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Rubrique Appréciation des risques pays

 

 

L'Amérique latine sera-t-elle l'Eldorado du risque politique ?

 

 

En quelques années, l’Amérique latine s’est transformée radicalement tant au plan politique qu’au plan économique. Après une longue période marquée par les dictatures, les révolutions et la pauvreté, elle est devenue un exemple de démocratie et de développement assumant un nouveau rôle sur l’échiquier international.

 

En 2005, certains craignaient un retour généralisé au dirigisme avec Lula, Chavez, Morales, Bachelet, Kirchner, suivis de Vasquez (Uruguay) et aujourd’hui Humala au Pérou. Quelques années plus tard, l’espoir des uns s’estompe et la gauche revient à la réalité du terrain économique, lequel n’accepte plus le diktat politique. Chavez et Morales, qui se sont engagés dans la voie des nationalisations, voient leurs économies se dégrader malgré les fortes augmentations des prix de leurs matières premières. Lula, Dilma Roussef et même Correa ont compris que l’économie a besoin de plus de liberté et plus de sécurité. Aussi une nouvelle tendance apparaît-t-elle en Amérique latine, où se côtoient un capitalisme productif interventionniste et une politique sociale très active pour répondre à des demandes de plus en plus fortes et explosives.

 

 

Homogénéisation économique et politique d’un continent

 

1) Sur le plan économique

 

Croissance généralisée

 

Depuis le début de ce siècle, l’Amérique latine connaît une forte croissance économique dépassant celle de nombreux pays. L’intégration régionale, accompagnée de la multiplication d’accords de libre-échange entre pays membres ont joué un rôle important sur cette croissance et le développement de la région. La situation de l’Amérique latine n’a jamais été aussi bonne depuis les années 1930. En moyenne, le taux de croissance était, en 2010, d’environ 6 % ; celui du Brésil, de l’Argentine ou du Pérou dépassait les 7 %.

 

Le PIB de l'Amérique latine a approché le montant record de $ 4 600 milliards, dépassant largement les PIB des pays européens pris individuellement. Rapporté à la population, il dépasse aussi celui de la Chine ($ 5 600 milliards). Plusieurs facteurs ont contribué à cette forte croissance, notamment l'abondance des capitaux disponibles sur les marchés, des entrées de capitaux sans précédent, l'amélioration de la perception de la région par les marchés et, surtout, la forte part des matières premières dans les exportations (50 %).

 

IDE croissants

 

S'agissant des investissements, l'Amérique latine est la région du monde où les capitaux étrangers ont le plus augmenté après la crise (plus de 40 %) passant de $ 80,2 milliards en 2009 à  $ 113 milliards en 2010. Les IDE ont diminué de 7 % dans les pays développés alors qu’ils n’ont augmenté que de 10 % dans les pays en développement. Le Brésil et le Mexique sont les pays qui ont reçu la plus grande part des IDE de la région avec 58 %, suivis du Chili, du Pérou (ces quatre pays bénéficient de bonnes notes des agences de notation), de la Colombie, de l’Argentine, du Panama et de l’Uruguay. Entre 2007 à 2010, la part des IDE du continent est passée de 5 à 10 %. Selon un rapport de la Commission économique des Nations Unies pour l'Amérique latine (Cepal), les économies émergentes dépassent, pour la première fois, les pays développés en termes d'IDE avec 53 % ($ 990 milliards). Les Nations Unies tablent sur une hausse de 15 % à 25 % des IDE, en 2011, sur l'ensemble du sous-continent.

 

2) Sur le plan des systèmes politiques

 

Facteurs d’harmonisation

 

L’histoire politique de l’Amérique latine s’est trouvée confrontée aux mêmes défis depuis l’arrivée des Conquistador espagnols. L'ensemble des pays latino-américains est doté d’un fonds culturel commun (catholicisme) et des histoires respectives semblables. Connue pour ses dictatures et une instabilité politique chronique, l'Amérique latine est aujourd’hui la région qui compte le plus d’entités démocratiques au monde, exception faite des pays occidentaux. En un quart de siècle, elle n’a jamais eu autant de gouvernements élus au suffrage universel. Cette longétivité reflète la solidité institutionnelle et l’apparition d’une forte culture démocratique et citoyenne. Exception faite de Cuba (pays fermé), tous les pays sont passés par des élections transparentes. Les gouvernements de gauche sont arrivés au pouvoir par des scrutins respectant totalement les règles démocratiques. Même le Venezuela, pourtant connu pour ses "frasques" extérieures, reste attachée à la « vox populi ».

