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Janvier 2013

 

La piraterie dans le Golfe de Guinée

 

La piraterie est un fléau en croissance rapide dans le Golfe de Guinée, et pas seulement au large du Nigeria. L’attaque le 16 janvier dernier du pétrolier ITRI battant pavillon panaméen dans le port d’Abidjan où il devait décharger 5 000 tonnes de brut en constitue une preuve supplémentaire.

 

Selon les autorités navales ivoiriennes, le bâtiment a été repéré dans les eaux au large du Ghana. Cet incident n’est pas le premier du genre : en octobre 2012, un tanker grec avait déjà été victime d`une attaque de pirates dans le port de la capitale ivoirienne. Avant cela, la piraterie a gagné les eaux béninoises où ont eu lieu plusieurs attaques de navires en 2011.

 

Cela dit, le Nigeria demeure l’épicentre du problème avec quelque 98 actes de piraterie et de vols à main armée commis en mer enregistrés entre 2008 et 2012. Un des derniers incidents en date est la prise d’otages au large de l’État de Bayelsa de trois marins italiens du MV Asso Ventuno qui ont été libérés le 9 janvier dernier

 

C’est ce contexte qui a donné lieu à une nouvelle initiative de l’Union européenne le 10 janvier dernier. Un nouveau projet a été lancé en effet à cette date pour renforcer la sûreté et la sécurité des routes maritimes entre sept pays du Golfe. Dénommé CRIMGO (routes maritimes critiques du Golfe de Guinée) ce programme doit aider les gouvernements d'Afrique centrale et occidentale à rendre les routes maritimes plus sûres grâce à la formation des gardes-côtes et à la mise en place d'un réseau permettant l'échange d'informations entre les pays et les agences de la région.

 

Le projet sera mis en œuvre au Bénin, au Cameroun, en Guinée équatoriale, au Gabon, au Nigeria, à São Tomé et Principe et au Togo.

 

De la part de l’UE, il s’agit d’un intérêt bien compris. Le Golfe de Guinée représente actuellement 13 et 6 % des importations de pétrole et de gaz dans l'UE, précise la Commission européenne.  Or selon, la Commission, la région souffre d’un manque de coordination entre les gardes-côtes des différents États.

 

De surcroît, « il n’existe pas encore de norme commune de formation maritime et le partage d’informations entre les pays concernés est insuffisant », poursuit l’exécutif européen. L’UE contribuera à hauteur de 4,5 millions d’euros à ce projet qui compte d’autres partenaires dont France Expertise International, la Direction de la coopération de sécurité et de défense (France), la Direcção-Geral de Política do Mar (Portugal), la Fundación Internacional y paralberoamérica de Administración y Políticas Públicas (Espagne), le Foreign and Commonwealth Office (Royaume Uni), la Satakunta University of Applied Sciences (Finlande), l’International Maritime Safety Security Environment Academy (Italie) et la Szczecin Maritime University (Pologne).

 

François Misser