la moitié de ceux des leaders nationaux en Amérique latine, où elles ont renforcé leur étendue au cours des trois dernières années.

 

Avec la fragilité des maisons mères espagnoles, leurs bases latino-américaines, jusque-là de simples relais de croissance, sont devenues des points d’appui et de défense. Un statut d’autant plus appréciable qu’elles y ont ancré un modèle de banque de détail sur plus de 8 pays latino-américains en moyenne et qu’elles opèrent sur des « méga-marchés », comme le Brésil et le Mexique (52,7 millions de clients, 26 % des réseaux de distribution mondiaux tant pour Santander que BBVA).

 

Jusqu’ici, les cessions n’ont concerné que des activités périphériques, ou géographiquement ciblées. La gestion de ces grands ensembles, comme le Brésil (37 % du PNB de Santander) et le Mexique (24 % de celui de BBVA), comptera plus encore à l’avenir. L’évolution des conditions de marché (croissance et coût du risque) sur ces implantations latino-américaines devront être suivies d’autant plus près que celles-ci ont joué, au cours des derniers mois, un rôle de compensation, face au ralentissement simultané d’autres zones d’implantation, comme la Grande-Bretagne.

 

Ces informations sont tirées de la deuxième édition de l'étude annuelle du Cabinet de conseil indépendant VELHON Partners (secteur de la Banque et des Services Financiers). L’étude propose un panorama de l’expansion et les performances financières des réseaux bancaires dans les pays émergents. Cette année le panel des banques étudiées a été élargi à 366 établissements (contre 334 pour l’EBR 2011), représentant plus de 241 000 agences dans 44 pays.

 

Il apparaît que L’Amérique Latine, seule à croitre plus vite que l’an dernier, accélère son rééquilibrage, bénéficiant du moteur brésilien et d’une faible sensibilité à l’Europe.

 

Le Lauréat du classement VELHON300 – 2012 est la banque brésilienne Bradesco (12ème du classement en 2010), qui a renforcé son réseau à hauteur de 28 % avec l’ouverture de 1009 agences sur un an. Elle remplace à ce rang State Bank of India (2ème en 2011 avec 516 agences), qui avait été premier du classement depuis 2008.

 

Le Top 20 de l'étude est dominé à 90 % par les BRIC, et notamment l’Inde, qui se détache avec 10 banques présentes au sein du Top 50 et 2 557 nouvelles agences. Le Brésil a remplacé la Chine sur la deuxième marche du podium. Avec 7 banques classées dans le Top 10, l’Inde reste néanmoins  largement numéro 1.

 

Les banques à capitaux étrangers en 2010 ont marqué le pas, avec un seul représentant dans le Top 20 - Santander Brazil – et deux fois moins d’établissements dans le Top 50 qu’en 2008

 

Ainsi se confirme la vitalité des banques latino-américaine dans les pays émergents en 2012 et dans le contexte du ralentissement européen.