 

Si la mondialisation et les vents de liberté qui ont soufflé partout furent des facteurs déterminants dans ces changements, la fierté nationale a, néanmoins, joué un rôle important. En effet, les États latino-américains, longtemps « vassaux » des États-Unis et de la CIA, n’étaient pas respectés sur la scène diplomatique parce que gouvernés par des dictatures violentes, accablés par un endettement extérieur insupportable et subissant une inflation souvent à trois chiffres. Le choix de la démocratie a changé totalement la perception que les autres peuples ont d'eux. Consciente de cette nouvelle donne, l’Amérique latine s’est libérée de son carcan dictatorial et s’est hissée au rang de puissance mondiale. En effet, ses pays membres sont aujourd’hui reconnus à part entière et trois d’entre eux (Argentine, Brésil et Mexique) sont membres du G20. Cela signifie qu’ils sont devenus indispensables dans la gouvernance mondiale.

 

Facteurs de déstabilisation

 

Deux principaux facteurs pourraient, toutefois, fragiliser cette homogénéisation de l’Amérique latine : la multiplication de marchés communs avec des pays extérieurs et les conflits transfrontaliers.

 

Si la création de marchés communs entre pays de la région, comme le Mercosur, a renforcé cette solidarité et donné plus d’homogénéité à la région, ce n’est pas le cas lorsque des marchés sont conclus par certains pays de la région avec des pays extérieurs. Le Nord (Mexique, Amérique centrale et Caraïbes) est économiquement et politiquement tourné vers les États-Unis, principal marché, premier investisseur et pôle d’immigration. Les accords de libre-échange (Nafta en 1994 et Cafta en 2005) sont venus institutionnaliser cette réalité politico-économique et renforcer la dépendance à l’égard des États-Unis, créant du même coup une cassure avec les pays de l’Amérique du Sud. L ‘opposition de ces derniers, à leur tête le Brésil et l’Argentine, à un marché commun avec les États-Unis a accentué cette division. Ainsi, on voit se dessiner, en Amérique latine, deux pôles d’attraction opposés : les États-Unis pour le Nord du continent et le Brésil (puissance régionale) pour le Sud.

 

Le second facteur de fragilisation est la multitude de conflits de frontières entre plusieurs pays. Auparavant, ces conflits se réglaient à coup de canon. Aujourd’hui, si les voies diplomatiques sont davantage privilégiées, il n’en demeure pas moins que le risque de conflit armé reste envisageable tant que les litiges liés aux frontières ne sont pas définitivement réglés.

 

3) Les difficultés socio-économiques de la région

 

Le dernier rapport de la Commission économique des Nations Unies pour l'Amérique latine observe une forte progression de la classe moyenne (56 millions depuis 1999). Le Brésil vient en tête avec 38 millions. Cette amélioration sociale cache encore une situation sociale préoccupante. En effet, la pauvreté reste très répandue. Sur la base de 5 dollars par jour comme niveau de pauvreté, plus de 70 % des latino-américains vivent dans cette situation et presque 40 % sont indigents, avec moins de 2 dollars par jour. On estime que sur 500 millions d’habitants, environ 200 millions sont dans ce cas (sous le seuil de 2 dollars par jour). L'Amérique latine est aussi la région la plus inégalitaire du monde, loin devant l’Afrique et l’Asie. Cette situation est due essentiellement au partage inégal des fruits du progrès économique depuis des décennies. La croissance sans précédent de ces dernières années n'a pas permis d'enrayer ces disparités.  

 

Le chômage reste aussi relativement important malgré la baisse sensible depuis quelques années. Selon le BIT (Bureau international du travail), le taux de chômage était d’environ 7,1 % dans les villes en 2010 (18,4 millions de chômeurs) mais celui des jeunes dépasse les 16 % (16,3 %). Ce dernier est deux fois supérieur au taux de chômage général et trois fois équivalent à celui des adultes. Chez les femmes, il est encore plus important puisque l’écart est de 40 % avec les hommes.

 

Le rapport indique que le haut niveau de chômage, couplé avec des emplois de mauvaise qualité, la chute des revenus réels et la baisse de productivité, pose un défi à la région : celui de mettre la création d'emplois décents au cœur du développement. Pour résumer les difficultés socio-économiques, le directeur général du BIT, M. Somavia, estime que : « Si l’on regarde au-delà du taux de chômage, nous sommes confrontés au défi d’améliorer la productivité et les salaires, de réduire l’informalité, d’étendre la couverture de protection sociale et de s’attaquer aux inégalités » (Communiqué de presse, 10 décembre 2010).

 

 

Les risques politiques

 

Le paradoxe de l’Amérique latine est unique au monde ; d’un côté, elle connaît un développement et une croissance économique sans précédent et attire les investisseurs étrangers de toute origine et, d’un autre côté, le risque politique, notamment le risque d’insécurité, n’a jamais été aussi élevé, tandis que l’environnement des affaires reste insatisfaisant.

 

1) Risque d’insécurité

 

Rares sont les pays qui échappent à cette insécurité. Les risques les plus répandus sont la violence, la criminalité, le vol, les enlèvements et les agressions. Selon l’index 2010 des pays des plus dangereux en Amérique du Sud publié par le « Latin Business Chronicle », le Venezuela et Haïti sont considérés comme les pays les plus dangereux pour les expatriés, suivis par la plupart des autres pays, notamment la Colombie, le Mexique, le Honduras, le Brésil ou le Pérou. Le Venezuela est l’un des pays les plus dangereux, au niveau de l’Irak. Le nombre d’homicides a quadruplé depuis que Chávez est au pouvoir, atteignant 17 600 en 2010. Avec la prolifération de gangs et le marché de la drogue, Caracas est la deuxième ville la plus dangereuse au monde.

 

2) Risque de non-paiement

 

Le risque de non-paiement des entreprises reste élevé dans certains pays (Venezuela, Argentine, Bolivie, Équateur, Nicaragua ou Honduras) et modéré dans les pays comme le Brésil, le Pérou, la Colombie et le Mexique. Seul le risque du Chili est faible et ce pays se classe au même niveau que les autres pays de l’OCDE (dont il est désormais membre).

 

En matière de risque souverain, l’Amérique latine, à quelques exceptions près (Argentine, Venezuela et Equateur), est beaucoup moins exposée à des défaillances de paiement. En effet, après plusieurs années de forte croissance, les gouvernements ont pu combler leurs écarts budgétaires et améliorer de beaucoup le bilan du secteur public. Selon l’assureur-crédit canadien, EDC, « le risque de défaillance d’un emprunteur souverain dans les deux prochaines années a diminué en grande partie, malgré la légère augmentation des dettes l’an dernier. La tendance à privilégier les échéances à long terme a permis d’atténuer la structure de la dette tandis que le développement des marchés de la dette intérieure a eu pour effet de réduire le risque d’une fatigue des renouvellements chez les créanciers extérieurs ». (http://www.edc.ca/publications/gef/french/2-8.htm).

 

La perception du risque souverain a enregistré l’une des plus fortes améliorations. En 2010, Moody's a relevé les notes des pays de la région pour un total de 12 échelons (le plus élevé jamais observé dans la région), et plusieurs pays dont le Brésil et la Colombie pourraient à nouveau bénéficier d'un relèvement en 2011. En revanche, l’Amérique centrale et le Mexique restent à la traîne. Il en va de même pour le Venezuela en raison de ses nationalisations, sa politique budgétaire expansionniste, l’effritement des réserves officielles et la fuite des capitaux.

 

3) Risque de nationalisation

 

L’Amérique latine connaît, ces dernières années, la plus forte augmentation du risque d’expropriation et de nationalisme économique dans le monde, notamment le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur et l’Argentine. Le patriotisme économique occidental de l’après-crise de 2009 a renforcé cette tendance chez les PED, y compris ceux d’Amérique latine.

 

Au Venezuela, les nationalisations en cours sont évaluées à $ 20 milliards, soit plus de 9 % du PIB. 250 entreprises ont été nationalisées en 2010 et la tendance devrait se poursuivre en 2011 par la nationalisation de larges domaines ruraux.

 

En Argentine, de nombreux contrats (concessions de service public liés à l’eau, au gaz ou à l’électricité mais aussi contrats d’exploitation dans les télécommunications et les technologies de l’information) ont été dénoncés unilatéralement, générant un volume sans précédent de plaintes d’entreprises occidentales devant le CIRDI (Centre international de règlement des différends liés à l’investissement).

 

Au Brésil, malgré l’ouverture aux IDE, des voix s’élèvent pour exclure les opérateurs étrangers des privatisations dans les secteurs stratégiques. Les autorités brésiliennes ont d'ailleurs adopté, en 2010, une loi sur la terre qui resserre les conditions d’accès des étrangers. De même, la nouvelle loi pétrolière, sans aller jusqu’à une nationalisation du secteur, introduit des dispositions pour sécuriser les revenus de l’État via une augmentation des taxes et des royalties. Un même mouvement pourrait s’opérer dans le secteur minier.

 

En Bolivie, les hydrocarbures ont été nationalisés dès 2006. Quant aux mines, après quelques nationalisations forcées, le gouvernement a abandonné l'idée de nationaliser de nouvelles mines sans le consentement des syndicats, ce qui est une première dans l’histoire du socialisme.

 

En Équateur, le gouvernement a promulgué une loi sur les hydrocarbures permettant  au gouvernement de nationaliser les gisements de pétrole, si un opérateur privé ne se conforme pas aux lois locales. De même, il envisage la nationalisation du commerce des bananes.

Notation du risque-pays

 

Pays

Brésil

Chili

Colombie

Pérou

Argentine

Uruguay

Paraguay

Venezuela

Mexique

Équateur

Bolivie

Coface

A2

A2

4

A4

C

A4

C

C

A4

C

C

ONDD

2

1

1

1

4

2

3

5

1

5

2

OCDE

3

2

4

3

7

3

5

7

3

7

6

Sources : Coface, ONDD et OCDE

 

À quelques exceptions près, le risque politique de l’Amérique latine est cependant modéré et même faible pour le Chili et le Brésil. L’agence belge d'assurance-crédit, ONDD semble moins rigide dans ses notations que les autres agences, notamment en ce qui concerne la Colombie, la Bolivie et le Mexique. Par ailleurs, la forte insécurité qui domine dans la quasi-totalité des pays n’a pas eu beaucoup d’influence sur les décisions des agences d’assurance-crédit, ni sur la classification de l’OCDE. En revanche, les risques de nationalisation ont sensiblement influé sur les mauvaises notes des pays comme le Venezuela, l’Argentine, la Bolivie ou l’Équateur.

 

Toutefois, à moyen et long termes, le risque politique est réel en raison d’une possible instabilité grandissante dans la plupart des pays. Plusieurs facteurs déstabilisants dominent toujours. D’abord, les fortes  inégalités sociales et la pauvreté extrême d’une grande frange de population. Ensuite, l’insécurité sous toutes ses formes est présente dans presque toutes les villes du continent. En outre, les mouvements de guérillas restent une menace permanente pour plusieurs pays. Enfin, les problèmes frontaliers restent un problème majeur et tant qu’ils ne seront pas réglés, le risque d’embrasement est réel. Les risques naturels et l’environnement des affaires aggravent aussi le risque politique.

 

4) Risques naturels élevés

 

L’Amérique latine, dans son ensemble, est l’une des régions du monde les plus sujettes aux catastrophes naturelles. Les secousses sismiques, les glissements de terrain, les éruptions volcaniques, les ouragans y sont fréquents. Les catastrophes naturelles ont des effets destructeurs et meurtriers sur l’ensemble de la région. Des millions de personnes sont affectées humainement et matériellement de façon répétée. En plus de ces catastrophes de grande ampleur, telles que l’ouragan Mitch (qui, selon la CEPAL, a causé des dommages de l’ordre de $ 8 milliards), la région est balayée par une série de désastres de petite ou moyenne importance dont les dégâts conjugués représentent plus de dommages et de perturbations qu'une grande catastrophe.

 

5)  Environnement des affaires

 

Contrairement au dynamisme des économies latines, l’environnement des affaires reste globalement très médiocre et ne correspond pas à l’arrivée massive des IDE qui ont atteint un record en 2010 avec $ 113 milliards. Le Brésil, par exemple, qui attire la plus grande partie  des IDE est très mal classé avec une 124ème place sur un total de 183 pays dans le classement Doing Business de la Banque mondiale. D’ailleurs, seuls quatre pays (Chili 53ème, Colombie 38ème, Pérou 46ème et Mexique  35ème) sont moyennement classés.

 

Ce classement pourrait être de nature à aggraver la perception du risque de l’Amérique latine et à limiter l'entrée des IDE. Ce n'est pourtant pas le cas. L’explication semble résider dans la taille attractive des marchés de ces pays avec plus de 500 millions de consommateurs. D’ailleurs, les deux pays (Brésil et Mexique) qui ont attiré la majorité des investissements (58 %), abritent, à eux deux, la majorité de la population du continent avec plus de 300 millions d’habitants.

 

L’existence des matières premières, notamment le pétrole et les mines, dans la plupart des pays, n’est pas non plus étrangère à cet afflux sans précédent des investissements. Même le Brésil qui fut un importateur net de pétrole est aujourd’hui autosuffisant et pourrait exporter à moyen terme.

 

 

Amérique latine - Classement Doing business 2010 *

 

 

CG2009

CE

OPC

TP

OP

PI

PDI

CT

EC

FE

CG 2010

Écart

Argentine

115

142

168

118

65

109

143

115

45

77

113

-2

Brésil

127

128

112

112

89

74

152

114

98

132

124

-3

Bolivie

149

166

98

139

116

132

177

125

136

58

148

-1

Chili

43

62

68

45

72

28

46

68

68

91

53

+10

Colombie

39

73

32

55

65

5

118

99

150

29

38

-1

Équateur

130

158

88

69

89

132

81

126

100

133

127

-3

Guatemala

101

162

144

23

6

132

116

122

101

94

100

-1

Paraguay

106

102

71

60

72

59

110

152

107

135

105

-1

Nicaragua

117

97

138

142

89

93

158

85

66

75

119

+2

Pérou

36

54

97

24

15

20

86

53

110

96

46

+10

Uruguay

124

139

141

159

46

93

155

132

102

57

122

-2

Venezuela

172

144

96

101

176

179

178

167

74

152

170

-2

Mexique

41

67

22

105

46

44

107

58

81

23

35

+6

Source : Doing Business 2011, Banque mondiale

* FA : facilité des affaires ; CE : création d’entreprise ; OPC : octroi de permis de construire ; TP : transfert de propriété ; OP : obtention de prêts ; PI : protection des investisseurs ; PDI : paiements des impôts ; CT : commerce transfrontalier ; EC : exécution des contrats ; FE : fermeture d'entreprise ; CG : classement général

 

 

* * *

 

Malgré les fortes améliorations économiques et politiques de la plupart des pays, les défis de l’Amérique latine restent nombreux aussi bien au niveau économique qu'au niveau social. Ce dernier est « la mère des défis » puisque le chômage, la pauvreté, la violence urbaine et la corruption ont atteint des niveaux intolérables. Sans une réponse adéquate à ces problèmes et ce, dans les meilleurs délais, l’Amérique latine, notamment les pays les plus concernés, risque de se trouver dans une poudrière qui pourrait nous rappeler l’Amérique latine du siècle dernier, où la violence des dictatures et des révolutions l'avaient plongés dans une désagrégation rappelant les heures les plus sombres du Moyen-Age.   

   Hacène Benmansour